‹ Lettres à m. Panizzi, 1850-1870, publChapitre 7 sur 31 · M. Delvane était alors le directeur politique du Times · texte numérisé non relu

M. Delvane était alors le directeur politique du Times

LETTRES A M. PA.MZZI 73

Avez-vous reçu le seizième volume de la Correspondance de Napoléon I*^ ? Je ne sais si le nouveau président de la Commission, qui n*a jamais été bien renommé pour sa politesse, continuera d'envoyer son œuvre à ceux qui ont déjà recules premiers volumes.

Adieu, mon cher Panizzi ; je vous souhaite une bonne fin d'année. Ne mangez pas trop de christmas dinner, et rappelez-moi au souvenir de nos amis.

Cannes, 12 janvier 18G5.

Mon cher Panizzi,

La divine providence nous a envoyé un pâté de foie gras de Strasbourg qui nous a particulièrement fait regretter votre absence. J'en ai rarement mangé d'aussi bon, et les truffes qui l'ornaient étaient excellentes.

Le pape est parfaitement drôle, et les évêques qui reprennent la balle ne le sont pas moins. Mais voici un détail que vous ignorez, et qui a quelque valeur historique. Aux yeux de vous autres

messieurs les politiques, Tencyclique du Yicaire de Jésus-Christ passe pour une réponse au traité du IS septembre. Il n*en est rien.

Il y a ici un philosophe de nos amis ^, un peu trop clérical pour vous et pour moi, qui, deux mois avant le traité, a reçu la visite d*un auditeur de rote, Français et prêtre assez débonnaire, qui est venu le conjurer d'abjurer certaines erreurs contenues dans un de ses derniers livres, V Histoire de la philosophie^ ajoutant que, s'il ne le faisait pas, il s'exposait à être compris dans une censure que préparait le Sacré-Collège. Notre ami lui a dit qu'il ne rétractait rien, et qu'il ne conseillait pas au pape de s'en prendre à la philosophie, ni aux matières qui ne le regardaient pas. Vous voyez que l'encyclique est un vieux péché.

Je suis sans nouvelles de Paris depuis quelques jours, et un peu inquiet d'un bruit qui s'est répandu ici, que Tempereur avait eu une attaque. Bien que j'attache peu de foi à cette nouvelle, j'en suis un peu ému, car la vie qu'il mène n'est pas trop bonne pour un homme de cinquante-

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