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funèbre d'Adrienne Le Couvreur, composé par Voltaire lui-même. (V. p. 67.)

Ce fut là toute la protestation de la Comédie et des auteurs.

Quel fut le rôle du lieutenant de police en cette affaire, qu'il eut probablement ordre a étouffer.^ Quel était ce M. Laubinière, témoin de l'enfouissement, et qu'on a donné comme un parent ou un ami d'Adrienne? Ne serait-ce pas tout simplement l'exempt chargé de conduire l'escouade ' ?

Pourquoi le corps, privé du plus léger cercueil, fut-il jeté à la voirie et couvert de chaux -, sinon pour empêcher toute nouvelle tentative d'autopsie .'' Que fit

1. Le seul renseignement que j'aie pu trouver sur cet inconnu est son titre d'entrée à l'Opéra, treize ans plus tard. Sur une liste de 1743, je relève ce nom de Laubinière entre ceux de Souzy, Petit et Dam pierre (Etat général de tous les Gratis de l'Opéra en janvier 1744). Ce curieux document contient 273 noms, dont plus de 200 à l'Amphithéâtre. On y rencontre le commissaire Cadot, Dageste, friseur de la Reyne, le menin du prince de Conty, Mile Gaussin, les comédiens Grandval, Du Breuil et Mme Silvia.

2. Le Tableau du Siècle, déjà cité, donne, aux pages 221- 222, ces curieux détails : « Quelques jours après cette triste cérémonie, quelqu'un fut trouver Ariste (Languet de Gergy), et lui dit qu'en fav:ur des sentiments de piété que Mile Le Couvreur avait montrés en mourant, et en considération des demandes réitérées qu'elle avait faites d'un confesseur, on aurait dû user de quelque indulgence à son égard, étant certain que le vouloir est réputé pour le fait auprès de Dieu. Ariste n'eut pas de peine à lui démontrer qu'il avait agi comme il le devait, la force de la loi étant pour lui. On le laissa débiter toute l'austérité de sa morale, et après l'avoir écouté paisiblement : « Savez-vous bien, lui dit-on, qu'elle avait une volonté si déterminée de se soumettre à la discipline de l'Eglise lorsqu'elle a fait appeler un prêtre, qu'elle a chargé des amis, témoins de ses derniers soupirs, de donner un diamant et un collier de la valeur de 6,000 livres, pour orner le soleil de votre paroisse, au cas que vous l'enterrassiez comme elle l'espérait ? — Pourquoi donc ne m'avoir

66 Adrienne Le Couvreur.

le comte de Saxe en présence d'un pareil traitement? Est-il vrai, comme le prétend Le Vacher de Chamois ', qu'il ne quitta le lit de la malade qu'après qu'elle eut rendu le dernier soupir, et s que ce tut lui qui accompagna le corps au lieu de sa sépulture n ?

En tout cas, ce fut, j'imagine, plus en souvenir d'Adrienne que de sainte Monique que, vingt ans après, le vainqueur de Fontenoy, de Lawfeld et de Raucoux ordonnait par testament que son corps fôt Il consommé dans la chaux vive " : vœu qui ne fut pas exaucé, le Roi l'ayant fait transporter à Strasbourg, théâtre des premiers triomphes u'Adrienne.

Le curé Languet, mort en 1750, eut un superbe mausolée, chef-d'œuvre de Michel-Ange Slodtz, dans l'église même dont il avait refusé l'entrée à la tragédienne.

La duchesse de Bouillon était morte en 1737, protestant de son innocence -.

pas instruit plus tôt de ces pieuses intentions? répliqua Ariste. // n'est pas possible à présent de la faire déterrer, on m'a dit

qu'oN AVAIT JETÉ DE LA CHAUX SUR SON CORPS. »

1 . Costumes et annales des grands théâtres de Paris (t. III, n» I, 1788).

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