‹ Lettre à ses anciens constituants du comté de Laval [microforme]Chapitre 3 sur 3 · GÉDÉON OUIMET · texte numérisé non relu

GÉDÉON OUIMET

J'espère avoir prouvé ma proposition à votre entière satisfaction. Après avoir défini le parti conservateur, ‘“ le parti qui travaille à conserver notre foi, notre langue, notre nationalité, nos institutions, nos lois,etc,” j'ai dit que MM. Chapleau, Mousseau et autres, ne remplissaient pas les importants devoirs que leur impose le titre de conservateur, et je l’ai prouvé. J'ai ensuite complété ma proposition en ajoutant: ‘Les castors seuls les remplissent.” C’est ce que je viens de prouver pour ce qui me regarde personnellement. D'où j'ai conclu, et je conclus encore que les premiers se donnent faussement pour conservateurs et que les derniers seuls, du moins pour ce qui me regarde, ont droit à ce titre.

Je n’ai pas besoin de vous dire maintenant pourquoi j'ai dû opposer l'élection de Mr. LeBlanc, cette année, après avoir aidé à l’élire l’an dernier. Mr. LeBlanc avait promis, lors de sa première élection, de travailler à la bonne admi-

nistration des affaires de notre province, il devait s'élever contre les fausses dépenses, s’opposer à !a dilapidation des deniers publics, travailler à établir un système économique, éloigner la taxe directe. Si le gouvernement n’agissait pas

ainsi, À serait homme à l'y forcer, nous assuraït-il. Rendu en

chambre, Mr. LeBlanc a oublié toutes ses belles promesses, et; attaché au char du gouvernement, il a tout approuvé les aîtes du gouvernement, il n'y a pas un seul acte de l’administration actuelle qu’il n’ait pas approuvé, et comme si le fardeau n’était pas déjà assez lourd, il n’a pas hésité à prendre la responsabilité de l’acte le plus compromettant

du gouvernement qui a précédé son entrée en chambre.

Dans ces circonstances, mon devoir était tout tracé. Je ne pouvais plus honnêtement le recommander aux électeurs, et comme je l'avais promis dans l'élection de l'an dernier, je devais faire connaître à tous les électeurs du comté la conduite qu'il avait tenue, et supporter tel autre candidat qui pourrait m'inspirer plus de confiance. Le Dr. Gaboury avait une réputation toute faite comme homme d’administration et économe. Je lui ai donné mon appui et vous

Javez élu. Je ne connais rien, depuis, qui soit de nature à nous faire regretter cé que nous avons fait.

J'ai l'honneur d'être, Messieurs, Votre ancien député, toujours votre ami dévoué,

Jos. H. BELLEROS&.

: St. Vincent de Paul, ce 2 Octobre 1883.

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