‹ Lettres `a des incroyantsChapitre 59 sur 78 · LETTRE LXXI · texte numérisé non relu

LETTRE LXXI

29 Août 1903.

Ma chérie ,

Très en hâte je t'envoie ce mot avanl de me coucher, car demain nous allons à Reims' ; Lundi, j'aurai une journée très remplie et nous espérons un peu partir Mardi matin. Ta lettre si affectueuse m'a fait le plus grand plaisir, et si nous regrettons que vous ne puissiez partir en même temps que nous, nous prenons acte de voire bonne promesse de venir'. Préviens -nous vite dès que votre dé-

' Le mari d'Klisabelh Lesmir était Rémois et sa mcw appartenait à une vieille familit» do Reims, où elle habitait. {Noie de l'Editeur.]

■•' Madame Le G... s'était décidée à venir avec sa fille Yvonne passer <|uclques jours à Jougne avec Klisahetli Les»Mir et sa famille. Ce projet, dont tout le monde se faisait fête, contrarié au dernier moment, ne put se réaliser. Ce n'est que plusieur.s années plus tard, après son

part sera décidé pour que nous puissions aller .vous chercher en triomphe à la gare.

Remercie la chère maman de consentir à nous donner à tous cette joie. Embrasse -la pour moi et reçois, ma petite chérie, un tendre baiser de

Ta vieille

Elisabeth,

LETTRE LXXIP

2 Août i904.

Ma chérie.

J'ai bien reconnu ton cœur et ton affection dans cette pensée que tu as eue de m'annoncer le mieux survenu dans la santé de Juliette*. Ta lettre est venue confirmer celle de maman

mariaye, comme on le verra plus loin (Letthe XC V, page 344), (|ue Madame Félix Le Dantec vint à Jougne avec son mari. {Xote de VEdileur.)

' Lettre écrite de .lougne. [Noie de l'Éditeur. : "^ Qui venait d'être gravement malade à Versailles, où elle ('•lait installée avec sa mère et où son amie, la correspondante d'Elisai^eth Leseur, passait tous les étés avec ses parents dans la famille de sa mère. Se reporter à Une Ame dans La Vie Spirituelle, page 349 et suivantes. [Noie de VEdileur.)

et m'apporter une bien grande joie. Je n'ai pas besoin de le dire, en effet, les moments que j'ai passés depuis quinze jours; ils sont tels qu'il m'a fallu un secours tout supérieur et venu de plus haut que moi pour les supporter et pour que mon cher entourage ne souffre pas de ma tristesse et de mes angoisses intimes, surtout les petits, venus ici pour y trouver de la joie. Heureusement, à part un léger rhume de Maurice, ils se sont bien portés jusqu'à présent. Le beau temps leur a permis d'être beaucoup à l'air, et j'espère que je pourrai les présenter à leurs parents avec une belle mine et un aspect de santé. Ce sera un petit dédommagement pour le chagrin que j'ai éprouvé de ne pouvoir soigner et entourer Juliette comme je l'aurais voulu.

Combien je suis touchée de vos bonnes visites à notre chère maman et de toute votre tendresse dévouée ! 11 est vrai que nous sommes bien pleinement sœurs et que nous aimons ton père et ta mère comme des parents plus que comme des amis. Si Amélie* vient nous rejoindre, et dans le cas où nous n'irions

' La sœur cadette d'Elisabeth Leseur lui avait coniiO ses enfants parce qu'elle était restée à Paris avec son mari, icc|uel était médecin et soifjnait Juliette (voir Une Ame dans La Vit: Spiiutuklm:). Elle allait ainsi quotidiennement à Versailles [)asser la journée avec Juliette et sa mère et envoyait à Jougne le bulletin de santé. {Noie de l'Edilcur.)

pas de suite reprendre sa place, je compte sur toi pour nous dire bien exactement comment vu Juliette.

J'espère que Monsieur Le G...' va profiter complètement de son séjour au Mont-Dore et en rapporter plus de forces et de santé. Quand tu lui écriras, envoie-lui notre bon souvenir.

Transmets à Madame D...* nos respectueux souvenirs et partage, ma chérie, avec ta maman, mes baisers et l'expression de toute notre affection.

Ta vieille et fraternelle amie

K. Leseuk.

' Pèru (le la conespoiidaiilo d'Elisabeth Leseur. [Xolc de l'Editeur. )

'^ La grand-mère de Mademoiselle Le G..., chez laquelle celle-ci i)assait rélé à Versailles avec ses parents, comme il a été dit dans une note ci-dessus. [Note de l'Editeur.]

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