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Pour toutes les personnes qui prendront part à cette collecte, en offrant en aumône à cette communauté pauvre ce qu'elles peuvent donner, selon leurs moyens, Ce jour-là la sainte messe sera entendue, à cette intention, par toute la commu. vauté, ainsi que le salut et la bénédiction du St. Sacrement. Ces suffrages seront, sans nul doute, estimés à leur juste aleur par chacun de vous, parce que vous savez tous que la prière du juste vaut beaucoup, et à plus forte raison, sera-t-elle plus efficace, si beaucoup de justes sont réunis pour prier ?
IIS. s'agit de porter secours à 34 Madeleines.
Il convient de vous dire, avant tout, que ces Madeleines sont des filles infortunées qui ont eu le malheur de s'oublier, par faiblesse où par la violence de la passion, dans de bien déplorables égarements, Mais pénétrées d’une juste douleur à la vuo des outrages qu’elles ont faits à la divine bonté, elles repassent toute leur vie, dans l’amertume de leur âme, et répandent des torrents de larmes, pour se purifier de toutes les souillures du péché, Elles châtient rudement leur corps, pour le réduire en servitude, afin de ne plus s’exposer aux révoltes de la chair qui pourraient tôt ou tard les précipiter dans les feux de l'enfer,
Ayant tout à craindre de leur faiblesse et de leurs mauais penchants, elles ont-généreusement renoncé au monde et à tous ses plaisirs trompeurs, et se sont volontairement cachées dans cette solitude, où elles se trouvent heureuses de manger le pain des larmes et de repasser toutes leurs années dans l’amertume de ieur âme. Elles poussent jour et nuit de profonds gémissements, pour déplorer le malheur qu'elles ont eu de perdre l'innocence de leur baptème, Tristes années, s'écrient-elles sans cesse, que celles que nous avons passées dans l'éloignement de Dieu qui fait aujourd'hui toutes ros délices, et dans l'oubli de notre salut qui fait maintenant notre unique occupation! Elles sont uniquement occupées du soin de reparer les scandales qu’elles ont donnés et qui
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sont peut-être la cause que beaucoup d'âmes ont été condamnées aux flammes éternelles,
Afin de fixer leur inconstance, elles se sont engagées par un vœu à pratiquer les vertus héroïques de pauvreté, chasteté et obéissance, au prix des plus pénibles sacrifices. Pour les encourager à marcher constamment dans cette voie semée de ronces et d'épines, l'Eglise, en les admettant à la vie religieuse, leur a donné pour patronne et pour modèle Ste, Madeleine qui, après avoir été une grande pécheresse, est devenue, par la divine miséricorde, une célèbre pénitente et une parfaite amante de Jésus; et voilà pourquoi on les appelle Madeleines.
Elle vit donc encore dans l'Eglise, cette grande sainte qui, après avoir été délivrée par le Sauveur, de sept démons, c'est-à-dire de tous les vices, a méritée, par ses austères et longues pénitences, d'arriver au comble de la perfection et d’être honorée par le bon Maître des dons les plus excellents, et des communications les plus admirables avec le ciel. Il suffit pour en être convaincu, de lire le saint Evangile, qui nous représente partout Madeleine à la tète des saintes femmes qui suivaient le Sauveur, pour écouter ses divines leçons et pourvoir à tous ses besoins, Ah! quel ravissant spectacle nous offre Ste. Madeleine, quand elle se prosterne aux pieds de Jésus, pour les arroser de ses larmes et les baiser avec amour; lorsqu'elle reçut de la bouche du bon Muitre l’absolution de tous ses péchés, par ces consolantes paroles: beaucoup de péchés lui ont été pardonnés parce qu'elle a beaucoup aimé ; lorsqu'il lui fut permis, par une faveur insigne, de répandre sur les pieds et sur la tête de cet incomparable Maître un parfum délicieux,
Oh! comme à ce spectacle, on se trouve vivement pénétré de la bonté de Dieu pour les plus grands pécheurs! Comme l’on comprend bien mieux cette consolante vérité, que Notre Seigneur est venu dans ce monde, non pour les justes qui n'ont pas besoin de pénitence, mais pour les pêcheurs |
Eh bien, N.T. C. F, il est question aujourd’hui, en portant secours au Monastère du Bon Pasteur, de lui assurer les
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moyens de conserver ses Madeleines, et d'empècher que ves vraies pénitentes ne soient forcées de se disperser dans le monde, au risque de lo scandaliser de nouveau, en retour. nant à leurs anciens désordres et de s'y perdre hélas! peutêtre pour toujours,
C'est ce que redoutent par-dessus tout cos filles vrai. ment pénitentes et qui maintenant ne craignent rien tant que le péché. Car ayant entendu dire que la Communauté ne pouvait plus les garder, parcequ’elle n'avait plus les moyens de les nourrir, ce ne fut plus parmi elles que soupirs et sanglots. Oh! N,'T. C.F., comme vous auriez été touchés d'entendre leurs gémissements, dans cette fcheuse circonstance ! Comme vous vous seriez empressés d’essuyer leurs larmes en allant à leur secours. C’est précisément ce que vous allez faire, après que vous aurez entendu la lectüre de cette lettre, qui vous fait part de leur juste douleur,
Or, remarquez bien N.T. C. F., qu’il y va de votre bien en faisant ce grand acte de charité, Car si, comme nous l’assure l'Apôtre St. Jacques, l'on sauve son âme, en convertissant un seul pécheur, que penser de ceux qui, par leurs aumônes au Monastère du Bon Pasteur, vont assurer la persévérance dans le bien, de ces 34 sœurs Madeleines et four nir à beaucoup d’autres pénitentes le moyen de se consacrer au même genre de vie.
TL K. {s'agit enfin de porter secours à 207 autres person: nes, réfugiées au Bon Pasteur, comme dans un port sûr et tranquille dans lequel elles n’ont plus à redouter les furieuses tempêtes qui s’agitent sur la mer nrageuse de ce monde et qui sont la cause de tant de tristes naufrages. Car, N, T. C. F, qu’il est dangereux ce monde corrompu et séducteur; etque d’âmes, après y avoir donné le spectacle des plus solides vertus, s’y sont malheureusement perdues !
En faisant ainsi appel à votre charité, pour vous prier de venir, par vos aumônes, en aide au Bon Pasteur, Nous cro: yons consulter vos intérêts aussi bien que ceux de cette bonne communauté. Car, comme Nous l'avons déjà dit, il s'y trouve 99 personnes consacrées à Dieu qui y mènent la vie
des Anges, tout en y menant une vie de sacrifices : 24 Sœurs Madeleines qui y font, comme leur sainte patrone, une pénitence exemplaire; 70 Pénitentes, qui y réparent, par leurs larmes, les misères et les faiblesses de leur vie ptssée ; 46 autres personnes du sexe, qui travaillent tout de bon à se corriger de leurs mauvaises habitudes, dans ce séjour d'innocence et de bonheur ; 55 jeunes personnes, exposées À se pervertir dans le monde, qui y apprennent, sous la direction de bonnes Religieuses, à gagner honnètement leur vie dans le monde, quand elles y seront rentrées ; enfin 36 filles ou femmes que la police a dû condamner pour un temps à la prison et qui, au sortir de ce lieu de réclusion, font usage de leur liberté, non pour retourner dans les infâmesmuaisons du vice et du libertinage, mais duns l'hospice que leur à ouvert la religion qui, animée de l'esprit de son divin fondateur, ne cherche que le salut des plus grandes p“cheresses, C'est ce qu'elle prouve d'une manière éclatante, en faisant tant de précieux établissements, pour les retirer des désordres de la vie du monde et les cacher dans ces délieieuses solitudes dans lesquelles l'on éprouve, par la puissance de la grâce, un véritable bonheur à se sacrifier pour Dieu, en s’abandonnant à toutes les saintes rigueurs de la pénitence.
Ainsi, en portant secours au Monastère du Bon Pasteur, vous favorisez efficacement toutes ces saintes œuvres; vous encouragez 99 ferventes Religieuses à bien remplir les importants devoirs que leur impose leur saint état; vous assurez la persévérance de 241 filles qui vivent avee la plus grande édification ; vous ouvrez les portes de la miséricorde à beaucoup d’âmes pécheresses qui finiront par imiter leur exemple ; vous réjouissez ainsi le cœur du Bon Pasteur qui n'a rien tant à cœur que le salut de ses chères brebis; vous consolez le cœur de la Mère des miséricordes, qui porte à ces filles égarées une affection toute maternelle ; vous vous préparez à vous et à vos enfants des bénédictions abondantes; vous faites des œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle, sans craindre que l’on abuse de votre charité,
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parce que vous avez la certitude que vos aumônes passent par les mains des bonnes Religieuses qui n'ont pas de plus grand bonheur que de travailler à rendre heureuses leurs chères pénitentes, en leur faisant pratiquer les vertus qui peuvent seules faire ici bas les délices de l'âme.
En vous faisant cet aypel, Nous n'oublions pas N.T.C, F., que nous sommes dans un temps de crise ot sur le noint d'entrer dans un hiver qui menace d'être rigoureux, et qui pourrait bien nous amener de grandes misères. Cependant, Nous vous le faisons avec une pleine confiance qu’il sera entendu de vous tous. Car Nous connaissons, par une heureuse expérience, que Nous nous adressons à des chrétiens pleins de foi qui sont intimement convaincus que la charité n’a jamais appauvri personne, tandis que le luxe, la vanité, l'orgueil, l'ivrognerie ont ruiné des milliers de familles opulentes,
A ce propos, Nous croyons devoir mettre sous vos yeux l'exemple suivant :
Une certaine famille très-riche et des plus chrétiennes, se trouvait déchue de son ancienne opulence, par suite de quelques folles dépenses qui la mettaient plus qu'à la gène. On tint conseil pour aviser aux meilleurs moyens à prendre pour se préserver de la ruine dont on était menacé et pour rétablir ses affaires,
Mais quel fut le moyen trouvé le plus expédient pour cela ? Ce fut de doubler les aumônes que l’on était dans l'habitude de faire et de diminuer les dépenses auxquelles on s'était laissé aller, pour vouloir trop se conformer aux modes et usages du monde.
Dieu daigna bénir une résolution que l'esprit de foi avait inspirée à cette bonne famille. Car bientôt on la vit reprendre son ancienne splendeur ; et l’on eût une nouvelle preuve que vraiment la charité n’a jamais appauvri personne.
Concluez de là, N. T. C. F., que Nous travaillons à vos intéréts spirituels et temporels, en vous invitant, avec toute l’ardeur dont Nous sommes capable, à faire couler dans le sein du Bon Pasteur des fleuves de charité. Croyez-
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le, en tendant une main secourable aux Religieuses de cette excellente Communauté, et aux pauvres âmes qu’elles ont mission de sauver, vous mériterez les bénédic*ions célestes, promises à tous ceux qui ont le zèle de la gloire de Dieu, et qui savent s'imposer de généreux sacrifices pour faire marcher, dans les sentiers do la justice, les âmes créées à l’image de Dieu, et rachetées au prix äu sang de Jésus-Christ, Espérez que tout vous sera rendu au centuple ici bas, en attendant la récompense éternelle qui est réservée à tous ceux qui servent Dieu et qui assistent ses membres souffrants, qui sont les pauvres.
O Bon Pasteur, qui connaissez tous les besoins de vos brebis et qui y pourvoyez, avec un soiu vraiment paternel, daignez bénir cette Lettre que Nous n'avons écrite que pour faire éclater de plus en plus ‘otre divine charité, et celle de votre auguste Mère envers les pauvres pécheresses, afin que tous ceux à qui elle s'adresse soient excités par votre grâce à porter secours au charitable établissement dont la misère est plus que suffisante pour attendrir tous les cœurs.
O Jésus, bon Pasteur, vrai pain de vie, ayez pitié de nous, nourrissez-nous dans vos gras pâturages; protégeznous contre la fureur des loups: faites-nous voir les vrais biens dans la terre des vivants.
‘ Bone Pastor, panis vere, Jesu, nostri miserere; tu ::0s ‘“pasce, nos tuere; tu nos bona fac videre in terra viventium.”
Sera la présente Lettre Pastorale lue au prône, le Diman che qui précèdera la collecte, qui s'y trouve annoncée, et qui se fera dans l'Eglise d’abord, et ensuite à domicile, sous la direction et avec les recommandations fe M. le Curé.
Donné à Montréal, le vingt-trois de septembre mil huit cent soixante-quinze, sous notre seing et sceau et le contreseing de notre Secrétaire,
Ÿ Ic., Ev. DE Monrrfar.
J. O. Paré, Chan.Secr.
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