‹ LettresChapitre 32 sur 125 · Rochemore · texte numérisé non relu

Rochemore

Lettres. \o^

mentations de noirceurs qui vous surprendroient encore, malgré ce que vous avés vu. Je m'en afflige plus que je ne devrois; mais ce n'est que parce que j'ay pour vous une amitié inhnie, que tout ce qui tente à la détruire ne peut que m'épouvanter. J'étois même bien plus triste avant d'avoir vu M. de P...'. On m'avoit assurée que je ne vous reverrois de longtemps, et que je ne sçavois pas tout le chemin que l'on vous feroit faire. Le ressouvenir des projets que l'on faisoit pour vous assurer un état, l'ennuy de ne vous point voir, et le regret d'être la cause, quoiqu'innocente, de votre eloignement et du retardement de l'arrangement de votre fortune, tout cela, dis-je, m'avoit jettée dans une melancholie horrible; mais le cher frère me rassura en me protestant que l'on vous attendoit au commencement d'avril, et que l'on n'étoit pas moins occupé de la charge que l'on vous destine. Ecrives moy souvent, et que les beautés d'Angleterre ne détruisent point, s'il est possible, l'amitié dont vous me flattés, que je désire, et que je mérite en vérité de conserver. Adieu, mon cher bon ami, j'ay grande envie d'aprendre que vous êtes arrivé à bon port et que vous songes encore à moy; mais j'ay encore plus d'impatience de vous revoir. Je n'ay point vu le Philosophe et je n'ay pas voulu souper avec Pau... chés Mad. de F... M... - où l'on m'avoit

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