Lettre à ses anciens constituants du comté de Laval [microforme]
La contestation de l’électi. 1 du Dr. Gaboury, qui se «poursuit actuellement devant nos tribunaux, m'a fourni l’occasion de me rencontrer avec un bon nombre d’entre vous. Cette dernière circonstance m'a été très agréable, mais j'ai été fort surpris d'apprendre que, depuis quelques mois, on fait circuler contre moi toutes sortes d’histoires, ‘en vue, évidemment, de détruire la bonne opinion que mes «anciens commettants ont toujours eue de moi, et en même temps de détourner l'attention des électeurs de Laval, des grandes questions qui agitent actuellement lopinion publique.
Vous savez que je n'ai pas l'habitude d'attaquer les absents. Mes adversaires en agissent autrement; c’est tout naturel, leur cause est mauvaise, il leur faut semer d'avance les préjugés et essayer à vous tromper pour arriver à leur but. |
Un des représentants du comté n’a-t-il pas dit, à Ste Rose, le six de Juin dernier, jour de la nomination: ‘# NOUS VOULONS DEBARRASSER LE COMTE DE “#“ L'HOMME QUI Y COMMANDE ACTUELLEMENT, “etc.” et deux jours après, un ire de Montréal ne ‘disait-il pas :—
“Mr Bekerose perd conduvre à sa guise le comté de Laval, mais
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“ messieurs Ouimet et LeBlane lui ont intimé qu'ils se moquaient de sa “ férule, que le jour est passé où les Candidats avaient besoin de son “ patronage pour se ‘faire élire, etc.
Voilà beaucoup de mauvaise humeur ! pourquoi veut-on si-décidément se débarrasser de moi ? Est-ce par ce que je suis trop ambitieux? que j'accapare toutes les faveurs du gouvernement ? et que je ne laisse rien aux amis ? Non, certainement non, puisque j'ai refusé les situations les plus honorables, les positions les plus lucratives, et même la position de ministre fédéral avec un salaire de $6,000 par année, position que j'ai laissée à l'ambition de mes jeunes amis. Ma famille nuirait-elle par hasard, à celles Ge mes adversaires ? Eh bien non ; encore. Voyez, je suis en chambre depuis au-delà de vingt ans, et je n’ai pas placé un seul membre de ma famiile. Il n’y a pas encore dix ans que Mr. Aldéric Ouimet y est entré et déjà un bon nombre des siens, frères, cousins, neveux, que sais-je ? ont été placés. S'il en est ainsi, pourquoi donc veut-on si ardemment se débarrasser de moi? La réponse est facile à donner : Mr. Ouimet vous l’a dit à Ste Rose, au nom de Mr. LeBlanc et de lui-même ‘“ nous voulons débarrasser le comté de l'homme qui y commande, ” et le journal de Montréal répète, “le jour ‘ est passé où les candidats avaient besoin de son patro- ‘ nage,” etc.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire tout simplement, Mr. Bellerose connaît les affaires publiques, il les suit de bien près, il surveille les représentants du comté et, quand vient le temps des élections, il ne se gène pas assez, il dit trop clairement le bien ou le mal que ces messieurs ont fait.
Meitons-le à terre, faisons-lui perdre la confiance que le comté a toujours eue en lui. Les membres du comté seront débarrassés de sa surveillance, ils pourront rire des gens et faire à leur goût. Voilà ce que signifient ces paroles. À vous, mes anciens amis, de juger si j'ai mérité d’être traité ainsi,
L'élection du printemps dernier a été tellement courte que nous n'avons pas pu discuter les questions politiques du jour. Mes adversaires ont supplée à cela, en mettant en circulation toutes sortes de rumeurs. Bellerose est du parti des castors, les castors ne sont pas conservateurs. Les gouvernements Mousseau et Chapleau ont fait leur devoir, is ont enrichi la Province. C'est l'ambition qui porte Bellerose a faire de l'opposition à Mousseau ; il veut étre Ministre etc., etc., ét enfin Bellerose marche avec les libéraux. Il est devenu libéral etc., etc.
Nenni, messieurs. C’est vous Mr. Mousseau, c’est vous Mr. Chapleau, c’est vous Mr. Ouimet, c’est vous Mr. Le- Blanc qui marchez avec les libéraux, qui devenez libéraux. N'est-ce pas au fait d'avoir marché bras dessus bras dessous avec messieurs Mercier, Laflamme etc., que Mr. Mousseau a dû son élection, avec une majorité écrasante, l'automne dernier? Si messieurs les libéraux combattent avec nous cette année, n'est-ce pas grâce à un autre fait : celui que le premier ministre n’a pas rempli ses promesses et qu’au lieu de ménager l’argent public, il l’a gaspillé, ce n’est donc que par pur hasard que les libéraux combattent à nos côtés dans le moment. Mais vous, Mr. Mousseau, n’avez-vous pas encore aujourd'hui porr collègue l’hon. Mr. Starnes, un libéral celui-là dont vos propres journaux ont attaqué la réputation. .
Sous les trois titres suivants: ‘“ Galerie d’escamoteurs poti-
“ 4iques,” “ L'hon. Mr. Starnes de la banque Métropolitaine,’ “ $31.000 — $1.000.000 de fipotages. ” Sous ces trois titres la Minerve, du 20 Avril 1878, traitait Mr. Starnes ‘ d'homme “ de tous les plats et de toutes les convictions”... , Elle l’accusait de “s’étre emparé d’un mülion pour spéculer et en fin de ‘ compte, d'avoir fait perdre $30.000 à la banque, sans compter ‘ $30.000 additionnelles retirées comme salaires en cinq ans”... Vous, Mr. Chapleau, n’aviez vous pas dans votre cabinet messieurs Paquet et Flynn, deux rouges, s’il vous plait. Et Mr. Wurtell donc, qui a fait partie de votre gouvernement
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avant d'entrer dans l'administration actuelle, vous ne direz pas qu’il a toujours été bon conservateur.
Maïs vous-même, Mr. Chapleau, êtes-vous bien conservateur, vous qui avez été prêt, à sacrifier le corps le plus conservateur que nous ayons, le conseil législatif, à M. Mercier, le chef des libéraux, pour prix de la coalition ? Etes-vous conservateur, vous, qui étiez même décidé de livrer le parti conservateur aux libéraux pour assurer la victoire au nouveau drapeau que vous arboriez ? Vous ne: nierez pas ces faits-là. Il n’y a pas que Mr. Mercier qui vous accuse de ces actes de trahison, vos propres amis vous : is Mr. Tarte disait dans son journal “ Le Cana-
* du 22 octobre 1881, en parlant des élections et de la clition “Te reçus de grosses hottées dois: je disais la vé- “rité. J’en étais sûr, mais voyez-vous, il parait que je ‘“ manquais à la discipline, en dérangeant Mr. Chapleau ‘ pendant qu’il était en frais de donner COMME CHEFS AU PARTI CONSERVATEUR TROIS DES PLUS RO- “ BUSTES LIBERAUX DE LA PROVINCE, ET D'A- ‘ BOLIR LE CONSEIL LEGISLATIF qui menaçait de re- ‘# œimber contre la vente du chemin provincial à la com- ‘ pagnie du sud-est.”
Et vous, Mr. Mousseau, avez-vous été plus fidèle aux grands principes conservateurs, vous qui avez pris part à ces négociations, qui avez aidé Mr. Chapleau dans ses efforts pour amener cette coslition que vos propres amis, Mr. Tarte en tête avec son Canadien du 22 octobre 1881, regardent, ‘ comme le coup de mort du parti conservateur, un si affreux déshonmeur, et la ruine de la province. . . ..
Et vous Mr. Ouimet, et vous Mr. Leblanc, qui vous donnez tant de trouble, et qui faites tant et de si grosses dépenses pour soutenir, défendre et protéger ces gouvernements Bleus-Rouges, qui ont nom Chapleau-Paquet et Mousséau-Starnes, vous n'êtes cetdinement pas sérieux. Avez-vous oublié que “celui qui a un chatéau de vérre ne
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doit pas commencer 7 jeter des pierres dans le jardin de son voisin.” Non, vous n'êtes pas franchement conservateurs, messieurs. En voulez-vous d’autres preuves ? L’Evénement disait, à l’occasion de l'opposition que nous faisions au gouvernement Chapleau: ‘“ L'avenir que nous amènerait ‘ l'agitaiion actuelle, si elle était. victorieuse, est visible pour tous : “ c'est le conservatisme pur qui triompherait, le conservatisme sans “le moindre alliage de libéralisme.” La Tribune ajoutait lors de la formation du gouvernement Mousseau : “L'entrée de M. ‘ Starnes dans le ministère est le prétexte dont on se sert, mais à ‘y a plus que cela au fond de ces divisions: c’est un ministère “ trop libéral pour ceux qui ne veulent plis s'appeler libéraux-
‘© conservateurs, mais simplement conservateurs.”
Pour mieux répondre à tous les dires de mes adversaires, je me demanderai :