‹ Lettre pastorale de Monseigneur l'archevêque de Cyrène, administrateur de l'archidiocèse de Québec, promulguant l'encyclique " Affari vos" sur les écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 4 sur 6 · RE · texte numérisé non relu

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‘4. — Les catholiques .nanitobains doivént être disposés, comme ils: Vont toujours été, à accepter, sans cesser de réclamér justice entière, les réparations partielles qu’ils peuvent obtenir, pourvu, naturellement, qu’elles répondent aix enseignements de l'Eglise ét fassent disparaitre’ dés écoles l'enseignement neutre condamné par lé Souverain Pontife.

‘4. -— Le Saint-Père, confiant dans l’excéllence dé la cause des <ätholiques, exprime l'espoir que, grâce à l'équité et à la vraie prudence: qu'on est en droit d'attendre de nos gouvernements, grâce aussi au bon vouloir et à l'esprit de jrrtice de tous les Canadiens, cette ques.’ tion épineuse finira par recevoir une solution pleinement satisfaisante. Il compte aussi beaucoup, pour arriver à ce résultat, sur le concours loya' et éclairé des journalistes dont la tâche est si noble et si importante, mais qui ne peuvent dignement remplir ieur mission qu'en respectant les droits de la vérité, de 4 justice, de la religior, et en suivant avec obéissance les directions épiscopales : Vereantur ac sancte coservent Episcoporum auctoritatem.

°5. — Tant que justice n'aura pas été obtenue, les catholiques aideront de leurs autnônes au soutien des écoles catholiques du Manitoba, êt ils ne sauraient faire une œuvre meilleure et plus sainte, Pour notre part nous voulons que l’œuvre du denier du Manitobe, approuvée par le Saint Siège, soit encouragée par tous les catholique, de notre diocèse.

6. — Les évêques doivent voir à ce que, par leur autorité et avec le concours de ceux qui dirigent les établissements d'éducation, on “labore avec soin et sagesse tout le programme des études, et qu’on m'admette comme professeurs que des hemmes pourvus des qualités que comportent les fonctions de l’enseignement solide et profondé: ment religieux. |

Voiià, N.-T.-C.-F., cette Encyclique de Léon XIII dont vous lirez a traduction officielle à nous envoyée par le Saint-Père lui-même. Ce qu’elle déclare, ce qu’elle prescrit, ce qu’elle conseille, nous venons de vous le dire en accomplissant les fonétions de notre charge pastorale; et nous interdisons comme injurieuse à Sa Sainteté toute interprétation contraire. Il ne nous reste plus qu’à: faire appel à l'esprit de foi et de soumission dont nous vous savous animés enveis le Saint Siège. Nous tenons à le proclamer bien haut : Nous sommes au-des- £us de tous les partis politiques , nous ne voulons nous inféoder à aucun d'eux. Ce que nous désirons, c’est’ le triomphe d’une cause sacrée et non le triomphe d’un parti. Et ce triomphe, nous avohs l'espérance que tous les hommes de cœur, ‘tous les amis de la justiée

et. de la liberté nous aideront à l’ otenir, Il ne s'agit pas de revenir sur un malheureux passé ; c’est l'heure de la réparation complètes entière, que nous attendons, et c’est cette heure que toutes les sympathies, tous les nobles courages, toutes les vaillances généreuses doivent s’efforcer de hâter. Que les hommes publics s'unissent donc et recourent aux moyens que la sagesse et le patriotisme leur inspireront pour mettre fin au violent état de choses dont nous souffrons tous. Is savent les moyens d’action que la constitution autorise. Que le salut nous vienne du gouvernement de Winnipeg amené à réparer l’injustice commise ; qu’il nous vienne du gouvernement fédéral, par une loi efficace et stable, comme nous l’avions demandé déjà, ou même, s’il était possible du gouvernement impérial : nous nous en réjouirons et le cœur du Souverain Pentife, nous le savons, en sera consolé.

Au nom de la justice, au nom de l’harmonie qui doit régner entre tous les citoyens d’un même pays; nous demandons aux protestants — que la diversité de croyances n'empêche pas d’être nos frères — de nous donner la main.et de travailler avec nous. Déjà un grand nombre d’entre eux, par ce qu'ils ont fait dans le passé, ont acquis des titres à notre reconnaissance, et Nous leur en offrons ici l’expression sincère. Tous, nous l’espérons, écouteront notre voix ; ils traiteront cette petite mais vaillan*e minorité du Manitoba comme ils voudraient être traités eux-mêmes s'ils étaient à sa place. Nous comptons sur eux, et, qu'ils le sachent, la victoire que nous remporterons sera la leur aussi bien que la nôtre, car ce era la victoire du droit et de la liberté.

Sera la présente lettre pastorale lue et publiée, le premier dimanche après sa réception, au prône de toutes les églises et chapelles où se fait l'office public, et en chapitre dans les communautés religieuses,

Donné à Québec, sous notre seing, le sceau de l’archid'ocèse et 1e contre seing de notre secrétaire, le six janvier, mil huit cent quatre vingt dix huit,

+ Louis-NaAzaiRE, Arch, de Cyrène, Administrateur.

Par mandement de Monseigneur l’Administrateux

B.-PH. GARNEAU, Ptre, Secrétai-e:

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