CXC
Princesse,
Ce 8 février.
Oui, c’est bien le même pour qui vous aves fait déjà cette bonne action il y a un ou deux ans.
11 m’avait écrit à ce sujet, mais je n’ai rien pa en ce moment. Je vois qu’il s’est adressé plus haut et en de bons termes qui me semblent, a» effet, exprimer la réalité de ses sentiments. Il mérite un bienfait.
Je vois avec peine que vous soyez un peu souffrante, Princesse. J’ai causé hier de vous avec ce brave Sacy, homme d’effusion. Tant d’autres sont le contraire.
Pour moi, je ne souffre pas plus, mais je ne dégèle pas.
Comme vous le disiez à Sacy, nous allons à
L’inconnu; la France aime cela, elle est comme les nouvelles mariées. Heureusement, notre Sénat n’acquiert pas trop de nouvelles prérogatives : il ne saurait guère qu’en faire. Laissons à d’autres les expériences.
Je compte bientôt aller chercher de vos nouvelles, Princesse. Je mets à vos pieds l’hommage de mon tendre et respectueux attachement.
GXGII
14 février.
Princesse,
Je vous remercie bien de votre aimable mot. Je vous avais trouvée un peu fatiguée ce samedi soir. Voilà un temps réjouissant et qui donne un avant-goût de renouveau. J’essaye parfois de sortir vers quatre heures. Je vais tâcher d’étrenner aujourd’hui l’Académie. Ainsi je m’accoutume petit à petit et je finirai peut-être par me dissimuler mes gênes. Le Sénat aura son tour, mais pas pour aujourd’hui, c’est trop solennel \
1. C’était le jour d’ouvertuiv. de la session législative de 1807.
Je compte bien, Princesse, aller vous porter mon hommage un de ces avant-dîners.
Daignez agréer l’expression de mon tendre et respectueux attachement.
Ce 1CT mars 1807.
Princesse,
Sans le dire, il se trouve que je pense aux mêmes choses qui vous occupent. 11 y a, en effet, deux systèmes, deux esprits qui sont en présence et aux prises en ce moment ; et, comme on a passé à moitié de l’un à l’autre, il est difficile d’avoir un pied par-ci et un autre par-là ; chacun vous tire à soi et vous pousse : dans quelle intention? Dieu le sait. Il faut une bonne tête et un flegme sans pareil pour ne pas broncher dans cette position. J’espère que, la santé aidant, la bonne tête y suffira.
Je n’ai vu personne de ceux dont vous me parlez, Princesse, et j’en suis à la simple lecture des journaux, qui me laisse de la réflexion
de reste. J’ai paru à l’Académie jeudi; je suffis juste à ces légers excès, et il ne m’a pas été possible de faire plus. Je vais aujourd’hui essayer de paraître une heure à une réunion d’amis du vendredi 1 ; mais il est possible aussi qu’au dernier moment je me dédise. Que cela est triste d’être ainsi enchaîné! 11 en résulte une teinte de désenchantement universel qui s’étend sur tout. Vous voyez à quel point je suis prêt à être à l’unisson avec vous. Mais ce n’est qu’un instant pour vous, Princesse, et votre vaillante nature revient vite avec son ressort et rebondit.
Je mets à vos pieds l’hommage de mon tendre et respectueux attachement.