‹ LettresChapitre 16 sur 125 · LE REFUS DE SÉPULTURE · texte numérisé non relu

LE REFUS DE SÉPULTURE

Je trouve un argument de plus, et des plus significatifs, dans les circonstances mêmes des obsèques.

Nous avons dit qu'Adrienne était morte le lundi 20 mars 1730, à onze heures du matin '.

Maurice, Voltaire et le chirurgien Faget avaient assisté à ses derniers moments.

Les scellés furent apposés par M" Parent le soir même, de cinq à dix heures. La Comédie donnait Electre, sa pièce de début, avec Mlle Jouvenot : il y avait eu, le matin, assemblée du répertoire.

Le lendemain, mardi 21, des affiches noires annoncent relâche à Paris ; mais Mlle Du Clos joue Polyeucte à Versailles.

L'autopsie avait été faite dans la matinée.

Des Boulmiers dit que , comme on avait plutôt songé à procurer a Adrienne des secours physiques que spirituels , le curé de Saint-Sulpice arriva alors que son ministère n'était plus nécessaire, et que, quelques raisons que l'on pût lui dire, il refusa absolument de lui rendre les honneurs funèbres.

Le Tableau du siècle- allègue qu' « elle n'eut pas

1. Les registres de la Comédie et la correspondance de Mlle Aïssé portent « une heure de l'après-midi ». — « Sur les trois heures de relevée » , dit la garde-malade Jeanne Guillotin, installée au chevet de la mourante de la veille à dix heures du soir.

Page 1