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[Lettre] [microforme]

NOUS avons entendu souvent le clergé du diocèse se plaindre avec amertume de ne pouvoir offrir à ses membres un lieu de refuge pour se reposer àla fin de leur carrière évangélique, et pour se recueillir avant de faire le voyage de l'éternité. Qui ne sentirait, en effet, l'importance d’un hospice pour le clergé infirme, quand il voit les vénérables vétérants du sacerdoce, faibles et abattus, rechercher péniblement un asile pour s’y abriter, s’y faire servir par des mains mercenaires, et finir leurs jours dans la privation de ces soins intelligents que la charité et le dévouement religieux prodiguent au plus misérables dans nos villes ?

Occupé depuis long-temps de ces pénibles réflexions, et témoin journalier des misères réservées à cette partie si respectable de la milice sacrée, nous avons recherché les moyens d’y apporter quelque remède, et nous voulons vous en faire part, à la demande de Monseigneur l’Archevêque, toujours occupé comme nous de l'honneur et de l'intérêt du corps dont il est lé chef.

Le clergé, en distribuant avec générosité le fruit de ses épargnes aux œuvres de l'éducation et de la charité, a semblé, jusqu'à ce jour, scager beaucoup plus au bonheur de ses ouailles qu'à se procurer. à lui-même les jouissances du bien-être et de l’aisance. Bien que fortement ému du sort réservé à ceux de ses membres que l’âge ou que la maladie relègue en dehors du camp, il a cru peu possible d'interrompre le cours ordinaire de seslibéraliés, pour diriger effectivement ses vues sur une entreprise dont il paraissait être lui-même l’objet.

Cependant le temps est venu de mettre la main à cette œuvre, sans s’arrêter à des calculs trop humains sur les difficultés que pourrait en offrir l'exécution. La protection que se doivent des frères, l'honneur du sacerdoce et de l'Eglise réclament impérieusement un hospice pour les prêtres infirmes. Décidé fermement à réaliser cette idée puisée dans les principes fondamentaux du catholicisme, nous comptons avee confiance sur les bénédictions du ciel, et nous présumons que le clergé nous aidera de sa coopération ; nous y comptons d'autant plus volontieré/ que nous en connaissons mieux l'esprit ainsi que le désintéressement, dont nous avons éprouvé les éffets avec bonheur dans la construction de

l’archevèché.

En méditant sur les divers moyens de réaliser ce projet, nous nous sommes convaincu qu'il fallait moins songer à la promptitude qu’à la certitude du succès. Car, si d’un côté il convient dé donner à un établissement de ce genre des formes et des dimensions qui soient en rapport avec sa destination, de

l'autre, il nous faut calculerJes fonds.et les ressources probables sur lesquels nous croyons pouvoir compter pour cet objet. L'exiguité des revenus ecclésiastiques en ce diocèse ne permettant pas au clerg8!de" niettre ànotré‘disposition une somme suffisante pour l'exécution immédiate de cette belle entreprise, nous avons dû songer à vous suggérer un mode de souscription qui pôt obvier aux difficultés des temps, et réunir les avantages d'un versement immédiat. En conséquence, nous vous proposons une souscription dont le montant ne dépasse pas les . bornes de vos ressources, et payable par versements modiques et en des fermes faciles et éloignés, Thissahit d'votte généfosité le s0in'd'en'détérmiiner le quanéum. ‘ Cétiésbiséription! setait: payable en ‘qüâtré annéés, et le préiier vétsemiént sent fétiit dans” 16’ couts" de’ été de ‘1849; et: ditinl'poti les siiées subséquéntes.

Si'ce plin métite l'approbation du clergé, nous reposant sûr le-tnohtant à-venit de:la souserigtion Proposée, eonime sur ünë base des plus solides/nous pourrons, au mbinsnons en: avons l'espérance, nous pourrons, sans attendre les versements complets, procurer à nos frèrés: ififirmes un: refñige:-honorable et digne de leur caractère sacré.

Nous avons dû songer pareïllement à détermimer la place la plus conveñable pour la destination de cet hospice. Noûus avons eru d’abord; et il nous a été suggéré que la: campagne devéit être préférée à la ville, parce que l'abilé en projèt semble plus spécialement destiné à-ceux de no: venérables frères qui auront blanchi au service des âmes dans les missions et dans les paroisses de la cäthpagne. Dans cet âge de décrépitudé, l’homme poursuivi par la mélancolie, l'itoleifént et les füifirmités, à besoin dur régime et de soins qui sôient én aceord aveë ses goûts ét ses habitudesdé vie. : Cépeñdant, tout lé prix que l'on peut dttächer à cés avantagés né saurait entrer èn parallèle üvec ceûx que présent la ville. L'éxpériènce qué rous avons acquise dé In faïbléssé hémainé dans tous les'âges dé la vie; nous i appris que l'infirhe, ou le vieillard, arraché du lien de ses häbitudes et de ses connaissances, souffrira également, en quelque lieu qu’il soit rélégué. Sionle place à la éampagne, il devra recevoir les soins de mains mercenaires et quelquefois avides d'exploiter sa décrépi-

tude 3 et de plus les misères de cet âge seront confiées à des personnes iicapables d'en äpprécier les

causes, d'en supporter les inconvénients, et surtout d’en ndoucir les atiéftuiies pour ce tenps de la vie où l’homme éprouve uné soif ardente de sympathie et de consolatiohs. La ville, au coftraire, offrira au vénérable vieillard une société ecclésiastique de tous les jous, l'éncouragément des supérieurs, la sympathie des confrères, les soins médicaux immédiats, et surtout le bonheur inappréciablé d’être servi dans les maladies et assisté au dérnier moment par la main de la divine charit‘, par des Religieuses. Heureux le prêtre qui, après avoir supporté le poids du jour, et ouvert le ciel à tant d'âmes, peut rendre son dernier soupir sous la protection de ces anges de piété et de dévouement !

if Nouë espérons donc pouvoir confier la direction de l'établissement projété à des Réligieuses de la

charité, que nous aurons bientôt en cette ville, si Dieu daïgne agréet et bénit nos vœux.

Enfin, monsieur, nous vous avouerons, sans crainte de déconcerter votre générosité, que nous estimons le prix total de l’entreprise à la somme approximative de £1900, et que cette somme serait égalée, si tout bénéficier, proportion gardée des revenus relatifs, souscrivait pour la somme de £25, payable en quatre années, comme il est dit plus haut, et le reste du clergé dans la même proportion.

Maintenant, monsieur, permettez que je compte svec confiance sur votre coopération à une œuvre si éminemment charitable et religieuse, que je soumets à votre sérieuse méditation.

Je vous prie de me donner une réponse, et de vouloir bien y spécifier le montant de votre offrande aussitôt que vos occupations vous en donneront le loisir. . Je suis bien cordialement, Monsieur, Votre très humble et obéissant serviteur.

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