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SALUT ET BÉNÉDICTION EN NOTRE-SEICGN EUR

Nous avons appris avec chagrin, Nos Chers Frères, l:5 conséquences si sérieuses pour vos intérêts temporels, du désastre financier de certaines maisons de commerce desquelles dépendaient nn grand nombre parmi vous pour la subsistance de chaque jour. Incontestablement cet événement les plonge dans une gêne considérable, et les jette même dans une véritable misère, au moins pour un certain temps. Soyez certains, N. C. F.,, que votre Evêque sympathise vivement avec vous dans vos embarras &t vos revers. Que ne Nous est-il donné de pouvoir vous soulager au gré de notre cœur! Déjà heureusement les deux gouvernements, fédéral et provincial, se sont empressés de venir à votre secours ; déjà vos députés et auires hommes irfluents, qui vous sont tout dé. voués, ont fait des démarches en votre faveur; déjà des âmes charitables, des cœurs compatissants,se sont attendris sur vos malheurs et ont souscrit généreusement. Nous même Nous avons adressé des mémoires

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à nos ministres. leur exposant les movens les plus “ileaces à adopter, selon Nous, pour remédier à ce

déplorable état de choses, D'ailleurs, Nous avons placé

chaque paroisse sous la conduite d’uu pasteur zélé, qui Nous représente, qui pa 3e vos peines comine vos joies, qui a toute votre confiance, et dout vous n'avez qu'à suivre les sages conseils.

Rappelez-veus bien, N. C. F., que c’est une épreuve que la Providence divine vous envoie, et gui devra tourner finalement à votre plas grand avantage. Dans le moment elle vous parait bien dure à supporter; mais plus tard vous saurez tirer des fruits salutuires de cette leçon. Vous aurez appris à être plus prévoyants et plus économes ; à ne pas tant compter sur des crédits excessifs ; à mieux comprendre l'utilité de l’association entre vous pour l'exploitation de vos pêrheries ; à ne pas vous livrer exclusivement à ce moyen de vivre trop souvent précaire et incertain, Mais à consacrer au moins quelques-un£ de vos grands enfants à la culture du sol, ce que Nous avons recommandé si instamment dans nos visites pastorales, et ce sur quoi vos curés euxmêmes insistent tant en paroles et eu actious, surtout par la peine que plusieurs d’entre eux se donnent pour former de nouveaux établissements de colonisation.

Nous pressons de notre côté ceux de qui la chose dépend, de se hâter d'ouvrir des routes afin de facili- ‘er le défrichement des magnifiques terres qui existent partout dans votre immense péninsule Ces travaux, tout en donnant un élan extraordinaire à

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l'agriculture, répandräient au milien ds vous les rassonrees dont vous avez un si pressant besoin.

Mais, Nos Chers Frères. Nous avons eu le regret d: voir quelqnes-uns d’entre vous prêter l'oreille à des incitations bien pernicienses et, an lieu d'attendre patiemment, comme ils le devaient, la distribution des secours, recourir à des mesures de violence, et s'emparer de vive force de ce qui ne leur appartenait pas. Ne comprennent-ils donc pas, les pauvres malheureux, qu'ils engagent par là leur conscience, en enlevant le bien du prochun; qu'ils se déshonorent aux yeux du public, en se montrant des hommes sans probité et de mœurs rudes; que par ces voies de fait ils s’exposent à s’aliéner les sympathies qu'on commençait à leur témoigner de tous côtés, et à faire mépriser notre sainte religion, en en observant si mal les préceptes? Romarquez bien, N. ©. F, que les chefs, les meneurs de cette émeute, ne sont pas des gens dans un b:soiu extrèm>; mais qu'ils vous ont fait refuser des secours que l'on vos offrait, que vous pouviez obtenir facilement et légitimement, pour vons pousser à défoncer des magasins sur lesquels vous n'aviez aucun droit, pour vous apprendre à vous emparer par la force brutale de ce qui wétait poiat votre propriété, au mépris de l'opposition et de la défense de vos pasteurs, aussi bien que des légitimes possesseurs. Ce sont là des faits extrêmement regret. . tables, et qui impriment wre tacle au front de ceux qui s’en sont rendus coupables.

Nous avons hâte d'apprendre, N. C. F', que lex

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émeutiers se sont reconnus, que les meneurs surtout sont revenus à de meilleurs sentiments.

D'ici au printemps, Nous allons faire tout ce qui Nous sera possible pour procurer du soulagement à votre misère et vous donner le moyen de reprendre soit la pêche, soit la culture.

Nous avons aussi la confiance que la construction prochaine du chemin de fer de la Baie des Chaleurs va bientôt ouvrir un brillant avenir à la Gaspésie, offrir de nouveaux débouchés à tous les produits, et donner à plusieurs, au moins trmporairemept, une occupation lucrative.

En terminant, Nous vous accordons avec efFusion la bénédiction épiscopale, An Nom du Père, et du Fils, et du St. Esprit. Ainsi soit-il.

Sera lue la présente Lettre pastorale au prône le

premier dimanche après sa réception, dans toutes les paroisses des Comtés de Bonaventure et de Gaspé où se font sentir les fâcheuses conséquences de à faillite des deux Compagnies de pêche.

Donné à St. Germain de Rimouski, ce vingt-un février mil huit cent quatre-vingt-six.

f JEAN. ÉVÊQUE DE ST G. DE RIMOUSKI.

Par Monseigneur

J. O. SIMARD, Ptre, Chancelier.

Note—Tous les curés du Diocèse sont priés d'ouvrir une souscription pour nos pécheurs pauvres et affamés de la Gaspésie, et de rececevoir à cette fin l'argent, les provisions et autres effets qu'on voudra bien donner. Puissent-ils plaider eflieacement la cause de ces infortunés et de leurs familles!

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