‹ [Lettre] [microforme]Chapitre 3 sur 3 · E SCENE · texte numérisé non relu

E SCENE

que peut se comprenune certaine façon “même, sans autre ex-

Mr. F. entre.

C’est bien, c’est bien D, défends toi, ne te lai manger la laine sur la têté.… Songez Messrs. que Mr. D. a été réélu echevin pour le quartier de dont je ne

me rappelle pas le nom dans le Moment actuel d’actuellement.

D. Oui et à Punanimité.

+ Parcequ’il ne s’en est pas présenté d’autres.

D. Quoi ?

F. Il dit que tu a été élu par préférence à un autre. A la bonne heure ; je crois pourtant qu’il a dit au-

trement; mais ça m’est égal, si on m’insulte mon parti est pris :

F. Voyez comme il fait des vers ce cher D.

D. On sais bien que tu es un farceur F...et…

B. Allons finissons donc tous ces propos. Tiens voi. à Mr. G. l’un des secrétaires de notre comité constitu-

Ê à G. ne gagnait rien Pourquoi il est revenu soudain,

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P. Ecoutez donc H. dites donc’plutôt citoyen V....r celu sent mieux le républicain, n’est.ce pas B...accoutumezvous donc petit à petit...vous n’avez toujours que des honorables dans la tête vous autres.

F. Oui, tandis que nous voulons les fouler aux piéds,

G, Bah! des honorables ; si vous aviez été à Londres et à Paris comme moi Messrs..….je me trompe, je voulais dire citoyens. C’est-là que vous verriez combien on y fait peu de cas des honorables, des marquis, des ducs, des princes, des rois enfin; là dans ces grandes villes les ramoneurs sont respectés au plus haut degré, car ils font une partie du peuple, c’est-à-dire qu'ils composent partie des masses. J'en ai vu à Londres de ces masses qui voulaient se révolter (légitimement cela s'entend ) contre les autorités constituées. Ah que c’était beau ! que c’étaitgrand! J'ai vu aussi à Paris près de la colonne d’Austerlitz, des rassemblemens de masses, des masses de braves patriotes ( on les appelle là aussi sansculottes, et véritablement plusieurs d’entr'eux en manquaient, mais cela est dû à la tyrannie du gouvernement.) et chose singulière la police, cette infâme police des gendarmes de Louis Phillippe, les chassaient de rue en rue et de quai en quai, tout comme des moutons,

F. Il paraîtrait, Monsieur G., que vous avez vue bien des choses dans vos courses lointaines ; eh bien ! je vous parierai, moi, que vous n’avez Jamais vu de patriote d’outre-mer'capable de faire ce qu'un des nôtres est prêt à faire dans l’occasion ?

G. Qu'est-ce que c’est... dites... dites, car j'ai vu bien des choses, je vous assure, surtout en fait d’anecdotes.

F. Eh bien! apprenez Monsieur G., que nous avons paru nous un patriote, ou un sans-culottes, comme on

es nomment à Paris, qui est capable de manger un Ecossais tout cru !

G. Miséricorde ! que ine dites vous B. Mais c’est donc un descendant de ces terribles Iroquois qui dévastèrent le pays dans le commencement de ses établissemens, Dieu quelle horreur !

F. Je n'ai pas le temps de vous en dire davantage ; tenez, le voilà qui entre... voyez ce cercle de longs poils qui encadre sa figure... voyez sa robe de cas:

tor, on de peau d'ours... : non, je me trompe... c’est un simple manteau de draps dont il est affublé..…… voyez cette démarche fière et imposante... ; tremblez, habitans de la Calédonie! surtout vous, qui portez la Juppe écourtée.

G. Eh! mais, mais. c’est mon ami W...r; comme vous êtes badin, Monsieur F, '

W. Comme vous voilà tous effarouchés citoyens ! s’a. girait-il donc de révolution, de guerre...je le veux, 1 us le voulons. Je suis prêt, nous sommes prêts. Allons, à nos canons ; baïonnette au bout du fusil, Je vous conduirai au feu, moi; sachez que je porte un Napoléon sur ma poitrine,

F. J'aimerais mieux en avoir un dans ma poche moi,

dE. SCENE.

Mr. M. entre, et dit d'une voix grave :

Citoyens ! le comité constitutionnel est assemblée ; en ma qualité de secrétaire de ce comité, et par ordre de son résident, je vous somme de vous y transporter sans débai, pour délibérer sur des mesures qui out rapport au salut de la patrie,

P. Ecoutez donc, citoyen M., tâchez donc de voir si dans votre comité constitutionnel vous ne pourriez pas trouver moyen de me faire payer un accompte seulement.

M. Je vous dirai, citoyen Editeur, que nous n’avons aucuns fonds quelconques. Nous travaillons et agissons sous la garantie de la 91e résolution, qui nous assure que la prochaine session ou convention nous remboursera amplement toutes nos dépenses. Je vous renvoie au texte de la résolution susdite, qui doit être pour nous tout le texte de la loi. D'ailleurs, vous savez par expérience que la législature ne manque jamais à de telles promesses, surtout lorsqu'elles sont faites à ceux qui doivent appuyer ses bévues.

(Ils quittent tous l'appartement.)

P. Et moi, je vous envoie à tous les disbles, Une bande de ba... ds qui me tiennent ici depuis deux heures de temps... Allons, finissons ce maudit paragraphe. Tiens, garçon, porte cela tout de suite à l’imprimerie. Hélas! si quelque mouchard allait rapporter la

farce qui vient de se passer à l’aMI DU statu quo, ce serait bien le reste.

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Avouez-le, Monsieur P., en lisant ce que dessus, ne seriez-vous pas tenté de croire qu’il y avait en effet un mouchard parmi vous. Eh bien ! songez-y ; et regardez vous sans rire, si vous le pouvez, comme Louis Philippe et Talleyrand, les plus honnêtes gens d’outre-mer.

UN Ami pu Statu quo.

Québec, 25 avril, 1834,

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