‹ Lettres à Basile à propos des Causeries du dimanche de m.A.B. RouthierChapitre 1 sur 1 · QUÉBEC · texte numérisé non relu

QUÉBEC

lUPBIMÉ AU BUBBAU DB ^ÉVÉNEMENT.

iP^.U

PBEMIiSBE IilSTTBE.

Mon cher M. Basile,

Je viens de feuilleter votre livre, et comme vous

me faites l'honneur de vous y occuper longuement

de moi, vous ne trouverez pas mal, — ne serait-ce

^ qu-à titre de réciprocité,— que. je m'occupe wi

fi peu, non pas précisément de vous, mais de? ce que

vous écrivez.

u; Je n'ai aucun reproche bien sanglant 4 vous

faire ; néanmoins je date ma lettre du hndi, attendu que ee que j'ai à vous dire pourrait, à la Tigueur, ne pas être considéré comme des douceurs, et que, tout profa^ne qu'on puisse être, je suis d'opinion, — ce qui vous paraîtra étrange, M. JBasile,-^que le dimanche peut être employé à quelque chose de plus éditifiOit qu'à écrire,--rje ne dis pas de m^align^s attaques contre Ja réputatiotir^u .pioehain,—f mais même une simple ré^liq^e aux mauves plaisanta' qui vous tambustent.

Depuis que l' Uni vearrité vous a^accordé un tapoîsième prix pour quelques vers aasez passablement tournés, voué vous êtes pris a» s^rieux^ M. Basile. Vous écrivez aouveat,' w'n peiu trop;sou^ent mem^ ; car il vous est Arrivé parfois d'avouçr, après, avoir écrit,, que vous ne connaissiez pas mênabe.le oo^é le

plus élémentaire de votre sujet. Témoin, votre étonnement naïf, — vous qui dissertez si souvent sur les Etâts-TJni^,-;Hia trouve^ 1^ pltts grande ville manufacturière "américaine, un centre un peu plus important que Trois-Rivières. Témoin encore la résolution tardive que vous avouez avoir prise, sur la tombe de Washington, de lire un peu Thistoite de ce grand citoyen, que vous insinuez pourtant avoir été un homme très-ordinaire. Pour un écrivain qui prétend connaître et juger les Etats- "Dnis, cette résolution implique un aveu qui, s'il ne prouve pas que vous savez toujours ce que vous dites, témoigne au moins de votre sincérité, —j'allais dire de votre bonhomie.

Aussi, je ne vous accuserai point de mauvaise foi. Vos intentions sont bonnes, je n'en doute pas.

"La haine de TEglise, voilà la grande passion du monde moderne, "^ dites- vous ; et, une fois imbu de cette idée, . vous n'apercevez plus autour de vous que spectres noirs et rouges ; vous croyez voir chanceler l'arche d'alliance ; vous vous imaginez que l'empire céleste est en péril ; vous croyez entendre Jéhovah dans les nuées vous appeler à son secours, et armé d'un saint zèle, que je suis loin de désapprouver, vous volez à la rescousse du bon Dieu qui n'en peut mais, brettant, ferraillant, vous escrimant contre tôxls ces mécréants de 'libéraux et de gallicans, race plus ou moins sarrasine qu'il vous faut occire à totit prix, attendu -qu'avec tous ces gaillards-là, le ciel est toujours en danger d'invasion.

Je 'ne vous fais pas un crime dé cette belle fer- : veur, M. Basile : Don Quichotte était de bonne foi. i ' Donc j'ai lu votre livre et je vous en fais mon compliment. .

Vous dites des choses bien neuves, M. Basile; vous nous donnez des aperçus, bien o:ifigiiuaWj; , vous vous placez pour envisager lès choses à un^. point^de vue unique. .,

Ainsi, * par exemple, le vulgaire attribue gén^- , ralement la défaite de la France à son^déiaut d'or-;, ganisation militaire, à Timpéritie de Napoléoi^ . m, etc. Pour vous, au contraire c'est Dieu, le pins grand des acteurs,, comme vous. dites, M. Basile, qui i s'est fâché de ce que des acteurs ordinaires ont joué , la Belle-Hélène sans sa permission ! . .

Pour la plupart deç historiens, les revers qui ' accablèrent ïa France sur la fin du règne de Louis^ Xiy, sont dus à la mauvaise administration qui , signala cette époque. Mais vous, vous nous dé- ; montrez, clair comme deux et deux font cinq, que , ces malheurs vinrent de ce que les Français se^ ■ donnèrent la liberté grande de rire des portraits. .

de Molière et des facéties d^ L^afontaine. <

Ce coquin de bonhomme Lafontaine, dire qu'il \ était coupable de toutes ces noirceurs, et qu'il avait toujours si bien réussi à cacher son jeu ! Il > ne s'attendait, guère à être ainsi démasqué, le scé-lérat ! Des siècles d'impunité compiençaient à. lui • donner confiance, et crac ! tout est découvert. j

V"5us au^rez certainement une autre, médaille pour cette découverte-là, M. Basile. ;

.Mais voici quelque chose de soigné. Tp.nt,qut leurs, infamies ne sont pas encore divulguées, les mauvais garnements de l'espèce du bonhomme Lafontaine rient sous cape, naturellement ; eh bien, cela s'appelle le Rire des hommes. Mais aussitôt que vous avez levé le voile. M, Basile, et donné le signal convenu, on entend un éclat de rire dans les nuages : c'est le Rire de' Dieu.

l'avez été particTtlièrement heureux dans ce YApprochemeM, M: Bksile ; et la Providence, qui ■Ait bien que r<>U8 êtes là, ne dt>it pas manquer, malgré tous les ricanementè possibles, de s'endor^ mil* tous- les soirs sur' ses deux oreilles, en se disant sous^ forme d'aparte : " Rira bien qui rira le damier ? '*

M)ds e^est surtout lorsque vous parlez du Car nadà et de* ses futures destinées que j'admire la préfondeur de vos idées, M. Basile.

Par exemple, nos hommes d'Etat perdent leur temps à se demander si l' Annexion serait avantageuse ou non, et s'évertuent de part et d'autre à e» peser les avantages et les inconvénients. Avec vous, la question est vite tranchée. Vous citez la Bible et tout est dit : " Ne faites point d'alliance , avec les enfants de la terre, dit l'Ecriture-Sainte, et vous ne recevrez point leurs filles pour épouses de vos fils. " Or il est évident que les enfants de la terre, ce sont les Américains ; donc, si Dieu me défend, à moi célibataire, d'épouser une Américaine, il est clair que Dieu n'est pas annexionniste, et si Dieu n'est pas annexionniste, comment pourriez- vous l'être, vous, M. Basile, le bras droit de la Providence !

VoTis ne voulez pas non plus de l'Indépendance ; votre politique "est toute d'expectative." Vous auriez pu dire (textase, M. Basile. Ici encore, j'ad» mère votre haute sagesse» Puisque c'est Dieu qui doit tout régir dans ce monde, à quoi bon se casser la tête pour ces vétilles ? N'êtes-vous pas toujours là ? Lorsque le jour sera arrivé, vous nous ferez connaître la décision céleste, M. Basile, et tout marchera. comme sur des roulettes.

Et puis si vous êtes* pessimiste sous certain

rapport^vveoBt ne rêtes'taujours.certatiidmeiit {lasià^. l'endraitr de réimigaratixMi. GontraisemiaM; à itihlf^»' nervu, aa> NouvêauhMomkit am Jommei eUi Droii-Bd^ vtèr^ Yoire mêoue àivos amDUis< le Coarner dm CatMLa, qui noQB okaatent sur touB les ton» qiie les GbttadienB quiémigreat aux Etats^Uais yooxt perdue leur âme dans: ce cloaque dervices,. dans ce bourbier, sociairvous, tous prétendes qu'ila sont, eny-oyés là pai: le TouirPuifisautt avec la nûs&â<m d'éi^angéliser et de régénérer la raae améûoaine encoiie - plongée dans les ténèbres de Vidolâtrie, C'est* très«bien, cela, M. Basile! J'aime à vous voir quelqujefois montrer le bon côté des choses.

Il est étonnant que nos hommes d'Etat et nos jousnaUstes n'aient pas encore songé à cela, et<. qu'ils persistent à considérer l'émigration coaune. une plaie à laquelle il faille porter remède. M. Chauyeau. va vous devoir un fameux cierge, M, Basile. Oette question qui l'embarrassait tan^, 1a voilà réglée du coup. Suivons bien ce raiâonne* meuit : Sien ne se fait sans la volonjté de JDieu.: or l'émigration se fait,, donc Dieu veut l'émigration ; et comime Dieunepeut vouloir le mal, il s'ensuit que l'émigration ne peut être qu'un bien^ Eu quoi . consiste ce bien ? Voilà ce que vou^ avez trouvé^ M. Basile: c'est la conversion du peuple améri« cain^au catholicisme !

QjEielqu'un pourrait peut-ê^e s'étonner de ce. que quelques milliers d'émigrants canadiens puish senii exercer uiie semblable influence sur la répa* blique américaine, quand il est avéré que le Ca^ nadaitout entier, lui, perdrait ses-mœurs^sa reli* giou et jusqu'à sa nationalité, par l'Annexion. C'est une réflexion qui me semble' assez juste, mais nul doute que vous, M. Basile, qui trouvez si bien; la

Iraison de tout, n^ayez déjà la réponse de toute prête.

Je 'hai^pdeirais bien moi-même une peititë observation :■ Si» Féiûigration canadienaie doit avoir un si merveilleuî résultat^ pourquoi donc ajoutezvous que *^la sagesse et la prudence humaines exigent que nous nous efforcions d'en arrêter le courant? " Car, outre' qu'il me semble étrange qu'on doive s'opposer àune'^i- belle chose, je^ trouve encore plus extraordinaire que vous nous conseil- ' liez, vouSi M. Basile, de donner ainsi la préférence à la sagesse et à la prtddence humaine,^ sur la sagesse et l'a prudence de Dieu. Il doil y avoir là-dessous quelque mystère trop profond pour un philistin comme moi, M. Basile ; et je vous prie de me pardonner cette timide objection qu'un homme comme vous trouvera sans doute futile.

Utie autre chose m'intrigue. C'est cet accroissement contre nature, que vous avez ' remarqué chez le i^euple américain. Je me demande ce que cela peut signifier.. Car enfin, si une population se multiplie, <îe ne i>eut être que par des moyens plus ou -moins naturels, et je ne connais pas encore, — pardonnez à mon ignorance,--^uelles sont ces pio- 'portions équitalfles d'accroissement dont vous parlez, et qu'un peuple n'a pas le droit de dépasser. C'est probablement là encore un de ces mystères que nul ne peut pénétrer, s'il n'a, comme vous^ M^ Basile, les lumières d'en haut à sa disposi* tion.

L'une des découvertes qui vous honoreront le plus aux yeux de la postérité, M. Basile, c'est celle des différents partie politiques auxquels notre premier père Adam a appartenu pendant les neuf cent trente ans qu'il a passés sur la terre. Adam, paraît-il, était conservateur avant sa chute, et libé-

rai > après! Ceci n'est pafe enregistré tout au long dans la G-enèse ; mais vous l'affirmez, et je ni'dncline respectueusement. Voyez donc où les idéôe^ subversives vont se nicher ! Il n'avait pouctajit guère à se plaindre, le vieux. Personne n'envoU'^ lait .. à sa liberté ; il pouvait arranger son petit budget comme bon lui semblait ; il n'y avait ni oflB.ciers-rapporteurs sourds-muets, ni fiers-à-bras> ni propriétaires de chantier», ni employés du gouvernement, ni fonds secrets, ni défranchissement de paroisses, ni enlèvement decandidats, pour l'empêcher de se faire élire, même dans le comté de Kamouraska, s'il l'eût voulu. Gomment se fait-il

donc qu'il soit devenu rouge tout à coup ?

Voilà; il paraît que c'est .ce scélérat de serpent qui est la cause de tput —

M. Basile, vous m'enthousiasmez !

Mais ce n'est pas seulement par la profondeur de vos idées et par votre surprenante érudition que vous brillez, M. Basile ; vous faites en même temps preuve d'une perispicacité, d'une pénétrj^tion étoiinante. Comme le Très-Haut, dont vous êtes le représentant parmi nous, vou& sondez les reins et les cœurs. Ce n'est pas à vous que les libéraux canadiens en imposent, par exemple ! Quand ils vont à la messe, vous savez bien que c'est par hypocrisie ; quand ils se disent catholiques, vous savez bien que c'est un masqua qu'ils se mettent sur la figure ; quand ils n'attaquent pas la religion, c'est qu'ils n'osent pas le faire, et quand ils la défendent, c'est pour mieux Vendormir et l'exterriiiner ensuite....'. Voyez donc ! notre Archevêque lui-même s'y était laissé prendre ! Dire

qu'il a été assez aveugle pour inviter des orateurs libéraux, à protester contre la spoliation du St..

Tèx^î G0 n'^st pas youe, M^. Basile, qui senez ainsi tombé dansMle panneau pas si bête!

MitBaflâle,: M. Basile, vous n'êtes^ pasi trèsiehari* table,* maiRcarame tous êtes clairvoyant !

J«' suppose^que c'est aussi grâce à cette seconde me dont tous êtes doué, que vous avez découvert' que j'avais diffmné les institutions dB^mon paps^ et que vous avez écrit, tout en m'appeiaïit votre ami,;que7> glismi^sur la pente de P irréligion. Vous prenez lun intérêt bien vif à ma personne, M. Basile ! ¥ous me donnez une foule de petits» conseils paternels. Vous me conjurez çurtbut de ne pas nC exiler de t Eglise notre, mère ; de ne pas oublier le soin de moUvâme ; de quitter les sentiers malsains de la politique libérale et de rentrer dans le giron des conservateurs qui savent si bien„--vous me le donnez clairement à entendre,-— récompenser les

bons- services Merci, M. Basile, merci ! Votre

sollicitude me touche et m'attendrit. Mes yçux se mouillent de larmes, et si je ne me retenais, je me précipiterais daooLS vos bras ! Mais je me retiens.

Pai eu le mallieur de vous affliger, M. Basile.

IL paraît qu'un frère à moi s'est un jour enrôlé dams l'armée du Pape^ et que moi, misérable, j'ai eu: l'impiété de n'en rien feire. Je suis bien coupablej M. lîasile ; mais que voulez-vous, il y eu a eu tant d'appelés et si peu d'élus! S'il faut absolument avoir été zouave pontifical pour mériter la œmonne du bontitoyen^ comme vous dites, combien y eiLa-t-il qui n'auront. jamais cet honneur, M. Ba^ sile, sans vous compter ou en vous comptant!

Allons, M.Basile, un peu de miséricorde ! dé* tournez vos foudres^ et nei me dites plus comme cela,^ avec cet air menaçant :

Tant pis pofwr vfdre âme!

Jë< suis nePVOTix, vxyyez-TOUÇi, et t^elà^ me' glsuee.

J^ ctifi nerveux, car je xA'apwpçoi»' que Vesfc* hid. point que' TOUS aimez à comâdérer dans vos rap^ ports avec ros amis. Ehi efEët, je vois avec plaisir qixe dansda réédition de vos Gùf$$eriê$ du Dimanche^ vous avez retranché certains mots> qui me son? naient désagréablement à l'oreille^ tels^ que • ii^^ cheié, Rachat' de. pas^^etc.

En cela encore, voiis avez reconnu/ que la " sah gesse, " et surtout là ** prudence humaines,. " on* certaines règles quil n'est pas bo» d^enfreindrft. Vous avez fait la judicieuse réflexion que- Lé visî est* beaucoup plus rapproché de Kanroimaska* que^ Chicago, et quand on a des oreilles parbleu !

Du reste, ce n'est pas la seule circonstant^e om. vous vous montriez soigneux de vos întéTêts, M. Basile. Vous ne manquez jamais Toccasion de faire connaître au public que vous êtes avocat pratiquant à Kamouraska ; que Thémis n'est pas insensible à vos hommages, s'il vous plaît ; qu'on vous a oflFert ^6600 pour prendre la rédaction du Nouveau-Monde^ et que vous'avez refusé d'abandonner votre clientèle pour si peu. Enfin, quand il n'y a plus d'autres ficelles à votre service, vous faites publier sur le Courrier du Canada quelque calembour assez leste, au moyen duquelle. public est informé que vous êtes venu plaider deux causes à Québec

C'eist bien américain cela, M. Basile, et m'est avis que si vous alliez encore une fois à New- York, vous rendriez bientôt des points à Barnum pour le coup de tam tant.

Et si je vous dis ces choses, M. Basile, ce n'est pas, — cotnme vous pourriez le croire, vous qui êtes chatouilleux,^[ue votre critique de mes ouvrages m'aît déplu lé moins du monde, J'aurais

tort, car vous dites de mèg vers^ 'et surtout de Mes Loisirs, beaucoup plus; d-e bien que je n'en pense moi-même. Jîon, au poutraire ; je puis vous répéter, avec autant de sinçéjjité que vous, ce que vous dites dans Vofe Oauserig» du Dimanche : " Ces lignes i que je vous adresse me sont dictées que par Tin- ; térêt que je vous porte. " - "

C'est aussi 'par intérêt pour vous, croyez-moi, M. ' , Basile, que je vous rappellerai que votre fétiche, M. Veuillot, écrivaii; quelque part, — lui qui devait publier les Couleuvres, — qu'un poète, à trente ans, mérite d'être fouetté sur une place publique. Cela . ne peut m' affecter en rien, moi qui ne crois pas en M. Veuillot ; mais vous, qui le considérez comme • un oracle infaillible, cela devrait vous inquiéter

Quel âge avez- vous, M. Basile? »'

Lundi, 13 novembre 1871. -

DEUXIEME I^ETTBE.

Mon cher M. Basile,

Véritablenient, je ne prévoyais pa^ que ma: lettre vous exaspérerait. à. cq point. En lisant vQtre réponse dans le N<mvé$u-Mpnde, il ta'^ semblé vous entendre moduler, sur tous les tons de la gamme, cette ritournelle si pleine d'harmonie- imitative :

Ça' m'agace, ^ace, gace I

Ça m'agace au sapsrlatif I , -

Vous trépignez, vous postez, vous grincez des dents, voué perdez votre sang-froid. Aussi, pauvre M. Basile, quel gâdhis vous faites ! De Taveu même de vos rares amis, votre lettre est d'une faibleôse désespérante. Pas une ra;i'son, pas un argument, pas une idée. Rien îjue des iîisinuationsf, des fattxfuyants, de maladroites excuses, et des injures grossières ;• Ife tout fricassé dans un style empâté, mal cuit, mal digéré. Vraiment, M. Basile, à vous voir attaquîer totit le monde de si grande gaieté de cœur, je vous aurais supposé plus fort à la riposte. Convernez-eil, voû^^êtes êl*eintê. ■ '^ '

N'allez-pal^ T*ouè livret au ' désespoir cef)endarit ! Ne faut-irp8Éé qiie le Rire des homMès )à.it son tour ? Ce rire est embêteliit, je conçlois ; mais il vx>us faut en prendre Votre 'parti :'endurez-le,^parbleu! C'est du reste; une 'bonne occasion pour voua de faire ' preuve de patience' évangôMque. Et ptiislè ttiofti- ' phe desknéehants n'a qu'ttu temt)B. Vous le' savez bien\ vous qtii ayét inventé le Rire de Dietè; bien

que vous ajoutiez avec assez d'irrévérence, ce me semble, que le rire est le père de tous les vices. Avouez que le bon Dieu doit être assez peu flatté de la remarque.

Mais trêve de badinage. Mes ironies vous donnent sur les nerfs, et je veux bien, pour vous être agréable, user le moins posMble de toute figure de rhétorique qui partagerait avec moi le

* tmalh^ar de vou« déplaîre.

Soyons àane sérieEOx, puisqfue vous le lyMiiez

ijabsolttstMit, M. Basile ; sealcoDetit je vous avertis que vocis ii^y gagnez ri^n.

3i tofiwltaqu^s n'eufeMsent 4fté dirigées que coditre moi personnellement, M. Basile, il est probable que je les eusse trop dédaignées pour en faire un ^8ujet de discussion publique. Mais nous savons qu'il existe depuis loagtemps,^ dans ce pays, une certaine école — maintenant; peu nombreuse heureusement— «qui a la prétention de se. faire, suivant votre expression, bâtmmiste devant t arche cCalliaMce ; qui croit avoir le monopole exclusif de Thonnéteté et des bons principes; qui accapare . le bon Dieu

,et les dboses saintes pour elle seule, et qui s'arroge audaeieusement le droit de jeter hors de l'Eglise tous ceux qui ne pensent pas comme elle en politique. •

Cette école semble avoir pour condition d'existence de dénicher une hérésie au moins une fois par mois ; et pour cela elle furète partout, guette partout, espi'Onne partout. On n'a. presque .pas

J'idée de ce^que ses mouchards .«ont capables de faire. lia iront jusqu'à se. glisser, dans votre hôtel,

iu l'heure '4^ dîner, si vous êtes en» voy^e, et le

.lendemain, le public lira avec .stUpéfeiieticm sur le Courrier "de. St. Hyacinthe ^u le Messager de Jolieéte^

:pmr example j que vous .avez mangé àuMiMk'.un yendrôdi!

Si jedi0rtio«5^ «c'^fit siijaaiàre 4e «'/exprimer, car la yjaade rie yendifedi, la contrebaade du téq de messe, les eK]^éditk>ns. saocturit^ies et les. baiguades^ 4>e la Gratineau, deyiennent ^s^iavres pies, du moment cqu'on appartient à, la beaoite phalange.

Il y A iun in£àme calcul là-dessous. ^

Nous vivons dans un pays profondément catholique, letoù, par conséquent, les accusations d'âmpiété et d'irréligion font toujours un grand offet sur les masses. Or, sitôt que, dans cette école», on ia quelque petite jalousie de métier à satisfaire,, quelque petite vengeance personnelle à contenter, quelque adversaire à renverser afin de se bi^er à sa place, le truc est bientôt trouvé ;-r^on prend le prétexte d'une causerie du dimanche, d'unefCritique littéraire, de n'importe quoi, et l'échiné dévotement courbée, Ja figure béate, le miel sur les lèvres, et la plume trempée dans le fiel, on vous décoche quelque bonne accusation d'impiété, ou bien Ton soufflé dans le public quelque insinuation traîtresse au même efiet, et si la victime nlest pas de ceux qui ont l'habitude de monter sur les toits pouf faire leurs actes >de vertus théoli^^ales, enfoncée, démolie^ clouée !

Cette feictique'a dwble avantage : celui de ccu- 1er adroitement à f^nd ceux qui vous portent i>mbragCv^t detse bien poserauprès de certain clergé, --ce qui ^n temps d'élection, ne nuit pajs, comime vous savez, M. Basile. Sur ces derniers . temps, cette école a porté l'audace jusqu'à ses pLxis extrêmes iinadtes N'a-t-elle i)as dénoncé l'TJniKerwté- JUaval comme; un foyer de gallioanismej errefui-qui suivant vous, M.* Basile, prend sa source dam cette

grande hérésie des temps modernes, le naturalisme. N*a-t-elle pas dirigé ses attaques contré notre digne et savant Archevêque lui-même ? Bref, elle tente- ' rait de délbgfer les saints dû Paradis, pour peu que Tentrepriiae dût lui • r&pporter quelque cliose.

C'est à «cette éxîole' dont vous êtes l'un des adeptes les plus' roués, M. Basile, quje je« réponds au nom de tout un parti politique, que vous envelop- ^pë% ^danfe • votre haîne aveugle, et que vous avez voulu 'atteîndre indirectement dans ma personne.

Si j*ai eu jusqu'ici certaine confiance dans votre bonne foi, M. Basile, je vous dirai que votre réponse à ma lettre n'est pas de nature à la confir" mer. La persistance que vous mettez à accoler mon nom à certains écrits auxquels vous savez que je n'ai jamais pris part, me donne la mesure de votre honnêteté, au moins dans la discussion. On ne me fera jamais croire, par exemple, que vous vous imaginez sérieusement servir les intérêts de l'Eglise en vous efforçant ainsi, tantôt par affirmation directe, tantôt par quelque adroite insinuation, de me montrer comme un ennemi invétéré de la reliî^îon et de ses ministres ?

Quel métier est cela, M. Basile? Si je vous appliqu'iis ici quelques-uns de ces gros mots qœ notre siècle efféminé appelle violents et dont le Christ s'est servi tant -de fois, coôime vous dites, race de ' Vipères," Ipair* exemple; ne l'auriei-vous pas un peu mérité ? De quel droit scrutez- vous ma conscience ? 'Qui vous a fait juge 'de mes sentiments religieux ? ÏBe quelle autorité 'îôe rejetez- vous > du giron de l'Egliee ? Prétefndriez-vous que je doive vous porter 'ëhaque 'môiê Un certificat de éonfeseion, par hasard ? Pour Dieu, mon cher M. Basile, mêlez-vous donc de vos afiaites !

Le Journal des Trois- Rivières^ pour prouver ^ue vous, ayez eu rMson 4e.me. vilipender, cite Ij^» ; lettres, d'approbation q^uevçus aVez o]:| tenues do certains évêques. Je me pei;mettrai de lui dire .que çe^a» ne^ prouva .^©n^ Ni Mgr, de |^ontf èfj, ni Mgr. de Birtjia n'a jpyi avoir Tii^tentiou de conlijrmer les avancés, gratuits que vous faites si dévotement Siurmon compte dans yos Causeries; Qi Leurs. Grandeurs, àur^en^-elles eu cet^e intention, que je serais, justifiable 4e récuseï: leiq: ténioi^nag;e .dans une affaire dont les fjgiits, s'il y en, a, soïit nécessairement en dehors de l^u^ conjiaissance. Pas plus un évêque qu'un autr^. n'a le droit de 'taxer quelqu'un d'irréligiqçi, sans appfljQr, son jugement sur les écrits, les parçjles ou Ips âç^çs de la pÂrn© incriminée.

. /Et puis, ne vous faites pa^s illi:jpj3n là-dessus, M, Basile ; la masse du clergé intelligent répudie au» jqurd'hui yc^tre école. Vous ^vez tropJbrpé.la note ; vous av^z été nialadroits à force d'être z^léé ; vous êtes devenus importuns à force (l'être oflicieux. On s'est enfin, aperçu que toute jCette bel|e ferveur dont vous faites profession n'est qu'un paravent qui sert à caclur. loo i^^y/l. ^ :■ w^ . ',;.:! agir. Et comçie les hautes autorités du dipcèse sont de l'opinion «lu pape Innocent III, qui disèdt; Fnlsitas sub velcmme sancUtatis 0lerari non debeL elïes VOUS ont déjà désavoués .par leurs écrits et par leurs actes. , Elles ont noblement tendu la main à des hommes que. vous aviez diffamés,— je parle toujours de yotre école, — (?t que vous dénonciez chaque jour comme des ennemis de l'Eglise et de l'ordre sociaL BJHes o?it très-significativement invité à prendre la parole dans une grande dé* monstration religieuse, des orateurs dont Tun

étftit, tout dernièrement encore, traité, par votre organe québecqttois, comïne un tenégat de la^^Hre êspèôè, côinme nn socialiste dangereut qu'il fallait museler à tout prix......

Ail ! M. Basile, plrenez-en votre parti ; vous avé« J>eau jurer, maugréer, montrer vos canines, le règne de lliypocrlâie tffait son temps. Les jours BOùt passées où tout un parti politique était potir ainsi dite mis hors la loi, et voué à Panimad version ptttilique, pour le seul crime de différer d V pinlon avec les hommes qui vous soudoient. On^'a compris qtie Mgr. Cœur avait raison en disant que ^<lè vrai chrétien doit istavôir aimer même Cèxen qui ne pensent pas comme lui. **

Oe généreux esprit de conciliation ne vous a pas échappé, M. Basile; et c'est là surtout ce qui vous enrage. VottS exploitiez une riche veine, et iroilà que tout à coup le terrain manque sous v<te pieds. On vous coupe les vivres, ni plus ni moims, Qu'allezovous faire maintenant aux élections prochaines, si vous n'avez pas de prétexte pour montrer M. Pelletier comme un rouge, un communiste, un démolisseur de colonnes, un assassin de rArchevêque de Paris, un commissaire de bàtan, et, par contre, de vous comparer modestement à Mgr. AflFre mourant sur les banficades ? Vous êtes tout bonnement flambé ; vos dernières chances de succès s'en vont. Vous l'avez compris, et voilà pourquoi vous vous donnez tant de mal pour dé- ' montrer que M gr. l'Archevêque de Québec, en traitant les libéraux comme des catholiques, a agi comme une oie ; que l'opposition bas-canadienne ne veut qu'une ôhosé, renverser l'Eglise et saper les bases de la société, pour satisfaire ses instincts destructeurs, et qu'il n'y a qu'une bonne excom-

mtmicatîcm en inàss^ qui ptds)s^ sauter I-Ofâré pnbHc etla relîj^oh menacés.

ISais, M. Basile, dans le cas même oùf Vatts au-' ries taisofn dé nous attribuer tant de noirçettr d*âme, pourquoi toute cette colère, pourquoi toutes ces injures, toutes ces acrimonies, tout ce fiel? Ke setiait-il pas plus chrêtieh des suivre les conseils tout éyang€liqtie& du digne éyêque du'Bellai, qui disait:

*^ Mes&ères, rivons tous en paix ; aimons mêtnie " ceux qui s'égarent, et sachons Vivre avec eux ^en "harmonie, afin de les ramener par la charité?*'

Mgr. Maret a dît quelque part : " Ce sont nos " injustices, nos colères et nos amertumes qùî " élbignent de la vérité les âmes faites pour s'éle- " Ver jusqu'à elle. "

Voilà de nobles paroles que vous devriez peser consciencieusement, M'. Basile ; et si votre zèle pour le salut deiâ âilnes est sincère, peut-être auraient-éllés pour effet de vous faire modifier considérablement votre manière d'agir vis-à-vis de vos frètes.

'Mais non ; mettant de côté ce conseil de St: Frieaiçois de Salles : ** Point de sévérité ; reprenez " toujours en toute sorte de patience, " et ces belles pa*olfes de St. Jeaii^Chrysôstôme : "Le langage de ** la vérité doit être calme et indulgent, " vous ambitionnez de jouer au Canada le rôle que M. Veuillot s'est arrogé en Europe: celui, comme vous dites, (têloigner dé Farche les pivfmaieurs à coups de fouet et de bâton. •

Il me semble, M. Basile, que ce n'est pad là la motâle que notre Sauveur enseigne da'ns sa parabole du BcfùL Pasteur, qui ôhèrche ses brebis égarées et les raiûène' doucement au bercail. Jésus-

Chxist, mpn cher M. Basile, p'a pris la yerge qu'iinon senlê fois danjs sa vie, lui,^ et c'était pour chassera les niaa^cliaiwjs , du .teçaple, ^ c'est-à-dire ceux qui» comme votre école, se seryent^dù sanctuaire pour , faine ^e l'agiptage pplitjque et satisfaire leurs am*'»^^ bi^y^ns moAdainés. ; .

^Béfléchisi^ez bien à cela, Jf.^Basile; et puisque ^ n£pB eu sommes à parler, de 1^' Evangile, je. vous.' rappellerai, ce que vous oubliez trop souvent, si-^ vous l'avez jamais su, que.^t. L[Up.a ^crit quelque part : "Ne jugez pas autrui si y^^* ^^ voulez pas être jugé vous-même. " Je soumettrai aussi à vos • dévotes méditations ce que Jésus disait d,u pharisien hypocrite qui se tenait debout dans le devant ^ du temple, et les paroles que St. Mathieu adressait ^ à " ceux qui aiment les sièges élevés -^ans lés » synagogues et qui veulent être appelas Rabbi. "

Vous êtes fort sur les fau^-fuyants, M. Basile. , Vous essayez de déplacer la question en citant | certains vers où j'ai stigmatisé, la conduite de nos ] hommes d'État infidèles à leur mission, et pour ^ rejeter sur moi la responsabilité de l'agression, je r suppose, vous avez Tair dç prendre cela comme TOUS étant adressé. Je proteste, M. Basile, qiie ; telle n'a pas été mon intention ; en écrivant cela, je ne pensais guère à vous, je vous l'affirme. Mais , si vous trouvez que le bonngtîvous convient, c'est . Totre afiaire.

Tandigf que vous étiez .^n frais, vous auriez pu j «ter aussi mes vers à l'adresse des. histrions sacri' ^ lêges qui tendent des pièges aux croyances du peuple^ > et dressent leurs tréteau» Jusque» à P ombre des autels; ou bien encore les strophes où je dis un mot de , œujc qui donnent à leurs tripotages politiques lo \ sanctuaire pour décor y et jettent, dans le même pla- ,

tean de la balance ta 'foi/àuté dé prêtre d^^écle batsèr de Judas. Puisqu'il vous fallait absolument un bonliet, celui-là 'vous' aurait encorë^ mieux coiffé, M. Basile." ; f' -^ ■ • . /^- •' /* * ^ ' \. "^

Tenez, mon ami, prenez un' conseil; mettez Vb- 'ire religion 'un pièu; ïùièux ëiï -pratique, et inquiétez- vous un peu moins de la manière dont 'fes autres templissent leurs devoirs religieux. Nous en serons beaucoup mieuxVet vous n*en serez pas pire. La religion bien comprise eiât trop belle et trop sainte, pour qu'on doive la mettre ainsi à toutes les sauces, et s'en faire un instrument à satisfaire .ses petites passions. Au lieu de faire aimer l'Eglise, vous la feriez détester, si l'on ne connaissait mieux cette divine doctrine prêchée par celui qui disait à ses discipl 3s : '' Apprenez de moi à être doux et humbles de cœur. "

Encore un mot, M. Basile.

Vous dites: "M Fréchette a beau protester " qu'il ne m'en veut aucunement, et que mes criti- " ques ne lui ont pas déplu le moins du monde, il **ne doit pas avoir oublié la lettre d'injures qu'il " m'écrivait de Chicago, après la publication de mes " articles. "

Eh bien, M. Basile, je vous défie de montrer une seule ligne de ma part ^ù je me plaigne de vos appréciations littéraires. Si je vous ai écrit de Chicago, ce n'a dû être que pour vous faire remarquer que vous crachiez naïvement en l'air en m'accusant de lâcheté, parce, que je ne m'étais pas enrôlé dans les zouaves pontificaux ; et pour vous souffler à l'oreille que de semblables mots peuvent devenir malsains dans la bouche de ceux qui les adressent à des gens qui ne demeurent pas à quatre cents lieues de distance. Vous avez prouvé de-

j^H qne yqiifi ^a'ayiez fort biea compris, M.

Je terçimerai, pour cette fois, en vous priant de ne plus mettre entre guillemets des phrases de j0txe vcrû, afin ,de me les attribuer. Yous sentez que je ne tiens pas absolument à si^er vos œuvres.

, , ^,ou8 dites que vous n'avez pas finL A bientôt ^dpniC, M. Basile ! Si vous désirez une nouvelle raclée, il y a encore du bois vert.

' lAixdi, 37 nôyembre Ittl.

• (*) Bien qu'il m'eût menacé de publier cette lettre, M. Bouthier ijw l'a ;aQiai8 fait, malgré ce défi.

Mon cher M. Paçile,

Vous avez un peu de la nature du lièvre. Vous faites des sauts, des enjambées, des voltes-faces ; le diable en personne vous suivrait à peine à la piste. Vous êtes ingambe, M. Basile ; et c'est une nouvelle qualité que j'ajoute à toutes celles pour lesqtielles je vous ai déjà donné crédit.

Quelle souplesse ! D'un bond vous sautez de Paris à Chicago, de la Lanterne au pétrole, du père Caussette à Victor Hugo, de Napoléon III à la Providence, des Contes de Lafontaine à TEcriture-

Sainte et lorsque vous vous croyez hors de

portée, vous couronnez tous vos chasses-croisés par une étourdissante cabriole, et, retombant sur vos pattes, vous vous écriez hors d'haleine :

♦'Croyez- vous au surnaturel, M. Fréchette."

Comprends pas! Est-ce que vous voudriez ^»voir ce que je pense de Home et des frères Davénpoxt? Me soupçonneriez-vous d'avoir un faible IH>ur la science du juge Bdmunds.et du Dr. Slade? Tiendriex-vous^ à connaître mon opinion sur Gagliostro ? Ce n'est pas la peine, n'est-ce pas ?

D'iui autre côté, si c'est une profession de foi diois la Providence que vx>us me demandez, j'au- Tais bien le droit de vous dire : *' De quoi vous mélez-voufi ?" Mais je veux être boa prince, et puisque cela vous intéresse, M. fiamle, je vais -en deux mots voua édifier sur jse point:

Je crois en une Providence qui récompense la Tertu et punit le crime, soit dans ce monde, soit dans Tautre; mais je ne «rois pas eu une providence dont vous tiendriez les ficelles, vous ou aucun de votre école, M. .Basile,

Je crois en une Providence juste et bonne, audessus de nos préjugés et de nos misères ; mais* non pas en une providence de commande, qui serait rinstrument des petits ambitieux, et l'humble servante de toutes les hypocrisies, M. Basile.

Je reconnais dans la Providence le suprême régulateur de l'Univers ; mais je ne la crois pas complice de vos haines aveugles, de vos ostracismes injustes, de vos fanatiques intolérances, et encore moins de certaines autres petites saletés qui se commettent journellement en son nom, M. Basile.

Dieu nous préserve d'une Providence qui s'appellerait Basile Routhier !

Je n'ai nulle objection à voir le doigt de Dieu dans les malheurs qui viennent de fondre sur la France, mais je vous l'affirme dans toute la sincérité de paon cœur, j'en aurais beaucoup à admettre que Teresa et la Belle-Hé/ène en fussent la cause. Vous essayez de prendre la tangente, pour échapper au ridicule de cette assertion, cela se conçoit.; Mai^ moi, je tiens à vous ramener au point d0. départ. Faites le lièvre tant que vous voudrez^ je vous avertis que je suis bon limier.

Ah ! M. Basile, si le rire est le père des vices, comme vous dites, faites pénitence, car il est écrit : " Malheur à celui par qui le scandale arrive !" ;

. Il n'est point étonnant du reste que vous n'aimiez pas cet agréable désopîlement de la rate si favorable à la digestion, M. Basile ; pour être, de

bon compte, il faut admettre que le public n'est pas raisonnable et qu'il en abuse à votre égard.

Mais de votre côté, ne seriez-vou§ pas un peu. sévère à l'égard de. ces pautrres rieurs? 4^près tout, plusieurs grands saints ont été cités pour teur belle humeur et leurs joyeux propos. Pie IX •lui-même est, dit-on, d'une charmante gaieté. Et puis, ne savéz-vous pas que les Contes de Bocace ont été iipprimés à Florence en 1573, ^avec un beau privilège du pape Grrégoire XIII qui disait qu'en cela il marchait sur les traces de son glorieux prédécesseur Pie V ? Ne savez-vous pas que les Contes de Lafontaine qui, suivant vous, ont attiré la colère divine sur la France, ont été publiés à Lyon par le célèbre jésuite et écrivain catholique, le père de Colonia ? C'est l'abbé de Longuerue qui le dit. (^)

Au reste, moi, M. Basile, j'aime à rire ; et si vous tenez absolument à me corriger de ce défaut-là, commencez par ne plus écrire. Jusque-là, je me tiens les côtes, c'est plus fort que moi.

Mais revenons à la IVovidence. ^

Vous êtes scandalisé, M. Basile, de ce que j'aie employé lé mot de fatalité au sujet du désastre de Chicago. Encore une hérésie ! !. Ma foi, M. Basile libre à vous de voir des châtiments dans toutes les calamités qui arrivent ici-bas ; pour moi, je crois qu'il nous serait téméraire de vouloir sonder

(*) Je ne prétends pas ici justifier ce qu'il y a de mauvais dans Iqs ouvrages de Bocace &t de Lafontaiue ; je veux seulement démontrer qu'au point de vue des mœurs du temps où ils ont été écrits, ils n'étaient pas aiïBsi condamnables qu'ils le paraissent aujourd'hui. Il me sduible que si quelque chose eû.t dû attirer les ch&time.nts de Dieu sur la France de LouigXIV, ce n'étaient point tant lei Contes de Lafontaine, que les débord emeats qui ont rendu célèbre la cour du grand roi.

tqti& les mystères de la Providçnpe, et a^gnex à son action le cercle étroit de fxoB , préjtigés et dft , nos passions. Et puis, M. Basile, si tons les n\alhênrs qxii nons frappent devaient donner la mesure de nos iniquités, que faudrait-il donc penser de notre pauvre St. Roch, par exemple ? Ke pourrait-on pas Paccusér de rendre des points à Sodôme et Gromof rhe ? Et le séminaire de Québec !" Et notre couvent des Sœurs delà charité ! n'ont-ils pas été ijicendiés chacun trois fois au moins?

\Allons donc, M. Basile, vous voyez bien que. vous êtes foïi !

Tenez, vous n'avez pas été, que je sache, chargé d'interpréter les décrets de la Providencee. Le Très- Haut ne vous a pas nommé son agent général.

Les enseignements qui ressortent des grands événements qui se passent sous nos yeux, n'ont pas besoin de votre éloquence pour porter leurs fruits. Laissez faire le bon Dieii ; il entend son métier, et s'il est de mon goût, il doit détester les officieux. Avec cela qu'en voulant toucher à tout, vous gâtez les meilleurs plats. Ouvrez l'écriture et vous trouverez cette consolante parole : " Dieu châtie ceux qu'il aime ! "

Maintenant, M. Basile^ à mon tour ! Vous me perinettrez bien de vous poser quelques petites questions, n'est-ce pas ? J'aiçieraiB,: moi ai^ssi, à connaître vos vues touchant la aomme de surnar > turel qui doit entrer dans certaines choses d'icibas.

Par exemple, dites-moi, M. Basile, faut-il voir le doigt de Dieu dans la lettre anonyme remplie d'injureis que le révérend M. Patry, curé de St. Pafichal, a reçue de Kamouraska, pendant votre

éihotian^ de la part d'un ce3?taiiiosam,t1;LOBi]iie qim ▼ons connaissez bie^:?.^...

T a.t.il en interventioa directe de la ProTideaoe dws la mise en circulation de faux billets de banque, qui s'est faite sur une si large échelle, à la même époque, dans le comté de Eamouraska, par l'entremise de vos agents -électQmux <?......

Y avait-il du surnaturel dans les peintures i fresques rien moins qu'odoriférantes, dont on ^ si . souvent badigeonné vos dieux lares à la barbe de ^ votre immense popularité ?.o^.

Pour ma part, j'ai peine à voir, dans ce dernier fait surtout, autre chose qu'un acte purement bumain.

Quoiqu'il en soit, en attendant que vous nous exposiez votre manière de voir et surtout de sentir ces choses, je vous parlerai, à mon tour, de ce que les gens sensés regardent comme la cause la plus directe de ce que vous appelez la décadence du peuple français. V Vous y mettez trois colonnes : quelques lignes me suffiront.

.Ecoutez bien, M. Basile. Quand on voit la plus belle nation du monde à plat- ventre, pendant dixhuit anfi, devant un aventurier de l'espèce de Napoléon m, on n'est plus étonné de la voir sans force et sans énergie au jour de l'épreuve. Ce sont ceux qui se sont inclinés devant le parjure ; ceux qui ont donné le titre d'homme providentiel à un conspirateur sans vergogne ; ceux qui, comme TOUS, M. Basile, ont trouvé le mot de nuUheuretMe emêreprise^ pour pallier le crime de Boulogne-sur* ULer ; ceux qui ont appelé sauveur de la patrie, F?lgorgeur du deux-décembre^; ceux qui se sont âge? nouilles devant tous les attentats à la morale publique ; ceux qui ont . adoré le succès les mains

teintes de sang, que nous devonb tenir respons» blés de la démoralisation qui a'enyahi la France, pendant ces dernières années ! Vous parlez de révolution ; ' mais Vous avez • sanctionné et acclamé la plus hideuse (te toutes les révolutioiis, à Tavénement de Ter-carbonaro des Romagnes Et, encore aujourd'hui que la pauvre France épuisée essaie de se relever en inaugurant un régime d'ordre et d'honnêteté, votre M. Veuillot soulève les esprits contre le gourernement établi, et prêche la révolution en faveur d'une dynastie à jamais jugée et condamnée. La révolution qui met un monarque sur le trône est-elle plus légitime que celle qui fonde une république ? {'^) Pour Dieu, M, Basile, comprenez- vous donc vous-même !

Mais il est inutile de traiter ces questions-là avec vous; vous n'y entendez rien, et vous ne voulez rien y entendre. Vous n'avez qu'un principe, l'intérêt; qu'un but, arriver. Pour votre école, la morale, la sincérité, le patriotisme, les convie-, tiens, blague que tout cela. Le succès, .voilà le grand mot. A vos yeux, celui qui conserve encore quelque croyance au fond du cœur, pour qui la vertu civique n'est pas un vain mot, n'est qu'un imbécile, une tête chaude, un écervelé, un exalté qui n'a pas assez de jugement pour choisir le parti politique qui saura le pousser. M. Basile, avec ces principes-là, on va où la France en est Rendue aujourd'hui......

Mais assez sur ce sujet. Nous parlions tout à l'heure de vos évolutions chorégraphiques; je constate qu'il y a surtout un point où vous aimez tout particulièrement à revenir gambader. Ce sont

(*) M. Routhier. n'a jamais répondu à cette question.

M&s^ Loisirs, P.axiyre petit livre, il n'a JMuais tant fait parler dç lui. Je croyais ce péché ^dejenness^e eiàt^rê poi^ tQUJo^r^. dans la poudre de Toubli, et voilà que "v^us 1^ ;réyeiUez à tout propos pour, en fair.^. les appréciations les plu9 multicolores qiai aient > jaii^9i>9 < accueilli nouvpU^-r publication. JJn JPW^Â 1^. petit yoiume^ j <îst tr^ ppssable, u^a . foi ! : Ip/épui$ûblejJ(içQjiè^té,rifhe$$e dacpuleuf m^veUleusSi expr^smion .twj'pur^ triche, Vers presque, ^xn^fourê- befiu^. vçhpfiffoisnw'estéieuXf queltfmfoiSi sublime, le plus souv(mti pjfdnfddygrâee Hli^Hmmomet^ tows dt force éUmnmt», ; pag^ cdmi^abU^'^ chanta cCtifna^ rare beaui4, /m 'dtai poè% ; ^ic.^ etfx ♦TJ«iiîp€^Ui plus tord, rFous vqi^s accusez d'avoir ^t^ pa^îtiftt ; .tou6^ regrette» .bi$n tous ces compliments, et vous avouer ingénuement avoir été mauvais juge. Enfin, dans votre dernier article, Mes Loisirs ne valent plus rien du tout ; ce ne sont plus que des ^érs sonores, et il m'aurait fallu, dites- vous, y introduire le nom de Basile^ pour y mettre un peu d'esprit. Mauvais moyen, M. Basile ; ceux qui vous ont baptisé reconnaissent aujourd'hui sa complète inefficacité.

Quant à mon petit volume, je vous l'admets une fois pour toutes, M. Basile, ça ne vaut rien ; et vous auriez pu vous épargner toute cette déoriuirolade, pour en arriver à être parfaitement de )i)ou avis là-dessus. En rabâchant toujours la moine rengaine, vous finissez par vous contrt^dire et vous découvrez inutilement vos ficelles. Un peu plus d'habileté, parbleu! ou vous me forcerez de nQ plus discuter avec vous.

Et puis vous n'avez aucun ménagement pour vos lecteurs. Vous nous conseillez de relire vos chapitres sur le Rire des hommes et le Rire de Dieu ! Décidément vous vouiez nous assassiner, M. Basile.

Bt dii% que vous citez lé SiêeU, l'oigne Am libres^pensears ! Mai» toxis le lises donc ! Bt, ce qui jAus est, Irèns le regaordetf comme Tine aùtérité. ...... HorreVkT'! M. Baâile, horreur 1

Ciaches mieux voi ficellei^ encore tine fois.

Je ne yoits citerai pmnt le Siéde, raoi^}^ ne lé lis jamais ; mais je vous mettrai sons les yeux im m^t que le grand philosophe catikolique BalmÉs, semble* avoir écrit expressément pour votre école:

«< Je suis profondément convaincu, dit-il, qu'on **met en danger les intérêts du catholicisme, '^toutes les fois, qu'on l'identifie^ en fSûfiamt son> ^ tfpologie avec une cause politique quelconque. ^

BépOndez à cela, M. Basile ! (#)

Lundi, 4 déoenbre 1871.

(*) H. Roaihier «'«n est bien donné giude.

^VATsnun lœnmB.

Moucher, M. BaaEÎle,

Ali ! par exemple yoxxb êtes trap exigeant. J'ai tout fait pour vous être agréable. J*ai même renoncé aux ligures de rhétorique qui n'ont pas Thonnéur de vous revenir, et voilà que vous voulez me priver du plaisir de vous donner le nom si euplionique que, dans un moment dé prophétique inspiration, votre parrain a cru le plus propre à désigner votre intéressante individualité. En cisla, parait-il, je me rends coupable dMne inconvenante familiarité. Vraiment M. Basile, vous vous autorisez si souvent Ae notre vieille amitié^ pour potir me décocher une foule de petits traits plus ou moins assasins, il me semble que je puis bien ïà*en prévaloir jusqu'au point de vous appeler par votre petit nom. Et puis, vous l'admettrez, ce nom là a je ne sais quel cachet particulier ; il a

comme un parfum de de quelque chose quoi :

enfin il me plait. Basile ! cela en dit si long en quelques lettrés ; cela peint si bien mon homme ! 11 est probable que c'est précisément pour cette riâison-Ià, que ce doux nom vous turlupine tant. Ma foi, tant pis, je n'y puis rien. Je me suis prêté jusqu'ici à presque toutes .vos petites exigences ; tnais sur ce point, — ^inutile pour vous d'y revenir si souvent,— je suis inflexible comme un dieu terme.

Donc, Basile tu as été et Basile tu seras. C'est . plus fort que moi.

Vous n'avez pas le droit de vous plaindre, du reste. Il me semble que je suis accommodant comme pas un. Voyez ! vous m'accusez d'avoir des défauts : je ne le conteste pas : l'Imitation nous enseigne qu'il faut se mépriser soi-même. Vous prétendez que j'ai peu ou point d'esprit : je m'en glorifie en songeant que vous appelez' lé s DupanloTjp, l,es Thiers, lesFavrCj.les Simon, les Pelletan, les Picard, des phraseurs sans science véritable. Vous insinez avec grâce qt^e ma clientèle ne vaut pas la vôtre : je suis d^atit^-i^t mieux dispose à l'admettre que je n'ai Jaiqaais fait là cômbetté au gouvernement pour olbteijLir Ta charge d* avocat delà Couronne pour le district' de ^ampuraska. Vous dites que je n'ai, aucune notion de savoir vivre et de bonne éducation : je ne m'en affecte guère, attendu que je trouve un correctif très-éloquent dans vos Causeries, où vous me donnez le doux nom d'ami presque à chaque ligne. Enfin, vous ajoutez que mes vers ne valent rien : c'est bien triste, mais ie me -console en me rappelant que vous m'avez prié plus d'une fois do corrigf^r jos rotres.'

Convenez cj '. je prends bien les choses, M BasiL^

Ht puis, voyez donc J Vous m'appelez traître^ ma'aé^r, gamin, scapin ; vous me jetez à la figure les mots de niaiseries de mensonsre de police correction' ne lie ; que dis-je, vous êtes assez impitoyable pour m'écraser sous ^l'épilheté horripilante d'exilé chicag-ow/A...ét je ne rétorque pas. Avouez-le, M. Basil^ vous avez rarement * rencontré ' un adversaire, d'ài^ssi bonne composition que moi. *

C^est peut-être ce qui vous a engagé à prévenir le public que notre polémique doit encore durer kois mois, à moins que vous ne l'ayez fait pour

VOUS excuser de mettre quinze jours à répondre à chaculie de mes lettres. Dans tous les cas, je n^ôserais pas, assumer la tâche *de vous suiVre; si longtemps : et cela pour deux raiso^ns. D'abord, je ne suis point payé à tant la ligne, moi ; et puis si je dois juger de vos prochains articles d'après ceux que vous avez déjà publiés, le débat me semble à peu près clos à l'heure qu'il est. En effet, vous avez tout rengainé et tout avalé. Vous n'avez pas maintenu un seul de vos avancés ; vous n'avez pas paré une seule de mes attaques, et dans votre dernier article surtout, vous abandonnez entièrement le terrain sur lequel avait commencé la contestation.

Voyons si la chose n'est pas exacte.

lo Vous m'avez accusé d'irréligion et d'impiété : — rengainé !

2o Vous avez écrit que j'avais diffamé les institutions de mon pays : — rengainé !

3o Vous m'avez taxé de lâcheté pour ne m'être pas enrôlé au service du Pape :--^ngaîné !

4o Vous avez prétendu que les libéraux canadiens qui se disent catholiques sont les hypocrites :

— rengainé !

60 Vous les avez montrés , comme deis tiiiici^iis de l'ordre' et de la reli'gion : — rengainé !

60 Vous avez avancé que j'étais blessé de vos appréciations littéraires, et que vous aviez une lettre pour le prouver: — rengainé !

Voilà M. Basile, le chapitre de vos reculades, passons à celui des pilliiles qu'il vous a fallu digérer :

lo Je vous ai pris en flagrant délit de mesquine

réclame : — avalé ! *

2o Je vous ai accusé de faire le nécessaire auprès

du dêrgé dont les plus hautes autorités vous r^pmdient ouvertement : — avalé !

3o J'ai fait voir le suprême ridicule de votre raisonnement au sujet des grandes questions qui intéressent le pays :— avalé ! , *

4o J'ai montré votre école se servant du crucifix comme d'un marchepied, et du sanctuaire comme d'un tripot : — avalé !

5o J'ai prouvé que, tout en faisant si grande parade^ de vos principes religieux, vous fouliez aux pieds les enseignements de l'Eglise dans vos discussions scandaleuses : — avalé !

•J'en passe et des meilleures.

Vous sentez bien, M. Basile, qu'eu face d'un adversaire do cette force un homme sérieux n'a rien de mieux à faire qu'à cesser toute discussion» à moins que, comme moi, il ne s'amuse à rire des divagations d'un esprit malade qui vous répond Carcasonne, lorsqu'on lui parle Pontoise. Je vous l'ai déjà dit, oji aime à rire, et c'est à cette circonstance que vous êtes redevable de l'attention'qui s'attache à notre petite polémique, et de la complaisance que je mets à vous faire poser.

D'honneur, je vous croyais plus fort, M. Basile. Je m'attendais à des sophimes, à quelque chose enfin ; mais non, rien ! moins que rien !

Des raisonnements de la force de celui-ci,. par exemple : M. Fréchette n'a pas le droit de citéi les auteurs sacrés, lui qui a commis des philippiques oomme la Voix dun Exilé ; et deux longues colonnes pour délayer cette ineffabilité !

YoyoQS M. Basile, tendez les oreilles, et essayez dé comprendre.* En supposant même que j'aurais manqué aux préceptes chrétiens en attaquant politiquement des hommes politiques^ je ne me suis t

jamais fait fort de partet au nom de lateligion, tûoi. Mais vous, M. Basile, quand vous vous pôse^ en modèle de toutes les vertus, en défenseur de f arche d'alliance, éH interprète infaillible de la doctrine évangélique, n'ai-je pas le droit de vous dire que vous méconnaissez cette même doctrine, en éclaboussant à cœur -joie la réputation de votre prochain, et en essayant de faire de la religion la complice de vos haînes injustes et de vos ambitions mesquines ? Comprenez- vous M. Basile, que nous ne sommes pas dans les mêmes conditions • >et qu'en citant les pères de l'Eglise et les évangélistes qui parlent de charité, je n'ai pafi eu la prétention de me donner comme inattaquable sous ce rapport, mais que tout se réduisait à vous dire : Médecin, guéris-toi, toi-même ?

Vous devez saisir la chose M. Basile ; cela me semble assez clair, même pour vous !

A propos de la Voix dun ExiU^ si vous tenez,— comme tout me porte à le croire, — à ce que le Nouveau-Monde la reproduise eirentier, je pourrai vous en adresser la dernière édition, M. Basile, vous y trouverez certaines notes explicatives, appuyées sur des faits de notoriété publique, qui vous édifieront complètement au sujet de certaines choses que vous feignez de ne pas comprendre, telles <iue Tidyle de la Gatineau, par exemple^ Cela pourra en même temps intéresser tout particulièrement les lecteurs du Nouveau- Monde^ ddnt le rédacteur en chef (à cette époque)* était l'un des héros de cette romanesque aventure. Du reste, il y en a pour bien des gens, car la nomenclature est jolie. Les é^logues de Eamouraska n'y figurent pas ; mais qu'à cela ne tienne, je puis ajouter un post-écriptum qui relaterait par exemple les faits

et gestes d'un saint homme que vous connaissex, lequel fut troublé, un soir, dans ses nocturnes et sentimentales œuvres de piété, par des mauvais plaisants qui lui présentèrent un certain vase qui n'est point le pot aux roses. C'est à votre service M. Basile.

Comme vous êtes gauche ausi^i î On dirait que vous ne vous étudiez qu^à me donner des arnies pour vous combattre. Ainsi par exemple, tout en me gratifiant des jolies épithètes que je citais plus haut, vous avez l'aplomb de dire que je glisse sur la pente de t invective ; et à l'appui de cette assertion, vous avancez carrément que je vous ai appliqué le mot de race de vipères. D'abord, vous avez rêvé cela, M. Basile ; mais l'eussé-je fait, qu'auriez-vou« à dire ? N'avez-vous pas écrit cette phrase dans vos Causeries du Dimanche, en parlant de St. Jean- Baptiste :.,.... *Mes Pharisiens baissaient la tête devant ce langage énergique que notre siècle efféminé appelle violent et dont le Christ s'est servi tant de fois, race de vipÊfes, etc.... ? "

Plus loin, vous jurez vos grands dieux, avec un sérieux impayable, que pendant votre élection — en 1867 ! — vous n'avez jamais traité votre adversaire, M. Pelletier, de démolisseur de colonnes et d'assassin de Mgr. Darboy. Elle est bonne la farce ! Mais songez don-c, mon cher M. Basile, qu'à cette époque, Mgr. Darboy se portait fort bien, et la colonne aussi !....Mais vous êtes d'une naïveté incroyable, ou bien vous conspirez contre ma vie : vous avez juré de me faire crever !

Vous niez aussi avoir voulu faire la leçon à Mgr. de Québec, qui a publiquement traité les libéraux comme des catholiques. C'est bien ; j'aime à vous voir, une fois au moins, à la question. Mais dites-

moi, M. Basile, que signifie donc cette phrase que je lis, dans votre pamphlet : " Il ne faut pas cesser de le combattre (le libéralisme en Canada), car de toutes les doctrines subversives c'est la plus spécieuse et la plus insinuante."

Et cette autre : " La nouvelle école qui s'introduit parmi nous, c'est le catholicisme libéral et c'est elle que nous sommes disposés à combattre."

Et encore celle-ci : " Défions-nom de ces tangentes qui conduisent à l'abîme, sous les beaux noms de libéralisme et de catholicisme libéral."

Enfin, n'avez vous pas écrit un chapitre tout entier pour démontrer que les libéraux canadiens, qui forment l'opposition nécessaire à tout gouvernement constitutionnel, sont des disciples de Yoltaire, et que, lorsqu'ils se disent catholiques, c'est pour mieux atteindre leur but qui est de détruire la religion ?

Que donnez-vous à entendre par là? N'est-ce pas exactement comme si vous disiez à Mgr.v de Québec : " Monseigneur, vous invitez des orateurs libéraux à prendre la parole dans une démonstration en faveur du souverain pontife ; c'est une bêtise que vous faites, attendu que ces libéraux sont tous imbus de doctrines voltairiennes ; s'ils font acte de religion, c'est pour mieux cacher leur jeu. Il ne faut pas cesser de les combattre, autrement vous nous conduirez à l'abîme. Vous n'entendez rien à ces choses-là, vous. Monseigneur ; mais c'est moi, Basile Routhier, qui vous le dis."

Mais ce n'est pas là la seule circonstance où vous votis placiez en opposition directe avec votre premier supérieur ecclésiastique ; j'y reviendrai plus bas. En attendant, sachez que vous faites un

ava.Hl^ç.é gratuit. eQ disf^pi,t.qup j'ai repréaeuté. Sa Or^ce Mg^.. rArchéYêquQ de, Québec comm^ un •mi^ po/riict^Her des libéir^iox; j'ai sei:(leixieBt fait ressortir le cput^aste de votre conduite si intolérante avec la sienne qui est toute de conciliation. Mgr. de Qjaébec n'ignore pas, lui, qu'il y a deux espj^pçs d^ libéralisme : le libéralisme religieux qui^Q^t condamné par l'encyclique Quanta cura, et le libéralisme purement politique dont les princîpefii..sont laissés à la libre discussion des hommes.

Etudiez donc un peu, M. Basile, avant d'abordeir les sujets que vous avez la prétention de traiter. Ouvrez les grands auteurs de théologie, le cardinal EeUarmin, par exemple, et vous verrez la différence qu'ils font entre le pouvoir civil et le pouvoir ecclésiastique, dans leur origine et dans leurs attributions :

"D'où suit, dit Bellarmin, une double différence, entre la puissance politique et la puissance ecclésiastique ; lo. Différence du côté du sujets puisque la puissance politique se trouve dans là multitude, et la puissance ecclésiastique dans un homme immédiatement comme dans son sujet ; 2o. Différence du côté de la cause, puisque la puissance politique, considérée généralement, est de droit divin, et en ^particulier, du droit des gens. Tandis que la puissance ecclésiastique, est de toute manière de droit divin, et émane immédiatement de Dieu. " Est-ce assez clair, qu'en dites-vous ?

Et puis, vous n'êtes pas plus véridique en disant que je m'abrite derrière l' Université-Laval.

Non, M. Basile, vous vous trompez ; seulement, j'honore et vénère cette noble institution, tandis que votre école, elle, a déjà plus d'une fois essayé

^e la mordre an talon. Ce n'est pas pins matin qne cela.

Qnânt à ce qui est de m'abriter derrière Mgr« rAi^heyêqne, il n'y a pas de danger qu'on pnisto TOUS repro<5her d'en faire autant, vous qui lui pas» sez devaht te nez, pour aller chercher, pour votre bvre, des approbations épiscopales dans un autre diocèse.

Yous direz peut-être que votre pamphlet a été imprimé à Montréal ; mais personne n'ignore qu'il a d'abord paru dans les journaux de Québec ; et comme vous appartenez à ce diocèse, les lois du bon sens comme celles du savoir-vivre, vous fai* saient un devoir de vous adresser d'abord à MgTr de Québec.

Gomment n'avez- vous pas senti la grossière in* convenance que vous commettiez là ! Ne saves* vous pas que c'est un sanglant souâet que voua avez donné ainsi à la face de votre Archevêque ! Oh ! je sais bien, moi, ce qui vous a empêché de demander son approbation ; c'est que vous saviei que vous ne l'obtiendriez pas. Si je ne dis pas vraii prouvez-le en en publiant une. Je vous défie, en« tendez-vous, je vous défie de l'obtenir ! ^

Si puis que signifie cette longue réclame que vous venez de publier en faveur de l'œuvre Atl père Monnot, quand vous savez que la prédication de cette œuvre jusqu'alors simplement tolérée dans le diocèse, vient d'être expressément suspeaii due par l'Archevêque? N'est-ce pas une autre preuve de votre esprit d'insubordination ?

le veux bien croire que cette œuvre est excel< lente en elle-même, et que la permission de la

* H. Boothief a'a jamais répondv à œ défi.

prêcher n'a été retirée que pour des considérations toutes particulières. Mais est-ce bien à vous de vous faire le juge de ces considérations, et de dire à votre Archevêque : " Vous trouvez, vous^ que. les sommes recueillies pour cette œuvre, ont atteint un chiffre qu'il ne serait pas sage de laisser dépasser ; eh bien,, moi, Basile Routhier, je prétends que vous avez tort; et si vous nous empêchez de prêcher dans la chaire, je prêcherai dans les journaux ! "

Voilà pourtant ce que vous faites, M. Basile.

Mais pourquoi raisonner avec un homme qui regarde l'invention de l'imprimerie comme une œuvre diabolique ; qui blâme tous les progrès modernes comme propageant nécessairement le naturalisfhe ; qui dit que notre ^siècle marche comme une écre visse, et qui affirme que le journalisme est une des plaies de Vhumanité ? *

Le fait est, M. Bazile, que vous n'êtes pas capable de dire un mot sans vous enferrer à faire pitié. Prenez donc le parti de vous taire. Lisez l'Imitation ; vous y trouverez cçtte phrase : " Si les " hommes prenaient autant de ôoin à déraciner les " vices de leur cœur, et à y semer les vertus, qu'ils " s'en donnent à agiter des questions, on ne verrait ** pas tant de maux et de scandale parmi le peuple."

" Un zèle trop ardent, dit le père de Colonia, "mène souvent au delà du but, et fait tomber dans ** l'égarement." Prenez garde M. Basile !

Un mot.de plus. Vous, dites dans votre dernière lettre, avec un air de touchante humilité : " Mes " adversaires en général ont peu d'haleine et ils *Sne vont pas loin. La polémique produit sur

• Voir les Causeries du Dimanche.

** leur cerveau le même effet qu'une machine " pneumatique. Le vide s'y fait. bientôt, et tout à "coup Tair manque."

Il n'y a toujours pas de danger qu'un semblable accident puisse jamais arriver au vôtre : car il n'est pas^ difficile de s'apercevoir qu'il renferme trop de vent pour que l'air y manque jamais !

Mardi, 12 Déoembre, 1871.

cijr^iriniB umrBK.

Houi cb0;( , M. Ba&file,

Si vos instincts n'étaient pas si mauvais, von» me feriez pitié, et j'abandonnerais la discussion par un sentiment d'humanité.

J'ai vu, un 'jour, sur une grande route de la Louisiane, un serpent que la hache d'un passant indigné avait coupé par morceaux. Ohacun de ses tronçons mutilés se tordait convulsivement ; sa gueule jetait une bave sanglante ; son dard impuissant s'agitait encore, et sa dent venimeuse mordait la poussière du chemin. Eh bien, parole d'honneur, tout serpent qu'il était, je le plaignais presque ; et c'est à peu près le sentiment que je viens d'éprouver en lisant votre dernier article.

Vous vous tordez, vous écumez, vous mordez à tout ce vous pouvez mordre ; et, en désespoir de cause, vous vous rejetez sans cesse avec fureur sur mes écrits passés, sans vous douter que vous ennuyez le public à force de répétitions et de divagations interminables. Vous parlez si souvent de mes vers, M. Basile, que je commence à croire que vous voudriez m^'amener à parler des vôtres. Mais soyez tranquille là-dessus; votre troisième prix ne m'a pas rendu envieux, et votre gloire ne m'ofiusque pas. Le seul mal que je vous souhaite, c'est que vous en écriviez de meilleurs et j'en serai heureux. *

Tout en parlant de mes écrits, et en les sassaat et ressassant à l'infini, vous essayez d'y trouver la

pieuYiB que voiis êtes justifiable de m'avoir taxé ^'irréligion et de m'avoir montré comme un diffa^ iQiiatei{ir des institutions de mon pays. Il faut voir Tar^^umentation ! Ma foi, si vous continuez, vous allez inventer un nouveau mode de raisonnement auquel on donnera votre nom : cela s'appellera de la logique à la Basile !

D'abord, pour prouver que j'ai diffamé les instituions de mon pays, vous citez les v^rs que j'écrivais pendant mon séjour aux Etats-Unis, 'contre nos miaistres et contre quelques-uns des hommes flétris dont ils s'entouraient.

C'est cela même ; on voit cela d'ici : Paul Denis,

J. B. Daoust, des Institutions ! ! !. Il ne manquait

plus que cela.

Quant à Messieurs Cartier, Chauveau, Ouimet et autres, je ne crois pas que même leurs admirateurs les plus fervents,. aient encore songé à les mettre au rang àHnstitutions nationales. Il n'y a que vous qui puissiez avoir une pareille idée. Je ne désespère pas de vous les voir bientôt transformer en monuments publics si cela paye.

Basile, va !

Mais passons au plus sérieux ; à la question de^ religion.

Ça, par exemple, c'est à encadrer ; cela vaut soîi pesant de sucre d'orge. Tenons-nous bien.

Je ne puis plus être catholique, paraît-il, attendu que je ne suis point monarchiftte, que je suis con* tre les j^riviléges de castes, que je suis démocrate enfin ! C'est plus mal écrit que cela sans doute, mids ça y est.

Bien, M. Basile ! vous avez toute ma reconnais* sance. Je suis heureux que vous me donniez l'occasion de prouver, une fois pour toutes, votre

ignorance crasse à l'endroit de la doctrine catholique dans ses rapports avec les gouvernement-s ciTils. Il y a assez longtemps que vous et votre école essayez de faire croire au peuple que le mot république est synonyme d'hérésie ; que la démocratie est une impiété, et que le système monarchique est la seule forme de gouvernement autorisée par l'Eglise. Vous allez avaler la coupe jus- ^ qu'à la lie. Je ne m'amuserai pas à raisonner la chose avec vous, M. Basile ; je vous l'ai déjà dit : la logique la plus simple n'a aucune prise sur * votre carapace. C'est avec les propres paroles des auteurs catholiques les plus en renom, des théologiens les plus orthodoxes, que je veux vous con- ' fondre. '

Citons le cardinal Bellarmin, d'abord :

" Remarquez, dit-il, que les formes du gouver-

* nement, en particulier, sont du droit des gens,

* non du droit naturel ; puisqu'il dépend entière- ' rement de la multitiule de constituer au-dessus

* d'elle-même un roi, des consuls ou des magistrats ;

* et moyennant une cause légitime, la multitude

* peut changer une royavté en aristocratie^ ou en démo' \

* crafie, et vice versa. " j Est-ce assez révolutionnaire cela, M. Basile ? J^

Excommunié, Bellarmin ! |

y oyons maintenant ce que dit l'immortel Saavedra :

'' Comme la puissance, dit-il, ne put rester ré- " pandue dans tout le corps du peuple, à cause de " la confusion qui aurait régné dans les résolutions "et l'exécution; comme il fallait nécessairemeht " qu'il y eût quelqu'un qui commandât et quel- " qu'un qui obéît, on se dépouilla de la puissance, " on la déposa en un seul, ou en un petit nombre,

** ou en un grand nombre ; c'est-à-dire en Tune " des trois formes de toute république, la monar- " chie, raristocratie ou la démocratie. "

Saavedra est-il un impie, M. Basile ?

Consultons maintenant Suarez :

** La puissance civile, dit-il, toutes les fois ** qu'on la trouve en un homme ou en un prince " est émanée, de droit légitime et ordinaire, du ** peuple^ et de la com7nunf{uté, soit prochainement " soit d'une façon plus éloignée ; et pour qu^elle " soit fuste, an ne peut l^ivoij'. autrement /"

Est-ce assez démocratique cela, M. Basile?

Excommunié, Suarez !

Daniel Ooncina, dans sa théologie chrétienne dogmatico-morale, publiée à Rome en 1768, dit en propres termes :

" La puissance qui réside dans le prince, dans " le roi, ou en plusieurs, soit nobles, soit plébéiens ** émane de la communauté elle-même^ prochainement ** ou d'une manière éloignée ; car cette puissance

" ne vient point immédiatement de Dieu Ainsi

** nous tenons pour l'ausse l'opinion qui affirme ** que Dieu confère ihimédiatement et prochainement •* cette puissance au roi, au prince, à \\n chef quel- " conque du gouvernement suprêmo, l r exclusion ** du consentement tacite ou exprès de la i^'ptfbh'nue, "

Est-ce assez républicain cela M. Ba^i.-^ ? Excommunié, Concina !

Passons à Billuart :

" Cette puissance de Dieu réside dans la commit' ** nauté immédiatement et de droit naturel ; mais elle ** ne réside dans les rois et les autres gouvernants ** que mêdiatement et de droit humain."

Est-ce assez démagogique cela, M, l'asile ? Excommunié, Billuart !

'Mais ce n^eèt pas tout; le Compendtum de Salikmanque s'exprime ainsi :

" Tous afiSirment que les princes reçoivent de " Dieu leur puissance ; cependant, on dit avec " plus de vérité, qu'ils ne la reçoivent pas immê' ** diaiemenU mais moyennant le consentement du peuple^ . " car tous les liommes sont égaux en nature, et, par " la nature, il n'y a ni supérieur ni inférieur."

Est-ce assez subversif cela, M. Basile? Ne vous semble-t-il pas entendre pétiller le pétrole ?

Continuons encore. Que dit Busenbaum dans sa théologie morale, augmentée par St. Alphonse de Ligori :

" Le pouvoir de faire des lois, dit-il, appartient " à la communauté des hommes^ laquelle le transfère à " un ou à plusieurs, afin que ceux-ci gouvernent la " communauté elle-même. "

Excommunié Busenbaum ! Excommunié St. Alphonse de Liguori !

Ouvrons maintenant St. Thomas d'Aquin :

" L'autorité, dit-il, a été introduite par le droit ** des gens qui est le droit fti/wam."

Le savant docteur enseigne expressément la même chose en plusieurs endroits : 1, 2, Quest. 90^ art. 8 ad 2; et Quest. 97, art. 3 ad 3. Excommunié, St. Thomas d'Aquin !

Dans son Traité des Lois, qui date du 1er tiers du dernier siècle, le cardinal Gotti énoncé la mêVne opinion comme préalablement admise, sans s'arrêter à. la confirmer. Excommunié, le cardinal Gotti !

Je pourrais citer encore :

Mariana, {De Lege.)

Dominiqut^ Soto, (Lib. I, Quest. 18, art. 3.)

Ledesma, (2e part., Quest. 18, art. 8.)

GoyarmviàB, (in Pract., cap. ï); et une iniinité d'autres théologiens dont les doctrines, tout aussi démocratiques, font autorité dans l'Eglise.

Et dire que vous excommuniez toutes ces braves

gens-là d'un trait de plume O Basile ! Quand

je vous disais que vous * délogeriez les saints du Paradis, si cela payait f

Voyons, soyez franc pour une fois. Ces autorités sont-elles sufl5.santes pour vous convaincre qu on peut être autre chose que royaliste tout en testant catholique ? Ces ^citations en disent-elles assez pour vous prouver que vous ne faites qu'exhiber votre ignorance lorsque vous représentez la religion comme nécessairement liée au monarchisme, et que vous me calomniez effrontément lorsque vous m'accusez d'impiété sous prétexte que je suis démocrate ?

Mais rappelez-vous donc, vous qui citez la bible à propos d'Annexion, que si Dieu a donné un roi au peuple hébreux, l'Ecriture dit expressément que c'était pour le punir de ses prévarications.

Tenez, M. Basile, étudiez ! vous n'êtes qu'à l'a b c de ces questions-là. En attendant, je vous dirai avec Balmès : .

" Si vous vous obstinez à prêter au droit divin. *' un* sens étrange qui n'est point le sien, présentear- " moi un texte de ï'Ecriture-Sainte, un monument '' des traditions reconnues comme articles de foi *' dans l'Eglise catholique, une décision des con- ** ciles ou dçs pontifes, qui démontre que votre " interprétation est fondée. Jusqu'à cette démons* " tration, j'aurai le droit de dire que vous imputez '^ au Catholicisme des doctrines qu'il ne professe '* pas, de? dogmes qu'il ne reconnaît pas. "

Une autre preuve que je suis un hérétique,.

paraît-il, c'est que j'ai diflFéré d'opinion avec une partie du clergé au sujet de la Confédération. Je répondrai à cela, M. Basile, quand vous m'aurez démontré que chaque curé est infaillible ; que la religion nous défend de différer d'opinion avec un prêtre en politique, ou tout au moins, que le clergé était unanime à approuver ce changement ra^cal de constitution, sans appel au peuple.

Du reste, dans le cas même où j'aurais manqué sur ce point, ce n'est pas à vous de me le reprocher, M. Basile ! Croyez- vous qu'on ignore en haut lieu quel est l'auteur des diatribes insolentes que la Gazette des Campag?ies a publiées contre les autorités religieuses du Diocèse ?

Toujours pris dans vos propres pièges pauvre Basile!

Il paraît que vous avez encore sur le cœur ce que j'ai dit de vos écrits sUr les Etats-Unis. Le fait est que c'était coriace ; mais pourquoi diable vous mettez-vous toujours le doigt dans l'œil? Vous écrivez à tort et à travers sur le compte des Américains; vous entassez à leur sujet, dans des colonnes de ;*' urnaux, les plus ébouriffantes platitudes qui puissent germer dans une cervelle dé- Ij traquée ; et puis vous. venez après cela nous avouer

tout naïvement que vous n'aviez jamais visité leur pays; vous ouvrez les yeux grands comme des piastres en vous apercevant qu'il y a des plaines dans l'Ouest ; vous êtes tout ébahi de trouver Pittsburgh un peu plus grand que Trois-Rivières ; vous tombez des nues en voyant des sujets religieux dans les sculptures du capitole, vous admettez ingénument, à Chicago, que vous avez eu jusqu'à présent des idées fauslses au sujet des Etats- Unis, et— rsublime du genre ! — vous confessez que

YODS n'ayez pas encore lu la vie de Wanhiiigtou.-..-,

Basilev Basile, Basile! . ;

Quant au Mire de Dieu et au Rire des homm^ Y^usvpouves^ y tenir tant que vous \ oudrez ; je n6i tienfi pas plus à en faire voir Je ridicule, qu'à dé? montrer que vous êtes plus Basile que jamaU lorsque vous tirez gloire de ce jque vous n'avez perdu votre élection que par 40 voix, contre un jeune homme comme vous, dans \\i\ comté où vous aviez en votre faveur toutes les injluences d^ gouvernement et des faux billets de banqae ; tandis que j'ai perdu la mienne par 300 voix, dans un eomté bea¥icoup plus populeux, quand le gpuver» nement, les chemins de fer et les grandes compa* gnies commerciales ei^ployaient des sommes i'abii« leuses et même la coercition pour faire triompher mon adversaire, qui avait eu outre tous les avan* tajges que donnent une haute position et une poput larité cultivée depuis vingt ans Au reste, pour mi homme qui méprise tant l'opinion populaire, J0 trouve assez extraordinaire que vous vous incliniez ainsi idevant le Vox Pofmld

Tenez, M. Basile,' je lisais dans VOpin.lon Piiblique de la semaine dernière, \viiQ peiutu: e si vraie devons et de votre '(^ facile ^ que je ne pnis^ m'enpêcher d'en faire deux courts extraits, Le premiej; est de la plume de M. Mo naseau, nu conservateur bien connu : •

" Tous les honnêtes gens, dit-il, sont profondément dégoûtés du rôle odieux joué par de jeune» ambitieux qui, pour faire leur petit bonhomme da chemin, cherchent à se rendro indispensables dans la sacristie -en iwrigénani len é^éques et en jetant de la boue à la figure de journalistes catholiques qui 8<»it%au moins leurs égaux sinon lejurs supérieurs

à tous les points de vue. Que ne combattent-ils l'impiété ? Non ; ils aiment mieux aigtif^ 'des jeunes ^em respectables, qui ne demandent qui! à marcher $inr (ièrement dans les rangs de là grande armée religieuse. Ils se croient de taille à saurèr seuls Tautel , et ne ■feulent pas d'associés. Ces' jeunes missionnaires èroient qu'il est de bonne politique de donner du "fiston à tous ceux qui pourraient leur aidçr." ^ Le second porte 'pour sigTï«ture le pseudonyme Ké' Balsamo: -.s

*' "Dunidm^nt, dit l'autè^ir, que l'opinéon publi- 4toe et la réputation des» honnêtes» gen€| sont livrés à'-ees éiergiimèneé 'qui <erôieiïi iqufe' tout leui^est jtermis pOUrî^a^ gloire de leur fausse' religion; il n'y & pltis de ' limités • è Feragération, à Tinvraisem- Blâtuce^et même 'à' Iti màihon<nêteté.'N'y »ura-t-il jftfe une réaction puissante dans > le pays pour jÉéttre un tertoe au^uègnedecette^ démagogie reli- ^eusë beaucoup' pius y^angereuise encore queia démagogie politique ?" - ■> •

'^'Oui, heureusemeilt, M. Piaille; cotte réaction ^se fait.. Quand on voit, comine il y a i quelques jours, dans un ba\iquet ^en Thonneui' de l'Immaculée Conception, à lamême table que notre Archevêque, deux candidats qui, aux élections dernières, étaient i*ep*éseiatés par vos journaux ^t par certains prêtreisf dé votre école, comme des apostate^ des garibaldiens, des pétroleurs, des communistes et des complices de l'assiassinat de Mgr. < Dairboy,-^run d'eux a été tout particulièrement difiàmé par -^us, — on peut avoir espérance dans l'avenir. Le i^gner du cagotisme est fini ; c^est le tour des honnêtes gens et des catholiques sincères, queUes que j^ent leurs conviotisoôB politiques, .'i « f Tiénsy mais vous ^pariez anglais atissi, Mi Basile !

Vous avez écrit what is that sans une seule faute d'orthographe ; certes, ce n'est pas n\al du tout!! Eh bien, moi, j'ai une chose à vous dire, et je ytm vous la dire en bon -ftançads; M.- Basile :

Vous m'avez encore, dans votre dernier articli^ jeté le mot de lâcheté à, la, figure; or, je sais cm vous voudriez m'âmener avec cette tactique d'e»- , cobar, et voilà pourquoi je ne vous demanderii point ce qu'on se demande en : pareil cas «tntas hommes de bon ton.* Aussi bien, je n^e rappelle ce qu'un grand poèt^^à dit de ces gouro^ilistes iss^ rol>e courte qui se retrianchenfc derrière leurs pri»ci|)es pour insulter les honnêtes gens im^pun^ ment: ■• .'••■ i : : •■.• - -..■■ . .i--.

' ..,..'. Qiiaud on va chez eèk poiir cHerchèi: leftrs- breilKs,

Leari^ oreiUes ny sont jamais I ...-,' -,

^e VOUS y fie^ pai^ ti'op cépéhdant,. M. Basile; car si la mesure devenait cotoble, je pouti*ais bi«i trouver quelque jour sous' ma main l^'instrumeiA que tout gentilhomme a à sa dîspk^sitiôh' lorsqu'i s'stgit de châtier un maùant. •

Teaez-voùs le ji>our dit, M. Basile.

Lundi, 1 8 décembre 1871.

aUlSKE I^BTTmB,

Mon cher M. Basile,

Vous êtes né 8ous une mauvaise étoile ; tout le inonde conspire un peu. contre vous. Aussi, vous pleurnichez, vous faites la lippe, vous vous tournez lie tout côté pour chercher des sympathies ^ ^t lersque vous n'apercevez autour de vous que des sourires sarcastiques et moqueurs, vous vous écriez du ton que prennent les moutards quand ils vous menacent de le dire à maman : '^ M. Fréchette n'est pas le seul à m'en vouloir ; toute la presse vottoifiemne $t libérale est liguée contre

moi ! " Pourquoi ne pas dire de suite tous les

ennemis de Dieu^ M. Basile ? C'est évidemment

ce que vous aviez dans la pensée ; dites-le allez ; ne vous gênez pas, vous en avez dit de pires.

Une chose vous a surtout agacé les nerfs. C'est la comparaison que Y Opinion Publique fait de mes articles avec ceux de Villemot Cela vous indigne, vous exaspère, vous surmonte. Vous citez quelques lignes de moi, et prenant votre pose à effet, vous intimez l'ordre kV Opinion Publique de " déclarer sur la foi de Fhonneur, si c'est là écrire comme Villemot ! " Voyons, M. Basile, calmez-vous. Je conçois que vous eussiez préféré que le compliment s'adressât aux Causeries du Dimanche ; mais c'est votre faute aussi. Pourquoi m'avez- vous comparé vous-même à M. de Lamartine ? Vous avez donné mauvais exemple aux autres, M. Basile ; subissez- . en les conséquences.

— saisi je ne connaissais mon Basile à fond, le commencement de Totre article du 15 'm'aurait intrigné, ou plutôt j^aurais soupçonné le typographe de vous avoir joué Ttn toâuvrfs'tour. Je cite mot pour mot :

" Mes Causeries du Dimanche lui servtot toujours ** de tître, (juoiqu*il n'en soit plus question dépuis " longtemps. Il est évident que M. Vrééhettei veut ** changer de terrain. Il fait des efforts inouïs» '^WM^r " ni entraîner loin de la Voix ttun Exitë, "

Comprenne qui pourra. Pour moi, M. Basile, je comprends une chose, c'est que notre polétniqiie vous a tellement bouleversé le cerveau, que tous ne savez plus du tout ce que vous dites. Je n*fessaie pas de réfuter : la logique à la Basile, vous savez, on ne raisonne pas avec cela; on repi*oduit, voilà tout.

Vous avez Un tic douloureux, M. Basile. Oe tic tient même du rhuinatisttte ; îl change de place. Autrefois c'étaient Mes Loisirs qui Vous faiss^ient trépigner ; maintenant c'est la Voix d^un Easifé. On a beau vous parler d'autre chose, tâcher àé vous distraire, impossible. La Voix d!un Exilé, vous ne voyez plus que cela, vous ne parlez plus que de cela. C'est plus qu'un tic, c'est une manie. 'Tous disséquez chaque phrase ; vous examinez chaque mot à la loupe. Parfois* c'est pour y trouver des blasphèmes ;— j'ai fait voir dans ma dernière lettre la façon adroite dont vous y parvenez; — le plus souvent, c'est pour y découvrir une expression trop virulente, une peinture trop réelle, une diJB[amation quelconque.

" Quand on est poète et gentilhomme, dites- ** vous, dans vos Cameries, il y a des expressions "dont la crudité doit révolter, et qui doivent être

*^laii^ç/^f^ a»jZ pois69.rdes. . Quelle que soit la haîne •^ qui .4^)>ar[le du cçeur, il y a des injures, des ^n- .•*TreQtiYf.s qui appartiennent au bourbier, et qui • ne doivent pas sortir de la bouche d'un homme ffJ)i^n élevé.!' ^

, jtl y. a de , rudes choses dans la Voix dCun Exilée «îestvrai, M.Basile. La phrase n'y est pas toujours musquée ; 4^. Y^^s ^^ s'y présente pas toujours, en gants blancs. Enfin, ce n'est point de la poésie de aalon^^t^eiiie le contesterai pas,-r-c'est peut-être viauvai^ genre. Mais que youlez-vous, M. Basile, 4ans pon indignation contre les gens de votre espèce, si j'ai ouvert le vocabulaire des poissardes, «Test que je l'ai trouvé entre les mains de M. Teuillot, votre illustre maître, le type du gentilhommey celui que vous proclamez être, qtéant à la forme, le premier écrivain de son temps»

Vous n'avez probablement pas lu M. Veuillot plus que, les autres auteurs que je vous ai déjà cités ; eh bien, moi qui le lis quelquefois, je vais TGUS faire connaître un peu sa manière. Vous me durez si la Voix dun Exilé n'est pas un modèle de «ansuétude et de bon ton, conjparée au Satyres et anx Cotdeuvres du grand défenseur de l'arche f alliance.

Voulez- vous des expressions à l'eau de rose ? Bcoutez :

' Peuples en train de pourrir, — mordre des •• fanges, — chant de la peste et de la pourriture, — •*ce que. dit l'ulcère sur les corps dévorés, — odeur, "de gros vices, — ^pain des anges vomi des •• chiens ! " etc.

Youlez-vous savoir comment M. Veuillot, traite adversaires, lisez ; je cueille au hasard :

Cuistres, valetaille, faquins, reîtres, ribauds,

^* crapauds-yolaBtSj ( bourriches, bêtes,: vauriens, ** singes,' coK^fUilis, bélîtres,-^ bavards, oisons, char- " latans, vantaî'Jîs " htitlé^rs; càroglies, gueux *' insolents, canaille, chenapans, bandits, pillards, " chacals, goujats, pirates, montres, avortons, " bâtards, égorgeurs, scélérats, vampires, renégats, " porcs, gorilles, taureaux, Vipères, assassins !"

Voulez-vous de gracieuses images, du style d'homme bien élevé ? Pineez-vous le nez :

—Pied-plat ! quis n'esta né. dans t» Sparte «1 chère ! BÀti comme tu l'es, plein de honte, ton père •Faurait fait disparaître an/ond du lieu êecteM

-^ans hlâmer son amour pour sa mère Cybèle, J'estime qu'il se grise à lui prendre le pis.

— . . . , Nous voyons sur la scène

Ignoble et vomissant, le chœur de ces sa'lls.

— Cynique, lâche et tout fumwit , De vin, d'otguell et de vÎMide.

— "iS^Xs pressé de produire, il cherche encore sa forme ; fl craque et ne peut pondre., TJu sage intçrroçé , Lui dit : Faifi. , . (un mot 6a^), tu seras soulagé.

Voulez-vous du style " troussé " par le premier

écrivain de son temps, quant à Informe : . ?

Le beau, Finoche d'ordinaire Va sécrétant son petit lait. '

Il n'a ni style ni stylet,

Nature, eauf Pair pistoUtf ' j

L'a d'un esprit tout débonnaire Troussé !

Voulez^vous de ces vers où la chasteté de l'expression le dispute à la délicatesse de la pensée ? Il n'y a que l'embarras du choix :

Quand je voyais la gloire >^

Comme une fille immonde aux bras des polissons, >

'^AjLé dandjr j^réfénmt' la cnufte à la dîMtte^ Loi vend, av0o «on nom^ les r$èièê'de Fri^iU.* . . Xj€ êir0 €êt éreifUé ; êaurop^^. faire 9m^kê f ^ '

•M^ui lar^ra Ib corps do la prostituée f

*-Un jtur que vous twrttiez, la iWse Fit voir T^tre jambe bi«n piise ; Cette jambe prit un Uon . . .

Mf.

-^ans kiépriser à fond qiiel^ties reâies d1ip{Mi8,

Elle maintient ges droit? au ritng de rierg« $age t • • ; Pour le monde et pour Dieu, son âme et son corsage,

Tout est réglé comme nn compas .

— . . . . Pétrarque, sans retards, Peupla Carpentras de bâtards.

— Pondu dans l'ombre, en débarras, Par tnademoiselle, sa mère

'limite à ton lit les escrocs

Et des Titis toujours plus sales

Va, gueuse, etprênds-en à mourtr^ ' Et qu'on te voie enfin pourrir Dans tes ordures colossales I

C'est la première fois, M. Basile, que ce (jue vous appelez /^ Tîielle de YEvéfiemenf, donne asile à de pareilles ordures ;^et moi, le ituiZ ^^«t)^, le libéral^ Vimpie, j*ai rougi en transcrivant ces infamies qld ont pourtant été écrites et signées parle chef de votre école, et cela il n'y a pas encore cinq ans. Cependant malgré tonte ma répugnance à pêcher dans un pareil bourbier, il m'a bien fallu le faire afin de montrer au public ce qui se cache sous vos capuchons de faux moin es Osez m aintenant parler de la Voix d!un Exilé, et dire que j'emprunte mon Éityle au vocabulaire dés poissardes !

Tenez, mon cher Basile, finissons-en avec la Vùix âtun Exilé. Voulez-vous savoir toute ma pensée ? Je vous dirai avec M. Veuilloi : ** J'ai écrit comme

J'ai senti ; je ueia'^^cCiUse pine m'excuse de ramer* tnme^lé mes expreAsioa^/' S€»uiement j'avouerai 'que cette satyre était' beaucoup plus dirigée .contre votre école hypocrite, envieuse et Ber vite, .ftue €otit]ie le parti purement politwjue qu'on appelle conservateur. , Jén^ailait aucune diatinction, car vous étiez in tixaemeui liés alors. Maii^ aujourd'hui quje œ parti vous répudie ouvertement, il gagne immensément dans mon estime, et si J'avais à l'apprécier dé nouveau, je n^ manquerais pas, M. Basile, de faire une distinction qui ne serait pas en votre faveur, je vous raflS.rme.

Cher saint homme, doux chrétien, charitable apôtre, comme vous savez bien tronquer une phrase, retrancher une ligne, falsifier une idée, • pour faire croir,e à ceux qui ne m'oi t pas lu, que j'ai sanctionné l'assassinat politique, à propos de la mort de M. McQ-ee, et que j'ai engi^é le peuple à ne pas s'arrêter là ! Je vais reproduire au long le passage que vous défigurez si perfidement, en sotdignant ce que a'Ous avez retranché ; les lecteurs jugeront jusqu'à quel point les maints de votre acabit peuvent être considérés, comme d'honuetes gens :

Pourtant otibliem to^it quand le coupable tumbe

Que dië^e^ ccmvrûnà-ftoM le front d'un doudle deuil ; AprU avoir pleuré sa vertu dans la tomhe^ Pleurons s*ir son propre cercueil t

Tu viens donc de fmpper ta première^yictime, ' penpld I et qui peut dire oH tu f arrêter as f Le e«atM/ait giisser sur la^pente du oroev, Et le gouffre est béant au bas I

AnêtCj pst^plel. .... et vous, vous tissez vos suaires, Aveugles oppresseu-rs que Von paii à prix dfor ! Quand donc cesserfiZ'Vous^ imprudents bslluaireSy De larder le lion qui dort ?

I ffâtez'vous l conjurez Vorage populain /......

Cette citation est pins éloquente que tous Iqs 'coiiiinentaJTesv Votre oalbitfnièMest-elle assez éTidente, ô fervent prêcheur ?''TTn autre que vops aurait honte, M. Basile. ^/f i

Quant à mon apprééiatibn de IVIto^w M. McGtee, il me semblé qu'elle est beaucoup plus flatteuse encore ^qtie celle qu'en faisaôt Vùnmyttd M. Cartier, lorsqu'il ' i*appelait chien pUant ' {stinking^ dog) en pleini psiflement. J'ai refndu justice au^ talent de l'orateur, du poète et de l'homme^d'Btat, en dipant:

Son torew était sculpté potir les graùds piédesTanx ;

Et puis si, (Jevant sa mort tragique, je n'ai pu me résoudre à jeter un voile sur sa trahison, je n'ai jamais porté l'irrévérence jusqu'au point d'écrire ce que votre M. Veuillot écrivait sur le c^cueil d'un de ses adversâi];es politiques : ^

j Tmître à son roi, traître à son sang/ Traître à l'honneur humain, traître à la foi chrétienne,

Moius homme q}i^ animal paissant.

Moins animal èncor qxxe fumier croupissant^ ■

Indigne d'avoir fiace humaine, ^ ' ^

Gorgé de Pot abjabt d'un traître plus puissant. Par le diable écrasé dans la fange en passaifty Ce seigneur a crevé comme une outre trop pkâne.

Avalez encore celle-là, M. Basile ; et si cela ne €ufit pas, je suis prêt à vous en servir de ce genrelà ad infivdtum, A force de vous, éborgner avec les pointes que vous essayez de me lancer, vous finirez bien par ne plus voir clair duvtout, et vous me laisserez tranquille. En attendant, je taperai jusqu'à ce que vous soyez aplati comme une punaise. J'ai fait vœu de vous y faire songer à deux fois avant d'attaquer les autres ; et vous verrez si je sais tenir parole, M. Basile ?

Pour aujourd'hui, continuons. ,

^e vous avais prié de me dire, ce me semble, si nous devions voir le doigt de la Providence dèàis la lettre ahoiiyme que M. le curé de St. Pasclîal avait reçue d'un saint homme de votre connussance. Au lieu de répondre à ma question, vous vous écriez gauchement comme le inài*mot ifui s'accuse en voulant s'excuser : " Ce n'eist pas ihoi ! ce n'est pas moi !" • j

Mais qui a dit que c'était vous ? Ést-cé qu'on lie peut plus parler d'un saint homme sans que vous preniez la chose pour vous maintenant ? L' orgueil vous perdra, M. Basile. C'est déjà assez, croyëzmoi, de vous donner pour un saint, sans vouloir monopoliser les huit béatitudes pour vous tout seul. Soyez plus raisonnable.

Cependant, votre dénégation ré.pond indirecftement à ma question, car si ce n'est pas vous, il y a certainement du surnaturel dans cette àïBFaire, et voici pourquoi : ' Un jour, vous avez remis ilne lettre à un certain postillon. Le hasard...... non,

la fatalité allons donc, la Providence, veux-je

dire, permit que cette lettre fut la seule qui 'se trouvât dans la malle de St. Paschal. Dans cette lettre, qui n'était pas signée, le révérend M. Patry était traité d'apostat, de renégat, etc. — Style Veuillot. Si cette lettre ne vient pas de vous, et que vous ne teniez pas à nous faire croire à quelque gaucherie de la Providence, vous avez un excellent moyen de vous justifier, M. Basile. Voyez comme je suis accommodant; montrez-nous seulement une lettre du Eévérend M. Patry, déclarant qu'il n'a aucune preuve positive que vous lui ayez jamais écrit de lettre anonyme, et je me rétracte. Vous voyez que je vous accorde plus que le bénéfice du doute.

Mais vous ne pouvez obtenir cette lettre, entendez-vous : c'est là le troisième défi que je vous lance depuis le commencement de notre discussion et vous allez faire encore le mort comme d'habitude. Car il faut noter que vous avez abandonné depuis quelque temps la tactique des chasses-croisés. Vous faites le mort. Mais c'est bien inutile, allez ; ce moyen-là ne vous réussira pas plus que l'autre. On connaît son Basile. (1)

Quant aux faux billets de banque, j^ai dit qu'ils avaient été jtnis en circulation par vos agents électoraux ; quand vous aurai nié le fait sans échappatoire, je prouverai. (2)

Passons à une autre dénégation. Il est heureux que vous ayez compris que vous commettiez une pyramidale naïveté,en niant emphatiquement avoir jamais accusé M. Pelletier d'avoir démoli la colonne Vendôme et fusillé Mgr. Darboy, en 1868 1 Aussi vous ne vous attachez plus maintenant qu'aux autres membres de la phrase ; c'est-à-dire que vous niez avoir appelé M. Pelletier commissaire de Satan et vous être comparé à Mgr. Affre. Mais vous êtes encore plus Basile que je ne croyais, ou bien vous êtes comme cea? grands coupables qui ne

(1) Bien que X> Routhier ait affirmé aroir cette lettre entre les mains, il a refusé de la publier. D'un autre côté, Je sais, de soiirce authentique, qa'il a eu, en décembre, une entrevue avec M. le curé Patry, et l'a supplié, les Inrmes aux, yeux, de le tirer du mauvais pas où il se trouvait, et que M. Patry lui a réponds qu'il ne pouvait faire un mensonge pour lui foire plaisir ; qu'il ne lui gardait pas rancune ; mais qu'il avait des preuves irrécusables de sa culpabilité. M. Patry est prêt à témoigner de ceci, privément, à quiconque voudra s'informer de la chose auprès de lui. En lisant la lettre que M. Patry lui écrivit à ce sujet, en date du 15 décembre, M. Routhier a dit, en présence de M. Daniel Hatton, de Kamonraska, que M. le curé de St. Paschal était une sacrée canaiUef style Veuillot.

(2) M. Routhier n'est jamais revena sur ce sujet. .

61 — Toient que des accasateui'B partout; qui tremblent au bruit des feuilles, et qu'un regard scrutateur

4ldéconcerte. Ce n'est pas ina faute, si vous ne corapienez pas le français, mon cher M. Basile. Personne n'ignore, par exemple, ce q\ie j'ai voulu dire en parlant de " la viande le vendredi," de la " contrebande du vin de messe" et" de " l'idyle de la Gi-atineau," Je n'irai pas ennuyer le public en vous donnant d'interminables explications pour vous seul. La moindre chose, ce me semble, qu'on puisse exiger d'un adversaire, c'est au moins assez d'intelligence pour comprendre ce queparl«r veut dire. Il y a longtemps qu'un autre moins patient que moi, vous aurait dit ce que M. de Talleyrand disait un jour à quelqu'un qui ne voulait rien comprendre : " Vous êtes un imbécile, comprenez-vous ? "

A Dieu ne plaise que j'aie cette opinion-là de TOUS cependant, M. Basile ; car, bien que vous ne saisissiez pas toujours très-facilement ce qu'on vous donne à entendre, vows avez d'autres facultés qui compensent amplement : celle de faire des distinctions subtiles, par exemple. Et en voici une qui méritecertainementtoutenotreatte'ition : Les ■ libéraux canadiens, sont des ennemis de la religion et de la société, c'est entendu ; mais il 'le faut pas les confondre avec les simples oppositicûstes qui eux peuvent être de fort bons sujets. Voilà qui est bon à constater, et qui m'explique bien des choses. Je vois mainteQant que c'est en vflïtu de

■ c^tre heureuse distinction q ue tous les transfuges politiques qui se sojit ralliés à M. Cartier, de brigands infâmes qu'ils étaient, sont tombés tout à coup en odeur de sainteté. Ainsi G-eo. Brown, Datcy McQ^e, P. G-. Huot, A. Tourangeau, J. 0-.

Blanchet, J. P. Rhéaume, etc., n'ont jamais été littéraux : c'était par erreur qu'il s'appelaient ainsi eu^ -mêmes ; ils n'étaient qxHoppositiomstes, ce qui

n'est pas du tout la même chose! Basile,

cher M. Basile, charmant M. Basile, vous êtes " le

pl^s beau jour de ma vie ...."seulement

j'aimerais, — et beaucoup d'autres aussi, sans doute, — connaître, parmi nos représentants, par exemple, ceux que l'on doit considérer comme des libéraux, c'est-à-dire des impies, et ceux qui ne sont qu'a;:?- ' po^itionistes. Faites nous donc uiie petite liste à cet efliet, M. Basile. Cela simplifierait bien des choses, vous comprenez ; et puis cela est très-important, pi^isqu'il s'agit du salut de nos âmes.

Parions que vous allez faire le mort là-dessus au6si !

J'aurais beaucoup d'autres choses à vous dire, M^ Bazile ; mais comme ma lettre est déjà longue, et que nous sommes à la veille du jour de l'an, je gar4e cela pour vos é/r^/2/i€S.

Eu terminant, permettez-moi de vous demander si vous avez médité assez longtemps sur les paroles de Balmès que je vous ai citées il y a trois semaines, et dans lesquelles le grand philosophe disait qu'on faisait tort au catholicisme en l'identifiant avec une cause politique quelconque. Il me semble que je: vous avais demandé votre avis là-dessus, M. B^ile.

J'attends. (^)

Mercredi 27 Héoembre, 1871.

(*) J'ai attendu en vain.

éBPTlEMB I^irfTRE. >

Mon cher M. Basile,

» Comme vous vous .en êtes aperçu vous-même^ xotrepamphlet n'est plus, qu'une question secondaire dans 'notre polémique. Il n'est plus qu'un prétexte pour quelque chose de plus sérieux. Oui, M. Basile, de très-sérieux même ; et la preuve, c'est que,.' non seulement vous hurlez de douleur 90US les morsures du ridicule que j'ai mis à vos trousses, mais que vous ; trépignez de dépit en, voyant s'écrouler, cotnme un château de cartes, tout l'iéchâfaudage de tartufferies que vous, élevez si laborieuse^iient depuis que,vou.s êtes à Kamou-

' Ce n'est pas pour Le eimple plaisir de faire rire de vousi que je reprends là plume, aprèsi les quel^ (Jues jours de répit que je vous ai laissés, M. Basile. Oh ! non, c'est pour vous tenir un peu plus longtemps démasqué devant le public. Quand on aura bien vu sur toutes ses faces votre tête de Janus ; quand on saura; ce que vous êtes, M. Basile, vos calomnies et vos dévotions seront considérées pour ce qu'elles valent, et j'aurai fait une boune œuvre. ,

" Ne refusez pas de rire, ^i le sujet le comporte, " dit Tertulien. Il y a des choses dignes de risée *Vsôus leur gravité feinte ; le rire les empêche d'usm-- ^Iper le respect-^

. Vous voyez qu'il y avait des Basiles même. du temps de Tertulien.

Le rire des hommes a son bon côté, je le maintiens ; et il faudra bien que vous en passiez par là, quand vous saurez que votre M. Veuillot lui-même a écrit quelque part que " le sifflet n'est pas seulement une attaque permise, mais la plus légitime des représailles.''

Et à ce propos, je me permettrai de m'étonner, M.Basile, de ce que vous anathématisiez àui:ant Molière et Lafontaine, tandis que M. Veuillot, lui, les nomma des Français par excellence. Décidément il y en a un de vous deux qui n'est pas infaillible !

Vous devriez lire Veuillot, M. Basile ; cela vous serait presque aussi utile que de lire la vie de Washington. Car enfin, pour deux hommes qui parlent toitjours au nom de la Providence, vous admettrez qu'il n'est pas absolument habile de vous contredire ainsi mutuellement. Autrement, voyez à quoi vous vous exposez. Il y a quelques années seulement, le plus grand écrivain d^s temps nuxlérneSy quant à la forme, a publié un volume de Satyres, Or, comme M. Veuillot est tout ce qu'il y a de plus parfait, il s'ensuit que la satyre ne peut être qu'une excellente chose. Et comme, dans la préface de ce volii'ae, Molière et Lafontaine sont appr-lés Nos Incomparables Satpvist^, il s'ensuit encore qu^, lorsque vous accusez le rire grivois de Molière et de Lafontaine d'avoir attiré le châtiment de Dieii sur la France, * vous vous montrez le plus Basile de tous les Basiles ; et cela d'après le jugement sans appel de M. Veuillot lui-même, " ce g^rand interprète de la Vérité^' ,

Ce qui prouve que M. Veuillot, malgré s^ incroyables déblatératioAS contre le télégraphe et Ife percement du mont Cénis, est quelquefois de l'opinion des autres hommes sut certaines choses.

Toujours à propos du rire des hommes^ voue dites que je persiste à admirer ^\Teresa'' et la " BelleSi^^ lène.'^ D'abord, comme le fameux singe qui confî fondait ie Pirée avec un nom d'homme, vous sem.* blez prendre ici la Belle-Hélène pour une perfeonnei ou bieai vous transformez Teresa en opéra-bouffe. Cette pauvre chanteuse de cafés-concerts ne s'ai» tendait probablement guère à pareille opération^ Vous allez vous excuser en disant qu'un saiat homme comme vous ue connaît pas ces choses-là^. Et moi, je vous dirai, M. Basile que la sainteté n'exclut pas le bon sens, et qu'un homme de bon sens ne parle jamais de choses auxquelles il n'eii^r teiid rien, pas plus à propos de musique, qu'à pjo* pos de la rotonde du capitole américain. Ceuat qui ont pris la peine de vous lire, se rappelleiit le» bourdes colossales que vous avez écrites sur ce, dernier sujet, et qui nous ont presque autant .anjui**. ses que votre fameux chapitre sur la politique d^Âdam. Quant à ce qui est de mon admiration; pour Teresa et la Belle-Hélène, elle se réduit à bien peu de chose, puisque je n'ai jamais entendu la> chanteuse, el que j'ai entièrement oublié l'opér»^ à part cette jolie charge contre les Basiles du temps de Ménélas qui se disaient en rapport direct avec Jupiter, ei préiendaient avok ie monopole de ses foudres.

Mais passons à autre chose. Vous dites, M. Basile : *' Il est inexact de dire que Sa Grâce aurût refusé son approbation à mes C^userïes^ si je l'avàisf d^ûaandé^. "

Oui, cela est inexact en eftet, car vous l'avez demakdé.e cette approbation, et vous n'avez pu l'ob^ tenii»..; Cela est plus précis, p'est-ce pas ?

Vous dites encore : " J'ai obtenu l'approbatioa

des évêques du diocèse où j'ai publié. " C'est à mon touT, M. Basile, de trouver votre avancé entaché d'une légère inexactitude. Car si je me souviens bien, vous avez d'abord ptiblié à Québec, et cfe que vous avez fait à Montréal n'est qu'une réêditioTl.

Vous prétendez ignorer ce gtti a pu se passer entre Mgr. l'Archevêque et le P. Monnot, au sujet d^ la Croisade Spirituelle. Voilà quelque chose que t6\x8 n'affirmeriez pas sous serment, M. Basile ; Aon pas parce que le scrupule vous étouffe, mais piarce que vous êtes trop soigneux de vos petits intérêts. {^} D'ailleurs, dans le cas même où l'on vous aurait caché que le P. Monnot n'avait la permisèion de prêcher son œuvre que jusqu'à la Toussaint, quand vous le voyiez abandonner la chaire et' recourir à la conférence, pour un homme qui a te don de voir le doigt de la Providence daais. toutes les affaires d'ici-bas, il était facile de voir là au moins celui de l'autorité. Mais cette autorité fous déplait, M. Basile ; elle n'est pas assez intolépaiie pour votre goût, et c'est pour cela que vous Ae manquez jamais l'occasion de lui donner le coup de pied,,arf majorem Dei gloriam !

Le fait est, M. Basile, que si l'on ne savait pas par expérience ce dont vous êtes capable, on aurait peine à s'imaginer jusqu'où l'astuce, la malice, l'envie et l'hypocrisie peuvent pousser une certaine classe d'hommes, quand l'ambition les tourmente. Il n'y a rien qu'ils ne fassent. L'honneur, l'estime de soi, la droiture, le patriotisme, l'amitié même, rien ne leur est sacré. La religion ? ils s'en font un manteau pour cacher leurs vices, un mar- * . . . — — — — ■ ■ ' • ■ ■ . . -

(*) M. Bouthier n^est jamais reveuu sur ce sujet.

chepied pour monter aux charges publiques ; ce qui ne les empêche pas de la souffleter sans vergogne en petit comité. ,Le prêtre? ils le flattent pour s'en faire un instrument, et quand ils n'y peuvent parvenir, ils le déchirent impitoyablement. pharisiens, ô vendeurs du temple, ô cafards intrigants, comme je me sens bien lorsque je vous ai au bout de ma verge !

Il est bien triste, M. Basile, qu'en plein dixneuvième siècle, et dans un pays qui jouit depuis longtemps d'un gouvernement constitutionnel, oti en soit encore réduit à revendiquer le droit d'être catholique, sans être obligé de s'incliner devant le despotisme de M. Cartier et l'ineptie de M. Chauveau ! Et pourtant* voilà tout le sujet do iiotre discussion.

Mais dites-moi donc, Basile de mon cœur, notre gouvernement est-il responsable oui ou non ? S'il est. responsable, j'ai donc le droit de le désapprouver et de le dénoncer au peuple ! Est-ce faire de la révolution cela? Il n'y a qu'un Basile q*u puisse le prétendre.

Que disaient les Basiles du comté de L^vis aux dernières électioni^ ? "M. Fréchette est contre le gouvernement ; or, comme il est de foi qu'on doit se soumettre au gouvernement établi, M. Fréchette n'est donc pas catholique ; c'est donc un révolutionnaire ! ^' Et les commentaires d'aller leur train. On a vu des hommes dont le caractère particulier devait nous faire espérer jplus de charité et de mansuétude, descendre jusqu'à la calomnie la plus infâme, et aller de maisons en maisons affirmer que j'avais abandonné ma religion, et que je m'étais fait, pendant deux ans, aux Etats-Unis, le vicaire d'un prêtre apostat !

Et si j'avais été la seule yictime de cette indigne persécution, passe encore ; une hirondelle ne fait pas le printemps, comme dit M. Chauveau. Mais on a employé la même tactique, dans tous les comtés de la Province où il y avait un candidat opposé au ministère. Qu'avait-on à dire contre M. Langelier, par exemple ? N'était-il pas sans tache sous tous les rapports ? Son honorabilité et ses principes religieux n' étaient-ils pas à l'abri de tout soupçon, puisqu'il possédait la confiance de la première institution religieuse du pays ? Et cependant qu'a fait votre école ? Ne l'a-t-elle pas repré- ' sente comme un communiste, un garibaldien, un complice de l'assassinat de Mgr. Darboy ? N'a-t-elle pas été jusqu'à l'appeler Commissaire de Satan? Il n'avait pourtant pas écrit la Voix dun Exilé, lui ! On n'avait pas même ce spécieux prétexte à invoquer. Pourquoi donc cette guerre acharnée qu'on lui a faite au nom de la religion, sinon parce qu'il était opposé au ministère actuel ? Oh ! allez, les Basiles sont les mêmes dans le comté de Bagot, qu'à LéVis et à Kamouraska!

Et vous venez nous dire, l'eau bénite sur les lèvres, que vous n'attaquez pas l'opposition ; que vous n'en voulez seulement qu'aux libéraux ! Allons donc, cljer Basile, il y a une chose bien certaine pour tout le monde, allez, c'est que si M. Langelier et moi, nous étions présentés comme ministériels, toute cette fervente croisade n'aurait jamais eu lieu. Nous aurions été de suite proclamés bons chrétiens et parfaits catholiques.

Le passé le prouve. Qu'étaient les Hùot, les Ehéaume, les Blanchet, les Tourangeau, avant leur honteuse volte-face ? Votre école les dénonçaient comme des impies, des hommes dangereux

qui voulaient renverser Tordre social et abolir la religion. Aujourd'hui qu'ils ont trahi leurs convictions pour se faire élire avec l'argent et les/bâtons du ministère, — pour manger les ctaxignoles du gouvernement, suivant l*exprèssioîi cyniijue de l'un d'entre 'eux, — comment' se fait-il qu'ils soient devenus si parfaits tout-à-ooup ? Est-ce que M Huot est moins socialiste qu*il n'était autrefois ? Est-ce que MM. Rhéaume, Blanchet et' Tburangeau seraient devenus des piliers de sacristie par hasard ? Ma foi, M. Basile, on dirait que vous prenez le public pour un tas d'imbéciles. Tenez, je suis sûr d'une chose, c'est que tout Commùmire de Satan que je suis, si je passais au ministère aujourd'hui pour demain, tous les Basiles du'pays seraient les premiers à me décerner les plus beaux certificats d'orthodoxie imaginables. Et ce n'est pas à l'opposition que vous en voulez ! Mais cachez-vous donc !

Quelles conclusions tirer de tout cela^ M. Bfiiiaile? C'est que vous êtes dès hypocrites, et pas s^^tre chose. Si vous aviez réellement les intérêts, de la religion à cçBur, vous ne la traîneriez pas aiusi à la remorque de votre politique louche et raucunière, et si vous étiez bons catholiques, vous ne dïîTâmeriez pas vos frères comme vous le faites, sans même avoir l'excuse de la défensive.

Etrange discussion : — Vous êtes un impie ! — Comment cela ? — Parce que vous n'êtes pas catholique—Mais oui, je suis catholique. — Non, vous ne l'êtes pas. — Je veux l'être. — Non, vous ne le serez pas ! — Je reconnais tout ce que l'Eglise' enseigne et je m'y soumets. — Je ne veux pas, car si vous êtes aussi catholique que moi, il me faudra

TOUS rencontrer sur le terrain de la politique et je ne yeux point cela

Non, TOUS ne voulez poiïit cela, cher M. Basile; mais soyez tranquille, je suis prêt à vous rencontrer sur tous les terrains du monde ; un savant de votre espèce, ça se réduit vite à quia.

Heureusement pour vous que vous savez faire contre fortune bon cœur, et que lorsque vous voua trouvez confondu dans vos absurdes prétentions» vous vous mettez immédiatement du côté de votre adversaire. C*est très-prudent ; cela coupe court à toute discussion dangereuse. Ainsi, par exemple, vous m'accusez d'irréligion ; je réclame. Vous appuyez votre accusation sur ce que je suis républicain et opposé aux privilèges nobiliaires ; je rétorque que la religion est très-démocratique àm.8 ses doctrines ; qu'elle ne connaît pas plus la royaut*'* que la république ; que la forme du gouvernement ne relève que de la volonté populaire, et je prouve ces divers avancés en citant des théologiens qui tous font autorité dans l'Eglise. Que répondez-vous? Vérité de la Palisse ! Persoîine n'a jamais contesté cela, dites-vous. Bien, trèsbien ! Ainsi, je puis être catholique tout en professant des principes démocratiques ^Mais

laissez-moi donc tranquille alors ! On se prend à se demander parfois si vous avez réellement la tête

sur vos épaules.

A propos de mes citations, vous croyez faire

acte de finesse en insinuant qu'elles me sont fournies par quelque membre du clergé. Et quand cela serait, en perdraient-elles leur valeur comme autorités ? Il me semble que cela prouverait tout au plus que ce que vous appelez la basiliophobie est répandue même parmi le clergé ; car enfin, si

quelque prêtre me fou.rnit« ces autorités, ce n'est certainement pas pour vous aider à m'enfoncer. •/

Je n'ai pas été du tout surpris de vous entendipe faire cette supposition, cher M. Basile ; vous êtes si profondément ignorant sur ces matières, que vous êtes tout étonné qu'un autre puisse les avoir étudiées. Or, détrompez-vous, M. Basile; celai» .tire pas à conséquence, mais ces citations, depuis la première jusqu'à la dernière, personne ne me les a fournies ; je les dois à mes propres rechierches. Etudiez un peu, M. Basile, et coinme cela ne demande pas de bien grands eftorts d'intelUgence, vous pourrez peut-être un jour en faire autant.

Je ne puis relever tout ce que vous dites de faux, M. Basile ; pour cela, je serais forcé de m' attacher à chacune de vos paroles ; je ne signalerai que quelques-uns de vos avancés les plus marquants : '

Vous dites que j'appartiens à Técole libérale condamnée par Pie IX. — Yous avez pris cela dans votre cervelle enfumée, M.Basile!

Vous dites que j'ai justifié l'assassinat politique, — Vous êtes un calomniateur, M. Basile \

Vous dites que j'ai prétendu que, pour trouv/er un roi digne du peuple canadien, il fallait plonger dans les sales bourbiers de la truanderie. — Cela est stupidement faux, M. Basile !

Enfin, vous dites que j'ai lâchement abandonné mon pays pour le mieux diffamer. — Cela est d'une absurdité niaise, M. Basile ! '

Mais si j'étais un pareil garnement,* un homme aussi dangereux, pourquoi donc m'avez-vous conjuré si amicalement de revenir au Canada? 11 me semble que les honnêtes gens devaient être bien

débacaaséi» d'un sdéiérei de moâ espèoe. Hein ! /qti'^iK dites^voub ? Je gage que yaus faitea le «tort 4à^de8BU6 aussi !

' > Gela m'amène à dire un mot du btaiMjuei ^

XJmniaeulée Conception, Je n'eia^ «kuraie* pas piutrlé

•ittoi-même; fiaais puisque vous prenez la peine die

' dire au public que j'y étais, je vous en sais gré, M.

Basile. Lorsqu'on se trouve comme au coin d'un

bois où il faille défendre sa réputation contre des

' voleurs de grand chemin, on doit être reconnais-

«ant à quiconque nous fouî^nit un bouclier • comme

celui-là Pauvre Basile, vous ne cesserez doi^c

jamais de vous enferrer !

Un derjQtier mot, M. Basile. Vou^ vous êtes étonné de ce que, malgré le peu de cas qu'un homme comme il faut doive faire de cert»iaes injures, j'aie senti le sang me monter au visage, quand vous m'avez appelé un lâche; et dsms';la grakdeur de votre coura^e^ vous avez immédiatement cherché les raisons qui vous paraissaient les plus propres à vous rassurer contre la correction ^ue votre impudence aurait pu vous attirer. D'abord rien d'extraordinaire à votre étonnement. La race dès Bastles, voyez- vous, ça n'est point très chatouilleux, sur ce point là. La Providence qui connaissait le rôle qu'ils auraie&t à jouer,

A ffût leurs larges laces Pour les Iar/j[Ç8 soufilets.

Ensuite, quant aux raisons que vous avez de rous rassurer, vous en avez oublié la meilleure ; c'est la prudence naturelle aux gens de votre métier, qui, — grâce à leurs rapports habituels avec ,1a Providence, je suppose, — savent en général se tenir à distance assez respectueuse pour éyiter les étrivières.

Vous parlez de petits verres de " Basile^^ en voilà Tin. Gloûtez-moi cela ; c'est du dernier crû. Vous trouvez que j'ai des goûts dé restaurateur ; j'en ai surtout les talents, M. Basile. Je n'ai peut-être pas le carpe aussi délié que certains faux moines de ma connaissance, mais j'ai un tour 4^ main tçut particulier pour le service des petits plats. Ceux que je vous ai déjà , servis sont là pour prouver que je n'oublie jamais ni le poivre ni la moutarde-

C'est toujours à votre service, M. Basile.

Lundi, 8 janvier 1872.

HUITISMK I.BTT&B.

Mon cher M. Basile,

Je viens vous faire mes adieux.

J'en suis marri ; mais que voulez-vous, c'est la loi d'ici bas : il n'y a point de bons amis qui ne se quittent.

Je me souviendrai longtemps, croyez-moi, M.

Basile, des joy3Ui moments que vous m'avez procurés ; et je suis convaincu que, de votre côté, vous n'oublierez jamais les petites attentions que l'ai eues pour vous. Je veux même y mettre le comble en vous donnant, comme souvenir de moi, quelques petits conseils qui me sont suggérés par l'intérêt que je vous porte, et que je vous prie de mettre en pratique, si vous voulez évitez. de nouveaux désagréments

Ces petits conseils, les voici M. Basile.

lo. Prenez garde au péché d'orgueil qui consiste à se croire beaucoup meilleur que les autres ; et méditez quelquefois sur cette belle parole de St. Paul : " Je suis le dernier d'entre mes frères ! "

2e. Souvenez-vous de l'axiome : " Quand on demeure dans une maison dé verre, on ne doit pas jeter de pierres chez son voisin." Ce qui veut dire que, lorsqu'on a dans sa réputation certai!hs accrocs peu enviables, il est très imprudent d'essayer à déchirer celle des autres.

3o. Rappelez-vous que le ciel est fait pour tout le monde, et que c'est être égoïste que de vouloir

Taccaparer ponr soi tout seul ; qne ce métier-là est dangereux, car en voulant fermer la porte .d^ paradis au nez même des grands dignitaires de l'Eglise, on risque de s'en faire donner sur les doigts et d'être remis à sa place.

4o. Avant de parler au nom de la religion, commencez par en étudier les doctrines les plus élémentaires ; et au lieu de réprimander les autres pour leur insubordination, commencez par vbus soumettre vous-même aux autorités de votre diocèse, et cessez de leur dicter une ligne de conduite à votre guise.

00. N'accusez pas les autres d'irréligion, sous prétexte qu'ils ont politiquement difieré d'opinion avec certains membres du clergé, de peur qu'on ne vous rappelle que vous avez écrit des articles de journaux censurant nos autorités religieuses ; que vous avez ouvertement accusé votre Archevêque de faire des concessions à l'esprit du mal ; que vous vous êtes, tout dernièrement encore, insurgé publiquement contre une de ses décisions, et qu'enfin, vous faites parti d'un certain cercle d'illuminés qui viennent de publier à Montréal un ignoble pamphlet, où les sommités religieuses du pays sont représentées comme agissant sous l'influence directe de l'Enfer.

60. N'offrez jamais votre affidavit pour prouver que vous n'avez jamais écrit de lettres anonymes. Vous êtes assez avocat pour savoir qu'un accusé n'est jamais admis à testifier dans sa propre cause. Et puis tout le monde sait qu'un homme qui écrit des lettres anonymes, est capable de le nier sous serment. Le révérend M. Patry s'occupe probablement assez peu de vous pour faire semblant

d'accepter vos dénégations assermentées ; mais le public est beaucoup plus sévère, lui ! ("*)

7o. Quand vous aure^ jamais à justifier-les éoyits cyniques et èaugrenus de M. Vieuillot, n'invoquez jamais la Bible, de peur qU-on ne vous défie* de traduire en languie vulgaire, le cantique dçs cantiqu<es de Salomon, l'origine des Moabites et des Ammonites^ les aventures gallantes du patriarche Judas, l'histoire d'Oalla et d'Oaliba, quelques paf^sages des prophéties d'Ezéchiel, etc., etc.

80. Quand vous discuterez avec un adverswre , ne tronquez jamais ses phrases et ne défigurez jamais ses idées, dans le but de faire penser du mal de lui et de son style. Ce petit moyen est trop puéril pour un homme sérieux, et pas assez honnête pour un saint homnae. En recourant à de^ senablables artifices, vous prouvez à tout le monde q^e vous n'êtes ni l'un ni l'autre.

9o. Si jamais vous changez de lieu de résidence ne le faites pas dans le dessein que vous me communiquiez à ngioi-même, en quittant Québec, celui d'aller spéculer sur la i^/ese humaine ; car ce genre de spéculation pourrait emîore produire ailleurs ce qu'il a.produit à Kaiaouiaska^ \xne basiliophobie chronique et incurable, dont les symptômes se manifestent d'une manière si désagréable pour l'odorat des passants.

Ido. Je vous conseillerais aussi, M. Basile, de ne jamais dire que tous ceux qui vous détestent à Kamouraska sont de la canaille ; d'abord c'est bien prétentieux, et ensuite, vous nous donnez par là

(*) J'ai su depuis que cee affidavits sont rédigés de façon à ae lien nier formellement ; iU sont tellemeiit bourrés de faux-foyiantB et d^échappatoireg, qu'ils Ae. pourraient è^re acceptés par aucun tribunal de justice.

une trop triste idée de ce charmant village où vous auriez bien du mal à trouver deux amis.

llo. Ne vous laissez pas trop emporter par votre zèle, et abandonnez à jamais le dessein de vous faire bâionniste deVant l'arche d'alliance ; vous savez maintenant par expérience que lorsqu'on veut trop bâtonner les autres, on court de risque de se faire bâtonner soi-même.

12o. Enfin, mon cher M. Basile, je soumets à vos saintes méditations le proverbe suivant, dont les circonstances ne peuvent manquer de vous'faite apprécier toute la justesse : Tef va chwcher de la laine qui s^en revie^U tondu !

Voilà, M. Basile, quelques conseils que vous n'hésiterez pas, j'e:i suis sur,' à mettre en pratiqué attendu que vous savez maintenant ce qu'il en coûte pour ne p«ts les avoir reçus plus tôt.

Maintenant, M. Basile, quelques mots seulement pour mettre le public en garde contre' les fausses interprétations que vous donnez à certains vers quej'ai écrits, il y a déjà longtemps, et dans des circonstances qui ne sont plus du tout celles d'aujourd'hui.

Si vous aviez plus d'intelligence et de bonne foi, Vous ne m'accuseriez certainement pas d'avoir appelé le peuple aux armes pour délivrer le pays * de vous et de vos pareils. Ce n'est pas la peine, alle25, M. Basile, un peu de patriotisme <>t le j^crutin secret, vous balayeraient bientôt coranw? un<^ nuée d'ûisectes.

Si j'ai parlé de révolution, c'est comme avertissement. Et cet avertissement, je le maintiens. Nous sommes de chair et d'os comme les autres peuples, et ce qui se passe chez eux est plein de tertiblee leçotws pour nos gouvernants. Quand

ceux-ci n'ont plus de respect pour les lois ; quand. ils chassent de force de Tenceii^te parlementaire jusqu'aux représentants de la presse, de peur que le récit des turpitudes ministérielles ne parvienne jusqu'aux oreilles du^peuple ; quand ils décernent effrontément des honneurs publics à des repris de justice; quand ils font sortir les criminels de prison pour s'en faire des agents électoraux ; qu«nd ils. corrompent les officiers rapporteurs pour escamoter les élections ; quand ils enlèvent les candidats par la force armée ; quand ils privent des paroisses entières de leurs droits de franchise,, parce qu'elles leur sgnt opposées ; je dis que nous cotfrons à la révolution !

yous en avez eu un exemple en petit dans le comté de, Kamouraska, en 1867. Qui était responsable des voies de fait déplorables dont vous avez été' le témoin dans cette circonstance ? Je ne justifie-point un peuple de se faire justice soi-même ; mais j'ai le droit de montrer l'abîme vers lequel nous marchons, et de dire à ceux qui se moquent ainsi du droit et de la justice : " N'allez pas plus, loin, car il arrivera un temps où le peuple ne saura plus mettre de frein à son juste ressentiment. "

Voilà ce que j'ai voulu dire. Et si quelque autre sens peut être attribué à mes paroles, je le répudie.

il y a, dans la Voix d'un Exilé, deux vers sur lesquels je tiens particulièrement à revenir avant de clore la discussion. Les voici :

Un triste aveuglement donne à Phomble scène Le sanctuaire {>our décor.

J-avoue que ces vers peuvent donner lieu à fausse interprétation; et je ne vous en veux pas trop, M. Basile, de me les avoir rappelés, puisque

cela me donne l'occasion d'expliquer ma penaée. Cette explication est toute simple. En écrivant cela, je n'ai pas eu l'intention d'accuser le clergé, mais simplement l'école politico-religieuse qui, depuis quelques années, spécule si effrontément sur les croyances du peuple, et fait du sanctuaire le théàtrfe de ses honteuses intrigues. Les Basiles, enfin !

, La seule allusion que j'aie faite au clergé, dans la Voix d'un Exité,^-Qi cette allusion confirme ce que je viens de dire, — se trouve dans ce vers :

Le berger dort au lieu de vHIler à son poète.

Je puis m'être trompé ; mais je le croyais ainsi.

Au surplus, si c'est un crime que j'ai fait là, M. ^asile, vous êtes vous-même un bien grand scélérat, ear vous en avez dit beaucoup plus que cela dans vos Causeriez du Dimanche et ailleurs, à propos du libéralisme catholique. Et votre école

donc! La diff'érence entre vous et moi, c'est

que je fais les choses ouvertement, au grand jour, et que vous les faites sournoisement et en cachette.

Autre chose. Vous m'avez accusé d'avoir justifié l'assassinat politique. J'ai prouvé par le texte même de mon écrit que vous m'aviez indignement calomnié. Vous revenez à la charge et voici comment vous vous excusez :

" En ne citant pas en entier, dites-vous, les vers " de M. Fréchette, je n'ai pas dénaturé sa "pensée, " ou bien il a pensé autrement qu'il n'a écrit, Le ", lecteur en jugera lui-même en Usant, non pas ce " que M. Fréchette a lui-même cité, mais toute la " pièce. "

; Très bien, M. Basile, j'accepte le verdict; et si vous ne revenez pas sur vos paroles, vous publierez la pièce en entier dans le NouveaorMonde ; et

j'aurai peut-è;re ainsi Tavantage de voir ma défense reproduite, en même temps que vos attaquée, par le Courrier du Canada, le Journal des TroiÉ-

Rivières et VEcho de Lévis Pour que le lecteur

puisse lire toute la pièce, il faut bien qu'il la voie.

Maiis vous ne la publierez pas, M. Basile. Je regrette de le dire, je ne vous crois pas assez honnête pour cela. Ce dernier défi aura le sort de tous 'Ceux que je vous ai lancés depuis le commencement de cette polémique. Vous savez qtie votre accusation . tomberait d'elle-même et vous avear pour principe : Mentons, mentons, il en restera toujours quelque chose ! (1)

Vous aviez pourtant promis une petite histoire de sifflet à TUniversité-Laval. Contez-là ; je l'attends avec curiosité, et si votre version est aussi fidèles que vos reproductions, quelque autre que moi se chargera de rétablir les faits. (2)

Maintenant, mon cher M. Basile, je vous laissé avec la honte et le ridicule dont vous vous êtes couvert, et — si vous êtes encore susceptible d'un bon sentiment — avec le regret d'avoir, sans nécessité aucune et sans la moindre provocation, indignement cal ' iiié et outragé un ancien ami.

Continuez, si vous voulez, à remplir les colonnes du 1 ^otf veau- Monde de vos haînes et de vos rancunes pers(mnelle6. Vous êtes payé à tant la ligne : cela fait votre affaire.

(1) Je ne m'étais pas trompé : M. Routhîer, Apvès avoir référé à la piàco en question, ne L'a jamais publiée, malgré mon défi, et pour cause.

(2) M. Kouthier a continué honnêtement ses fui^sses inçinnations à ce Miijet, mais n'a jamais cité aucun fait, bien qu'il eût 'été ainsi mis en demeure dé le taire..

Âdien; ue m' eu venillez ptiâ trop, M. Basile, toutes ces petites leçons vous serviront. C'est comnie cela que l'eipérieuce s'acquiert. Qui sait, peut-être un jour, pourra-t-on dire de vous ce que le bon Laf'ontaine disait d'un rat célèbre :

C'était un Tiens Soutier : il Bavait pins d'un tour ; UAme il avait perdu sa qusne à la bataille I

il manque une k, mais la scie y est.

Lundi, le janrier 18T1.

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