‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 59 sur 94 · S. ” D'N. LEONIS PAPÆ XII · texte numérisé non relu

S. ” D'N. LEONIS PAPÆ XII

EPISTOLA ENCYCLICA ee DE

Vencrabilibus Fratribus, Archiepiscoms et Episcoms lialiæ | LEO PP. XIII Le

Venerabiles Fratres, be Salutem et Apostolicam Benedictionem.

Iximica vis, instinctu impulsuque mali dæmoque cum christiano nomine sueta confligere, certos homines sibi semper adjunxit in id consociatos ut traditas divinitus doctrinas dedità operà pervertere, ipsamque christianam rempublicam distrahere funestis dissidiis conarentur. Atque istæ velut compositæ ad oppugnationem cohortes, nemo nescit quantam Ecclesiæ cladem omni tempore attulerint. Jamvero sectarum, quotquot antea fuere institutis catholicis infensæ, in ea revixere spiritus, quæ secta Massonica nominatur, quæque virium et opum valida, acerrimam bello facem præferens, quidquid usquam sacri est, aggre-

. ditur. Eam quidem, quod probe nostis, sæculi unius dimidiatique spatio, romanorum Pontificum decessorum Nostrorum non semel sed sæpius sententia proscripsit : eamdem Nosmetipsi, ut oportebat, damnavimus, monitis vehementer populis christianis, ut ejus insidias summa providentia caverent, conatusque nefarios fortiter, ut asseclas Jesu Christi decet, refutarent. Quin etiam, ne obreperet ignavia et sopor, consulto studuimus sectæ perniciosissimæ aperire mystéria, et quibus artibus in excidium catholicæ rei niteretur, velut intento digito demonstravimus. Nihilominus, si fateri volumus id quod res est, plurimos italo= rum parum cautos parumque providos inconsideraia quædam securitas facit : ideo magnitudinem periculi aut omnino non vident, aut non ex veritate metiuntur. Atqui fides avita, parta hominibus per Jesum Christum salus, et quod consequens est, ipsa christianæ humanitatis benefacta in discrimine vertuntur. Siquidem nihil timens, nemini cedens, majora quotidie audet

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! LETTRE ENCYCLIQUE

DE N.T.S. P. LÉON XIII

Aux Archevèques et aux Évéques d'Italie.

de LÉON XHT, PAPE Vénérables Frères, Salut el Bénédiction oetouue

nl est une force ennemie qui, sous l'instigation et l'impulsion de

Vesprit du mal, n’a cessé de combattre le nom chrétien, et s’est

toujours associé cértains hommes pour réunir et diriger leurs efforts destructeurs contre les vérités révélées de Dieu, et, au

moyen de funestes discordes, contre l'unité de la société chrétienne.

Ce sont là comme des cohortes disposées pour l'attaque, et personne n'ignore combien, dans tous les temps, l'Eglise a eu à souffrir de leurs assauts.

Or, l'esprit commun à toutes les sectes Anton qui se sont insurgées contre les institutions catholiques, a repris vie dans la

secte que l’on nomme maconnique, et qui, fière de puissance et de richesse, ne craint pas d’attiser avec une violence inouie le feu

de la guerre, et de le porter dans tous les domaines les plus sacrés. - Durant l’espace d'un siècle et demi, vous le savez, les Pontifes Romains, Nos prédécesseurs, ont fulminé contre celte secte, non

une sentence, mais plusieurs sentences de condamnation. Nous-

même, comme il le fallait, Nous l’avons condamnée, en avertissant avec énergie les peuples. chrétiens de se mettre en ‘garde, par une LHSHanCe ‘des plus attentives, contre ses perfidies, et de repousser, ‘en vaillants distiples de Jésus- Christ, ses criminelles audaces. Bien ‘plus, afin de fermer les volontés à l'insouciance et au sommeil,

. Nous avons eu soin de déchirer les mystères de-cette secte si pernicieuse, et Nous avons montré comme du doigt les artifices dont elle.

se sert pour entraîner la ruine des intérêts catholiques.

Toutefois, pour dire les choses comme elles sont, un bon hémbre d'Italiens s ‘abandonnent en ce point à une sécurité irréfléchie qui les rend malavisés et imprévoyants : aussi ne voient-ils pas la | grandeur du péril, ou ne savent-ils pas la mesurer selon la vérité.

Or, c’est la foi des aieux, c’est le salut mérité aux hommes par

Jésus-Christ, et, en conséquence, ce sont les bienfaits de la civili-

secta Massonum : Vite ide velut contagio asie omnibusque reipublicæ institutis se implicare allius in dies- nititur, A conjurata quod passim solet, catholicam religionem, principium. et fontem bonorum maximorum, italico generi eripere, — Hinc . adhibitæ ad oppugnandam fidem divinam infiniæ artes; hine

spreta, oppressa legibus, legitima Ecclesiæ libertas. Receptum A et doctrina et re, non vim non rationem in Ecclesia perfectæ. societatis inesse : antistare rempublicam, sacræque potestati … principatum civilem antecedere. Ex qua doctrina perniciosa et | falsa, Sedis Apostolicæ judicio sæpe damnata, cum mala multa - __ consequuntur, tum hoc maxime, ut inferant se gubernatores rei civilis, quo minime fas est, nec vereantur ad se traducere quod Ecclesiæ detraxerint. Videtis in beneficiis ecclesiasticis illud : quale sit, quod jus percipiendi fructus sibi arrogant dare, | demere, ad arbitrium. Nec alterum minus insidiosum, quod Clerum inferioris ordinis permulcere pollicitando cogitant. Que res quorsum pertineat, facile est dispicere, maxime quia ipsi … hujus consilii auciures non salis curant occultare quid velint. Volunt nimirum administros sacrorum in partes suas. blande compellere, permistosque semel rebus novis ab obsequio legi= timæ potestatis divellere. Quamquam haud satis hac in re viden-. tur Clericorum nostratium cognosse virtutem : qui sane tot j a, animos, tam multis modis exerciti, exempla abstinentiæ et fi edidere non obscura, ut omnino confidendum sit, in eadem reli- : gione officii, qualiacumque Er incidérint, Deo o adjutore,, ; Constanter pérmansuros. |

.. At vero ex his, quæ perbreviter altigimus, facile apparet. quid 4 possit secta Massonum itemque quid expetat ut extremum. Quod autem auget malum, quodque cogitare sine magna animi solli- : citudine non possumus, nimis multi etiam ex nostratibus numerantur, quos nomen seclæ operamve dare, suarum spes utilita= tum et misera ambilio subigit. — Quæ cum ita sinl, episcopalem 4 Caritatem vestram, urgente propositum conscientia officii, appellamus, Venerabiles Fratres, in primisque petimus ul eorum, quos modo diximus, sit vobis proposita salus : in iis ab errore certissimoque interilu revocandis assidue et constanter vestra 4 certet industria. Extricare posse, qui se Massonum impetEyAEs in.

tre

| sation heitiente que le danger menace. N'est-il pas tibles en effet, que la secte maconnique ne craint plus rien, qu’elle ne recule | | devant aucun adversaire, et que, de jour en jour, grandit sa har- | diesse? Des cités entières sont envahies de sa contagion ; toutes les . institutions civiles sont de plus en plus profondément pénétrées de son souffle, et le but où elle aspire, comme ailleurs çà et là, h c'est d'arracher à la race italienne la religion catholique, principe : et source des plus précieux biens.

be. De HA, le nombre infini des moyens perfides qu ’elle emploie pour éteindre la foi divine ; de là, les lois qu’elle inspire, et qui

sont autant d'actes de mépris et d'oppression pour la légitime liberté de l'Eglise; de là, la théorie qu'elle a inventée et qu'elle. | pratique, à savoir que l'Eglise n'est douée ni de la puissance, ni de la nature d'une société parfaite, qu'à l'Etat appartient le premier

rang, et que le pouvoir sacré ne vient qu'après le principat civil. Doctrine aussi funeste que fausse, souvent frappée d’anathème par le Siège Apostolique ; doctrine qui, entre autres maux nombreux qu'elle enfante, pousse les gouvernements. civils à des usurpations . sacrilèges, et à S’attrihuer sans crainte les prérogatives dont ils ont porcs l'Eglise. Manifeste est ce procédé en ce qui concerne les, . bénéfices ecclésiastiques ; ils donnent et ils ôtent, à leur gré, le . droit d'en percevoir les fruits.

Par un autre procédé non moins insidieux, les sectaires macons cherchent par des promesses à séduire le clergé inférieur. À quelle. fin?Rien n'est plus facile à découvrir, attendu surtout que les inven- teurs de ce piège ne prennent pas assez de soin pour cacher leur . intention. Ce qu'ils veulent, c'est de gagner doucement à leur cause les ministres des choses sacrées; et puis, une fois enlacés dans les idées nouvelles, d’en faire des révoltés contre l'autorité légitime de. laquelle ils relèvent. En cela, cependant, ils ne semblent pas s’être rendu suffisamment compte ‘de la vertu de nos prêtres. Voilà déjà bien des années qu'ils sont en butte aux tentations les plus variées, et néänmoins, ils ont donné d'éclatants exemples de résistance et de foi.:0n peut donc concevoir la ferme espérance qu'ils sauront rester, avec l’aide de Dieu, et n'importe en quelles circonstances 1 difficiles, toujours fidèles à la religion du devoir.

De tout ce que nous venons de dire en quelques mots, il est aisé

de deviner ce que peut la secte des maçons et ce qu ‘elle poursuit ; comme fin dernière. Or, ce qui augmente Le mal, et ce qu’il Nous 4 est impossible de constater sans une vive angoisse de cœur, c’est qu'un trop grand nombre de Nos compatriotes donnent leur nom . ou prêtent leur concours à la secte, poussés par l'intérêt ie.

et par une misérable ambition.

. Puisqu'il en est de la sorte, et pour obéir à Notre conscience qui . Nous en fait une obligation urgente, Nous venons, Vénérables . Frères, solliciter Votre charité épiscopale, et Vous demander de travailler avant tout au salut des égarés dont il vient d'être question. . Que Votre activité, aussi assidue que constante, se propose de les ramener de leur ‘égarement, ef de les préserver d'une perte cerfaine. Dégager des fllets maçonniques c de qui s’y est embarrassé

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plagas, res profecto est et multi negotii et ee anceps, si sectæ ingenium spectetur ; nullius tamen desperanda sanatio, quia carilatis apostolicæ mira vis est, Deo nimirum opitulante, | cujus in es Ut arbitrioque ipsæ sunt hominum voluntates.

Dein excubandum in omnem occasionem, ut sanari ii quoque possint, qui timiditate in hoc genere peccant : qui videlicet non suopte ingenio pravo, sed mollitià animi atque inopià consiln ad favendum cœptis Massonicis delabuntur. Admodum gravis est illa Felicis III decessoris Nostri in hanc rem sententia: Error, Cui non resistitur, approbatur; et veritas, quæ non defen- À satur, opprimilur...… Non caret scrupulo societatis occullæ, qui.

. evidenti facinori desinit obviare. Fractos horum spiritus attollere necesse est, traducendis cogitationibus ad exempla majorum, ad custodem officii et dignitatis, fortitudinem, ut pigeat omnino ac pudeat facere quicquam aut fecisse non viriliter. Est enim . vita nostra omnis cuidam dimicationi proposita, In qua maxime … de salute decernitur, nihilque homini christiano Lurpius, qua claudicare in officio pepe 1ERANIATE 4 A | Pariter omnibus mods fulciendi, qui per imprudentiam ruunt : de ïis intelligimus, nec exiguo numero, qui simulatione nr variisque illecebris ‘deliniti, illigari se societate Massonica sinunt, inscii quid agant. De his magna spes esse debet, Venerabiles ” Fratres, aliquando. Deo aspirante posse errorem deponere et . vera cernere, maxime Si Vos, quod vehementer rogamus, stu-. dueritis fictam sectæ speciem detrahere, et occulta conciliorum retegere. Quamquam hæc ne occulta quidem nunc videri possunt, | posteaquam ipsimet conscii multis modis prodidere. His ipsis … postremis mensibus audita iterum per Italiam vox est consilia - Massonum usque ad ostentationem vulgo enunciantis. Repudiari. | funditus religionem Deo auctore constitutam, atque omnia cum ; privata tum publica meris naturalismi principiis administrari . volunt : idque instaurationem societatis civilis impie simul ac stulte appellant. Quo igitur præcipitatura civitas, si pl christianus non induxerit animum vigilare, Jaborare, saluti | consulere ? ke LE FAR à b. À ; : ss,

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© Sed in tanta rerum malarum audacia, ‘nec: satis est cavere. 2

sectæ teterrimæ insidias : illud quoque necessarium, capessere. : pugnam : idque sumptis a fide divina armis iis ipsis, quæ olim

contra efhnicismum valuerunt. Quapropter vestrum est, Venerabiles Fratres, accendere suasione, hortatu, exemplo animos ; et in Clero. populoque nostro studium dire salutisque |

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0 0 «mime vis », 8 nécemsne 1892, 161

… teux, si l’on ne considère que la nature de la secte: il ne faut, … aide, Dieu, Maître et arbitre des volontés humaines.

… point par suite d’une nature mauvaise, c’est plutôt par mollesse de cœur, par manque de conseil qu'ils en arrivent à favoriser les entreprises maconniques. Grave et très grave est le jugement qu'a … porté à ce sujet Félix IT, Notre prédécesseur : C’est approuver l’er- … reurque ne pas y résister; c’est étouffer la vérilé que ne pas la défendre... … Quiconque cesse de s'opposer à un forfait manifeste peut en étre regardé comme le complice secret. Chez de telles âmes, il est nécessaire de - relever le courage, de ramener leurs pensées aux exemples des aïeux, de leur rappeler que la force de cœur est la gardienne du devoir et de la dignité personnelle, de leur inspirer ainsi du regret + et dela honte d'agir ou d’avoir agi avec lächeté. Qu'est-ce que notre - vie toutentière, sinon un combat dont l'enjeu principal est le salut, et quoi de plus déshonorant pour un chrétien que d’être assez che pour trahir son devoir? :

+4 gnorance. Ici, Nous désignons les hommes, en nombre considérable, que captivent d'hypocrites apparences, qu'attirent divers

appâts, et qui permettent qu'on les affilie à la Société maçonnique, .

… sans savoir ce qu'ils font: On doit grandement espérer, Vénérables … Frères, qu'avec la grâce de Dieu ils en viendront à répudier l'erreur __ ef à reconnaître la vérité, surtout si, conformément à Notre instante prière, Vous Vous appliquez à démasquer l'esprit de la … secte et à dévoiler ses occultes desseins. Ces desseins, du reste, ne “ sauraient désormais passer pour occultes, depuis que leurs auteurs . eux-mêmes les ont révélés d’une foule de manières. Dans ces derniers mois encore, et d'un bout à l’autre de l'Italie, qui à pu ne à pas entendre une voix de sectaire publiant, jusqu’à en faire parade, ” ces iniques desseins? Renverser de fond en comble l'édifice religieux

:. bâti de la main de Dieu même, vouloir régler, non seulement la

vie publique, mais encore la vie privée, d’après les seuls principes

« appelle, avec autant d'impiété que de folie, là restauration de la - société civile. Dans quel abîme lés nations n'iront-elles donc pas se précipiter si le peuple chrétien, pour les sauver, ne se décide à " les retenir par sa vigilance et par de sages efforts? LÉ . Mais, en présence de prétentions non moins perverses qu’auda- … cieuses, il ne suffit pas d'éviter les pièges de cette secte si abomi-' » nable: il importe encore de la combattre, et de la combattre avec les armes que fournit la foi divine et qui, autrefois, ont triomphé du paganisme. À Vous donc, Vénérables Frères, de recourir aux conseils, aux exhortations et aux exemples pour enflammer les cœurs; à Vous de réchauffer dans le clergé et chez Notre peuple cet

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