‹ Lettre de Mgr l'archevêque de Montréal au sujet de la Caisse ecclé siastique [microforme]Chapitre 2 sur 2 · CAISSE ECCLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

CAISSE ECCLÉSIASTIQUE

{ Archevêché de Montréal le 12 février 1898,

Mon cher monsieur,

Je viens aujourd’hui vous parler de l’œuvre de la Caisse ecclésiastique en faveur des prêtres malades ou retirés du ministère.

La prospérité de cette œuvre me tient particulièrement au cœur. Car, sans elle, dans ce diocèse comme dans beaucoup d’autres, nous serions absolument dépourvus de moyens réguliers pour venir en aide à ceux de nos frères qui, après s'être consacrés au Seigneur et s'être dévoués au service des âmes, se trouvent dénv/s des ressources nécessaires à leur subsistance.

Aussi, une de mes premières préoccupations a-t-elle été de me rendre un compte exact de la situation de la Caisse ecclésiastique. J'ai constaté que cette œuvre de charité fraternelle traverse malheureusement une crise aiguë, dont la prolonga-

os

tion mettrait en péril non-seulement sa prospérité mais son existence elle-même.

Un comité, aux délibérations duquel j'ai voulu assister, travaille depuis quelque teraps déjà à relever le crédit de cette société, en réorganisant le mode de perception de ses revenus sur des bases qui inspireront plus de confiance et de sécurité. Mais, je suis convaincu que la première chose à faire pour arriver à un résultat si désirable, c’est d'amener tous les prêtres séculiers du diocèse à se faire inscrire comme membres de l'œuvre. Personne, il me semble, ne peut avoir d’objections sérieuses à concourir au maintien d’une société, dont l'unique but est de fournir une retraite et du pain à des frères réduits à la pauvreté par la maladie ou par la vieillesse. Quels que soient les motifs ellégués pour excuser les abstentions du passé, j'espère que la raison supérieure que j'invoque, et qui n’est autre que l'obligation impérieuse où sont les membres d’une même famille de se prêter au besoin une mutuelle assistance, J'espère que cette raison sera enfin comprise par tout le monde.

Cet espoir est trop légitime, il est fondé sur des motifs trop élevés, sur des besoins trop pressants, pour que je ne vous en

fasse point part en toute confiance.

Permettez de .« à votre archevêque, sur lequel, en définitive, repose le soin de pourvoir, par les meilleurs moyens à sa disposition, au soutien de chacun de ses prêtres, de faire appel à votre esprit de charité sacerdotale, en vous priant d'envoyer votre demande d'admission à la Caisse ecclésiastique, sous le plus court délai possible.

Afin de vous permettre de vous rendre à ce vœu, et d'assurer

par là, pour ce qui vous regarde, le succès complet et définitif

St

des travaux entrepris par le comité dont je vous parlais tout-àl'heure, j'ai demandé aux membres de ce comité de suspendre leurs délibérations pendant quelques jours.

Lorsque tous les prêtres du diocèse auront envoyé leur adhésion, les séances du comité seront reprises sous ma direction, et, j'en ai la ferme conviction, les propositions que l'on pourra dès lors adopter en vue de régulariser le bon fonctionnement de la Caisse, rencontreront l’assentiment général. L'union des cœurs et l'unanimité des concours particuliers produiront enfin le résultat poursuivi depuis si longtemps, et toujours empêché par l’abstention d’un certain nombre.

Recevez, mon cher monsieur. l'assurance de mes bien dévoués sentiments en Notre-Seigneur.

f PAUL, ARCH. DE MONTRÉAL.

P. S. — Quoique cette lettre ne s'adresse directement qu'à

ceux qui ne font pas partie de la Caisse ecclésiastique, j'ai cru cependant devoir la communiquer à tous les prêtres du

diocèse.

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