‹ Lettres à la Princesse (volume 3)Chapitre 36 sur 90 · LVI1I · texte numérisé non relu

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Ce 20 septembre.

Oui, Princesse, je pense que Camille Doucet doit se présenter; je l’ai vu, il a dû écrire à M. Guizot, qui, par sa position mixte et sa prépondérance, dispose des voix de plusieurs membres de ses amis, et qui tient dans sa main la clé de l’élection. M. Guizot lui est bienveillant ; et puis dans l’intervalle de la candidature, il y a grande chance, d’après la loi des mortalités et sans prononcer aucune parole de fâcheux augure, qu’il s’ouvre quelque succession nouvelle.

J’attendrai, avec bien de l’impatience, la communication que vous me faites l’honneur de m’annoncer. Vous avez pris là une bonne détermination, de fixer par écrit des souvenirs, d’appliquer de ce côté aussi cette manière franche et nette de voir et d’exprimer : écrire comme vous

parlez, en ne s’attachant en plus qu’à une parfaite exactitude dans les accessoires; votre esprit droit et fidèle est sûr de lui et de son souvenir ; mais il y a des circonstances moins importantes et concomitantes où il importe de ne pas se tromper pour ne pas infirmer la vérité de la chose principale. Mme de Fly, avec un Moniteur sous les yeux, est une aide excellente pour cette tenue des dates.

Vous savez, Princesse, comme je suis un critique rigoureux ; ainsi vous pouvez bien ne vous attendre à aucun quartier de ma part. Voilà qui est encourageant.

Daignez agréer, Princesse, l’expression de mon respectueux attachement.

Ce 10 octobre.

Princesse,

Vous êtes ce que je 11e puis dire en bonne grâce et en bonté. Je viens de faire une heureuse en votre nom. Imaginez une petite fille

blonde, du temps qu’Eudore1 était un petit garçon blond ; elle était chez Nodier comme une nièce, et nièce en effet d’une sœur de Nodier. La maison de Nodier, de son vivant, c’était la maison du bon Dieu; il avait pour maxime, quand on lui faisait des représentations sur son laisser-aller à recevoir chez lui et à donner l’hospitalité : « Quand il n’y a rien pour cinq, il y en a toujours assez pour six. » Cette petite fille, Louison , ainsi élevée en demoiselle, a été obligée, à la mort de Nodier, de devenir... religieuse. Elle est restée sept ans au couvent, puis n’a pu y rester davantage. .. La pauvre Louise est devenue femme du peuple, brocheuse, femme d’un maçon qu’elle a été obligée de quitter pour son inconduite. Elle paraît une brave femme, laborieuse, douce de ton, ayant gardé l’accent franc-comtois. Elle aura l’honneur de vous écrire, Princesse, pour vous remercier; mais son ouvrage l’empêche de le faire avant dimanche. Grâce à votre don, elle va pouvoir entrer chez Paul Dupont, à Asnières, où l’on gagne un peu plus; mais M. Dupont exige

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