TOME XII
depputons et vous ordonnons^ voulons et vous mandons
vous transporter en la dite ville de la Rochelle, et illec
voyez et visitez les fortifications, ports et havres d'icelle et
du pays d'Aunis; assavoir s'ils sont en estât et seuretë,
quelle quantité de blés, vins et autres vivres et dedans
icelle ville quel nombre de gens et harnoys de guerre se
trouvera pour faire service, artillerie et autres munitions
de guerre, et du tout faire bon et loyal inventaire dont nous
advertirez, affin de, si besoing est, en y faire mectre
davantaige, sans toutes foys riens déplasser, vous donnant
plain povoir et faculté de affaire y survenant, vous mectre
et enserrer dedans ladite ville avecques vostre compaignye
ou partye d'icelle et tel nombre de gens de pied que
ad viserez estre nécessaires pour la garde et tuition
d'icelle ; de commander les ban et arrière-ban des pays de
Poictou * et Xaintonge ; et les employer pour le service du
roy pour le faict de ladite ville de la Rochelle ; dresser et
faire dresser estappes pour la conduicte d'icelluy et autres
gens de guerre, et icelles faire fournir de vivres, tant pour
les personnes que chevaulx ; ensemble de faire faire
monstre tant desdis ban et arrière-ban que des gens de
ladite ville que autres si lafFaire le requiert ; ordonner et
commander toutes autres choses que vous cognoistrez
estre nécessaires pour la seureté de ladite ville, tout ainsi
que nous ferions et faire pourrions si présens en personne
y estions. Mandans et commandans aux maire, soubs-
maire, eschevins, manans et habitans de ladite ville de la
Rochelle et à tous autres justiciers, officiers et subgiets du
roy que à vous en ce faisant, soit obéy, donnent conseil,
confort, faveur et ayde, comme feroient à nous de tant
que craignent desplaire le dit sieur et nous.
i. L'arrière-ban de Poitou fut convoqué à Poitiers le dernier jour d'avril 1543, en vertu de Tédit du roi donné à Fontainebleau le dernier jour de mars précédent. (Annales d'Aquitaine, par Bouchet, p. 527.)
Donné soubs nos seing manuel et seel de nos armes au Mont-de-Marssan, le xxvij^ jour d'avril, Tan mil cinq cens quarante -trois. Signé Henry. — Et plus bas du Colon.
2. — 27 avril 1543. — Ordre du roi de Navarre au lieutenant de M. du Lude, de conduire sa compagnie à la Rochelle.
Henry, par la grâce de Dieu, roy de Navarre, lieutenant général du roy en Guyenne, Languedoc, Prouvence et Poictou, à nostre amé et féal le lieutenant de la compaignie du sieur du Lude *, salut. Voyant la guerre estre ouverte de toutes parts en ce royaume, et que nous doubtons que Tempereur vueille faire quelque entreprinse par mer sur quelques villes de la coste de Xaintonge ; pour ne luy en donner le moyen et obvier à son maulvays vouloir, voulons et vous mandons que vous faictes promptement desloger ladicte compagnie du lieu où à présent elle est logée, et icelle logez et mettez en garnison à la ville de la Rochelle et ez environ d'icelle 2, au pays d'Aunis ez lieux plus commodes que adviserez et leur faictes bailler et délivrer vivres, logis et autres choses qui leur seront nécessaires, en payant raisonnablement et selon le tenir et ordonnance du roy et nostre, et la conduisant et faisant vivre le plus honnestement et au soUaigement du pauvre peuple que faire vous pourrez en y contraignant tous ceulx qui pour ce seront à contraindre, par toutes voyes et manières deues et raisonnables, non obstant oppositions ou appellations quelsconques, et sans préjudice d'icelles pour lesquelles ne voulons estre aucunement différé. De ce faire,
1. Le s' de Belin était alars lieutenant de la compagnie de M. du Lude. {Journal de Guillaume le Riche, p. 56.)
t. L'année suivante, avril 1544, le cte du Lude fu* nommé gouverneur de la Rochelle, en remplacement de Charles CJiabot, baron de Jarnac. {Hist. de U Rochelle, t. I, p. 321.)
nous vous avons donné et donnons plain povoir et mandement et commission espéeialle, mandons et commandons à tous justiciers, officiers etsubjects du roy, que à vous en ce faisant , soit obéy de tant que craignent lui desplaire et à nous.
Donné au Mont-de-Marssan, le xxvij® jour d'avril, mil cinq cens quarante troys. Signé : Henry. Et plus bas :
DU COLOM.
3. — 16 juin 1543. — Ordre du roi Henri II, roi de Navarre, à M, du Lude, de mettre en garde les côtes de la mer et le Poitou contre une descente des Espagnols.
Henry, par la grâce de Dieu, roy de Navarre, lieutenant général du roy en Guyenne, Languedoc, Provence et Poictou, et gouverneur dudit Guyenne, à nostre très-cher et très-amé le seigneur du Ludde, capitaine de cinquante lances des ordonnances du roy, salut. Comme ainsi sy soyt que nous ayons estes advertis que les Espaignols et autres leurs amys et alliés sont deslibérés de courir et faire quelque surprinse sur les pays et subgets du roy du cousté de la Rouchelle, Xantonge et Poitou, le long de coste de la mer, et que à ses fins, ils ont ja faits et font grands assemblées et préparatifs de navires, gens de guerre, artillerie et autres munitions de guerre ; ce que leur seroyt aisé et facille s'il n'y estoit promptement pourveu , et que pour s'en donner de garde leur résister et faire teste soye besoing commectre personnaiges d'auctorité fidelles et expérimentées sur ladite couste et mesmement du cousté de Poytou ; à ceste cause, à plains confians de vous, vous avons commis, depputé et ordonné, et par ces présentes commectons, députons et ordonnons , volons et vous mandons vous transporter audit pays de Poictou et illec, vous donner et faictes donner de garde par telles personnes que vous cognoistrez estre de service fidelles et expérimentés, à ce
que lesdits Espaignols ne autres tiennent le party de Tempire, ne puissent faire aulcune surprinse dont inconvénient puisse advenir au roy et à ses dis subgets ; vous donnans plain povoir, auetorité, mandement et commission espécialle de affaire sûrement lever et faire lever et assembler en tel nombre et quantité de gens de guerre, tant de cheval que de pied que besoing sera et iceulx conduire et menner là part que l'affaire s*offrira, et les employer pour le service dudit seigneur, garde et seureté de ses pays et subgets, deffendre et offendre lesdis ennemis, de mectre et ordonner garnisons, de faire fournir les villes et lieux forts et commodes pour résister aux entreprinses desdis ennemis, tant de gens, vivres que autres munitions que verrez estre nécessaires; de commectre et ordonner en vostre lieu et charge tel ou tels personnaiges fidelles et de service que aviserez ; de deffendre aux subgects dudit seigneur de ne fournir ne aulcunement secourir lesdis ennemys de vivres ne autres choses dont ils se puissent ayder et fortiffier contre luy et sesdits subgects, que ne leur soyt par ledit seigneur ou nous commandé le contraire. Mandons et commandons à tous justiciers, officiers et subgects dudit seigneur que à vous en ce faisant soit obéy, donnent conseill, conffort, faveur et ayde, se mestier est, comme feroyent au roy et nous sur peyne d 'estre dicts rebelles et désobeyssans et pour tels estre pugnis et chastiez.
Donné soubs nos seing et scel de nos armes au Mont-de- Marsan, le xvj* jour de juing. Tan mil cinq cens quarantetroys. Signé : Henry. — Par le roy de Navarre, lieutenant généralduroy en Guyenne, Languedoc, Provence et Poictou, monsieur de Sées présens. — du Colom.
4.— 28 juin 1543.— Ordre du roi François I" à M. du Lude, de se rendre à la Rochelle, pour y seconder M. de Jarnac, en cas d'une descente des Anglais.
Monsieur du Lude ,
J'ai eu advertissement que les Anglois se deslibèrent de venir descendre à la Rochelle, où j'escrips à mon cousin le sieur de Jarnac ^ , donner tout Tordre et provision qu'il sera nécessaire, et y fais marcher les arrière-bans de Poictou ^, Xaintonge , Angoulmois et Guyenne , et fais tenir prests mille homme de pied pour mettre dedans si affaire survient. Cependant je vous prie ne faillir incontinant la présente receue, de vous retirer dedans ladite ville avecques vostre compaignie et vous emploier à souUaiger ledit sieur de Jarnac de tout ce que vous pourrez et que y sera nécessaire à faire pour mon service ; et si tant est qu'il ne s y puisse trouver, comme il est à craindre à cause de son indisposition, faictes en son absence et pourvoiez à ce que je luy escrips, dont il vous advertira, le mieulx et le plus dilligemment que vous pourrez, sans y perdre une seulle heure de temps et m'advertissez ordinairement de vos nouvelles, priant Dieu, Monsieur du Lude, qu'il vous ayt en sa garde.
Escript au camp de MaroUes, le xxviij® jour de juin 1 543. Signé : Françoys. Et plus bas : de l'Aubespine.
Et la suscription est : AMonsieur du Ludde, gentilhomme de ma chambre,
i . Le s' de Jarnac était encore gouverneur de la Rochelle. Le c^e du Lude ne le remplaça qu'en avril 1544.
2. L'arrière-ban du comté de Civray fut crié le 25 juillet 1543, pour se trouver le 1*' août à Chizé et aller de là à la Rochelle. (Journal de Guillaume le Riche, p. 51.)
5. — 18 octobre 1543.— Ordre de François I" à M. du Lude, de s'assurer de la personne de la dame de Bazonges et de son château de Nouailles.
François, par la grâce de Dieu, roy de France, à nostre amé et féal gentilhomme ordinaire de nostre chambre, le sieur du Lude, nostre lieutenant de Poictou, en Tabsence de nostre très-cher et très-amé beau-frère le roy de Navarre, salut et dillection. Nous voulions et vous mandons pour aucunes causes et considérations à ce nous mouvans, que vous ayez à vous saisir réaniment et de faict de la personne de la dame de Bazoges, et icelle mettre èz-mains de personnaiges qui vous en puissent respondre toutes et quantes foys que besoing sera ; et quant au château de Nouailles à elle appartenant, vous y mectez gens de par vous pour le nous garder et conserver jusques à ce que par nous autrement en aye esté ordonné, et ce, non obstant oppositions ou appellations quelsconques pour lesquelles ne voulions estre différé par vous, car tel est nostre plaisir. De ce faire, vous avons donné et donnons plain pouvoir, puissance, auctorité, commission et mandement espécial, mandons et commandons à tous nos officiers et subjects que à vous en ce faisant soit obéy, prestent et donnent conseil, confort, ayde et prisons, si mestier est et requis en sont.
Donné à la Fère-sur-Oyse, le xviij® jour d'octobre. Tan de grâce mil cinq cens quarante-troys, et de nostre règne, le vingt-neufiesme. Par le roy : de l'Aubespine.
6. — 17 mai iS44.— Lettre du roi François I" à M. du Lude, sur les mesures prises pour la sûreté de la Rochelle et des îles ou côtes voisines.
Monsieur du Ludde,
J'ay receu vos lectres du 3® de ce moys et veu la diligente perquisition que vous avez faicte pour entendre le
faict des prisonniers qui estoient eschappës de la Rochelle ; et quant à ceulx qui avoyent esté pris, vous ne sçauriez mieulx faire que de les faire travailler aux rempars et trouve bien bon d'en suyvre les mémoires que vous m'avez envoyés et que pour fournir aux choses plus nécessaires vous vous aydez du dépost dont vous m'avez adverty, le faisant prendre par le receveur de ladite Rochelle pour l'emploier en ce qui sera le plus requis et nécessaire pour après estre rendu à celluy à qui après la sentence donnée, il sera trouvé appartenir, et à ce faire et mectre ez mains du receveur ordinaire vous ferez contraindre ledit dépositaire, lequel nous voulions et entendons estre et en demeurer quicte et deschargé en rapportant le vidimus des présentes signées de ma main et de l'ordonnance que vous luy en ferez en vertu d'icelles. Au surplus, j'ai veu la Visitation que vous aurez fait faire des isles de Ré, Marennes et autres, et ay esté très aise d'entendre le bon nombre de gens de guerre qui s'y trouve, et affin qu'ils ne soient sans quelque bon chef et conduicte , vous choisirez quelques bons gentilshommes expérimentés aux armes pour estre leurs chefs quant besoing sera; et au surplus, vous ferez tousjours bon guect de mettre peine d'entendre ce que feront les ennemys pour vous garder de surprinse ; sur quoy faisant fm, je prierai Dieu, Monsieur du Lude, qu'il vous ayt en sa saincte garde.
Escript à Saint-Germain-en-Laye, le xvij^ jour de may 1 544. Signé : François. Et plus bas : Bayard.
La suscription : A Monsieur du Ludde, gentilhomme ordinaire de ma chambre et mon lieutenant général en Poictou, Xainctonge et la Rochelle, en l'absence de mon frère le roy de Navarre.
7. — 22 mai 1544. — Lettre du roi François l^^ à M. du Lude, portant ordre de prêter secours au lieutenant de Poitou contre les assemblées des Luthériens *.
Monsieur du Lude,
J*ay esté adverty que de la Rochelle et des environs y a plusieurs personnaiges grandement taschës et infectés de cesmauldictes et dampnées erreurs luthériennes qui se sont mis ensemble et par trouppes, vont par le pays faisant infmys scandalles et semant parmy le peuple leur malheureuse et dampnée doctrine ^, chose qui me desplaist tant qu'il n'est possible de plus, tant pour l'honneur et révérence de Dieu, conservation de toute son Eglise et de toute la religion chrétienne, que pour estre telles sédicions et assemblées très-dangereuses et pernicieuses, mesmement au temps de guerre où nous sommes ; et pour ceste cause j'escrips présentement au lieutenant de Poictou, qu'il ayt a diligemment et secrètement s'informer qui sont les dessus dits et contre ceulx qu'il en trouvera chargés face procéder à les prendre, chastier et pugnir si estroictement et vigoureusement que ce soit exemple et terreur à tous autres, et si pour ce faire il a besoing de plus grande force que celle de ma justice, il le vous face entendre et que vous luy baillerez telles qu'il vous demandera, dont j'ai bien vouUu vous advertir, vous priant. Monsieur du Lude, que là où ledit lieutenant viendra à vous demander pour
1. Cette lettre est imprimée, mais en partie seulement, dans l'Histoire de la Rochelle, t. II, p. 677.
2. Dès 1543, il y avait des prédicateurs calvinistes qui couraient le Poitou. L'un d'eux, qui avait prêché le jour de Pâques à la Mothe- St-Héraye, échappa aux poursuites du procureur du roi, grâce à la protection des gentilshommes du pays environnant. Au mois d'avriI1544,JeandeSaint-Gelais,abbécommandatairedeSaint-Maixent, osa même y prêcher l'hérésie en présence de Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre. Un autre prédicant, maître Jérôme, fut arrêté à Saint-Maixent, au mois de juin 1544. {Journal de Guill. le Riche.)
rexëcution de ce que dessus ladite force, vous luy baillez incontinant et luy prestez tout Tayde et faveur dont il aura besoing pour appréhender, rompre et courir sus aux dessus dits, en manière qu'ils puissent estre pugnis comme ils le méritent et le pays nettoyé d'une telle vermine; et vous me ferez service très-agréable en ce faisant, priant Dieu, Monsieur du Lude, qu'il vous ayt en sa garde.
Escript à Saint-Germain-en-Laye, le xxij® jour de may 1544. Signé : François. Et plus bas : de I'Aubespine,
Et la suscription est : A Monsieur du Lude, mon lieutenant en Poictou.
8. — 5 avril 1545. — Exemption du logement des gens de guerre pour la ville de Poitiers.
Extrait du livre du pappier rouge de la court ordinaire de la séneschaucée de Poictou à Poictiers.
Aujourduy, en jugement en présence des advocat et procureur du roy comparans par maistres Jasmes Delauzon advocat * et Philippes Arembert procureur dudit seigneur ^, ont esté leues et publiées en la court de céans eticelle tenant, les lectres cy-après contenues, lesqueulx advocat et procureur du roy ont dict avoyr veu lesdites lectres et ne vouloir empescher ladite publication et lecture, et requis qu'elles feussent enregistrées au greffe de la court de céans, ce que avons ordonné estre faict, et desquelles lectres la teneur s'ensuit, ensemble de l'exécutoire d'icelles que aussi a esté leu, publyé et enregistré.
Françoys, par la grâce de Dieu, roy de France, à nostre amé et féal gentilhomme ordinaire de nostre chambre, le
1. James Delauzon, avocat du Roi au siège de Poitiers, avait été maire de cette ville en 1541.
2. Philippe Arembert, procureur du roi, fut maire de Poitiers en 1551.
comte du Lude, nostre lieutenant général en Poictou, salut. Sçavoir faisons que pour bonnes et grandes raisons et considérations qui à ce nous meuvent, maintenir et entretenir nostre bonne ville et cyté de Poictiers et fauxbourgs d'icelles, grâces, privilèges, franchises et exécutions dont elle a cy-devant joy et usé, et mesmement en ce qui touche le fait des garnisons de nos gens de guerre dont elle a été tousjours par cy-devant exampte comme aussi ont esté lesdits fauxlbourgs, ainsi que les bourgeois, échevins, manans et habitans d'icelle nous ont fait entendre et remonstrer ; pour ces causes, vous mandons, commandons et très-expréssement enjoignons par ces présentes que de ladite exemption des dessus dits garnisons vous faictes, souffrez et laissez les dicts ville et fauxbourgs de Poictiers joyr et user plainement et paysiblement, tout ainsi qu'en la mesme forme et manière qu'ils ont faict par le passé et si aucune chose avoyt esté ou estoict faicte au préjudice d'icelle exemption, faictes et réparer et mectre au premier estât, car tel est nostre plaisir, non obstant que par les ordonnances anciennes que dernièrement faictes sur le fait de nostre gendarmerie, il soyt expressément dict que les dictes garnisons seront assises es- villes closes de nostre royaume, dont nous avons excepté et exceptons ou dicte ville et fauxlbourgs de Poictiers et nos dites ordonnances quant à ce en tant que besoing seroyt desrogeret desrogeons par ses dites présentes.
Donné à Fontainebleau, le cinquiesme jour d'avril, mil cinq cens quarante-cinq, et de nostre règne le trente et ungniesme. Ainsi signé par le roy le seigneur Dannebault*, admirai de France présent, Bayard, et scellé du grand scel de cire jaune à simple queue.
Jehan de Daillon , conte du Lude, seigneur , baron
1. Claude d'Annebaut, maréchal de France, amiral de France de 1543 à 1552.
dlliers, Soulterë et Bryenson, conseiller, chambellan et gentilhomme ordinaire de la chambre du roy nostre sire, cappitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances dudit seigneur et son lieutenant général ez pays et conté de Poictou et en l'absence du roy de Navarre ez ville et gouvernement de la Rochelle et pays d'Aulnis et séneschal d'Anjou, à nostre cher et bien amé Jehan de Loubes, escuier, seigneur de Mausan *, salut. Sçavoir faisons que suyvant unes lectres patente du roy à nous addressante, données à Fontainebleau le cinquiesme de ce moys, signées par le roy, le seigneur d'Annebaut admirai de France présent, Bayard, par laquelle nous est mandé exempter la ville et faulxbourgs de Poictiers du faict des garnisons des gens de guerre pour les causes ez dites lettres patentes, pareillement nous a esté mandé par unes lectres missives du roy nostre dit seigneur à nous adressante, exempter la ville de Chastelherault pour les logeys seuUement desdis garnisons pour [les causes contenues ez dites lectres que vous avons par cy-devant envoyés. Pour ce est-il, que nous, considéré leur mandons et expressément enjoignons vacquer à faire mectre ce nouveau compartement, resserrer lesdis gens de guerre et leur bailler logeys et leur faire fournir vivres sur... de l'ordonnance et autres villes de Poictou les plus commodes que pourra veoir estre raisonnables, exempter la dicte ville de Chastellerault seulement et la dicte ville et fauxbourgs de Poictiers de l'assiette et contribution, appellant pour ce faire ceulx que seront à appeller. De ce faire, vous donnons pouvoir et mandement espécial, et en vertu de celluy à nous donné, mandons à tous justiciers, officiers et subjects du roy nostre dit seigneur qu'à vous en ce faisant obéyssent, prestent et donnent pour
1. Jean de Loubes, écuyer, seigneur de Reigner et de Gersant (paroisse de la Trimouille), était enseigne de la compagnie de M. du Lude. Mausan est évidemment une mauvaise lecture du copiste de ûom Housseau.
ce, conseil, confort et ayde que mestier sera, si requis seront.
Donné à Fontaineberon *, soubs le seing de nostre main et scel de nos armes, le septiesme jour d'apvril, l'an mil cinq cens quarante-cinq. Et ainsi signé : Jehan de Daillon, et scellé d'un grand scel en cire rouge.
Donné et fait en la court ordinaire de la séneschaucée de Poictiers. Donné à Poictiers par nous , François Doyneau lieutenant général , le mardy unzième jour de may, l'an mil cinq cens quarante-six. Filibert.
9. — 23 mars 1S46. — Lettre du roi François I" à M du Lude^ portant ordre d'aller informer contre les auteurs de la tentative criminelle faite sur les poudrières de la Rochelle.
Monsieur du Lude, J*ay présentement esté adverty que depuis le dernier malheur qui advint aux pouldres de la Rochelle *, il a esté commancé de nuyct une mine auprès de la tour où est le demourant des pouldres de ladicte ville, chose que l'on doyt penser n'avoir jamais entreprise que en instencion de mectre le feu es dites pouldres, et pour ce que cela ne peult procéder que de malheureuses personnes qui seroient par adventure pour faire pis s'ils en pourroient trouver Foccasion ; de sorte que je ne voy pas que cela sy doibve passer soubs dissimulation, je vous prie. Monsieur du Lude, si vous estes près de ladite ville de la Rochelle, vous y transporter, ou bien là où vous seriez loing et empesché pour mon service ailleurs, y envoier quelque saige et advisé personnaige, pour s'informer et enquérir si dextrement de cest affaire, que s'il est possible l'on en puisse