‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 145 sur 312 · LETTRE DE GUSTAVE FLAUBERT — FRAGMENT · texte numérisé non relu

LETTRE DE GUSTAVE FLAUBERT — FRAGMENT

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Numéro 941 .

S. VI

* 941 * FLAUBERT (Gustave), un des plus parfaits écrivains de notre temps,

l'auteur de Madame Bovary, de Salammbô et de l'Education sentimentale, n. à

Rouen. 12 décembre 1821, m. au Croisset, près de Rouen, 7 mai 1880.

L. A. S. (à Amédee Achard, le célèbre romancier); Paris, mardi soir (1870), 1 p. in-8. — P.

Curieuse épitre sur la prochaine représentation de la pièce à'Aïssé de son ami Louis Bouilhet (mort le 17 juillet 1869). Il le prie de demander dans son compte rendu pourquoi on ne joue pas la fe'erie de Bouilhet le Château des cœurs. « Comprendton que le conseil municipal de Rouen ait refusé une fontaine dont lui faisaient cadeau les admirateurs de Bouilhet parce que cette fontaine devait être ornée de son buste ! La haine des lettres a été jusqu'au point de ne pas vouloir d'un monument d'utilité publique, parce que ce monument était consacré à la mémoire d'un écrivain. » Il termine par cette phrase caractéristique. « Il faut saler les bourgeois. •>

± 942 * MURGER (Henry), le célèbre et malheureux auteur des Scènes de la pie de Bohême, n. à Paris, 24 mars 1822, m. dans la même ville, 28 janvier 1861. i° L. A. S. à son ami Léon Noël; (Paris), hôpital Saint-Louis, 7 mai 1843, 3 p. 3/4 in-8. — P.

Très curieuse épitre ou il mande qu'ayant perdu sa place et étant réduit à la misère, il est rentré à l'hôpital. Après des détails intimes il lui parle littérature. « Les Burgraves, la chose est à peu près jugée, ne sont pas un chef-d'œuvre, et il s'en faut. A mon avis, c'est une erreur d'Hugo. Lucrèce, c'est bien différent, et, bien que j'aie une rancune contre elle à cause de huit heures de queue à deux fois et d'un bon nombre de coups de crosse de fusil, je t'avouerai que Lucrèce m'a paru épouvantablement beau, et encore était-ce mal joué... Ponsard est un poète qui donne en ce moment-ci bien du

tintouin à certaines gens — (Ce Léon Noël, auquel Murger fait

ses confidences, était professeur au lycée d'Orléans.)

2° L. A. S. au même; Paris, 29 juin 1844, 3p. in-4.

Piquante épitre sur son état de misère. « Mon père se borne à me donner des conseils et m'insulte quand je vais le voir. Il m'a dit l'autre jour que dans ma position je ne devais point avoir d'orgueil et que plutôt de vivre ainsi je devrais me faire domestique. Cela n'est-il pas bien horrible et n'y a-t-il point de quoi devenir enragé ? Je ne puis trouver aucun emploi, ne pouvant aller voir personne. Ma position ne peut changer que par une bizarrerie du hazard. Je l'attends... »

* 943 GONCOURT (Edmond-Louis-Antoine Huor de), célèbre romancier, historien de Sophie Arnould, un des maîtres de l'école réaliste, n. à Nancy, 26 mai 1822.

iu L. A. S. (à Ph. Burty); 1 février 1874, 1 p. in-8.

Jolie lettre d'envoi d'un exemplaire de son livre sur Gavarni.

2° L. A. S. de Jules-Alfred Huot de Goncourt, frère et collaborateur du précédent (n. à Paris, 17 décembre i83o, m. à Auteuil, 20 juin 1870) (à Ernest Chesneau) ; Bar-sur-Seine, 14 décembre 1867, 1/2 p. in-8. — P.

Belle lettre de remerciements de son article sur Manette Salomon (célèbre roman écrit en collaboration par les deux frères).

-> 944 LEMOYNE (Camille-André), poète distingué, auteur des Roses d'antan, des Charmeuses et d'une Idylle normande, n. à Saint-Jean d'Angely, 27 novembre 1822. La première femme, pièce de vers autographe signée. 5 p. in-fol. Superbe pièce. — P.

Cette pièce se compose de trente strophes, et commence ainsi : « Voici longtemps. C'était aux premiers jours du monde... »

* 945 RENAN (Joseph-Ernest), un des plus parfaits écrivains de ce siècle, auteur de la Vie de Jésus et de Y Histoire des Origines du Christianisme, membre de l'Académie française (1.878), n. à Tréguier (Côtes-du-Nord), 27 février 1823. L. A. S. à son ami Théodore de Saligny; Rome, 17 avril i85o, 4 p. in-8. — P. photographié.

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