‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 123 sur 173 · Le cte du Lude leva le siège de Niort le 2 juillet · texte numérisé non relu

Le cte du Lude leva le siège de Niort le 2 juillet

3. Le capitaine Flogeat, et non pas Logeac, avait été tué dans un assaut au siège de Niort. Il commandait une compagnie du régiment de d'Aunoux, jadis régiment du feu et» de Brissac. (La Popelinière, p. 236, v».)

4. Le capitaine Corbon, gentilhomme saintongeois du même régiment, fut également tué devant Niort. (Idem.)

tenir mes lettres, s'il est jà party ; priant Dieu, Monsieur le conte, qu'il vous ayt en sa saincte garde.

Eseript au camp de Lussac, le vij® jour de juillet 1 569.

Monsieur le conte, depuis la présente escripte j'ay reçeu la vostre du iiij* avec les mémoires que vous m'envoiez, à quoy je suis d'advis de ne point encores toucher pour le présent, mais je vous prie, oultre les dix enseignes qu'aura menées le dit sieur d'Honous, en envoier encores deux qui seront mises à Loches. J'ay dit le demourant à vostre homme. Vostre bon amy. Signé : Henry.

Et puis de l'écriture de monseigneur, frère du roy : Je vous prie incontinent hanvoyer les dis compagnies à Honous sans y faillir et les deux enseignes à Loches, Ainsy et Mortemart.

Et la suscription : A Monsieur le conte duLude, etc.

193. — 14 septembre 1569. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude.

Monsieur le conte, je vous envoyé une commission pour envoyer par tout le pays de Poictou et autres endroicts où vous sçaurez qu'il y aura vivres, affîn d'en prendre, cueillir et enlever tant et telle quantité que vous penserez nécessaire pour la fourniture de la ville de Poictiers ; et, pour ce que dans la commission il n'est fait aucune mention du payement des dits vivres et qu'il ne seroyt pas raisonnable que ceulx sm* les quels ils seront prins les perdissent, je vous prie à ceste cause que tous les dits vivres que vous ferez prendre soyent mis par inventaire par celluy qui à ce faire commectrez, et de la quantité qu'il en prendra en soyt par luy baillé récépissé ou promesse à celluy ou ceulx à qui ils appartiendront, afin que par cy après ils en puissent estre paies au prorata du pris qui en sera faict avecques eulx, de façon que chacun se contente sans occasion de plaincte ; priant Dieu, Monsieur du Lude, qu'il vous ayt en sa garde.

Escript au camp de la Selle, le xiiij® jour de septembre 1 569. Monsieur le conte, les ennemis ont repassé la rivière de Creuse et font démonstration de vouUoir retourner vers leur pays de conqueste, qui est cause que je vous prie de prendre garde à vous. Je vous envoyé le reste du régiment du feu Honous * et la compaignie du cappitaine Alart ^, J'ay escript à Chinon pour vous faire envoyer huit milliers de grosse pouldre et aussy de Sanzay ^ qui ayt à leur faire escorte jusques à Mirebeau où j'envoie encores quatre compaignies de gens de pied, vous ad visant que tous les jours je vous tiendray adverti du chemin que je sçauray que les dits ennemys tiendront. Vostre bon amy. Signé : Henry.

A Monsieur le conte du Ludde, etc.. *.

194. — 14 septembre 1569. — Mandement et commission du duc d'Anjou à M. le comte du Lude.

Henry, fils et frère du roy, duc d*Anjou et de Bourbonnois, conte de Forests, pair de France, lieutenant général

1. D'Aunoux, un des plus vaillants ofliciers de cette époq[ue, avait été tué glorieusement pendant le siège de Poitiers, le 23 août, en défendant la brèche du Pré-l'Abbesse. Il fut enterré à Notre-Dame-la- Grande.

2. Le capitaine Allard était originaire de Parthenay, dont il avait été capitaine-gouverneur. (La Popelinière, p. 322, V.)

3. René de Sanzay commandait alors à Thouars. (Journal de Généroux, p. 57.)

4. Il y a une lacune dans la correspondance pour le mois d'août 1569, époque à laquelle le cte du Lude défendait la ville de Poitiers, assiégée par les protestants. Pendant ce temps-là, les s^s Masparault et Bourgneuf, commissaires députés pour l'exécution de Tédit de pacification, étaient à Fontenay, d où ils écrivaient une lettre relative à leur mission à la reine Catherine de Médicis, le 31 août 1569. Ils lui faisaient part des persécutions endurées par le clergé et le peuple catholique en Bas-Poitou, où les protestants, tout en jouissant des libertés accordées par Fédit, se gardaient d'en observer les

Prescriptions à l'égard des catholiques. Les commissaires demanaient que le cte du Lude eût à sa disposition des forces suffisantes pour intervenir et rétablir l'ordre. (Arc/i. historiques de la Saintonge et de r Aunis, IV, 296.)

de Sa Majesté, représentant sa personiie par tous ses royaumes, pays, terres et seigneuries de son obéissance, au sieur conte du Ludde, chevalier de Tordre du roy nostre très honnoré seigneur et frère et son lieutenant général au gouvernement de ses pays et conté de Poictou, salut et dilection. Comme pour la disette et nécessité de vivres qui se retrouve à présent en la ville de Poictiers, à Toccasion du long séjour que y a faict le grand nombre de gens de guerre, tant de cheval que de pied, pour résister aux ennemys qui Tavoient assiégée, il soyt besoing, pour la nourriture et allyment, tant des habitans de la dite ville que des gens de guerre qui y restent, affîn de la conserver en seureté soubs l'obéissance du roy nostre dit seigneur et frère, la ravitailler et refournir d'une bonne quantité de vivres, ce* que malaisément se pourra faire des lieulx qui en sont voysins, ny mesme de tout le dit pays de Poictou, à cause du long séjour que aussy y a faict Tarmée des dis ennemis et du passaige, allées et venues que nous y avons faict avecques celle que nous conduisons ; à ces causes, nous vous pryons et en vertu de nostre pouvoir vous mandons et commectons pour ces présentes que vous ayez à envoyer par tout le dit pays de Poictou et autres endroicts des environs où vous sçaurez qu'il y aura vivres et en iceulx, encores qu'ils ne soient de vostre charge, faire prendre, amasser, cueuilliret enlever tant et telle qualité des dis vivres et de la sorte que vous estimez nécessaire pour l'anvitaillement de la dite ville de Poictiers, et iceulx vivres faire puys après conduire et mener en icelle ville et là les faire serrer de façon que les habitans et gens de guerre qui y sont en soient nourris et substantés jusques à ce qu'il y ait esté autrement pourveu par le roy nostre dit seigneur et frère. De ce faire vous avons donné et donnons plain pouvoir, puissance, auctorité, commission et mandement spécial, mandons aux gouverneurs du roy, nostre dit seigneur et frère, establys et ordonnés par les provinces où pourront

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