NÉMINAIRE DE QUÉBEC, 14 JUILLET 1RR
Monseigneur,
Dans le mémoire présenté aux Cardinaux par Mgr Laflèche et dans l'appendice à ce mémoire daté du 1er Mars 1882, Mer des Trois-Rivières ne se contente pas de dire que l’enseignement de l'Université Laval est confié wniquement à des
libéraux, des protestants où des francs-maçons, et que de cstte sourec il ne prut sortir qu'un enseignement rationaliste, mais il diten outre, p. 27 de l'appendice,
“ Dans la faculté de théologie il y a cinq chaires actuellement en pleine organisation... Trois de ces Messieurs (prêtres) sont considérés comme les coryphées du libéralisme. Ils marchent à la tête de cette petite fraction du clergé de Québec qui s'intitule libérale.…....Tels sont les hommes qui osent demander aux catholiques de leur confier l'éducation de leurs enfants.”
Ni ces mémoire, étaient restés à Rome, nous n'en parlerions pas à Votre Grandeur, car nous savons ee qu'on y pense de toutes ces accusations. Mais ces mémoires circulent confidentiellement avec d'autres dans le Canada, et Mgr des Trois-Rivières en parle comme de documents devant produire plus tard leur etlet.
Bien souvent nous avons demandé à étre examinés en face et jugés devant nos juges naturels, mais nous n'avons jamais été mis en demeure de rencontrer franchement nos accusateurs devant le seul tribunel compétent désigné par le Nt. Nice.
Cela nous crée une position tout-à-fait anormale en présence des sentences si formelles du Kt. Niege ; et nous ne pouvons nous v résigner plus longtemps sans protestation.
Nous croyons done, Monseigneur, devoir prévenir V. G. que c'est notre intention de demander au Conseil Supérieur à sa prochaine réunion que Mgr Laflèche soit mis en demeure de prouver des accusations dont il a accepté la responsubilité, lorsqu'il a présenté à Rome des documents non signés dont il approuvait la teneur et sur lesquels il appuyait ses raisonnements.
Mais comme Mgr Laflèche peut avoir besoin de quelques semaines pour préparer sa preuve et assigner ses témoins, et comme il importe que tout soit terminé pour l'ouverture des cours au commencement d'Octobre prochain, nous supplions V. G. en sa qualité de Président du Conseil Supérieur de vouloir bien intimer à Mgr des Trois-Riviéres qu'il ait à se préparer pour la prochaine réunion (en Septembre) de NN. SS. les Evèques de la Province.
Votre Grandeur connait parfaitement notre situation, et Elle appréciera, nous en sommes sûrs les raisons qui nous forcent à présenter cette demande, dont la fin pratique est d'éluder tout délai que Mgr Laflèche pourrait prétexter, s'il n'était pas prévenu avant la réunion des Evèques.
Agréez l'hommage du profont respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, Monseigneur.
de Votre Grandeur, le très humble et obéissant serviteur,
(Signé) M. E. Mernor PTRE R. U. L.
Sup. N. Q.
LETTRE DE Mur LAFLECHE À Mar L'ARCHEVEQUE.
ÊVECHE DES TROIS-RIVIÈRES, 24 juillet 1882.
Mer E. A. Taschereau,
Archeveque de Québec.
Monseigneur,
Je suis surpris que Votre Grandeur et les Messieurs de l'Université-Laval veuilient amener devant le tribunal de haute surveillance de l'Université une cause qui a été portée et qui est actuellement pendante devant le tribunal du Nt. Niége. Le Mémoire que j'ai présenté à cet etlet et les documents qui l'accompagnent ont été référés directement au Nouverain Pontife lui-même, et Na Nainteté m'a dit qu'elle les ferait exuminer. Elle avait déjà dit à Mgr l'Eveque d'Ottawa que l’on donnerait une sérieuse attention aux choses que je ferais connaitre sur les difficultés religieuses de notre Province et qu'un Evèque était dans son droit lorsqu'il donnait au St. Niége les informations qu'il croyait utiles au bien de la religion dans sa Province. Elle m'a répété à moi-même qu'il était toujours permis, alors même qu'une chose avait été règlée par le St Siége de lui faire connaitre encore ce que lon croyait utile et avantageux au bien de l'Eglise.
C'est ce que j'ai fait au meilleur de ma connaissance et de ma conscience.
Ni donc, Votre Grandeuret les Messieurs de l'Université-Laval ont des reclamations à faire contre mon Mémoire et les documents qui l'accompagnent, c'est devant ce tribunal suprême qu'elles doivent être faites, et je serai toujours prêt à y répondre, car je n'ai rien avancé dans ces documents sans avoir Îles preuves convenables pour le soutenir.
Ainsi, je ne puis me rendre à la sommation que me fait Votre Grandeur, de comparaitre devant le tribunal de haute surveillance de l'Université-Laval en Septembre prochain, parce que la cause dont il s'agit est aujourd'hui pendante devant le tribunal suprème du Souverain lontife.
Je demeure avec la plus haute considération.
De Votre (Grandeur, le tout dévoué serviteur,