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R, CIIRI3TIE, ÉCB., Québec.
3foniieur,
St.-}Iyacinthe, 16 mars 1856.
Je lisais, il y a quoique temps, le cinquième volume de votre intéressante liistoire du Canada, et je suis tombé, à la page 230, sur un postscriptum contenant quelques extraits d'une lettre à vous écrite par le Docteur Wolfred Nelson, en date du 21 mars ] 853. Cette lettre contient des explications au sujet de la polémique qui A eu lieu entre le Docteur et moi, comme défenseur de M. l'apineau, à propos du départ de ce dernier de St.-Denis, le 23 Novembre 1837.
Ces explications ne sont rien autre chose qu'une nouvelle attaque contre M. Fapineau et contre moi personnellement, attaque tout aussi injustifiable que les précédentes, et consigriée dans un ouvr»ge que personne, dorénavant en Canada, ne négligera de placer au premier rang des livres utiles et instructifs, dans sa bibliothèque. Ce n'est donc pas cette fois, une aggrcssion passagère comme la feuille d'un journal, c'est u» e attaque qui subsistera aussi longtemps que i livre qui la contient.
Les explications an docteur contenant sur mon propre compte et à l'égard de M. Fapineau, des avancés entièrement inexacts, je ne puis lus laisser passer rfiins réponse à ceux qui viendront après nous, car la défense a droit au même caractère do permanence que l'attaque : et comme elles contiennent de plus un aveu très important en faveur de M. Papineau, je dois à celui-ci, dont je me suis constitué le défenseur, de prendre acte de cet aveu dans l'ouvrage même où Ton est venu ailirmer de nouveau les calomnies de 18^8.
Je n'ai rompu le silence que par suite de cette nouvelle tentative de ))erpétuer des accusations que je sais être fausses. Dane des matiùros de cette importance, le silence est souvent pris pour un aveu tacite.
J'ai certainement autant de droit de défendre M. Papineau mie le Docieur Nelson peut en avoir ou de l'inaiquer comme point de mire au mépris public; et j'ai, de plus que le Docteur, le devoir de continuer nia défense d'un homme déloyalenient attaqué.
Voilà mou'sieur, pourquoi je viens réclamer quelques pages de votre sixième volume, comptant !»vec toute confiance sur l'imparlialitc dont vous avez déjà fait preuve, et qui me payait caractériser particulièrement votre execllont ouvrage.
Avant de iiasser à l'examen de la lettre du Dr. Nelson, je crois devoir étabKr quelles étaient les positions respectives des parties à la suite de la discussion de" 1818.
Le dimanche, 21 mai 1848, le Dr. Nelson alla faire une visite à. ses électeurs du comté de Richelieu, et lit des discours politiques aux portes des églises de St.-Aimé, St. -Barnabe et St.-Judes. Il fit publier ces discours dans la Minerve du 25. Le Docteur y faisait à M. Papinenu le reproeho do s'être sauvé de St.-Denis, et d'avoir fui durant la inêlie,
M. Papineau lépondit par un article ]ilein t r ^. 1- - :.,-/.,./. ,1.,..= V .l„„,.,v .1,. o
juin 1818; nia péremptoirement raceu?«ation du Docteur et athrma qu'il n'était parti de St.- Denis ((ue sur l'ordre même du Docteur.
Celui-ci nia le fait et publia successivoment quatre longues lettres où M. Papineau était attaqué avec un acharnement incroyable, et dans lesquelles il faisait des révélations et dévoilait des lait» qui étaient jusqu'alors restés
lui et n'être pas absent plus de cinq minutes 1 11 a donc pu revenir à la maison de madame St.- Germain avant qu'on "se soit apperçu qu'il en fût sorti ! Avec une distance do trois milles, d'une maison à l'autre, l'induction que l'on a tirée du fait de sa présence chez madame St- G rmain eût eu beaucoup do plausibilité et de force : mcis avec cette faible distance de cent verges elle ne signifie plus rien !
J^dmets néanmoins qu'en l'absence des t*.
motguages affirmât'^» que j'ai publiés, l'induction des ennemis de M. Papineau eût pu être considérée comme strictement acceptable.
Malheureusement pour le Docteur et les siens, j'ai trouvé plusieurs témoins qui ont affirmé sous serment qu'ils avaient va le Dr. -»fr>Nel8on parler à M. Papineau, dans et devant sa propre maison, à Vheure même oà hs autres prétendaient quil v! avait pn le faire : et qu'ils AVAIENT ENTENDU le Dr. Nelson, à cette même heure , prier M. Panineim de s'éloigner, et lui ordonner même de le faire, on lui représentant que si le malheur voulait qu'il fût tué, la rémtatice devenait inutile.
J'ai donc donné, moi, des preuves directes, positives, ètablicsant affirmativement le fait nié par le Docteur et ses amis. Or, aux yeux de tout homme de sens sachant ce que c'est qu'une preuve, la négation qu'un fait quelconque ait pu avoir lieu est nécessairement mise au néant par l'affirmation assermentée de l'existence réelle du fait contesté.
Le Dr. Nelson, avec s-îs dénégations, est donc précisément dans la position du prévenu qui nie le délit dont on l'accuse, mais qui est confondu par le témoignage de ceux qui Vont vu le commettre.
L'affaire eu était restée là et les ennemis de M. Papineau avaient fini par en prendre leur parti, quand le quatrième volume de votre Histoire du Canada est venu faire craindre au Dr. Nelson, par la nature des appréciations, pourtant bien impartiales, que vous aviez faites après avoir cité une partie do ses ténioi gnages et des miens, qu3 ce ne fût lui et^ non M. Papineau qui restât compromis dans l'avenir. Il vous a en conséquence écrit la lettre à laquelle je vais maintenant répondre.
Le Docteur commence ainsi ses explications.
" Even after thc order of nature, t nuut.
" erelonir, ronder an aecount to iny maker, of " my dec.lâ herc bêlow. Wel>, Sir, [ fear not " to call MY (tOD to \vitne-*s lliat on tlie " moriiing of tiio 23rd Deceniber 1837, I did " not order Mr. Papineau to dtsist froui his " lutention of «oinp; to join our compatriots to '■ do battle with them ugainst thc troops that " wero coiuioir upl !...
A cette assertion du Docteur, voilà les preuves que j'ai opposées:
lo. Augustin Fontaine dépose sous serment :
Que la vaille do l'engagement, à six heures du soir, il a entendu le Dr. Nelson dire qu|il fallait que M. Papineau s'en allât, parce qu'il ne pourrait être remplace, s'il était tué.
2o. F;'s. Ménard dépose :
Que le jour de la bataille, vers six heures du matin, il a entendu le Dr. Nelson dire à M. Papineau qu'ayant été élu commandant, il lui donnait l'ordre de s'abstenir de combattre, cl de mettre sa personne en sûreté.
. Uo. Loui;5 Lûpré dépose :
Que peu de temps avant la liat.iille, entre I neuf et dix heures du matin, il a vu le l>r. I Nelson, deva-it sa maison, en conversation ' avec JI. Papineau, et qu'il l'a entendu dire à ce dernier qu'il devait jtartir de suite; ajoutant qu'il valait mieux perdre les deux tiers de ceux qui étaient là que M. Papineau seul "fiMiri Laïuinro. Notaire, dépose:
«lo. II
^appni(
qu'il» affirment; ceux du Docteur qu'ils n'ont rien vu, rien entendu, côté est la certiiiidef
Les témoigaares donnés au sonti* sertion du Docteur étant donc moi»' nihilés par le seul fait qu'ils n'étal n'affirment rien, je vais démontrer q vais pas strictement besoin de la preuves que je viens de donner pou:
tre le Docteur, Mon meilleur témoin Dr.' Nelson n'est autre que le Dr. N mène, dont les nombreuses contradii tergiversations incroyables, les var finies sur les mêmes faits, valent cert contre lui-même, au moii s autant q cusations pouvaient valoir contre neau.
Je vois donc, en 1848, le Dr. Ne mer que M. Papineau a fui durant St. -Denis. D'un autre côté, je vois Dr. Nelson, en 1837 et en 1838, afflri nellement, en toute occasion, à ses mes amis, que tel n'est pas le cas; c\ part de li. Papineau ne peut pas être comme une fuite ni un lâche abond amis, puisqu'il avait fallu les instai rées, l'insistance formelle et les i positives de lui, Dr. Nelson, pour le partir. Bien plus, en 1839, dans une publique, le Dr. Nelson est allé ju au Dr. Côte que l'affirmation qu Côte) venait de faire que M. Papin< sauvé comme un lâche, ôtait un m( ne pouvait venir que d'un être mépr quel croire maintenant : Le Nelson le Nelson de 37, 38 et 39? (1) Si le 48 disait vrai, comment avait-il pu p dace au point de parler ainsi au Dr.
Mais ce n'est pas tout. Après le 1837 était venu le Nelson de 1848 après le Nelson de 1848 est venu le 1853, qui en fait de contradictions e sur les faits renchéiit encore sur ses seurs.
Voici donc l'aveu que fait le Do pa<»e 231 de votre cinquième Yolui diotement après sa confirmation de rations de 1848, que J'ai citée plus 1 "But I freely admit that, previc " morning (23 Novembre 1837) l t< " pineau that we did not want him t' Il lie s'iigit dcuc plus entre nous, quistion de douae ou quinze heures. ' •' pas dit le jour même," dit le Doct " j'ai)mi;ts volontikus que je l'avaii " ravant." Etait-ce donc la peiu tout ce tapage, de soulever ainsi me contre M. Papineau , pour en nrri\ ment, à cet aveu ?
J']t si auparavant signifiait la v vant-veille , comme c'est nécessai comme c'est vrc' .letit le cas, quelh d' ."M-ence oonva-'t-il donc y avoir ei cisions du 22 et celles du 23? Estquolque cas capital, quelque circoni vclle et imprévue qui ait pu chang( au lendemain, la détermination évi( vée et admise aujourd'hui du Doel point: "Ne pas per.uettre à M. P " s'exposer aux chances d'un coml deniment non, pu^sqrc le Docteur îiMus dit. Po!!!- !!s'pas se mo :re '-nC' en eoiit adict'on avec lui-même, le I vait, d us ses explicatio is de 1853, raisons pour Ie9que''e8, après avo Papineau de partir, il s'était cru lui reprocher son départ. Une ci imprévue, survenue du 22 au 23 pc doute, rendre raLou d'un pareil cli mais au moins faillait-il la rnpp( urv niant ■ on dcvnit
>ublicr ces discours
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faiunif ù W Pfil^î-
Oue le iour de la l)iitaiilc, vers six lienres r,m londemaiii, ladétermmatioi
,jr..,;.« >,.,:„..^/7'/ii
afSrment; ceux du Docteur offirmant
n'ont rien vu, rien entendu, de quel Bt Ift certiiudof
té noignares donnés au soutien de l'asa du Docteur étant donc mnJa' :!nant an-
par le seul fait qu'ils n'établissent et nent rien, je vais démontrer quo je n'aas strictement besoin de la masse de is que je viens de donner pour combat- Docteur, Mon meilleur témoin cont 'o le ilson n'est autre que le Dr. Nelson lui-
dont les nombreuses conti'ftdictions, les ersations incroyables, les variations inîur les mômes faits, valent certainement,
lui-même, au moi'^ autant que ses acpouvaient valoir contre M. Papi-
ers
ois donc, en 1848, le Dr. Nelson affir- [Utj M. Papineau a fui durant la mêlée, a nid. D'un autre côté, je vois le mène elson, en 1837 et en 1838, afflrmor solenlent, en toute occasion, à ses plus inti- [uis, que tel n'est pas le cas; que le dée.TJ. Papineau ne peut pas être considéré e vue fuite ni un lâche abondon de ses puisqu'il avait fallu les instances réitél'insistance formelle et les injonctions fca de lui, Dr. Nelson, pour le décider à . Bien plus, en 1839, dans une assemblée [ue, le Dr. Nelson est allé jusqu'à dire r. Côte que l'affirmation qu'il (le Dr.
venait de faire que M. Papineau s'était comme un lâche, ôtait un mensonge et uvait venir que d'un être méprisable. Leiroire maintenant : Le IS elson de 48, ou ison de 37, 38 et 39? (1) Si le Nelson de ait vrai, comment avait-il pu porter l'aulu point de parler ainsi au Dr. Côte î s ce n'est pas tout. Après le Nelson de Hait venu le Nelson de 1848; ch hien !
lo Nelson do 1848 est venu le Nelson de qui eu fuit de contradictions et d'erreurs s faits rent'héiit encore sur ses prédéces-
ici donc l'aveu que fiit le Docteur à la 231 de votre cinquième volume, immanent après sa confirmation de ses décla- 13 de 1848, que J'ai citée plus haut, ut I freely admit thnt, previous to that •nins (23 Novembre 1837) l told Mr. PasaurhatTvedidNOTwanthimtofight. . ." ic Siigit dcuc piuit etilrenons, que d'une on de doui,c ou quinze heure». "Je ne l'ai dit le jour même," dit le Docteur, "mais iMi-Ts voLONTir.us que je l'avais dit auj)Mant." Etait-ce donc la peine do faire ;e tapage, de soulever ainsi mer et monde e M. Papineau, pour en arriver, finaleà cet aveu?
si auparavant signifiait la veille et l'avcille , comme c'est nécessairement et 10 c'est vri' .lent le cas, quellf si grande once Douva't-il donc y avoir entre lesdéis du 22 et celles du 23? Est-il survenu [ue cas capital, quelque circonstance nou- «t imprévue qui ait pu changer, du jour ndemnin, ladéterminaLion évide ite.prou- ?t cdnise aujourd'hui du Docteur sur ce : "Ne pas per.nettre i\ M. Pajunoau do cposer aux chances d'un combat? " Eviiiont non, pu^sqre le Docteur no l'a ja-
dit.
l' j^aa se iiio re encov une fui»
uiu. * i „•
lit adiet'on avec lui-même, le Docteur de d Ms ses explicatio 18 de 1853, donner les ns i>our Ie9que''e8, après avoir dit à JI.
iieau de pariir, il s'était cru en droit ».c eprnchcr son départ. Une circorstunce évup, survenue du 22 au 23 pouvait, sans rendre raLou d'un pareil changement; nu moins faillait-il la rnppeler! Il' u nrv^nant. on <lt'v«it niiturcl'
" extremely incoBsiderate young man, if ever " any open breach took place between Mr ** Papineau and mys- If. "
Voilà donc la raison d'action dt» Docteur définie et expliquée par lui-même.
" M. Dessa les a dit dos faussetés, et voilà " pourquoi j'ai parlé. C'est lui surtout qui est " la cause de ma rupture avec M. Papineau." En admettant , pour un moineat , que j'aie dit ce que le Dr. Nelson me prête tout gratuitement ; Mr. Papineau ne pouvait raisonnablement pas être tenu pour responsable de mes paroles: d'autant plus que le Docteur m'ayant souvent, en 1848 et depuis, fait la faveur de me traiter d'indiscret, d'inconsidéré, d'écervelé ; il était infiniment innisto de aire remonter à M. Papineau la responsabilité des dires d'un étourdi ! Cet;,e raison ne prouve donc guères en faveur du profond jugement de celui qui la donne, mais il y a plus.
Le Docteur a, malheureusement pour lui , commis une énorme inadvertance , en me reproehan*; d'être, par l'assertion qu'il m| attribue, la cause de sa rupture avec M. Papineau, car la déclaration faite par moi à laquelle le Docteur fait allusion, «n la défigurant étrangement ; car mon affidavit enfin, dans lequel j'affirme que j'ai entendu le Docteur snnplier M. Papineau de laisser St. -Denis, EST POS- TÉRIEUR à tous ses écrits contre M, Papineau. Citons les dates.
Les éc-îts du Docteur contre M. Papineau ont été ; abliés le 25 mai, le 6 juin, le 10 et le 24 juillet, et sa déclaration faite sur l'honnem', le 21 août 1848. Or, ma propre déclaration, datée du 23 septembre, a été publiée le 7 octobre ; cinq mois après la preudlre atto jue du Docteur ! Et celui-ci dit que c'est moi qui l'ai forcé de parler! ! Et il me traite d'étourdi, dans la phrase même où il commet une aussi risible inadvertance !!
Mais ce n'est p.is tout encore;
" Si M. DessauUes n'avait pns dit, ( dit le " Docteur) qu'il m'nvnit vu arracher un fusil " des mains de son onde , je n'aurais pas été " obligé, etc., etc., etc."
Ceci est quelque chose de plus qu'une iaadvertance, car c'est une pure fable inventée tout exprès pour l'occasio'-
Je n'ai jamais dit telle chose, quelqu'indireetement que ce soit. Je n'iai jamais écrit une lifjne ; jamais dit un mot qui eût le moindre rapport à c. fait.
Le Docteur a donc fort malheureusement choisi ses motifs.
" I opposed Mr. D. B. Viger in Richelieu.
" and from that moment, young D — young '< p — attacked me in the most seurrilous mau- " ner, oud attempted to ruin me in my coun- " ty."
En supposant quo le jeune D — et le jeune P — aient fuit tout cel», ce que je nie formellement, cela ne justifie guères l'attaque du Docteur, car M. Papineau était en France alors, et n'en est revenu qu'un an après la lutte du Doctour contro M. Viger.
" I liiul palpable proof that he (Mr. Papi- "neau) lont hiraself to some intrigue to dostroy " me in the opinion of my electors, and nccu- " sed me of being the cause of the rising in " 1837. it was then only I was compelled to " net in niyown defence."
Voilà encore de ces avancés que l'on ne peut quali cr exactement parce qu'il faudrait employer des mots trop durs.
Où est donc cette preuve palpable que M.
Papineau oit jamais norté cette accusation contre le Docteur ! Celui-ci l'o-t-il jamais publiée? Non: il n'v a môme jamais fait allusion dan» ses écrits. C est encore une raison créée après coup et qui n'a jamais existé, même dans
(Vautres reproches. C'est à ce discours que M. Papineau répondit dans son article du 81 mai publié le 3 juin. Ce n'est donc pas de M. Pa«
fiineau qu'est venue l'attaque. Après cet écrit e Docteur «(^publié trois longues lettres toutes fil us a^gressive., plus acharnées les unes que es autres, et M. Papineau n'a pas répondu un mot. Comment donc peut-il avoir été l'ae^resseur? — Ses neveux m'ont répondu, a dit le Docteur — excellente pieuveque ce n'était pas M. Papineau : admission formelle que le Docteur n'a pas été at;;aqué par nous.
Noa, le Docteur n'a pas été plus sincère dans ses explications de 1863, que dans ses attaques de 1848. Chercher aujourd'hui à faire retomber sur moi la responsabilité de cette regrettable lutte, c'est commettre d'abord une grotesque naïveté ; c'est admettre ensuite qu'on n'avait pas la moindre raison plausible à donner
En s'attribuaat aujourd'hui des raisons d'agir aussi insoutenables, aussi évidemment cont -ouvées,aussi gauchement inventées qae celles que l'on vient de lire, le Docteur a prouvé eue la passion seule l'a guidé, sinon l'intérêt. Les motifs qu'il a admis en 1853 ne pouvant pas être «es vrais motifs, nous avons maintenant le droit de rechercher ceux-ci.
Vous les aviez parfaitement indiqués et analysés vous-mémci, dans un paragraphe «le la page 535 do vor re quatrième volume. Le docteur, en 1848, était alors passé corps et dme soufi la tutelle d'un autre patron, dont-il - spérait recevoir une indemnité pour les pertes q'i'il avait subies eu 1837. C'était principalement l'espoir de le voir obtenir cette indemnité, qui avait porté ses créanciers du comté de Richelieu à taire de si grands efforts pour l'élire à la place de M. Viger. Un de ses partisans les plus influents et en m'"' -e temps son créancier me disais en 1845 : " Je siis bien que " le Docteur ne peut être comparé à M. Viger ; " mais M. Viger n'aura pas le même intérêt " à nous faire indemniser que le Docteur."
Si M, Papineau n'était pas rentré dans la vie puliliquc, le Dr. Nelson n'eût, sans aucun doute, jamais dit un seul mot, crar jusqu'ea 1847, il avait invar'ablement témoigné à M.
Papineau la même es ' le, la même confiance, le même respect, la môme affection qu'avant Tins,' -cction. 11 n'avait jamais parlé de M. Prp'neau, en public et privénient, que sur le ton de la plus vive sympathie. C'est lui qui, en 1839, avait fourni à la Revue Démocratique les nombreux di uiils qu'elle avait imbliés sur la vie pablique et privée de M. Papineau, dans 'esquels chaque phrase était un éloge et une Sanction de sa conduite. Le Docteur s'était
Querellé avec son propre frère, et cela au point e cesser tous rapports avec lui, plutôt que de reconnaître les torts qu il attribue aujourd'hui à M. Papineau. Au retour de M. Papineau, en 1815, le Docteur alla lui faire visite, et la mémo cordialité continua ùe régner entre eux.
Avant le discours du Dr, Nelson, publié le 25 nuii 1848, M. Papineau n'avait jamais dit, ni publiquement ni privément, un seul mot gui pût déplaire au Docteur. Celui-ci n'a jamais citô un seul mot qu'il piU reprocher à M, Papineau, Mais quand SL Papineau, sollicité par plusieurs comtés, eût enfin consenti à se laisser élire, et osa dire, sans consulter M. LafontP'ne , que ceux qui avaient accepté iljnion "avaient trahi les plus chers intérêts du pays, grande fut l'irritation parmi les amis ae ce dernier. Chacun s'était largement casé ; chacun dormait tranquille sur sa paît du butin:
le Docteur savait que M. Lafontaine, une fois ministre, proposerait une loi d'indemnité:
une ngitation constitutionnelle , que l'on
lendemain, la (lôtermination ovule ite.prou-
dit* t^£^
mm ~pnTpaT)To jd-ooi nmi no ( -tet: i api- 1 'ib m:il l^itf.^ui. l'upnioau n avati "n/iniA loiit. liiniKplf t.ii soiiio iiili'iiruo to tlostl'ov I ni ntihli/tuoiient ni nrivùment. un s." :
Tâïl ■^ot oui
iiaiiTiiiiR^.
^iniiviHiii^iniiif:«i«vi«iiiHiiHfniniiiufmiiiiiiiiiuu«iBiKi«^utK
St.-JiuloH. 11 lit publier ces <iiscoui'3 tJWis^Tïr Minerue du 25. Le Docteur y fnisait à M. I'a|nneftu le reproche de s'être sauvé de St. -Denis, et d'avoir fui durant la mêlée.
M. Papineau lépondit par ua article plein àe force et de ien», inséré dans l'Avenir du 3 juinl8i8; nia péremptoirement rnecui'ation du Docteur et affirma qu'il n'était parti de Wr.- Denis <iue sur l'ordre même du Docteur.
(JeUn-ci nia le fait et publia successivement quatre longues lettres où M. Papinoau était attaqué avec un acharr.jment incroyable, et dans lesquelles il faisait des révélations et dé- Toilait des faits ,ui étfiient jusqu'alors restés eeorets ; ou «jui, «lu moins.u'rvrtiçn^ jamais été avoués pur ceux qui y avaient nris part.
M. Papin«au se trouvant alors placé, par l'irréflexion de son nggresseur, sur le terrain brûlant des révélations compromettantv.s/>oMr autrui, se décida à se retirer do la lutte et à lester dorénavant strictement étranger à une discussion dans la<iuelle il ne pouvait plus se défendre qu'en nanquant au secret auquel il se croyait tenu, sinon envers le Docteur per- Bounellement, au moins à l'égard des outres personnes qui avaient agi avec eux.
Voilà pourquoi M. Papineau n'écrivit plus un seul mot après son article du 3 juin 181S.
Vers le mois do septembre suivant, voyant les ennemis do M. Pai>ineau continuer sans relâche, depuis trois mois, leurs attaques et leurs injures, yentrepris sérieusement sa défous , non parce qu'il était mon parent, mais parce qu'il me semblait utile et honorable tout à la fois de combattre et do flétrir l'iniposture.
Les amis du docteur avaient publié de nombreux a^davits au moyen desquels ils s'r(for. çaient dé démontrer que le départ de M. Papineau de St-Denis, était une lâche désertion.
Je publiai de mou côté, d'autres affidavits au moyen desquels je prouvai» que M. Papineau n'avait laissé St-Denis que par suite des injonctions positives et des instances pressantes et réitérées dïi Dr. Nelson.
Je dis que les amis du docteur s efforçaient de démontrer etc., et que moi je prouvais etc. — Voici pourquoi :
Qu'un homme décidé à s'éclairer consciencieusement sur la question alors en litige, lise aujourd'hui les témoignages produits au soutien do l'affirmation du docteur, il verra que tout ces témoignages, sans exception, se rédui- S'jnt aux deux propositions suivantes :
" Je n'ai pas vu M. Papineau en conversa- " tion avec le Dr. Nelson le 23 novembre " 18o'7,"oubien : " Le Dr. Nelson, en revenant " d'une excursion au devant des troupes, est " descendu de cheval devant la maison de M.
" St.-Germain, où il est entré ; et n'en est sorti " qu'après la bataille. Il n'a donc pas nu dire " à M. Papineau, avant la bataille, de laisser " St.-Deni3."
Voilà ce que seize témoins, y compris le Docteur, ont dit. ,
Les témoignages produits contre M. Papineau sont donc puretnent négatifs : c'est-à-dire que les témoins du Docteur affirment qu'ils n'ont ni vu ni entendu celui-ci parier à M. Papineau à une certaine heure. Ils nient le fait, parce qu'ils n'en ont pas eu connaissance : en d'autres termes, ils admettent qu'ils ne savent net t Voilà, en vérité, quelque chose d'accablant! 1! , .3
D'autres disent que le Docteur, étant dans la maison de M'tia St.-Germnin, n'a pas pu aller chez lui et pariera M. Pap'neau. Mais il n'y avaii, qtu cent verges, de îa n-Laison de- mR-.Rrr.s St.-<Terma".n àla sienne. Il n dono pu aller chez
Qu^Tjou^ît^îniîitaiiic, vers s^ix heures du matin, i; a entendu le Dr. Noison dire ;l JI. Pajjineau qu'ayant été élu conimand.-.nt, il lui donnait l'ordre do s'abstenir do combattre, et de mettre sa pen»onne en sûreté,
3o. Louis li ré dépose :
Que peu de temps avant la bataille, entre neuf et dix heurt-:* du matin, il a vu le Dr. Nelson, devant sa maison, en conversation avec M. Papineau, et qu'il l'a entendu dire à ce dernier fpi'il devait partir de suite; ajoutant qu'il valait mieux perdre les deux tiers do ceux qui étaient là que M. Papineau seul,
4o. Henri Lappare, Notaire, dépose :
Que quand, peu d'instants avant la bataille, le Docteur a donné l'ordre de se rendre à la maison do madame St.fJermain, il f\ ex pressé - I ment ordonné à M. Papineau de s'éloigner.
50. Moi-même, à neuf heures du matin, j'ai entendu le I)octcur Nelson, dans sa propre maison insister forten^cit à ce que W. Papineau s'éloig.iàt; et M. Papineau ayant observé que Vil port.itdans un pareil moment, cela pourrait décourager leurs ai"is, et Vexposer lui-même, plus taru, à de graves reproches ; le Docteur exigea, du ton lo plus amica' et le plus persuasif, que M. Papineau se rendit à la rc' on, ne s'exposât pai^, et partît.
tjo. Louis Dragon ilépose :
Qu3 peu d'instants avant l'eni^ngement, 'o Dr. Nelson l'informa, ainsi que plu-^ieurs autres, qu'il avait dit i M. Papineau de partir, parce qu'on aurait besoin do lui plus tard.
Vo. Marcel Guertin dépose :
Que travaillant à une tranchée, avant la bataille, le Capitaine Jalbcrt lui avait dit que lai et le Dr. Ifelson avaient pemisié â faire partir M. Papineau, parce que sa tête était trop chère pour l'exposer.
8o. Georges St. -Germain dépose :
Que le jour de la bataille, il a entendu le Dr. Nelson dire â plusieurs personnes qu'il avait expressément ordonné àM. Papineau de s'en aller, ne voulant pas l'exposer aux hasards d'un combat.
9o. Louis Page affirme la même assertion à lui faite par le Docteur.
lOo. Bonaventure Vigei', (un des exilés de la Bermude,) affirme que trois ou (j^uatre jours après la bataille, le Dr. Nelson lui a dit qu'il avait forcé M. Papineau de partir.
llo. V. T. Goddu, (un des exilés de la Bermude,) atteste qu'il a souvent entendu dire au Dr, Nelson, à la Bermude et aux Etats-Unis, qu'il avait été obligé de se rendre maître et qu'M amil ordonné à M. Papineau de se retirer de St. -Denis au moment où la bataille allait s'engager.
12o. Christophe Préfontaine a entendu en mars 1839, dans une assemblée tenue à Corbeau, le Dr. Nelson maltraiter le I>r. Côte, ])arco que celui-ci affirmait que M. Papineau s'était sauvé en lâche de St.-Denis, et lui dire que ce qu'il avançait était faux : que cour avancer de telles choses il fallait ktre xj.,- liTRE MEPUisABLE : que lui lo Dr. Côte -eote-était un lâche indigne do délier les cordons des souliers d'un homme comme M. Papineau ; que M. Papineau n'était parti de St. Denis que sur Vordre exprès de lui, Dr. Nelron
que le Dr. Nelson s'est querellé avec
Boii propre frère pour défendre M. Papineau.
13o. Anselme Tétro corrobore le témoignage précédent.
Voilà, certes, un faisceau de preuves devant lasauelles de simides négations sont bien ridicules! Mes témoins ayant vu ou entendu ve
au lendemain, la iléteiriuiiatioii évi vée et cdmiss aujourd'hui du Docl point: "Ne pas per.nettre à M. F " s'exposer aux chances d'un com déminent non, pu-sqi o le Docteur nniis dit. Pour ne* pus se nie .raeni «n cont adict'on avec lui-même, le ] vait, d-ns se» expHcatio is de 1853, rai.^ons pour Ie8que"'e8, après av< Papineau de partir, il s'était cru lui reprocher son départ. Une c imprévue, survenue du 22 au 23 pi doute, rendre rai.on d'un pareil cl mais au moins faillait-il la rnpp d'imprévu ne survenant, on devail mont tenir, le 23, à la décision du tout la raiso i suivante , en vertu le Docteur admet, en 1853, .ivoir .i " That without him , ail '•"««.a
Comment donc se ferait-il, avec conviction exp uIlé^ alors â tant d( et quo lo Docteur admet avoir eui " Pa >■ leau mort, tout le irouvemi " époque eût été fait en pure ;)( m .ù d./nc so ferait-il que le Doct assez indii é-er , à l'avenir de l'o
3 utile il s'associait, po-.ir no pas me e tout risque la vie du seul honin ou à raison, il e oyait capable d'œuvre sur des bases solides et dun été non pas .-ulemc t de l'indifft une inexcusaî io étonrd-^riel
Maintenant, pourquoi le Dr. Nt pas fait, en 1848, l'aveu qu'il est v.
1853? Pourquoi, en 1848, a-t il si ment nié qu'il eû^ jamais dit à l de partir? Est-il honorable, pour son, d'avoir sci mment caché, en 11 qui atténuait touiours un peu les torts de M. Papineau ?^ Si , par pa* MO. ancien ami, il a "ait, de prop une aussi grave réticence; ne p sans déloyauté, soupçonner qu'il a il'autres! Puisqu'il a caché une \ tielle de la vérité, en 1848, il n'éta strictement sincère, strictement loyi Papineau! Son t''nioignnge Ji'éta aussi strictement consciencieux qu'il
le dire 1 1
En dernière analyse , les contr; les aveux du Docteur me paraisse complètement ses accusations : et eue j'ai produites me paraiss^'ut péremptoirement que ses dénégati de ses amis restent sans la moindi
Maintenant quels motifs le Doct t-il à sa conduite ?
remarque qu que l'opinion générale vous être que le Docteur aurait mieux dant le silence sur ce sujet " il dit
" Ilad Mr ? — 's most indiscret n <• p — , not said he had seen me, on 1 " of the battlo, wrest a gun frora " hands, and order him to keep aw( " not hâve beei» at the pains of proi " had placed himself, by his gratui " teering toscreen Mr. P— ,in amos " sible position in asseverat'ng a " was not. Indeed , it is mainly (
Répondant à une fa't? " quo l'opinion
(I) Et veuillez bien remarf(ucr que le? élalilissoul ces incompréhensibles coiilrn t,ius pleins ae vie, et sont prêts à oorrobo moiffuaRes à In (iw.e tlu pays entier ? Hi. nvi mnlBltre. VOUS «lésiriez, pour votre prnpn ic» i«ierio!;er ♦nu«-mBHi», r<«" «ie mï&w i
iiulcinniii, In ilét<Miiuriiili<)ii éviilo ito,[iruiiel cdtniis aujourd'hui <lu Uoeleiir sur ce b: "Ne pas pei-.nettre à M. Pupiiiftiiu do xposer aux cluinces d'un combat î " Eyilient non, pu'sqio le Docteur no Va jadit. Pour ne* pus se me Iveimcce une/oU )nt adit't'on avec lui-même, le Docteur ded"n8 8*'» explicatio js de 1853, donner les ms pour lesque'es, après avoir dit à M.
neau de partir, il s'était cru en droit «.e •ei)rooher son départ. Une cii oi stanee ■évue, survenue du 22 au 23 pouvait, sans e rendre raison d'un pareil changement; au moins faillait-il la rnppeler! Il' ii i)révu ne survenant, on devait naturcll t tenir, lu 23, à la décision du 22 ; vu surla raisoi suivante, en vertu de laquelle jeteur admet, en 1853, avoir .igi en 1837 :
Thut without him , ail rxùti.ance woitfd lie
\aUing."
miment donc se ferait-il, avec une pareille ictio» exp unoo alors il tant de personnes, uo le Docteur admet avoir eue, "oje M.
i i" leau mort, tout lo rrouvement de cet'e oque eût été fuit en pure i>erto, " com- ■(, d./nc 80 ferait-il que le Docteur eût été T. indii ê-er , à l'avenir de l'œuvre à laie il s'associait, po-.ir no pas me reà l'abri mt risque la vie du seul homme, qu'à tort raison, il e oyait capable d'-' coir cette re sur des bases solide-» et durables ? C'eût ion pas ^'«ulemc t de l'indifférence, mais inexcusaî ie étonrd-^riel nintenant, pourquoi le Dr. Nelson n'a-t-il fait, en 1848, l'aveu qu'il est venu faire en I? Pourquoi, en 1848, a-t il si invariable- I nié qu'il eût jamais dit à M. Papineau artir? Est-il honorable, pour le Dr. Neld'avoir sci viment caché, en 1848, un fait [itténuait touiours un peu les prétendus I de M. Papineau ? Si , par passion contre ancien auii , il a "ait, de propos délibéré, aussi grave réticence; ne peut-on pas, déloyauté, soupçonner qu'il a pu en faire très? Puisqu'il a caché une partie essen- \i de la vérité, en 1848, il n'était donc pas iement sinccre, strictement loyal envers M.
neau! Sou t''nioignnge ji'était donc pas i s*rictcment consciencieux qu'il s'est plu à
«•ell ,. .
1 dernière analyse , les contradictions et veux du Docteur me paraissent nullifier Dlètement ses accusations: et les preuves i'ai produites me paraiss^int démontrer mptoireuient que ses dénégations et celles 5S amis restant sans la moindre valeiir.
iintenant quels motifs le Docteur assigne- , sa conduite î
jpondant à une remarque que vous avez " que l'opinion générale vous paraissait que le Docteur aurait mieux agi en garle silence sur ce sujet " il dit :
[lad Mr P — 's most indiscret nephew, Mr.
-, not said he had seen me, on the morning tl'ie battle, wrest a gun from his uncle's ids, and order him to keep away, I should ; bave beei» at the pains of proving thathe J plaeed himself, by liis gratuitous volunring toBcreen Mr. P— ,in a most reprehenle position in asseverat'ng a thingthat s not. Indeed, it is mainly due tî the
Et veuillez bien remarf(uer que Ie!« tt'moiiis qui isout ces incomprélieusibles conlradiclious «ont leiiis ite vie, et sont prêts & corroborer leur» téaK<'8 à In fiteo du pays entier? Hi. avant ilo publier ti-è. vous désiriez, pour votre propre snlisfettion. erio'^or ♦nu«-m«Hi«, ri«" 'ie »*ï"i' i"''"* wf «U'.
"neau) lent himselt' to some intrigue to destroy " me in the opinion of my electors, and accu- " sed me of bcing tbe cause of the rising in " 1837. It was then only I was compellod to " aot in myown dcfence."
Voilù eïiore de ces avancés que l'on ne peut quali er exactement porce qu'il faudrait employer des mots trop durs.
Où est donc cette preuve palpoble que M.
Papineau ait jnmais porté cette accusation contre lo Docteur ! Ceiui-ci l'a-t-il jamais publiée? Non: il n'y a même jamais fait allusion dans ses écrits. C est encore uno raison créée après coup et qui n'a jamais existé, même dans l'iniagination du Docteur, avant 1853: voilà ce que je crois pouvoir démontrer évidemment.
Le docteur disant qu'"' avait eu la preuve palpable que M. Papine^ l'accusait d'être la cause de l'insurrection, et que c'était cette accusa ion qui l'avait forcé de se défendre, celaim- ))lique nécessp'remeiit qu'il était en possession de cette preuve avant d'avoir écrit contre Si. Papineau. j'uisqti'il dit aujourd'hui qu'en 1848 il a été forcé à'éer're pour se défendre du reproche d'avoir été la seule cause de l'insurrection, il a du, dès son premier écrit contre M. Papineau, faire allusion à cette prétendue attaque de M. Papineau, et la repousser.
Eh bien que l'on remonte au premier écrit du Docteur contre M. Papineau ; à ce discours qn'il a fait publier dans la ^^^nerve du 25 rnai 1848, et on verra que le Docteur, loin de faire ce reproche à M. Papineau, l'en exonérait à peu près forme. lemcnt, au contraire, car voilà ce que je lif, dans la dernière colonne.
" Certains parents et amis de messieurs D.
" B. Viger et L. J- Papineau eurent la bas- " sesse, la malignité alors (dans la lutte du " docteur t. ntre M. Viger, eu 1844) de m'ac- " cusser de vouloir do nouveau plonger le pays
" dans lo trouble Ces vils et jiiéprisables
" calomniateurs, naturellement lâches, ont eu " l'audace alors de m'accuser d'être seul la " cause do la rébellion."
D'abord, ici encore, le Docteur, pour trouver matière à reproche, remonte à sa lutte contre M. Viger, un an avant le retour rfe M. Papineau ; puis, c'est des parents de MM. Viger et Pa()inean qu'il se plaint, nullement de ces Messieurs eux mêmes. Maintenant, dans aucun de ses écrits, le Docteur a-t-il reproché à M. Papinenu d'avoir, depuis son retour de France, teni; le propos dont il se plaint? Non. Il est donc évident, puisque la Docteur, ni dans son premier écrit ni dans les autres, ne fait même pas allusiou à ce propos, qu'il n'a jamais eu en main, la preuve palpable que M. Papineau l'ait tenu. S'il l'avait eue, il avait trop le désir do mettre M. Papineau dans son tort, pour se contenter de faire aux parents de M. Papineau, un reproche que celui-ci eût ménté. Son assertion «lu 24 mars 1853, donnée comme justification de sa conduite, est donc détruite par ses propres paroles de 1848. I-e Docteur aime un peu trop passionnément à se mettre en contradiction avec lui-même, et il joue décidemment de malheur dans ses réminiscences.
Mais au moins la date du seul écrit de M.
Papi' eau contre le Docteur, implique-t-elle que celui-ci se défendait ? Hélas non. Ici encore les dates seules prouvent que ce n'est pas le Docteur qui a été forcé de se défendre.
Dans son discours du 12 mai 1848, le Docteur désignait cloirement M. Papineau comme
»,.....* /.<•' ,l,ivn:r /u tnili» et Inl tAisAit nninhp^i
ni publiquement ni privément, nn «/• >?©/ qui ^■'ût déplaire au Docteur. Celui-ci n'a jouais cité u» seul mot qu'il piU reprocher à M. Papineau.
Muiô qur..ià M. Papineau, sollicité par plusieurs comtés, eût enfin consenti il se laisser élire, et osa dire, sans consulter M. Lu f ontaine , que ceux qui avaient accepté l'Dnion "avaient trahi les plus chers intérêts du paye, grande fut l'irritation parmi les amia ae ce dernier. Chacun s'était largement casé ; chacun dorm.ait tranquille sur sa part du butin :
le Docteur savait que M. Lafontainc, une fois ministre , proposerait une loi d'indemnité :
une agitation conslittitionncUe , que l'on croyait M. Papineau disposé à provoqtier, compromettait tous ces intérêts et toutes ces espérances : On décida donc de jouer le tout pour le tout, et de déconsidérer M. Papineau ou de périr ii la peine. 11 ne s'agissait plus que de trouver l'instrument. Le Docteur fut indiqué, et après avoir fait semblant de se faire prier un peu pour servir ainsi de projectile à une immense jalousie de coterie, il finit par se laisser lancer sur M. Papineau de toute la force de sa soif d'indemnité.
Je n'affiriiîerais pai» sans doute qu'il ait formellement fait marché de set services, mais il en a certainement été payé. Que ce soit par M. Hinelcs plutôt que par M. Lafontame, comme le prétend le Docteur, cela ne change rien à l'affaiie, et je prétends, moi, que c'est ^ , f par tous les deux. A part l'emploi qu'il occu- ^ J JuJAiiZu.^^ pe aujourd'hui^til a reçu, tant pour ses créan- ;^ Mu<,-v^ ciers que pour^ui-méme, une somme qui es- '^^ / \ cède quatorze raille louis. a jSà't-O'^ /
Vous avez donc été exoessivement modéré, / ^ - ^^ dans vos appréciations de sa conduite et ûay*<f'=^^ '^^ t sci motifs.
Je crois maintenant avoir réussi à démontrer :
lo. Que M. Papineau a été injustement accusé par le docteur Nelson :
2o. Que toute la responsabilité de cette malheureuse querelle doit retomber sur le Dr. Nelson seul qui a publiquement attaqué M.
Papineau sans que celui-ci lui en eût jamais fourni le moindre prétexte : qui, sachant que M. Papineau s'était retiré de la lutte, n'en a pas moins persisté à l'attaquer tmit eonnme s'il s'il s'était défendu, droit qui ne lui était pas interdit : q%d a seul dévoilé les secrets de cette époque, sans se soucier le moins du monde du ridicule qui en rejaillirait nécessairement sur la cause qu'il avait épousée ; et qui, enfin, quand il a cru devoir expliquer ses motifs , s'est compromis, par cette explication même, et par les contradictions et les assertions inexactes qu'elle contient, plus fortement encore qu'il ne 1 avait fait en premier lieu. ^
Les explications du Docteur ont donc tourné contre lui-même, et n'auront servi qu'à rendre plus claires, plus indéniables encjr*»,
tise qui l'a pc tout autant de mal par ses aveux et ses inadvertances, que j'ai jamais pu lui en faire par mes preuves et mes réponses. Cela prouve que quoique l'on fasse, la raison a to^ijour» set droits, contre lesquels, par la setde logique de» événements, viennent tôt ou tard échouer la sottise, les préjugés ou la calomnie (De Balzac.) J'ai rhonneur d'être, Monsieur, Avec la plus haute considération, Votre obéissant et dévoué serviteur, L. A. DESSAULLE3.