‹ Lettres a la princesseChapitre 11 sur 73 · LXI1I · texte numérisé non relu

LXI1I

Ce samedi 7 novembre.

Princesse,

C’est demain dimanche, à neuf heures, que j’aurai l’honneur de vous présenter M. Zeller. Vous pouvez penser d’avance à votre programme ; lorsque vous nous l’aurez exposé, j’y penserai de mon côté, et chercherai à suggérer ce que je croirai le plus intéressant pour varier le grave et le sérieux de la chose.

Daignez agréer, Princesse, l’expression de mon

Le discours est très-beau, d’un véritable politique et souverain. Voilà un langage élevé et digne de l’histoire ! Celui de M. de Morny aujour-

d’hui est spirituel et d’un ton excellent 1 . Allons! ce n’est pas mal débuté, en face de l’ennemi, si ennemi il y a.

Ce dimanche matin.

Princesse,

Je trouve sur ma table ce numéro de la Correspondance littéraire où est la Lettre de M. Ingres*.

1. Voir le Moniteur des 6 et 7 novembre 1863. — La nouvelle session législative s’inaugurait par le triomphe complet de l'opposition, dans le département de la Seine.

2. Cette Lettre de M. Ingres, à propos de la fondation d’une école des beaux-arts en dehors de l’Académie et de la polémique qui s’ensuivit entre les partisans de l’Académie et ■ceux de l’administration, a fait grand bruit en 1863. M. Ingres prenait parti, on s’en souvient, pour l’Académie. M. Sainte- Beuve avait déjà résumé le débat en tête de son premier article sur M. Viollet-le-Duc (Nouveaux Lundis , tome VII); il y a dit tout ce qu’il en pensait et fait même, dans une note (page 152), l’énumération des principales pièces à conviction, parmi lesquelles figure en tête la fameuêe Lettre de M. Ingres. De loin et à distance, cette guerre de prérogatives fait un peu l’effet aujourd’hui de la grande bataille du Lutrin , chantée par Boileau.

LETTRES

Vous remarquerez comme ces messieurs jugent la chose vidée et décidée dans l’opinion publique. Ils ont fait de leurs mains cette opinion.

Ce petit journal a beaucoup de publicité, surtout à l’étranger : ce sont les commis voyageurs des sciences.

Je mets à vos pieds, Princesse, l'expression de mon respect et de mon dévouement.

Ce 3 décembre.

Princesse,

Voilà de bien grosses matières à conversation. Ce n’est plus de la philosophie, c’est de h politique. C’est la politique seule qui peut conseiller,, de tous les opposants, de préférer le moindre, et celui qui, au fond, n’en est pas un, mais un signe philosophique. — Je ne m’engage pas en ce moment, Princesse, dans une telle discussion ; je me promets une suite de conversations dans ces journées où je parviendrai bien à arracher

quelque quart d’heure. — La Grèce est déjà un beau champ de bataille. — En voici un autre.

— La Grèce surtout me préoccupe et me tient à cœur. Que je voudrais être assez savant et assez maître des sources pour vous persuader ! Ici je suis en pleine conviction.

Agréez, Princesse, l’expression de mon respectueux attachement.

Je reçois en même temps que la lettre une pétition adressée à Votre Altesse, et dont je ne m’explique pas l’envoi : il doit y avoir quelque malentendu.

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