‹ Lettre aux médecins français sur l'homœopathieChapitre 2 sur 2 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

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sur le succès , combien d’échecs , combien de déceptions n’avezvous pas éprouvés? Ces revers ont dû vous suggérer de salutaires réflexions; ces fréquents combats, dont vous n’étiez pas sortis vainqueurs, vous avaient démontré la faiblesse de vos armes, et les progrès indispensables à l’art de guérir se déroulaient à votre imagination avide de succès. Alors vous n’avez plus regardé vos connaissances acquises que comme une introduction à la carrière laborieuse que vous aviez choisie , et vous avez pris la généreuse résolution d’ajouter incessamment de nouvelles ressources à celles que vous possédiez déjà, puisque malheureusement trop souvent elles vous faisaient défaut. Comme vous, mes chers Confrères, j’en étais à ce point quand j’entrepris l’étude de l’Homœopatbie.

Au commencement de 1832 , je me procurai XOrganon d'Hah-nemann que venait de traduire en français le docteur Jourdan, Cet ouvrage si remarquable ne fixa nullement mon attention, et je le rejetai dédaigneusement , parce que l’ayant ouvert à la fin où se trouve la pharmacopée , les doses si minimes des médicaments et leur préparation me parurent une absurdité.

Cependant, vers la fin de cette même année, plus convaincu que jamais de l’inefficacité delà médecine ordinaire, à cause des tristes résultats que nous avions obtenus pendant que le choléra décimait la population parisienne, je me déterminai à lire attentivement l’exposition de la doctrine bomœopathique. Cet ouvrage, expression du génie d’Hahnemann , et qui atteste l’érudition la plus profonde, produisit sur mon esprit une impression très vive. Plusieurs cures éclatantes obtenues par les homœopatbes de Lyon qui nous avaient précédés dans la carrière, la lettre du docteur Desguidy aux médecins français, la brochure du même savant sur le traitement du choléra, et les moyens de s’en préserver par

l’homœopalhie , fixèrent ma résolution et je me livrai tout entier h l’élude d’une science qui offre à ses adeptes d’inappréciables jouissances puisqu’elle satisfait à leur amour pour rhumaoité en leur procurant des résultats certains , en même temps qu’elle les affranchit des cruelles déceptions de l’ancienne médecine.

A la fin (le 1832, abandonnant une clientelle qui me valait déjà plus de dix mille francs par an, je renonçai complètement à l’ancienne médecine et je traitai sans hésiter tous mes malades par l’Homœopathie. Il fallait une conviction bien profonde pour s’exposer aux conséquences d’une pareille détermination! Je n’eus pas à m’en repentir, car je fus amplement dédommagé de mes nouvelles études par des succès dont j’étais loin de prévoir l’étendue. Dix ans d’une pratique active et heureuse ont fortifié mes convictions, et c’est dans l’intérêt de l’humanité que je viens entretenir aujourd’hui de YHomœopathie ceux de mes Confrères qui ne l’ont point encore étudiée.

La doctrine à'Hanehmann diffère tellement de la médecine ordinaire, sous tous les rapports possibles, qu’elle devait nécessairement, à ses débuts, être repoussée par les médecins. L’homme de l’art, studieux et consciencieux, c’est-à-dire celui qui a passé sa vie à étudier, ne pouvait voir sans s’alarmer une science nouvelle qui bouleversait toutes ses croyances et faisait justice de l’erreur qui l’avait captivé si longtemps. On comprend facilement les motifs divers qui ont dû retenir beaucoup de médecins assez disposés d’ailleurs à embrasser l’Homœopathie. J’excusais le doute et l’hésitation de mes Confrères pendant les premières années de notre pratique à Paris ; mais maintenant que les faits^ sont si nombreux, que tous les praticiens à belle clientelle ont eu positivement connaissance des succès de l’homoeopathie dans une multitude de cas qu’ils avaient regardés comme incurables, je

pense que l’homme de l’art à la conscience pure ne saurait repousser les nouvelles ressources qui lui sont offertes pour arracher tant de victimes à la mort.

Tous les Médecins ont le même intérêt à étudier VHomœopathie, mais il en est qui trouveraient de biens grandes jouissances dans leur pratique, je veux parler de ceux qui traitent plus particulièrement les enfants. Je les supplie, dans leur intérêt, comme dans celui de ces pauvres petits êtres journellement martyrisés par les moyens ordinaires, de recourir sans plus hésiter à la divine médecine qui met à leur disposition les spécifiques les plus variés dont ils n’ont pas la moindre idée; quand ils la connaîtront, ils ne pourront s’empêcher de regretter d’avoir employé si longtemps les agents cruels, exténuants, et le plus souvent inutiles de Fallopalhic.

Et vous que les femmes implorent dans le moment terrible qu’elles désirent et redoutent le plus! Rappelez-vous l’impuissance de vos expédients, quand vous avez à combattre l’implacable pzfe/’péra/e/ Je vous l’affirme, au nom de mon

expérience, an lieu de perdre malades sur 100, vous en guérirez 90 sur 100, si vous opposez l’Homœopatbie à l’invasion de la maladie; avec elle, vous pourrez vous dispenser de recourir à la saignée pendant ic cours de la grossesse, et vous arrêterez les vomissements si pénibles pendant les premiers mois, et quelques fois pendant toute la durée de la gestation. Cette science, aussi douce dans ses agents thérapeutiques que féconde en ressources , vous permettra de modifier le travail deFenfantement, de prévenir les accidents qui suivent un accouchement laborieux et vous fournira des moyens sûrs pour tarir promptement le lait.

H faudrait un volume pour citer avec détails tous les avantages que les chirurgiens tirtq’aient de l’Iiomœopathie, non seulement

pour cviler aux malades des opéralious deveuues inutiles , mais encore pour remédier aux suites graves de celles qui sont jugées indispensables , je me bornerai à quelques citations qui rentrent dans mon sujet J

Une affection bien commune dans toutes les classes de la société est Tcngorgement des glandes. Chez beaucoup de femmes un coup sur le sein est la cause première de la maladie, mais souvent aussi, une glande apparaît sans violence extérieure. Comment sont traitées, dans l’ancienne médecine, ces affections semblablest en apparence, mais si différentes dans leur nature? Par des applications de sangsues répétées , des cataplasmes , des topiques et emplâtres dits fondants , par les pilules de ciguë , et surtout par le grand mojen en vogue aujourd’hui, par la compression. J’ai peine à prononcer ce mot sans frissonner, quand je pense aux suites fatales de ce pernicieux mode de traitement. Si toutes les familles n’étaient pas plus ou moins entachées de virus, peut-être obtiendrait-on des succès par la compression; mais quand on l’applique chez toutes les femmes sans distinction , on voit souvent une maladie peu grave d'abord faire bientôt des progrès effrayants, la glande passe à l’état squirreux, les douleurs deviennent insupportables, et la malade n’éloigne que pour peu de temps le moment fatal en recourant à l’opération ; car si le sang n’est pas pur, le cancer se reproduit du même côté , ou se développe dans l’autre sein. Enfin, le courage de la patiente la porte-t-il à consentir à une seconde opération, la matrice devient presque toujours le siège d’une affection dont la cause première, existant dans le sang, n’a pas été attaquée par le fer du chirurgien ni par des doses énormes d’extrait de ciguë qui ruinent les forces vitales par un empoisonnement quotidien.

Sans doute il est des cas très graves, au-dessus même de la

puissance des remèdes Homœapalhiques; mais nous ne voyons jamais se développer de pareils maux quand on nous appelle au corn'* mencement de la maladie. En effet, nous faisons disparaître avec une grande facilité les élancements précurseurs de l’engorgement ; et quand cet état fâcheux est survenu ^ nous avons encore de quoi le combattre avec succès. Mais supposons le cas tellement grave que l’opération soit jugée indispensable, et voyons l’avantage que l’opérateur pourra tirer de THommopathie.

En 1836, je conseillai à Madame la marquise de M**^, ma cliente , de se faire enlever un affreux cancer qui occupait tout le sein gauche , et me semblait absolument incurable par le seul secours de remèdes internes. La tumeur était mobile^ et l’opération secondée d’un traitement homœopathique présentait de belles chances de succès. Ma malade avertît le chirurgien qu’elle désirait que j’assistasse à l’opération et que je donnasse mes soins pour les suites. Mon Confrère accepta ma participation avec cet air de tolérance qui semble dire : Une cinquième roue à un carrosse ne peut nuire! L’opération fut bien faite, la malade, qui la supporta avec courage, perdit une énorme quantité de sang. En quittant la patiente vers dix heures du matin nous nous étions donné rendez-vous près d’elle à huit heures du soir ; le chirurgien m'avait précédé, et, venant au-devant de moi d’un air consterné, il me dit : (( Je suis fort inquiet , npus avons 145 pulsations par minute l Que faire? » Cet homme, d’un talent incontestable, aussi habile opérateur qu’anatomiste consommé, arrêté et désespéré par une circonstance si insignifiante pour nous, me fit éprouver un sentiment pénible! a Comment^ m’écriai-je, voilà ce qui vous embarrasse? » Il me regardait d’un air pétrifié , tant ma surprise lui paraissait étrange ; et moi, pour mettre fin à son anxiété, je lui promis de faire cesser la fièvre en quelques heures : quatre petits globules à' aconit, dissous devant lui , dans un verre d’eau, qu’on

administra par cuillerée tous les quarts d’heure, amenèrent un calme parfait au bout de 3 heures. La malade dormit tranquillement pendant toute la nuit, et le lendemain le pouls battait seulement 75 fois. Je reçus de sincères compliments de celui dont j’avais si facilement sauvé la cliente : il se passionnait d’admiration pour ce beau résultat, et je lui répondais très froidement: « Vous en ferez autant quand vous voudrez; V Homœopathe le plus médiocre fait quotidiennement de pareilles cures. »

Avec quel enthousiasme n’étudierez-vous pas la médecine à' Hahnemann, mes chers Confrères, quand vous saurez qu’elle mettra aussi toutes vos malades à l’abri de ces déplorables cautérisations auxquelles vous recourez avec répugnance , mais que vous employez néanmoins depuis si longtemps faute de mieux. Vous savez bien qu’un moyen, répercussif ne peut guérir, qu’une cautérisation , même répétée à satiété, ne détruit pas un vice du sang; mais, le cas échéant, il faut lui opposer un traitement, et celui-ci vous semble encore le moins mauvais. Réjouissez-vous donc et inclinez-vous devant Hahnemann, vous tous qui avez tant usé de la cautérisation! Quelle différence pour vous comme pour vos malades de ne plus recourir à ces manœuvres aussi douloureuses que détestables. Quelques globules homœopathiques seront désormais vos seules armes. Qu’il est beau de triompher d’un mal aussi rebelle, avec des remèdes si simples! Grâce aux découvertes sublimes du génie de l’Allemagne , les deux affreuses maladies qui moissonnaient tant de femmes, ne sont plus aujourd’hui au-dessus des ressources de l’art.

Vous trouverez également dans l’homœopatbic des remèdes sûrs contre les maladies des yeux , ophtalmies, laies, commencements de paralysie, névralgies palpébrales, oculaires, etc.

Avec elle , vous préviendrez les suites fâcheuses des coups , chûtes ou blessures ; vous guérirez en deux jours, et souvent plus tôt, les entorses qui retiennent ordinairement les malades au lit pendant plusieurs mois, et qui, de votre aveu, sont beaucoup plus à redouter pour leur durée et pour leurs conséquences que la plupart des fractures.

Les maladies des articulations de nature scrofuleuse ou autre , les caries, les abcès froids, les ankiloses commençantes sont victorieusement combattus par nos globules homœopathiques. A propos de maladies des os, je vais citer un fait qui fixera l’attention de mes lecteurs à cause de son extrême gravité.

En 1838 , M. le comte de Machault, partisan éclairé de l’homœopathie, dont il a fréquemment constaté l’heureuse influence, m’amena lui-même de sa terre de Thoiry un malheureux terrassier nommé Dordet, âgé de vingt ans, qui, depuis longtemps, ne pouvait plus travailler. Il y avait plusieurs années qu’il était affecté d’une carie de la colonne vertébrale à la première vertèbre lombaire. Il était arrivé au dernier degré du marasme; deux ouvertures fistuleuses rendaient une énorme quantité de pus, et la fièvre de consomption ne le quittait pas. En présence d’un cas aussi grave, je ne promis rien à M. de Machault, mais je ne pus refuser à ce phiiantrope modeste d’entreprendre la cure de son protégé. 11 suivait le traitement avec un dévoûment de père , se chargeait de la correspondance , veillait à la préparation des aliments suivant le régime homœopathique , et m’amenait de temps en temps lemalade dans sa voiture. Dordet fut radicalement guéri en quinze mois. Plusieurs esquilles se firent jour, la supuration se tarit peu à peu ; et ce sujet , qui avait été complètement épuisé par cette affreuse maladie, jouit depuis deux ans d’une santé parfaite, il est même devenu robuste.

Je lie terminerai point celte lettre sans fixer votre attention sur les maladies de poitrine ; la multitude toujours croissante de remèdes annonces pour les combattre prouvent sufBsamment leur inefficacité ; car s’il en existait de bons, depuis si longtemps qu’on en cherche , les marchands de pâtes pectorales n’espéreraient plus trouver d’acheteurs. Malheureusement , malgré tous vos efforts , le plus redoutable ennemi de l’espèce humaine frappe en liberté ses victimes ; en effet, il est bien reconnu qu une personne sur cinq meurt de la phthisie pulmonaire en comprenant toutes les autres causes de décès , et même les guerres. Vous savez tous et vous convenez franchement dans l’occasion qu’une phthisie, même au premier degré , ne vous laisse aucun espoir de guérison. « Hé bien ^ vous dirait toute autre personne qu’un médecin, pourquoi entreprenez-vous une maladie contre laquelle vous ne pouvez rien ? » la réponse est bien simple ; « Sous prétexte quon ny ajoute aucune confiance , faut-ü refuser à de malheureux malades des soins qui les consolent? » non sans doute , et jusqu’ici vous avez bien fait de les soigner comme vous pouviez ; mais aujourd’hui que THomœopathie offre de grandes ressources contre cette désolante affection, et que son régime fortifiant permet au moribond de lutter longtemps et quelquefois avec succès contre la maladie, vonsne voudrez plus, quand il y aura à proximité un homœopathe, employer encore vos moyens débilitants qui accélèrent inévitablement le moment fatal en épuisant les forces du sujet.

Certes, nous n’en sommes pas encore venus au point d’affirmer une guérison dans des cas très graves ; mais cependant nous avons été plus d'une fois assez heureux pour arracher à une mort certaine des phthisiques abandonnés comme incurables.

Celte énumération d’affections si graves, si variées, vous étonne sans doute, mes chers confrères; mais n’oubliez pas que chaque

remède homœopalhiquc bien choisi doit ôtre regardé comme un véritable spécifique agissant directement sur l’organe malade , et neutralisant les virus dont l’économie est entachée. Si cette explication ne s’accorde pas avec vos opinions , je ne la défendrai nullement, car je n’y attache aucune importance. Pour moi les mots ne sont rien; mais j’avance des faits sur lesquels je ne puis vous faire aucune concession.

Vous n’ignorez pas, mes chers confrères, avec quelle persévérante animosité l’Académie de Médecine s’est opposée à ce que l’autorité nous accordât des hôpitaux et des dispensaires. Tout récemment encore , vous savez quels embarras on a suscités à un professeur de la faculté de Montpellier , qui avait eu la sincérité de démontrer dans son cours la supériorité de l’Homœopathic sur l’ancienne médecine.

Le moment viendra où , Académie et Facultés , cédant à l’évidence des faits et aux arrêts de l’opinion , cette reine du monde , s’empresseront d’ouvrir leurs rangs aux hommes éminents de la nouvelle école. En attendant cette juste réparation et la fondation de plusieurs hôpitaux consacrés uniquement au traitement homœopathique, déjà plusieurs dispensaires sont ouverts par les soins de quelques homœopathes zélés, et la foule des malades qui s’y portent assidûment , prouve que les bienfaits de notre science sont aussi bien appréciés par les pauvres que parles riches.

Un autre besoin se faisait encore sentir pour les malades qui n’habitent point Paris ; il n’existait aucune maison de santé qui fût dirigée par un médecin homœopathe. Convaincu plus que personne de la nécessité d’un établissement aussi utile, je n’ai pas hésité à prendre l’initiative, en consacrant cent mille écus de ma fortuije à créer, près la barrière de l’Etoile, la Villa-Beaujon^ où

vingt^cinq malades peuvent recevoir des soins sauveurs, et suivre le régime dont l’observance est indispensable pour favoriser la puissance de nos médicaments. L’inspection seule prouve assez que je n’ai pas été guidé par l’appât d’une spéculation intéressée, et vous le reconnaîtrez si vous vous donnez le plaisir de visiter cette maison de santé modèle. Vous admettrez aussi que la méthode nouvelle va au-devant de la plus concluante et de la plus décisive des épreuves, en mettant en présence vingt-cinq personnes atteintes d’affections diverses, et parfaitement à même d’apprécier les effets des moyens curatifs employés sur elles.

Le cadre dans lequel je dois me renfermer ici est trop étroit pour que j’entreprenne de vous parler avec détail des maladies aiguës. D’ailleurs je vous ai déjà entretenu de la péritonite puerpérale qui a bien sa gravité, je pourrais vous parler du croup, des fièvres cérèh'ales et typhoïdes, et d’autres maladies trop souvent rebelles à vos efforts ; mais je me bornerai à vous dire quelles cèdent toutes à nos remèdes avec une merveilleuse facilité, pourvu toutefois que le traitement homœopalhique ait été appliqué dés le début. J’ajouterai même que leur cure est en général si prompte, que, malades et assistants doutent souvent de la réalité du mal que nous avons eu à combattre.

Vous tous qui exercez la vieille médecine, comparez donc vos résultats avec les nôtres, et voyez si votre conscience peut encore vous permettre de repousser l’homoeopathie sans Texpérimenter. Aujourd’hui une belle occasion se présente qui doit piquer votre curiosité î notre grand Hahnemann, poursuivant ses glorieux travaux à travers ses quatre-vingt-sept ans, va mettre au jour la sixième édition de son admirable Organon ; si vous savez vous résoudre à lire attentivement cet ouvrage, il vous donnera envie de pousser plus loin vos études bomœopathiques,

et au premier essai que vous en ferez , le succès vous fixera pour toujours dans nos rangs. C’est ce que vous souhaite du plus profond de son cœur, dans votre intérêt comme dans celui de l’humanité.

Votre dévoué confrère ,

Achille HOFFMANN,

Paris,— Imprimerie de A. APPERT, passage dn Caire, 54 .

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