‹ Lettre d'un Sicilien à un de ses amisChapitre 31 sur 75 · Voir« à ce sujet, la note i, p · texte numérisé non relu

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LETTRE D'UN SICILIEN. Sj

peuple, s^û Y venoic ea mémetems; situé sur le bord de la Seine, et la vûë de cette rivière, des collines et des campagnes voisines, augmente sa beauté et ses agrémens. Les grandes allées couvertes d'une Infinité d'arbres, qui ne produisent que de l'ombre, convient les personnes de s'y promener, et quand on est fatigué, on trouve plusieurs sièges dans tous les endroits pour s'assoir, et des théâtres, des labirintes et des tapis d'herbes fraîches pour se retirer comme dans une agréable solitude. On voit là, étalé dans les habits, tout ce que le luxe peut inventer de plus tendre et de plus touchant. Les Dames, avec des modes toujours nouvelles, avec leurs ajustemens, leurs rubans, leurs pierreries et les agréables manières de s'habiller, étalent dans les étofes d'or et d'argent les aplications continuelles de leur magnificence. Les hommes, de leur coté, aussi vains que les femmes*, avec leurs plumes et leurs perruques

I. Le jardin des Tuileries était le rendez- vous de Télégance parisienoe, et Dorante pouvait dire à Cliton (Le Menteury acie I*', scène I**) :

Mais puisque nous voici dedans les Tuileries, Le pays du beau monde et des galanteries, Dis>moi, me trouves- tu bien fait en cavalier?... Mais laissons, cher amy, laissons ces momeries. Voici tout i propos Theure des Thuileries.

Entrons. D'autres objets vont s'offrir & nos yeux : Tout Paris i la fois se rassemble en ces lieux.

Tout Paris était déjà inventé an xvii" siècle.

Avançons Dorimant, jusqu'à la grande allée; Nous allons y trouver marchandise mêlée.

blondes *, y vont chercher à plûre ec à prendre les cœurs; mais souvent ils y sont pris eux-mêmes, car il n^ manque pas de Dianes qui charment des Endimions.

6j. Dans ce lieu si agréable, on raille, on parle d'amour, de nouvelles, d'affaires et de guerre. On décide, on critique, on dispute, on se trompe les uns les autres, et avec cela tout le monde se divertit. On y voit au Printems plusieurs sortes de fleurs, et les rossignols en Eté semblent y avoir choisi leur demeure; avec leur voix sonore, ils y chantent leurs amours et leurs pla'mtes. On ne voit là aucun visage triste, on y est tranquile, éloigné du bruit, et on n^ entend aucun discours lamentable : et je crois que ce fut dans ce jardin charmant que se trouva Armide pour désarmer son Renaud et pour le mettre dans ses chaînes *.

SoUs ce feuillage épais on voit tout i U fois. Et duchesse et grisette, et marquis et bourgeois.

Ainsi s'exprime la Satyre des Promenades.

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