ViUustre Gaudissart
2. Le manuscrit à!" Eugénie Grandet ne contient pas rindication promise ici.
Oui, je vis en toi, comme tu vis en moi. Jamais Dieu ne séparera ce qu'il a si fort assemblé. Ma vie est ta vie. Ne m'effraies plus ainsi. Ta tristesse m'attriste, ta joie me rend joyeux. Je suis dans ton cœur; j'écoute ta voix par moments. Enfin, j'ai l'amour éternel, impérissable, angélique que je désirais. Tu es le commencement et la fin, ma chérie, mon Eve ; comprends donc, l'Eve ! Je suis aussi exclusif que tu peux l'être. Enfin, Yadoremus in œtemum est ma devise, entends-tu, chérie.
Allons, l'heure passe, il faut envoyer à la grande poste pour que tu aies cela mercredi.
Mon amour, pourquoi te faire de l'amertume inutile. Ce que je t'ai dit, je te le répéterai : « Ce serait par trop bizarre que ce fût elle », a été ma pensée, en te voyant au sortir de l'hôtel du Faucon *.
A loi bientôt, ô mon amour; personne ne s'explique mes immenses travaux ; moi seul, toi aussi, n'est-ce pas? en comprendrons le principe. Il n'y a que l'amour qui puisse les faire entreprendre et achever.
Adieu; je n'ai point de fleurs cette fois; mais je t'envoie un bout de mon allumette de cèdre que j'ai mâchonnée en t'écrivant ; je lui ai donné mille baisers.
Mon Dieu, je ne sais comment je passerai le temps pendant la route, à voir les palpitations de mon cœur quand je t'écris. Tu ne recevras plus qu'une lettre, celle de dimanche prochain, car après je serai sur la route. 0 ma chérie, être près de toi, sans inquiétudes, avoir mon temps à moi, être libre, pouvoir travailler bien, te lire le jour ce que j'aurai fait la nuit! Mon ange, avoir mon baiser, la plus grande récompense qu'il y ait pour moi, sous le ciel ! Ton baiser !
Non, tu ne sauras conmie j'aime que dans dix ans d'ici, quand tu auras bien connu mon cœur, ce cœur si grand que tu remplis. Je ne sais plus que dire : à bientôt.
Allons, adieu, chère. Merci du talisman ; j'aime cela. J'aime avoir un cachet qui ne serve qu'à toi. Mon amour, ne ris pas de mes fantaisies; ah! si tu voyais les deux Anges de Bra, et la Marie et