Var,: Obtient à peine la faveur
D'un misérable cimetière.
}. Var.: Ne put trouver un enterreur. 4. Les bords.
300 Adrienne Le Couvreur.
Pourquoi donc s'informer où gît la Le Couvreur?
Pour sa gloire et pour son honneur, Qu'importe de savoir où sa cendre repose? Vous qui la connaissiez, donnez-lui des autels Et donnez-lui l'encens qu'on doit aux immortels;
Mais laissant son apothéose, Disons plutôt qu'au lieu d'avoir perdu le jour, La Le Couvreur n'a fait que changer de séjour; Que celle qui faisait l'honneur de ce théâtre, Celle dont tout Paris, longtemps admirateur,
Devint à la fin idolâtre, Celle pour qui Jocaste au gré du spectateur Avait l'art d'exciter la pitié, la terreur, Celle enfin qui de Phèdre, avec son art suprême, Peignait si bien l'amour, la haine et la fureur,
Était Melpomène elle-même
Sous le nom de la Le Couvreur.
Qu'est-il donc besoin qu'on l'enterre?
Est-il chez les mortels des tombeaux pour les dieux?
C'est pour nous qu'ils ont fait la terre,
C'est pour eux qu'ils ont fait les cieux '.
Ici l'on rend hommage à l'actrice admirable. Par l'esprit, par le cœur également aimable. Un talent vrai, sublime en sa simplicité. L'appelait, par nos vœux, à l'immortalité; Mais le sensible effort d'une amitié sincère Put à peine obtenir ce petit coin de terre; Et le juste tribut du plus pur sentiment Honore enfin ce lieu méconnu si longtemps.
D'Argental, 1786*.
1. Cette pièce a été publiée par M. Raunié (1. V du Chansonnier historique, p. 218), d'après le recueil Clairambault-Maurepas.
2. Ce huitain, composé par l'ami d'Adrienne, alors âgé de quatre-vingt-six ans, fut gravé sur une plaque de marbre qui est encore conservée par Mme deJcuvencel, propriétaire actuelle de la maison n» 1 1 5 de la rue de Grenelle.