LA FIN D'UNE LÉGENDE IX
VOUS aviez souffert à cause de cette maladie et à cause de moi sans que ma poitrine se brisât en sanglots. Je vous trompais, et j'étais là entre ces deux hommes, Tun qui me disait : « Reviens à moi, je réparerai mes torts, je t'aimerai, je mourrai sans toil » et l'autre, qui disait tout bas dans mon autre oreille :
« Faites attention, vous êtes à moi, il n'y a plus à y revenir. Mentez, Dieu le veut I Dieu vous absoudra I » Ah I pauvre femme, pauvre femme I C'est alors qu'il fallait mourir M... »
Elle a cependant essayé d'avouer ; mais devant l'effet qu'elle obtenait, elle a dû rengorger son aveu : ca Au premier \mot], comme tu m'as traitée ! Tu voulais me souffleter, m' appeler c. . . . devant tout le monde, et tu mourais de colère si je n'avais menti ^. y>
Ainsi, l'un mourait d'amour et de fureur jalouse, l'autre mourait de honte. En même temps, l'amour la ressaisissait à son tour. Voilà désormais, et pour tous les deux, voilà «Vénus attachée à sa proie ». La folie de l'amour les tenaille, et le troisième, l'intrus n'occupera pas une très fière place dans leurs pensées.
Comment, au reste, celui-ci en est-il arrivé
I. Journal, fragment cité par Mariéton, p. 238-239. 3. Journal (fragment inédit).