A UN PERE DE TREVES
suivant le désir de Votre Révérence, non pas seulement pour un petit congé, mais pour un grand et double congé de la Maison professe tout entière, et j'espère qu'il aura lieu bientôt dans notre maison des champs appelée Montlouis; la fête que nous y célébrerons sera mise sous le vocable des Pères de Trêves.
Cependant j'ai lu à M. Chamillart la lettre de Votre Révérence. Il a compris en quelle vénération son nom est auprès de vous et avec quelle reconnaissance la Compagnie de Trêves le regarde comme son insigne bienfaiteur et protecteur. Il s'est rendu compte du nombre des messes ordonnées pour lui, et des prières dites à son intention. Tout cela lui a causé un vif contentement. Aussi m'a-t-il chargé de vous assurer qu'aussi longtemps qu'il dépendra de lui, il sera toujours pour vous un ami, et prendra soin de vos intérêts. 11 y a joint cette condition pourtant, que je le recommande lui et sa famille à vos prières. Fasse le Dieu très bon et très grand que vous n'ayez plus longtemps besoin de sa protection, et que la paix étant enfin rendue à l'Europe nous puissions nous adresser de mutuelles félicitations. Voilà le sujet de tous nos vœux. Je prie Votre Révérence de vouloir bien communiquer ma présente lettre au Révérend Père Recteur du Collège et au père Procureur du Noviciat. C'est comme si je leur écrivais à euxmêmes. J'espère qu'ils voudront bien approuver mon désir d'économiser des frais de poste.
Je prie Votre Révérence de se souvenir dans ses saints sacrifices et de faire souvenir devant Dieu nos chers frères Novices de leur très obéissant et
très humble serviteur dans le Christ,
Louis BOURDALOUË, S. J.
(Voir page 19)
LE PÈRE RAPIN [AU CARDINAL ROSPIGLIOSI^ P[ax] C [hristi.]
Eminentissime Cardinalis,
Voluit S[erenissimus] Duc D'Albret : ut uterer opportunitate sui cursoris extraordinarii, quem mittit ad Summum Pontificem : vt scriberem pro communicando illi fortunatissimo nuncio, de ha?resi die superiori abiurata per S[erenissimum] Mareschallum De Turenne, patruum suum. Non potest satis dici quam lœtitiam ceperit ea de re Rex christianissimus : nec dubitatur de ea, quam accepturus est Summus Pontifex : quod factum id pertineat imprimis ad hreresis caluiniauce reliquias in hoc regno extinguendas. Quod, cum debeatur prudentiae singulari et dexteritati eximise S[erenissimi] Principis Ducis Dalbret : speramus ut, pro re tam bene gesta, Sua Sanctitas rependat uices quas ille meritus est. Certe E[minentia] V[estra], cuius zelus pro religione contra nouas hsereses tuenda, semper extitit incredibilis, non potest facere quidquam communi religionis bono magis conducibile ac fructuosum : quam si representet S[ancti]'^" Suœ, quantum intersit Sedis Apostolicœ et ipsius religionis : ut in hac temporum infelicitate, in quà scinditur in partes ecclesia gallica : constituatur in dignitate aliquis, cuius authoritate animi contineantur. Unus est autem ex omnibus maxime dignus, in quem Sua S" oculos conuertat, S. dux d'Albret, qui summo natalium splendori virtutem doctrinamque iunxit singularem : et contra nouos errores pro defensione Sedis Apostolicte semper fuit bene animatus : ut ex eius theologiie universx thesibus, quas eius nomine obtuli E . V., cum eram Romce, manifestum esse potest. Sed ne verbis pluribus molestus sim, E'" Y"' cœtera, quœ valere poterunt ad reprœsentendam eius rei urgentem necessitatem, reprsesentare poterit P. Richeome, ad quem scribo ea de re pluribus. Certe, quia nimis festinatum est in rébus componendis, cum Janseniani ui-
1. D'après la minute. Communication du P. J.-B. Van Meurs, notre obligeant correspondant.
dentur iam toUere animos contra religionem ; cui malo nisi subveniatur, actum est de religione : quapropter oro E*"" V*" ut pro suo erga religionem amore, P. Richeome audire velit, et ignoscere meam importunitatem.
Emminentiœ Vestrœ
Obsequentissimus devotissimusque in Christo.
Renatus RAPINUS, Soc. Jes.
Parisiis, 25 oct. 1668.
(Voir page 20)