‹ Lettres à une autre inconnueChapitre 8 sur 11 · I. Un morceau d'esturgeon et des gelinotte · texte numérisé non relu

I. Un morceau d'esturgeon et des gelinotte

A UNE A T II.! I m o\M 1. 130

drcs, je suis décidé à en devenir amoureux. Voilà ce que c'est que de laisser son 31

taire sans consolation pendant des mois entiers, exposé a des séductions telles que les

cadeaux culinaires dont je voit- ai parlé.

Que dit-on et que fait-on à Rome? Vous ne me dites pas -i l'on a peur, si le fameux Jamais de M. Fîouher a été pris pour de l'argent comptant ou pour de la rhétorique. Ici, les affaires, ne vont pas trop bien. La Chambre n'est pas dirigée. La loi sur l'armée ne doit pas donner une trop bonne idée de notre patriotisme aux étrangers. Il y a beaucoup de misère et beaucoup d'inquiétude sans qu'on se rende bien compte de quoi l'on a peur. Malgré tout ce

qui s'est dit et se dit à Paris et à Berlin, bien des gens ne peuvent admettre que M. de Bismarck ne nous fasse pas la guerre au printemps.

M. de Goltz a été opéré de je ne sais quoi à la langue ; on dit que ce n'est pas une trop bonne affaire et que cela peut finir mal.

Ce serait madame de Montebello qui remplacerait, dit-on, la duchesse de Bassano.

Voilà toutes mes nouvelles, chère présidente, et je n'ai de place que pour tomber à vos genoux et baiser très-respectueusement et très-tendrement votre blanche main, si vous voulez bien me la tendre. Vache padarny pissar1.

Page 1