RÉPONSE
De M. le Président de V Assemblée Nationale , au Discours de M. le Comte de Clermont -Tonnerre.
MeSSÉEURSj
V OTRE présence répand ici la consolation et la joie. Nous disions, en recevant MM. du Clergé , qu’il nous restoit des vœux à' former 5 qu’il manquoit des frères à cette auguste famille. Ces vœux ont été presqu’aussitôt remplis que formés : nous voyons parmi nous un Prince illustre , une partie iml)ortante et respectable de la Noblesse Françoise ; nous nous livrons à la joie de la recevoir , è l'espérance d’y voir réunir la totalité de cette Noblesse. Oui , Messieurs , ce qui nous manque nous sera rendu 5 tous nos frères viendront ici j c’est la raison et la justice , c’est l’intérêt de la Patrie qui ^ les appellent et qui nous en répondent : travaillons de concert à la régénération du Royaume , au soulagement du Peuple. Nous porterons la vérité au pied du Trône , et sa voix sera entendue - pas un Roi dont la religion peut être surprise , mais dont les intentions sont justes , et la bonté inaltérable.
De M. Rouf de y ari court,
Messieurs,
-^^ous sommes arrivés à des circonstances qui, rendent la tenue des Etats-Généraux indispensable , & qui obligent tous ceux qui les composent , à adopter les propositions & les formes qui pourront les faire réussir. Je me suis convaincu qu’on ne sauroit y mettre obstacle , sans devenir la cause des plus funestes désordres auxquels la Religion & l’Etat vont être en proie , s’ils ne sont pas prévenus par les Délibérations sages des Etats-Généraux.
Il est donc de la plus grande importance d’accueillir toutes les propositions qui auront puui but de mettre > lin ^aux divisions , de réunir les trois Ordres dans un même avis , & de constituer l’Assemblée Nationale. Je n’avois pas regardé la vérification en commun , comme -l’unique moyen nécessaire pour réunir les trois Ordres j j’ai pensé que le plan proposé au nom du Roi , pouvoit y contribuer. efficacement j mais en donnant cet ^avis , je n’ai pas cru qu’il me fût permis de préférer mon opinion à celle de la pluralité dans mon Ordre ? j’ai même annoncé expressément , que j’opinois sans obstination , & que je la suivrois. Je ne puis aujourd’hui révoquer ' en doute que le plus grand nombre des Députés du Clergé , ne soit réuni dans cette Chambre pour
vérifier les pouvoirs en commun. Te m’y réunis par devoir et par inclination ^ et je remets mes pouvoirs sur le Bureau.
Déclaration de M. Botte\ , Curé de Neuville.
Je soussigné , Curé de Neuville-sur-Oins , Député du Clergé du Bailliage de Bresse, aux États-Généraux, déclare que , pour cause de maladie , ne pouvant me présenter aujourd’hui dans l’Assemblée Nationale , je prie M. Gueidan , Curé de Saint- Trivier , mon Collègue , d’assurer en mon nom , que mon désir est de soumettre à ladite Assemblée la vérification de mes pouvoirs , et de concourir , autant qu’il est en moi , au bien général du Royaume j demandant avec instance , que mondit Collègue remette , dès - aujourd’hui , mes pouvoirs à ladite Assemblée , la suppliant de les accepter pour en faire la vérification j promettant de ratifier et signer tout ce qui sera fait à ce sujet, A Versailles , dans la matinée du Juin 1789. Bottez, Curé de Neuville,
DISCOURS De M- le Marquis de Sillery^ •
Messieurs,
C’est avec transport que nous reconnoîssons païmi vous nos plus chers Compatriotes. Au moment de nos élections dans nos Provinces , l’amitié avoit suivi l’estime que chacun de vous nous avoit inspirée j et collectivement nous réclamons de nos Concitoyens les mêmes sentimens que nous avons pour eux.
' Nous ne cherchons pas à nous prévaloir d’avoir
devancé ÿ peut-être de quelques jours , dans cette Salle y le reste des Membres de la Noblesse. La sévérité de quelques-uns de leurs mandats , l’examen du plan proposé par le Roi , les empêchent encore de nous joindre 5 mais l’esprit de justice & l’amour du bien public qui les dirigent , les ramèneront sans doute bientôt au milieu de nous.
Oublions , Messieurs , les premiers momens d’inquiétude qui nous ont éloignés : faisons voir à l’Univers que la Nation Françoise a conservé son antique Caractère. Entraînés par nos passions , rassemblés de toutes les parties de ce vaste Empire , ayant tous un intérêt à défendre , tenant à nos opinions & voulant les, soutenir impérieusement , naturellement il en devoit résulter l’effervescence qui , pendant quelques momens , nous a agités : mais envisageons la rempete d^un œil calme & serein 5 que nos aines se calment à proportion des dangers qui nous environnent. Fixons un œil attentif sur tous les abus que nous devons réformer j n’ayons devant les yeux que le bonheur des Peuples , qui nous est confié , & que ces motifs sacrés soient le ralliement de nos cœurs & de nos pensées.
Ne perdons .jamais de vue le respect que nous devons au meilleur des Rois , et si digne par ses vertus personnelles d’ètre à jamais l’amour de ses Peuples. R nous appelle ses enfans ! Ah ! sans doute nous devons tous nous regarder comme une famille réunie , ayant dans notre maison paternelle des détails différens. Il nous offre la paix : acceptons-la fans balancer , & qu’il
ne voye pas flteir & sécher dans ses mains le, rameau
d^olivisr qu^il nous présente
C’est en présence de la Nation rassemblée que nous rendons au Clergé les hommages que nous devons à ses vertus. La plupart de vous, Messieurs, témoins des peines & la consolation des habitans des Campagnes, vous nous instruirez des détails attendrissans de leurs souffrances , & vous nous aiderez de vos conseils pour trouver les moyens les plus prompts de les soulager.
Et vous. Messieurs, qui réunissez dans votre sein des Citoyens distingués dans tous les états, des Magistrats éclairés, desLittérateurs célèbres, des Commerçans
fidèles, des Artistes habiles, vous nous aiderez de vos lumières & de votre instruction, pour procurer a la France les sôins nécessaires à la régénération de l’ordre public.
Je m’arrête, Messieurs, et mes yeux se fixent sur les habitans de la Campagnes qui sont parmi vous, dont les travaux respectables servent à nourrir et enrichir les Citoyens de tous les Ordres. Si la Noblesse de France se glorifie d’avoir le droit de marcher à la tête des Légions pour la défenfe de la Patrie, elle honore également cette milice formidable qui fait la gloire et a, sûreté de cet Empire. .
PISCOUR^
DISCOURS De M. Dumoucktl , Recteur de t Université.
C^’est avec la plus vive douleur que j’ai vu s’éterniser les mallieureuses discussions qui ont divisé jusqu’ici les trois Ordres , & consumer en vains débats un temps précieux dont nous devons un compte rigoureux à la Nation. Il me tardoit depuis long-temps de sortir de l’état d’inaction dans lequel nous avons été plongés jusqu’ici, & de nous voir travailler de concert au grand ouvrage de la régénération de l’Etat , pour lequel nous sommes tous appelés. Tant qu’il m!a été permis d’espérer que les voies de conciliation proposées & discutées à diverses reprises , pourroient avoir leur effet , je me suis cru obligé à ne faire aucune démarclie qui pût contrarier en rien les contlitions qui m’avoient cto impuaées par mes commettans. Mais dans les circonstances présentes , je ne me pardonnerois pas à moi-même de persister dans un éloignement que je crois aussi opposé à la raison , qu’aux intérêts de la Patrie. Je viens donc parmi vous , Messieurs, je viens jouir du spectacle de vos vertus & de vos talens , & m’éclairer au flambeau du génie & des connoissances qui régnent dans cette auguste Assemblée : puissé-je, en marchant sur vos traces, concourir à la prospérité de la Nation , &; au bonheur
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d’un Monarque qui n’en connoît d’autre , que celui de scs Sujets !
De M. Perler , Curé de Saint-Pierre d*Etampes^ Messieurs,
X ORTEUR d’un Cahier qui me prescrit le vœu par Ordre, qui m^en joint que le Clergé du Bailliage d’Etamp^ , que j’ai l’honneur de représenter aux Etats-Génétainx , entend demeurer inviolahlement uni uu premier Ordre , se conserver dans son intégrité , et protester contre» toute scission , j’ai cru de mon devoir et du respect que je dois à mes Commettans , de rester jusqu’à ce jour , et de voter dans la Chambre du Clergé. De nouvelles instructions changent en ce moment ma position. Je viens m’unir à votts , et particulièrement à la majorité de mon Ordre , duquel je ne cesserai jamais de défendre et de soutenir l’existence , les prérogatives et les intérêts.