La guerre avec la ['russe
patraque au dernier point ; cependant, mes mécîecins disent que je suis mieux, mais je r/e m'en aperçois guère. Je n'ai point envoyé chez vous les livres, craignant qu'il n'y eût personne pour les recevoir.
Adieu encore ; je vous embrasse de cœur.
CGCXXX
Paris, mardi 9 août I8Ï0.
Chère amie, je pense que vous ferez bien de ne pas venir à Paris en ce moment ; je crains qu'il n'y ait sous peu de tristes scènes. On ne voit que des gens abattus ou des ivrognes qui chantent la Marseillaise. Grand désordre partout! L'armée a été et est admirable ; mais il paraît que nous n'avons pas de généraux. Tout peut encore se réparer ; mais, pour cela, il faut presque un miracle.
Je ne suis pas plus mal, seulement accablé de cette situation. Je vous écris du Luxembourg, où nous ne faisons qu'échanger des espérances et des craintes. Donnez-moi de vos nouvelles. Adieu.
Paris, 29 août 1870.
Chère amie, merci cic votre lettre. Je suis toujours très-souffrant et très-nerveux. On le serait à moins ; je vois les choses en noir. Depuis quelques jours, cependant, elles se sont un peu améliorées. Les militaires montrent de la confiance. Les soldats et les gardes mobiles se battent parfaitement; il paraît nue l'armée du maréchal Bazaine a fait des prodiges, bien qu'elle se soit toujours battue un contre trois. Maintenant, demain, aujourd'hui peut-être, on croit à une nouvelle grande bataille. Ces dernières affaires ont été épouvantables. Les Prussiens font la guerre à coups d'hommes. Jusqu'à présent, cela leur a réussi ; mais il paraît qu'autour de Metz, le carnage a été tel, que cela leur a donné beaucoup à penser. On dit que les demoiselles de Berlin ont perdu tous leurs valseurs. Si nous pouvons reconduire le reste à la frontière, ou les enterrer chez
nous, ce qui vaudrait mieux, nous ne serons pas au bout de nos misères. Cette terrible bouclierie, il ne faut pas se le dissimuler, n'est qu'un prologue à une tragédie dont le diable seul sait le dénoûment. Une nation n'est pas impunément remuée comme a été la nôtre. Il est impossible que de notre victoire comme de notre défaite ne sorte une révolution. Tout le sang qui a coulé ou coulera est au profit de la République , c'està-dire du désordre organisé.
Adieu, chère amie; restez à P..., vous y êtes trèsbien. Ici, nous sommes encore très-tranquilles; nous attendons les Prussiens avec beaucoup de sang-fioid; mais le diable n'y perdra rien. Adieu encore. •
CGCXXXII
Cannes, 23 septembre 1870'.
Chère amie, je suis bien malade, yi malade, que c'est une rude afl'aire d'écrire. II y a un peu