L’Italie
LETTRES
crains qu’il n’y ait bien des écheveaux à démêler encore. Celui qui a e romain tout cela doit y rêver, même en dormant.
Je mets à vos pieds, Princesse, l’hommage de mon respectueux et tendre attachement.
Ce 12 août 1866.
Princesse,
Je reçois une lettre de remercîment de la pauvre Louison pour Votre Altesse;
Une autre lettre du comte de Seilhac, absent de Paris, qui me dit que tout est arrangé à souhait pour M ,le Morère. Cet homme, véritablement estimable, me demande d’avoir l’honneur de vous le présenter cet hiver. Il était très-lié avec M. de Saint-Marsault.
Le mercredi tombe le 15 août; n’est-ce pas une contre-indication que cette solennité pour la visite de Saint-Gratien ce jour-là? Faut-il remettre au lendemain mon plaisir?
Daignez agréer, Princesse, l’hommage démon respectueux et tendre attachement.
Ce mardi.
Princesse,
J’ai lu l’article de Geffroy ; il est net et bien cinglé 1 . — J’étais invité moi-même aux Tuileries pour demain soir, mais c’était pour moi subordonné à mon mercredi.
Maintenant, Princesse, laissez-moi vous dire tout bas et pour vous que je vais entrer en indisposition pour un nombre de jours indéterminé. Les docteurs se sont décidés à me faire une légère opération plus douloureuse que grave;
1. La publication des Lettres de Marie-Antoinette soulevait alors une vive polémique dans les revues et dans les journaux. Il y a déjà été fait allusion à propos d’un article de M. de Sybel (page 195). M. Albert Geffroy, de son côté, avait attaqué la question dans le Temps (5 janvier 1866) et dans la ttevue des Deux Mondes (I er juin, 15 juillet, 15 août 1866). C’est à l’un de ces articles que se rapporte la lettre de M. Sainte-Beuve. Il a d’ailleurs développé sa pensée, et au complet, sur tout# cette affaire des autographes contestés, dans une note à la fls de son troisième article sur Marie-Antoinette ( Nouveaux Lundis, tome VIII, page 382).
LETTRES
mais c’est toujours quelque chose (l’inconnu et d’incertain qui pourra me retenir plus ou moins de temps dans la chambre.
Veuillez ne pas accuser ma négligence tant que cette impossibilité de sortir durera.
Je suis à vous, Princesse, avec le tendre et respectueux attachement que vous savez.