LXV1I
Ce 22 décembre.
Princesse,
La leçon d’hier m’a paru très-bonne. Le professeur était plus à l’aise que dans les précédentes.
J’insiste. }H me de Fly pourrait vous faire lira dans la Grandeur et la Décadence... de Montesquieu, les chapitres sur César, Trajan , Marc- Aurèle. Elle trouverait aussi les Maximes ou Pensées de Marc-Aurèle (partout, chez Charpentier, chez Laroque), — et vous en goûteriez quelques beaux et sublimes endroits.
Je me permets de revenir sur ma conversation avec Mérimée. — Je vous supplie, Princesse, de ne pas conclure si vite. Je ne lui ai rien demandé de positif, n’ayant pas qualité pour cela. Je l’ai questionné, il m’a donné son avis; je vous le nirai en détail. Encore une fois, je vous en supplie, ne concluez pas, Princesse, avec cette rigueur sur des amis.
— Je reviens à Zeller: demandez-lui un chapitre sur la littérature des Romains, si voisine et si différente de celle des Grecs. Les personnes du monde sont trop sujettes à confondre les deux.
Daignez agréer, Princesse, l’expression de mon respectueux attachement.
A I A PRINCESSE
Ce lundi (1804).
Voilà ce cours un peu démanché — pour moi du moins. — 11 a trop croupi aussi sur les Arabes, et je regrette qu’il ne soit pas entré dans l’idée d’une histoire de France d’après les seuls textes originaux, en disant : « Voilà ce qu’on sait et rien de plus. » Est-il temps encore de réparer?
Je suis hier allé au Marquis de Villemer % malgré un mal d’yeux et un commencement d’ophthalmie qui m’est venu depuis deux jours. J’ai été content, — surtout du rôle de la lectrice, — content, mais non émerveillé. On gâte d’avance l’effet en en disant trop. — Je n’ai pas lu Beulé. — Je voudrais, ce soir, qu’en sortant de chez Magny, je pusse faire une visite, les yeux tout calfeutrés de vert.