CL1V
Ce lundi 5 février.
Princesse,
Je reçois votre aimable mot. Oh! non, je n’en suis pas là encore. Je n’ai pu faire aucune sortie, pas même une petite promenade en voiture. La moindre petite digestion est pour moi un travail extrême, dont je reste engourdi comme un boa. Croyez bien, Princesse, que ce ralentissement d’existence m’est à charge, et j’ai hâte de le secouer. Le jour où, sans dîner, je pourrai aller passer une heure rue de Courcelles sera ma première conquête.
mon tendre et respectueux attachement.
Princesse,
Ce vendredi 9.
Je comprends bien qu’on soit un peu triste, et môme un peu maussade (si un tel mot peut jamais s’appliquer à votre disposition). — Je partage bien cet ennui, ce dégoût de tant de lenteurs dont est faite la vie. J’ai hâte d’avoir l’honneur de vous saluer : vous ne seriez pas trop surprise, Princesse, si vous me voyiez venir vous saluer un de ces matins à l’heure de votre déjeuner. Ce serait ma première sortie, et mon premier but serait la rue de Courcelles.
Je mets à vos pieds, Princesse, l’hommage de mon tendre et respectueux attachement.
P.-S. — M. Giraud m’a pourtant parlé d’un noble et charmant costume, dont il a été le témoin — un témoin ravi.
Princesse,
Ce 22 février.
Si je comprends bien à partir de vendredi, vendredi n’est pas exclu, et, si vous me le permettez, j’aurai l’honneur d’aller dîner vendredi même. J’ai été bien tenté d’aller lundi àZeller \ mais un visiteur attardé m’a fait manquer l’heure. Je me sens privé.
Veuillez agréer, Princesse, l’expression de mon respectueux attachement.
GLVII
Ce 23 février.
Princesse,
On se porte soi-même et son caractère partout, jusque dans ses douleurs. Les uns ont la