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arts et de la polémique avec riiislitiil. Dans ses moments de loisir^ on lui donne des recherches à faire sur l'histoire romaine. Il est, d'ailleurs, libre de faire ce qui lui plaît depuis une heure du matin jusqu'à huit heures. Heureusement que, mercredi, je redeviens homme libre.
La réponse de l'Autriche est arrivée, très amicale, acceptant en principe, mais demandant des renseignements. M. de Goltz, qui est ici, a apporté, je crois, une lettre semhlahle du roi de Prusse. En somme, je pense qu'il y aura bien des protocoles, mais qu'il y aura un congrès. Je doute qu'il fasse grand'chose, mais il aura empêché la guerre, ce qui est un grand point.
Adieu ; portez-vous bien et donnez de vos nouvelles.
Paris, 7 décembre 18C3.
Mon cher Panizzi,
Il semble que César n'a pas trop mal vu la lettre de lord Russell. C'est pour l'Angleterre un parti
pris de devenir une puissance de second ordre ; du moins elle fait le plongeon toutes les fois qu'on l'invite à faire acte de puissance du premier ordre. C'est son affaire, et, à un certain point de vue, je trouve qu'elle a raison et que nous avons tort. Mais, d'un autre côté, trouvez-vous bien Texcessive hâte de son refus, et les termes employés par lord Russell? On n'est pas habitué de sa part à la politesse, mais on aurait voulu qu'il prît la peine de lire la lettre de l'empereur. Tandis que toutes les puissances de l'Europe se bornent à demander qu'on spécifie les questions à traiter, il répond qu'il est impossible de s'entendre, et que ce n'est pas la peine de commencer. Observez que, naguère encore, il se plaignait de la grandeur des armements de la France, qui obligeait toute l'Europe à l'imiter. Or l'empereur, dans sa lettre, dit que la question du désarmement général doit occuper le congrès. Supposé que toutes les puissances refusassent de traiter les affaires qui agitent en ce moment l'Europe, qu'elles voulussent qu'on en restât sur Vidi possidctis, et qu'on se bornât à reproduire les articles non abrogés des traités de 1815, en leur donnant une sanction non-
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relie, h\ question du désarmement pourrait cependant être traitée sans dilTicullé. Si chaque puissance prenait vis-à-vis des autres l'engagement de réduire son état militaire à ses besoins personnels, ne serait-ce pas un grand avantage pour toute i'Europe? C'est à quoi lord Russell ne répond même pas.
L'impression de sa lettre a été très mauvaise ici, de quoi sans doute il se soucie très peu. Ce qui paraît certain, c'est que, supposé, ce qui est probable, que l'insurrection polonaise soit anéantie au printemps prochain et que l'empereur Alexandre fasse preuve de quelque humanité ou de quelque politique à l'égard de ses sujets polonais, il y aura un rapprochement entre la France et la Russie, dont l'Angleterre pourra craindre un jour les effets, si nous ne sommes pas en pleine anarchie lorsque la question d'Orient éclatera.
La discussion des pouvoirs de la Chambre a montré à nu le suffrage universel. Le gouvernement n'a pas clé justifié, et l'opposition a été convaincue d'avoir fait usage des mêmes moyens <le corruption et d'intimidation. Maintenant que
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les candidats ont à faire la cour à la canaille, ils sont obligés d'employer des agents ignobles, qui font toutes les turpitudes imaginables. Il est fàcbeux qu'on ait mis cela au grand jour. En Angleterre où la matière électorale est beaucoup plus élevée, on a grand soin de passer l'éponge sur toutes les saloperies de cette nature.
Adieu, mon cher Panizzi ; portez-vous bien. Que devient le procès de lord Palmerston? On dit que, ayant demandé conseil là-dessus à Thiers, Tliiers lui a répondu : « Faites la vérilicalion des pouvoirs. »
Cannes, 30 décembre 1803.
Mon cher Panizzi,
Depuis que je suis ici, je ne sais plus rien de la politique que par Cousin, qui a des correspondants parmi les grands hommes d'État, et par quelques mots que M. Fould m'envoie de temps en temps.
La discussion de l'emprunt a été meilleure que je ne l'aurais espérée. M. Tbiers a été convenable.
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Entre nous, il nio semble qu'il n a rien appris ni rien oublié, comme vos amis les Bourbons. Il avait besoin de parler et a parlé sur la pointe d'une aignille. Il a traité la Chambre avec des airs de supériorité qui n'ont pas plu beaucoup, et il n'est pas arrivé à un autre résultat qu'à prouver (lu'il ne dirigeait pas l'oj^position, et qu'elle n'avait guère de confiance en lui. Il prendra peut-être sa revanche sur la question du Mexique, qui est un bien meilleur champ de bataille pour l'opposition. Je ne sais pas trop cumment 31. Rouher et M. Chaix d'Est-Ânge se tireront de ce mauvais pas.
On annonce de mauvaises nouvelles d'Italie et (le Hongrie. Le pai ti rouge, qui est de tous les pays, comme le parti clérical, et qui dans toute l'Europe agit avec un diabulique concert, se remue terriblement et promet pour le printemps prochain une explosion générale. Vous avez vu la proclamation de Kossuth. Je ne sais pas si le gouvernement d Italie est assez fort pour empêcher les volontaires et Garibaldi de recommencer quelque autre sottise. Il est fort à craindre qu'il ne soit pas trop préparé pour s'y opposer. Ce qui est certain, c'est que les rouges et les cléricaux, ces
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deux ennemis du sens commun et de l'humanité, sont les uns et les autres pleins de confiance et annoncent de grands événements pour l'année qui va commencer après-demain. Je ne crois pas au succès des uns ni des autres, mais je crois à un gâchis lerrihle, funeste pour tout le monde et pour nous plus que pour personne.
On parlait à Paris ces jours derniers de changements ministériels, entre autres de celui deDrouyn de Lhuys. Je n'y crois pas trop, bien que persuadé qu'il serait fort à désirer que nous fussions débarrassés de ce faiseur de phrases qui n'a pas une idée à lui, et qui, même en matière de phrases, est fort au-dessous du prince Gurlchakof.
Lord Brougham est ici, bien faible, cliancelant sur ses jambes, mais toujours biisi/ bodij, curieux de tout savoir et passablement gobe-mouche. Il est devenu fort dévot. Cela donne de l'espérance pour vous et moi quaiul nous aurons quatre-vingtcinq ans.
J'ai consulté, avant de quitter Paris, le pins habile médecin pour l'asllnne. 11 m'a ordonné un traitement que je vais suivre et il me promet une guérison complète si je l'observe exactement.
C'est de l'arsenic qu'il s'agit d'avaler. Cela fait grand bien aux moutons, aux chevaux el aux Tyroliens ; mais c'est une question de savoir si mon estomac est comme celui des quadrupèdes et bipèdes à qui l'arsenic réussit. Enfin il faut essayer.
Adieu, mon cher Panizzi ; finissez bien cette année, commencez bien l'autre, et suivez le précepte philosophique recie agere et Iselari que le père Dubois, le médecin de Napoléon Y', traduisait par faire son affaire et se f du rcsle.