Elisabeth, reine d'Angleterre
seure et certaine réconciliation qui a esté accordée dès le unzième de ce moys, mais pour ce qu'il faut du temps aux députez d'Angleterre pour en envoyer la nouvelle à ladite royne leur maîtresse et en faire la publication en leur pays, il a été accordé que ladite publication ne se fera plustost que xxiij^ de ce moys d'avril, et que toutes les prinses et déprédations qui se feront depuis ledit jour et les autres, tant par mer que autrement, sont déclarées nulles et à la restitution d'icelles seront contraincts les déprédateurs par emprisonnement de leurs personnes et saysye de leurs biens ; au moyen de quoy il est nécessaire que, incontinent que vous aurés receu ceste lettre, vous en advertissiez tous les capitaines qui se seront d'eux-mesmes mis sur la mer pour faire la guerre aux Anglois, et leur mandés bien expressément de ma part qu'ils se gardent après le xxiij® de ce dit mois de faire aucune prinse sur eulx ne autre chose qui contrevienne à ladite paix, et que, sur leur vye, ils n'offensent en quelque sorte que ce soit les Flamens, Espaignols, Allemans, Écossois et autres mes amys, alliés et bien veillans, pour la mauvaise réputation qu'ils me donneroient envers eux et les offenses qu'ils dient leur avoir jà esté faictes dont ils se plaignent infiniment et me demandent justice que je ne leur pourray desnyer, ne refuser ; mais pource qu'il advient ordinairement que, sur la terminaison d'une guerre et le commencement d'une paix, les pirates s'efforcent de faire le pys qu'ils peuvent et que je considère qu'il sera bien mal aisé de se garder que mes subjects ayant eu nouvelle de ceste paix ne se mettent incontinant en mer pour les navigations de leurs marchandises pour lesquelles la plus grande partye d'eulx se tenoient jà préparés, je veulx et entendz que les vaisseaux que j'entretiens à ma soulde tiennent la mer pour cinq ou six semaines, afTin de servir d'escorte et seureté à mes pauvres subgects, jusques à ce que les dits pirates