M. Taylor était un ami de M. Panizzi
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cependant est presque terminée ; rarchitecte a eu le bon esprit de vous piller, mais ailleurs il a voulu perfectionner, et il s'est grossièrement fourvoyé. A chaque salle, il y a des marches à monter, ce qui indique peu d'intelligence des besoms d'une bibliothèque. Il y a des armoires trop hautes et des crémaillères insensées. D'ailleurs, on continue le catalogue lentement et dans les vieux errements.
Je suis allé vendredi à Saint-Cload. On y dansait, mais fort tristement. L'impératrice avait les yeux gros. Elle venait d'apprendre la mort de la princesse Czartoriska, fdle de la reine Christine. L'empereur voulait décommander le bal. Le roi a dit qu'il ne fallait pas faire cette peine aux dames. Madame de Lourmel et madame de Rayneval m'ont fort demandé de vos nouvelles. Madame de Lourmel s'attendait à recevoir votre portrait en échange du sien : voyez ce qu'il vous convient de faire. J'ai demandé quand on allait à Biarritz; mais la question était inconvenante, à ce qu'il m'a semblé. Il paraît que rien n'est encore décidé. Peut-être n'ira-t-on pas. Si on n'y va pas, c'est sans doute qu'on ira autre part ;
car vous savez que l'impératrice ne peut soutîrir Saint-Cloud. Je ne serais pas surpiis qu'on méditât quelque voyage, mais où ? Chilo sa?
Je ne doute pas qu'il n'y ait prochainement du tapage en Espagne. Le ministère est faible et n'a pas de généraux. On dit que le ministre de la guerre est une créature d'O' Donnell. Les Conclia sont peu bienveillants pour le cabinet actuel. D'autre part, les progressistes ont pour chefs deux hommes qui ne manquent pas de talent, mais qui manquent absolument de scrupules , Prim et Olozaga. Il ne serait pas impossible qu'on profitai de notre présence à Madrid poui" nous donner le spectacle d'un pronunciamiento. La chose est assez drôle et vaut la peine d'être vue. J'espère que cela vous décidera à venir.
Parmi le petit nombre de bipèdes qui sont encore à Paris, on fait beaucoup de conjectures sur le voyage du prince Humbert. Il y a des gens qui disent qu'il vient pour la princesse *** et que le pape payera la dot de la mariée. Je ne crois pas à cela, mais vous savez que je suis sceptique.
Ce qui me semble certain et qui doit avoir donné naissance à ce canard, c'est qu'on n'est pas con-
tent de Sa Sainteté. Montebello, qui est venu ici, en a conté de toutes les couleurs et dit qu'on lui fait faire un métier peu de son goût. Cette conversion du petit Cohen a mis l'armée de très mauvaise humeur et a fait aussi, je crois, quelque impression en haut lieu.
Adieu, mon cher Panizzi. On s'attend à ce que M. de Bismark jette sa Chambre par la fenêtre. La Prusse et rAulriche sont fort aigres l'une pour l'autre et les petits États très irrités; mais tout avorte chez ces gens-là. Si la France et l'Angleterre étaient bien unies, elles pécheraient de beaux poissons dans celte eau trouble.
Paris, ô septembre 18G4.
Mon cher Panizzi,
Pendant que vous êtes en villégiature, je tousse et j'étouffe. 11 fa\it absolument qu'on me donne une maison de campagne au bord du Nil, si l'on veut que je vive. Mes contemporains de-
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vraienl bien se cotiser pour me faire cette galanterie.
Vous m'avez fait rire avec votre indignation aristocratique, contre la possibilité d'une mésalliance dans la maison de Savoie. Je vous ai dit que je n'y croyais pas alors, et j'y crois encore moins aujourd'hui^ mais en ma qualité de plébéien, je ne trouverais pas la chose si terrible; je la trouverais même très avantageuse à ladite maison, si à de beaux yeux, et à une peau qui doit être fort douce, se joignait la dot que vous savez. Cela vaudrait la peine d'épouser une négresse.
Tout le monde croit qu'il va y avoir une insurrection à Madrid très prochainement, et peut-être une révolution. En Espagne, on n'obéit qu'à une grande épée, et il n'y en a pas dans le cabinet Mon. Elles ne manquent pas en dehors. Il y a 0' Donnell, Narvaez, les deux Concha et Espartero. Le ministre actuel de la guerre est un pauvre hère, créature dO'D'onnell, mais qui par lui-même ne peut rien. Si Prim et les progressistes, qui ont fait, comme il semble, de nombreuses recrues essayent d'un pronunciamiento, il
«st possible que le cabinet aille à tous les diables et l'innocente Isabelle en même temps. Il y a à Madrid plus de vingt mille Français, artisans, industriels ou réfugiés, qui, un jour d'émeute, fournissent des professeurs de barricades très habiles, ainsi qu'on a pu lé voir dans la dernière révolution. C'est à quoi aboutissent souvent les efforts pour faciliter les communications internationales. Chacun prend les maladies de son voisin.
Tout cela ne devrait pas vous empêcher d'aller avec moi en Espagne. Les étrangers n'ont rien à craindre dans ces occasions-là; ils voient les choses de près et se forment l'esprit et le cœur.
Je crois que M. Fould aura fort affaire pour remettre ensemble des collègues fort désunis. Quel parti prendra-t-on pour la session prochaine, résistance ou concession ; c'est ce que personne encore ne sait au juste, peut-être même celui qui décide en dernier ressort.
Les derniers discours de lord Palmerston me paraissent séniles. Solve senescentem ! Cela ressemble aux dernières années de Louis-Philippe,