Le prince de Bouillon
10. Lord Stairs, ambassadeur d'Angleterre, qui attendait de jour en jour ses lettres de rappel. (Dangeau, XVIII, 249.)
!o8 Adrienne Le Couvreur.
regretté, même de la petite Comtesse' qui avoit tant d'envie de vous connoître. Les souscriptions ont été changées en Occident, et l'Occident en Compagnie des Indes. Le tout fixé à neuf mille livres chaque action. Il m'en reste deu.x de cette espèce que l'on me conseille de garder. On exécuta hier M. le Comte d'Horn qui avoit assassiné et volé un homme dans la rue Quincampoix. Cette expédition a été aussi prompte qu'essentielle à résoudre. Tous ses parens ont été vainement solliciter le Régent qui étoit luy même son cousin par Madame, dont ce criminel étoit petit neveu. Tous les Lorrains, les Montmorencys, les Bouillons, Bournonville, d'Isanguiens et sans compter tous les Princes d'Allemagne, appartenoient à ce malheureux, et s'en faisoient honneur. Il avoit douze mille livres de rentes de patrimoine, et un frère qui avec cent mille écus de rentes, le sollicitoit à vivre chés luy. Il étoit à Paris depuis deux mois, et ce crime n'est pas le seul qu'on luy reproche, et dont il ait été convaincu. Il n'avoit que vingt-deux ans. Il a été roué tout vif en place de Grève, le mardi saint, avec un de ses camarades, capitaine et chevalier de Saint-Louis, nommé
I. s'agit-il ici d'une Mme Raymond, dont lord Stairs était extrêmement épris, et qui avait été la maîtresse de l'Électeur de Bavière? — « Elle a aujourd'hui, — écrit, le 14 avril 1720, Madame à la princesse de Galles, — un autre amant qui donne beaucoup de souci à Milord : c'est le comte Maurice de Saxe, qui n'est pas beau, mais qui en jeune, séduisant et de bonne mine. » (Traduction G. Brunet, t. Il, p. 230.)
V... de M. '. La rue Quincampoix a été abolie par ce meurtre. Il y a des deffenses très expresses de s'y assembler, et des gardes à pied et à cheval qui l'ont toujours gardée depuis ce jour. Une infinité d'autres meurtres, vols, etc., tant vrais que faux, font le sujet de toutes les conversations de Paris. Toutes les espèces vont être deftenduës, excepté de petits Louis d'argent que l'on va fabriquer et qui vaudront trois livres. L'affaire de M. votre frère pour sa charge est terminée, il n'en a que la survivance, et je ne suis pas trop contente de son marché ; mais il est satisfait de n'être pas ce qu'il faudra que vous soyés pour luy. Cette disposition doit, ce me semble, hâter votre retour. Je crois que, quand je le voudrois, je ne pourrois vous envoyer ce que vous me demandés. L'homme qui après moy en est le maître, me paroit long, il doit encore y travailler le lendemain des fêtes; mais il ne peut rien faire pour vous qu'il n'ait fini pour moy, ce que je ne crois pas qui se puisse avant votre retour, eu ce qui me paroitroit bien inutile après. J'ay ouï dire même que la sœur d'un homme que vous estimés beaucoup, ne laissoit plus en vous de place pour rien désirer. Quelque impression qu'elle y puisse faire, je me flatte cependant que vous me conserverés un peu d'amitié et que la mienne ne trouvera jamais en vous un ingrat. J'ay prié M. C... de m'amener M. de R... - et je le recevray comme
1 . Laurent de Milly ou de Mille, capitaine réformé dans le régiment de Brehenne-Allemand.