Pièces inédites de Voltaire, publiées en 1S
Appendices. 291
Le Théâtre me doit cet heureux changement Qui d'un chant déplacé proscrivit l'imposture. La première je sus, fidèle à la nature, Par le geste et la voix peindre le sentiment. Pour Camille en fureur, pour Monime trompée Qui n'eût, en me voyant, laissé couler des pleurs ! Puisqu'en ce crayon même, au destin de Pompée Ma seule ressemblance intéresse les cœurs.
De La Faye.
Telle à vos yeux de Cornélie en pleurs Par mes talens je ranimais la gloire.
Du Temps qui détruit tout je brave les fureurs, Coypel m'assure au Temple de Mémoire Le rang que je tiens dans vos cœurs.
D'Allainval,
A ces trois inscriptions, publiées dans la Lettre à Mylord***, on a préféré le quatrain suivant, qui figure sans nom d'aute"»' au bas de la gravure de P. L Drevet fils, et qu'on attribua, je crois, à M. Rémond de Saint-Mard :
C'est peu de voir icy, pour attendrir vos cœurs, Les cendres de Pompée et Cornélie en pleurs. Reconnoissés, pleures, cette Actrice admirable Qui n'eut point de modèle et fut inimitable '.
I . Par une bizarrerie à noter, les belles épreuves de l'estampe de Drevet se reconnaissent à ce dernier vers, où le mot modèle est écrit « model » . C'est le cas de rappeler la bonne plaisanterie bibliophiJique : « Ah ! voilà la bonne édition, celle où il y a la faute!»
292 Adrienne Le Couvreur.
On peut considérer aussi comme une Épitaphe ces six vers de Dorât dans la Déclamation théâtrale ' :
Déjà la Parque avide, au milieu de leur course, Charmante Le Couvreur^, avait tranché tes jours. Un poignard sur le sein, la pâle Tragédie Dans le même tombeau se crut ensevelie-. Et, foulant à ses pieds les immortels cyprès, D'un crêpe environna ses funèbres attraits.