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Ce 5 juin, dimanche.
Princesse,
Je reçois avec reconnaissance votre bonne lettre. Je compte bien aller mercredi à mon ordinaire, et par Enghien; je ne suis pas trèssûr de l’heure et du train par lequel je partirai. Vraiment il y a tant de facilité à arriver à Saint- Gratien, que je ne voudrais pas que la voiture fît
pour moi double course. Je tâcherai d’arriver vers six heures.
11 y aurait bien à dire sur toute cette affaire de Renan, si mal emmanchée dès l’origine : elle va prêter à mille discours en sens inverse. Cette translation ne devait-elle pas, avant d’être annoncée au Moniteur comme faite, être concertée et convenue avec lui ? Vous voyez les Débats de ce matin. Le ministre, dès le premier jour qu’il a pris possession du portefeuille, a posé en principe qu’un professeur ne pouvait être destitué sans procès. Il s’est lié les mains et ne peut révoquer Renan. Celui-ci va donc rester éternellement titulaire d’une chaire idéale et en l’air!
Je suis occupé, comme un forçat, autour de notre aimable Taine 1 . — Je vous envoie, Princesse, l’expression de mon respectueux et reconnaissant attachement ; la maison a gardé de votre passage un redoublement de souvenir et comme un doux parfum.
1. Nous suivons dans ces Lettres la marche des Nouveaux Lundis. — Voir au ome VIII les articles sur M. Taine.
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