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La mort de Gavarni (2 J novembre 1 SGG

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chez lui phthisie laryngée et fatigue universelle. — 11 y a dans les générations des coupes fatales et réglées. De soixante à soixante-cinq ans, il se fait de ces coupes d’automne : Duveyrier, Boüay, Gavarni. — J’en sais encore deux ou trois autres morts récentes, d’amis ou de camarades du même âge. C’est la loi; raison de plus pour goûter avec amitié les quelques années qui restent et qui, passé un certain chiffre, sont certainement de grâce et de faveur. — Une indisposition m’empêche ce matin d’aller jusqu’à Auteuil rendre les derniers devoirs à ce grand et charmant artiste; mais il vivra dans nos cœurs et aussi dans l’histoire de l’art contemporain.

Je mets à vos pieds, Princesse, l’hommage de mon tendre et respectueux attachement.

Princesse,

Ce 27 novembre 1866.

J’apprends les détails sur cette fin de l’aimable et charmant artiste notre ami.

Il avait un emphysème du poumon (enflure du tissu cellulaire) qui produisait une oppression continue. Il était si affaibli, que, ayant voulu, il y a quelque temps, aller consulter un docteur (Ëd. Fournier) spécial sur les maladies du larynx, il avait pu à peine revenii à Auteuil en voiture, et que, dans un café du boulevard, chez Durand, où il s’était arrêté un moment, chacun le regardait avec inquiétude. Il n’avait d’ailleurs nulle altération dans son humeur et gardait sa douce ironie. Le docteur Yeyne (un ami), ayant des craintes, adressa à son fils un télégramme à Marseille. Le jeune homme arriva le vendredi matin. C’est le soir que Gavarni s’est comme endormi et s’est éteint. Il n’avait pas de douleurs et n’accusait que du malaise. La machine ne fonctionnait plus. Sa femme est arrivée le soir et a voulu le veiller seule la nuit, — lui mort, — et. elle a renvoyé les domestiques et les témoins pour cette veille funèbre. — Il avait d’ailleurs depuis quelque temps une situation arrangée : plus de dettes, une partie encore de terrains. Un procès avec Hetzel était arrangé. On a trouvé chez lui huit mille francs en billets;

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ses papiers très en ordre, surtout ses papiers de mathématiques. — Enfin, il a pu sourire encore ■tristement à la vie, — jusqu’à son dernier moment.

A demain, Princesse. J’ai été, ces temps-ci, fort retenu par, mes petites indispositions et fatigues. Daignez m’excuser et agréer, Princesse, l’hommage de mon tendre et inviolable attachement.

On a pu mouler le crâne et la face ; on fera son buste.

Ce samedi.

Princesse ,

Après cette soirée de jeudi si agréable et si douce, qui m’aurait dit que j’allais en être privé, de pareille douceur, pour quelque temps? — Je n’ose dire plus. Jeudi, dans l’après-midi et la nuit suivante 1 , j’ai été saisi d’un accident interne

1. M. Sainte-Beuve venait d'être atteint, cette nuit-là (décembre 1866), de l’infirmité cruelle dont il ne devait point

assez impérieux pour devoir appeler à l'instant Ricord. Il a pourvu au mal, je ne souiïre pas trop, mais me voilà de nouveau rangé, et plus gravement à mon sens que la dernière fois, dans, la classe des valétudinaires. Espérons que je pourrai encore reprendre ce doux train de vie dont la Princesse était le charme et l’honneur. (Tout ceci pour vous seule encore, Princesse.)

Voici un Tallemant qui a demandé le temps de se vêtir dignement pour paraître devant Votre Altesse. C’est un esprit qui voit les petits côtés, c’est une commère; mais il est sincère, il a du jugement; s’il a de la malice, il n’a pas de parti pris et ne ment pas. Tel qu’il est, je le mets à vos pieds.

Et vous renouvelle, Princesse, l’hommage de mon tendre et respectueux attachement.

guérir, et qui n’était elle-même que le résultat le plus apparent de la maladie de la pierre, dont l’autopsie révéla les trop irrécusables témoignages.

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Princesse,

Ce 23 décembre.

Mille et mille grâces. Je ne suis qu’infirme et point positivement malade. Il n’y a rien de nou- ' eau dans cet état et je n’éprouve que beaucoup de fatigue.

Je pense à nos amis qui sont aujourd’hui de fête autour de vous.

Si Hébert s y trouve, comme je le pense bien, permettez-moi de le complimenter par votre bouche, Princesse.

Je mets à vos pieds l’hommage de mon tendre et respectueux attachement.

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