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faire jeter sur les côtes de la Grèce, dans le voisinage d'Athènes; mais nous n'avons pu Texécuter , et ce n'est qu'à Coron en Morée , que nous avons relâché. J'y suis resté avec un seul de mes compagnons de voyage, M. Stanislas Léveillé , ingénieur des ponts et chaussées. C'est surtout dans les contrées à demi barbares , où l'on se trouve étranger aux habitudes et au langage des habitans, qu'on doit s'estimer heureux de trouver un ami. M. Léveillé est devenu le mien; et, indépendamment des douceurs et des secours de l'amitié , j'ai trouvé en kii un artiste aimable et très-instruit, dont j'ai mis à profit les conseils et les exemples.
» Partis de Constantinople avant que la guerre, la peste, un affreux incendie et une révolution encore plus funeste , en aient rendu le séjour pénible et même dangereux, nous pouvons considérer notre voyage comme un rêve agréable, dont on retrouvera peut-être les traces dans mes descriptions; cependant cette époque n'est pas assez éloignée, pour que j'aie mis à la place de la vérité l'illusion
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des souvenirs. J'ai conservé la série des faits consignés dans mon journal; j'ai laissé subsister, autant que je Tai pu, un premier jet empreint, si j'ose le dire, de la couleur même des objets. D'ailleurs, ces études faites d'après nature, ont toujours bien plus de vérité que les tableaux composés de souvenir.
» J'ai suivi le même principe, cjuant aux dessins que je joins à mes descriptions : tous ont été faits d'après nature, quelquefois un peu à la hâte, et pour ainsi dire à la dérobée ; mais ils n'ont pas été arrangés dans l'intention de les rendre plus pittoresques. Je n'ai point cherché à les terminer, on ne m'en eût pas laissé le loisir; mais je me suis appliqué à leur conserver cette vérité qui frappe au premier aspect , et reste dans la mémoire.
» Si les objets que j'ai retracés n'ont pas , en apparence, tout le mérite de la nouveauté, qu'on ne croie pas cependant que je me sois borné à ressasser les observations des autres voyageurs. Je me suis attaché de préférence à recueillir les faits qui leur avoient échappé, ou à présenter, sous un aspect différent , ceux
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qu'ils avoient observés avant moi. Je devois craindre , surtout, que mes légers croquis sur Constantinople, ne se trouvassent en entier, et bien mieux exprimés dans le f^oj âge pittoresque de M. Melling ; je me suis convaincu que nous avions suivi une marche souvent opposée. Cet habile dessinateur donne des vues générales, et la plupart de mes dessins n'offrent que des aspects circonscrits. D'ailleurs, j'étois bien loin de songer à lutter contre un tel adversaire : j'ai mieux aimé m'en faire un appui ; je lui ai ouvert mes portefeuilles, il y a puisé quelques matériaux, et, en échange, il m'a donné des renseignemens précieux, dont je me fais un devoir et un plaisir de lui témoigner ici ma reconnoissance. » J'ai les mêmes obligations à mes compagnons de voyage, M. Léveillé, ingénieur en chef des ponls et chaussées, et M. Barabé, dessinateur géographe. Je dois aussi à de savans littérateurs , tels que MM. Barbie du Bocage, Yisconti, et Dufourny, membres de l'Institut de France, des avis salutaires ; et des communications importantes. »
INTEODUCTION. XV
Ce second volume parut en i8i i ; j'y témoignois mes regrets de quitter la Grèce , que j'allois néanmoins retrouver dans un pays où elle est, pour ainsi dire, passe'e tout entière, et je formois le vœu , si mes lecteurs paroissoient avoir eu quelque plaisir à me suivre daris mes excursions vers le Levant, de les entretenir peut-être un jour de cette belle Italie , dont j'avois admiré et étudié les merveilles pendant plusieurs années.
J'ai encore eu le bonheur de pouvoir réaliser ce projet; et, l'éditeur de ce dernier Ouvrage, publié en 1819, désirant faire réimprimer les Lettres sur la Morëe^ rHellespont et Constantinople ^ dont la première édition étoit épuisée , j'ai entrepris la révision de cet
ouvrage, dans l'espoir de le rendre plus digne d'être offert au public.
J'y ai joint de nouvelles planches gravées d'après mes dessins, et j'ai donné plus de développement aux parties qui en étoient susceptibles. La plupart de ces augmentations portent sur des objets que j'avois d'abord supprimés, ou sur lesquels je me suis procuré