M. Delvane était alors le directeur politique du Times
Avez-vous reçu le seizième volume de la Corref^pondance de Napoléon I""^ ? Je ne sais si le nouveau président de la Commission, qui n'a jamais ■été bien renommé pour sa politesse, continuera d'envoyer son œuvre à ceux qui ont déjà reçu les premiers volumes.
Adieu, mon cher Panizzi ; je vous souhaite une bonne fin d'année. Ne mangez pas trop de chrislmas dinner, et rappelez-moi au souvenir de nos amis.
Cannes, 12 janvier ISC5.
Mon cher Panizzi,
La divine providence nous a envoyé un pâté de foie gras de Strasbourg qui nous a particulièrement fait regretter votre absence. J'en ai rarement mangé d'aussi bon, et les truiïes qui l'ornaient étaient excellentes.
Le pape est parfaitement drùle, et les évêques qui reprennent la balle ne le sont pas moins. Mais voici un détail que vous ignorez, et qui a quelque valeur historique. Aux yeux de vous autres
74 LETTRES A M. TANIZZI
messieurs les politiques, l'encyclique du Vicaire de Jésus-Christ passe pour une réponse au traité du lo septembre. Il n'en est rien.
Il y a ici un philosophe de nos amis *, un peu trop clérical pour vous et pour moi, qui, deux mois avant le traité, a reçu la visite d'un auditeur de rote, Français et prêtre assez débonnaire, qui est venu le conjurer d'abjurer certaines erreurs contenues dans un de ses derniers livres, ÏHistoire de la philosophie, ajoutant que, s'il ne le faisait pas, il s'exposait à être compris dans une censure que préparait le Sacré-Collège. Notre ami lui a dit qu'il ne rétractait rien, et qu'il ne conseillait pas au pape de s'en prendre à la philosophie, ni aux matières qui ne le regardaient pas. Vous voyez que l'encyclique est un vieux péché.
Je suis sans nouvelles de Paris depuis quelques jours, et un peu inquiet d'un bruit qui s'est répandu ici, que l'empereur avait eu une attaque. Bien que j'attache peu de foi à cette nouvelle, j'en suis un peu ému, car la vie qu'il mène n'est pas trop bonne pour un homme de cinquante-