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Arouet

190 Adrienn.e Le Couvreur.

certainement flatté, quand même vous n'auriés pour moy nulle tendresse; mais votre attachement n'y gâte rien. A tantôt.

An mesine.

Vous envoyés chés moy sans m'écrire, et vous partes sans me voir. Avoués le, mon cher ami, je suis en bon train d'être oubliée, et je ne dois bientôt plus compter sur vous. ,Ie suis d'une tristesse extrême, je ne puis m'accoutumer à ne vous point voir, et vous me manques à présent plus que jamais. Vous vous vangés bien de mes injustices, et je commence à croire que les vôtres surpasseront les miennes de beaucoup. Ne m'écrirés vous point de la campagne.^ Faut-il que nous soyons encore longtems dans ce terrible éloignement.r* Je vous envoyé une lettre pour le Docteur, que je vous prie de faire tenir. Je dois luy écrire encore au premier jour pour un petit service qu'il peut rendre à Rome à M. de P..., et je voudrois bien que la lettre que je luy écriray alors, fût à une addresse sûre. Mandés moy comment vous croyés que je dois faire.

Vous n'avés pas voulu aller à Anières. Partirés vous aussi sans passer à S'*Au....'^ Vousaviés bien voulu me le promettre, et quelque mal

que vous me vouliés, cette bonne intention ne devroit pas s'effacer de votre ame. Voulésvous que nous y allions demain l'apres dînée ensemble? Adieu, mon cher ami, je suis très attendrie en vous écrivant, et jamais je ne fus plus pénétrée d'amitié, de tendresse, et d'estime. Adieu, ne m'oublies pas tout à fait, ou du moins ne me le laissés pas croire. Ayés grand soin de votre santé, lises, promenés vous, et surtout ne vous attristés point. Conservés vous précieusement, je vous le demande au nom de tout ce qui vous interesse le plus au monde. Adieu.

Si vous avés besoin de quelqu'autre livre, ou d'autre chose, vous n'avés qu'à parler. Adieu, encore une fois. Adieu.

Ail mcsme.

1res vous tantôt voirie M... ' .^ Je ne sçais encore si c'est aujourd'huy. Je m'éveillay hier vers les dix heures avec une toux effroyable ; je ne me rendormis qu'à minuit; mais je ne me suis éveillée qu'à six heures ce matin avec moins d'inflammation dans la poitrine, mais encore bien du rhume. Je n'ose vous dire à quel point l'image de la mort me suit. Je ne

I Le Menteur i

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mérite pas que vous me plaigniés. Cependant je sens que l'interest que vous prenés à moy, m'est une grande consolation, et que je serois désolée, quelque justice que je me fasse, si vous cessiés d'avoir de l'amitié pour moy. Que ma vie soit le terme de votre constance, mon cher ami. Vous n'aurés peut-être plus gueres de tems à me la conserver, et je ne finiray point sans remords de mes injustices ni sans admiration pour vos vertus. Peut-être aussi que si je pousse ma carrierre plus loin que je ne crois, vous trouvères un jour dans ma tendre et inaltérable amitié, des ressources contre les passions où le tems et votre âge ne manqueront pas de vous entraîner. Peut-être aussi deviendrés vous dévot. Enfin, de quelque façon que ce puisse être, soyons amisjusqu'àlamort. Adieu. Jecompte aller au Menteur. Passés chés moy auparavant. Je ne crois pas pouvoir vous donner à souper, ce sera pour demain, si vous voulés; mais que je vousvoye aujourd'huy. Cette dame angloisem'embarasse. J'aurois bien voulu voir aussi M. de G... et Mad. de P..., mais je crains de me trop fatiguer et je n'ay point de carosse. Je voulois aller dans la rue de Tournon, mais on m'a remise à tantôt, parce que l'on y a un conseil ce matin. Adieu.

Billet.

Vous auriés bien dû rester. Je suis revenue d'abord après vous, Monsieur, et je trouve qu'il y a bien long tems que je ne vous ay vu.

On m'est venu proposer d'aller à Mongei', mais je ne suis pas ma maîtresse de plus de huit jours, et il est douteux que je la sois encore après. Cela est bien déplaisant. J'ay dîné aujourd'huy avec un avocat qui est bien éloigné de vous ressembler; aussi me suis-je ennuyée. Vous auriés, en vérité, dû m'en dédommager. Mon ami R*... est infiniment content de vous. Il dit que vous êtes de bien bon conseil. Ne soyés donc pas si longtems sans nous voir. Bonsoir. Je vais souper seule. Ce mardi au soir.

Billet àM\..

Voilà un sous bail, et une lettre de M'' . . . que je vous envoyé, Monsieur, non que je croye

1 . Terre en Bourgogne appartenante à M. le duc de Richelieu. {Note de 173s.)

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