g5'8* TAINE (Hippolyte-- Adolphe
L. A. S. (à Philarète Chasles) ; dimanche 28 octobre ( 1 865 ?), 1 p. 3/4 in-8. (V. le fac-similé, p. 345.)
Très remarquable lettre où il le remercie de bien vouloir faire un article sur son livre (probablement la Philosophie de l'art). Il le prie de le combattre, car une discussion pareille est un honneur. « Vous m'avez souvent reproché de nier le beau, en mettant au même rang les fous et les grands hommes, les Chinois et Shakespeare. Mon livre répond, je crois, à cette objection. Je suis si loin de nier le beau que j'en donne la formule (p. 3 19) et tout l'ouvrage a pour but de prouver et d'expliquer cette formule. Seulement elle est large et admet toutes sortes de types. A mon avis le beau est une relation fixe entre des variables, une fonction, comme disent les mathématiciens, quelque chose comme le cube, le carré et les puissances, lesquelles sont des choses parfaitement définies et fixes, mais par rapport à des nombres variables... »
•h q5q 4- SARCEY (Francisque), célèbre critique dramatique et publieiste libéral, polémiste d'un rare bon sens, n. à Dourdan (Seine-et-Oise), S octobre 1828. L. A. S. (à Emile de Najac, le spirituel vaudevilliste) ; (1866), 4 p. in-18. — P.
Très curieuse épître où il exprime le regret que Nos Gens (comédie de Najac en collaboration avec Edmond About) n'aient pas tenu longtemps l'affiche. « Cela était pourtant bien vif et avait eu un grand succès de première. Mais cette sorte d'esprit frondeur et exempt de préjugés ne plaît guère qu'à un public spécial et restreint. C'est Champfort qui disait que pour faire un héros il faut une certaine dose de vulgarité. Cela est vrai aussi des pièces de théâtre. Elles réussissent près de la foule par leurs côte's prudhomme. Il n'y a dans Nos bons villageois (pièce de Sardou) que juste autant d'esprit qu'en peut porter le marchand de la rue Saint-Denis. Quel art singulier et difficile que ce sacré art dramatique. »
■5- q6o •+ LANFREY (Pierre), publieiste, historien de Napoléon I, dont il a attaqué la légende, n. à Chambéry, 2(5 octobre 1828, m. à Pau, i5 novembre 1877. L. A. S. à Eugène Despois (célèbre écrivain, n. 1818, m. 1876), 4 p. in-8.
Intéressante lettre où il discute le titre d'une revue qu'on va fonder. « Je crois, comme vous, qu'un titre n'est pas ce qu'un vain peuple pense. Il entre, selon moi, pour beaucoup dans la viabilité de l'œuvre, surtout si cette œuvre est une revue. » Il propose pour titre : Le monde philosophique et littéraire, et pour devise le mot que Galilée a dit du monde matériel : E pur si muove!
961 -* PRÉVOST PARADOL (Lucien-Anatole), écrivain et critique, un des plus brillants polémistes de son temps, membre de l'Académie française (1 865), n. à Paris, 8 août 1829, m. par suicide à Washington (Etats-Unis), 19 juillet 1870.
L. A. S. à un confrère ; (Paris), dimanche (1860), 4 p. in-8. — P. photographié.
Très belle lettre où il fait sa profession de foi politique. « Une fois unis sur le principe du gouvernement parlementaire, je regarde comme une grande folie de se diviser pour le reste. Je crois que la branche aînée des Bourbons soulèverait, comme la république, desdéfiances si insurmontables dans la majorité du peuple français que lé jeu du gouvernement parlementaire en deviendrait impossible ; et voilà l'unique raison qui me rend orléaniste. Mais croyez cependant que j'accepterais aujourd'hui même une restauration quelconque avec la charte comme une délivrance et qu'elle aurait mon loyal concours... »
* 962 ■+ MONNIER (Marc), célèbre littérateur, poète, publieiste et auteur dramatique, qui a passé une grande partie de sa vie en Italie, puis est devenu professeur de littérature étrangère à Genève, n. à Florence, de parents français, 1829.
L. A. S. à M. Philippe Godet (écrivain et poète, n. 23 avril i85o),àNeuchâtel (Suisse); Genève, 22 juillet 1 883, 1 p. in-8oblong.
Joli billet amical qui se termine par cette phrase : « J'ai remarqué que les injustices tournent toujours au profit de ceux qui l'es ont subies. La vie est une comédie qui finit toujours bien. »
S. vi
S. vi
* 9b3 * MISTRAL (Frédéric), célèbre poète provençal, l'auteur inspiré de l'épopée rustique de Mireille, n. à Maillane (Bouches-du-Rhône), 8 septembre i83o.
L. A. S. à son ami Roux; Maillane, 17 août 1871, 4 p. pl. in-8. — P. photographié.
Très curieuse lettre où il lui mande que le doyen des poètes provençaux, François Aubert, est mort à Saint-Remy le 17 avril 1870, à l'âge de 88 ans. Puis il entre dans des considérations politiques sur la situation de la France. Nous subissons les conséquences du déchaînement effréné de 1793. Pour l'immense majorité, la France ne date que de 1789; aussi toutes les traditions nationales ou religieuses sont-elles oubliées. « Dans de pareilles conditions la fondation de la liberté est impossible et le grand peuple franc se transforme de plus en plus en vile populace, proie de tous les tyrans et du premier conquérant venu... »
* 964 -s- SARDOU (Victorien), un des auteurs dramatiques les plus renommés de notre temps, membre de l'Académie française (1877), n. à Paris, 7 septembre 1 83 1 .
L.A.S. (à Amédée Achard, célèbre romancier,n. 1 814, m. 1875); Paris, 2 août 1 864,4 p. in-8. — P.
Curieuse épître sur le projet d'écrire en collaboration avec Achard ^ /
une comédie intitulée Ludovic (probablement tirée du roman de ce l^nJ~Zù<. /? <~-ts^~écc>r dernier, l'Ombre de Ludovic, publié en i858). Longs détails sur les w difficultés survenues à cette occasion. Il espère qu'il ne lui arrivera // Q
pas pour cette pièce l'aventure qu'il a éprouvée pour le Bossu. «J'ai n/" ^/f^^^ru^yC/ <
fait la pièce de Féval avec lui, je Lui ai cédé tous mes droits et il ne 1/ * &
me le pardonnera de sa vie ! ! ! »
4~ 965 •* THEURIET (André), charmant poète et romancier, le délicat auteur de
Jean-Marie et du Chemin des bois, n. à Marly-le-Roi (Seine-et-Oise), 8 octobre 1 833 .
Les Paysans, pièce de vers autographe signée, 3 p. in-4. — P. gravé à l'eau-forte.
Très belle pièce, composée de seize strophes et dont voici la première : >p
h Le village s'éveille à la corne du pâtre, ^7 o ' £^£«^4
Les bêtes et les gens sortent de leur logis; On les voit cheminer sous le brouillard bleuâtre, Dans le frisson mouillé des alisiers rougis, »
4- 966 -s- H ALÉVY (Ludovic), un de nos plus spirituels auteurs dramatiques et romanciers, l'auteur de l'Abbé Constantin et de Criquette, n. à Paris, i janvier 1834.
L. A. S. à madame J. d'Attainville ; Paris, 20 juin 1866, 4 p. in-8, enveloppe et cachet représentant un oiseau avec cette devise : Ni froid, ni chaud. — P. photographié.
Curieuse épître sur la situation politique et sur la guerre entre la Prusse et l'Autriche. « Bien que notre vie, à nous autres Parisiens, se passe un peu à traiter légèrement les choses sérieuses et sérieusement les choses légères, nous sommes bien obligés aujourd'hui de négliger Batty et Theresa pour les affaires d'Allemagne et d'Italie. Que Batty et Theresa soient cependant sans inquiétude; ils reprendront sur nous leur influence légitime... » Remarquables considérations sur la lettre de Napoléon III, qui est une solennelle et . /^>? p ■ redoutable charade. L'empereur est allé, la veille, au Palais-Royal, voir Un Mon- C^^D^*s> si ' ~j sieur qui suit les femmes. Piquants détails à ce sujet.
■3- 967 -+ ADAM (Juliette Lamber), célèbre femme de lettres, qui tient un salon politique et littéraire très influent, directrice de la Nouvelle Repue, auteur de Grecque et de la Chanson des nouveaux époux, n. à Verberie (Oise), 4 octobre i836.
i° L. A. S. (à Victor Borie, écrivain et critique, qui se consacra surtout à l'étude de l'agronomie); Bruyère (golfe Jouan), 1 1 décembre 1 865 , 3 p. 3/4 in-8. — P. à l'eau-forte gravé par Boulard.
Jolie lettre signée Juliette Lamber. « Etes-vous heureux, cher monsieur et ami, d'avoir un chalet, un cœur (dans le mariage ce qui n'est point à dédaigner, quoi qu'en disent les roman-
ciers) et deux jolis enfants Dites-le donc, je vous en prie, v J? *» €
qu'il n'y a pas besoin d'être plus riche que vous et moi pour s-~^T^/ÎL*^^^ f^Pj^&^Tl-sCC-si
être heureux et que tout ce qu'on possède en dehors d'une mé- f y/ J t^VZ^C^C^Z^*- — •„ ^-v
diocrité aisée ne sert qu'à héberger les domestiques v»^-*^
S. vi
2° L. A. S. à un littérateur ; Paris, 18 août 1881, 1 p. 3/4 in-8, tète impr. de la Nouvelle Revue.
e refuse une nouvelle qui a trop d'analogie avec le Palefrenier d'Henri Rochefort. « D'ailleurs, elle est
es malsai- A
Curieuse épitre ou un peu odieuse, très malsai ne, fausse toute
comme moi, ne croispasaux vices des jeunes fiHesnéesde parents sans vi-
* 968 -* SULLY PRUDHOMME (René-François-Armand Prudhommè, dit), célèbre poète, dont les œuvres sont empreintes d'un grand sentiment et d'une philosophie supérieure, membre de l'Académie française (1 88 1 ), n. à Paris, 16 mars 1839.
i° L. A. S. à M. Frédéric Bataille, à Valentigney; Paris, 21 juillet 1876, 2 p. 1/2 in-8. — P.
Jolie lettre où il le remercie de la part qu'il lui a faite dans la dédicace de ses Stoïques : « J'ai lu ces sonnets avec un vif intérêt. Les belles qualités qui les recommandent ne s'apprennent pas; aussi j'accepte avec discrétion l'honneur que vous me faites en m'appelant votre maitre. L'énergie et le souffle qui les animent sont bien de vous... »
2° La grande ourse, sonnet, pièce de vers autographe signée, 3/4 de p. in-8. Très belle pièce.
Ce sonnet est une des œuvres les plus célèbres et les plus parfaites de Sully-Prudhomme. Il est reproduit en fac-similé.
* 96c) ■* SILVESTRE (Paul-Armand), un des meilleurs poètes de l'école contemporaine, auteur de la Chansondes Heures, joyeux romancier, n. à Paris, 18 avril 1839.
i° L. A. S. (au poète Anatole France, son ami); (Paris), 22 juillet 1878, 1 p. in- 18. — P.
Envoi de plusieurs pièces de vers destinées à être insérées dans le journal le Temps.
2° Trois pièces de vers autographes, 3 p. in-18.
Ce sont les pièces mentionnées dans la lettre ci-dessus. Elles ont pour titre: A celle qui part; — Soleil couché ; — A un croyant. Voici les derniers vers de cette dernière :
~f /" A -s^k J>&f <; 7c t Jr~7*c**'l
« Je crois aux saints plaisirs comme aux saintes douleurs,
« Au charme des baisers, à la vertu des pleurs,
« A tout ce qui nous vient de notre âme ou des choses.
« Je ne sais ici-bas qu'aimer et que souffrir
« Et ne souhaite rien, à l'heure de mourir,
« Qu'un sourire de femme et qu'un parfum de roses ! n
* 970 + HERVILLY (Marie-Ernest d'), charmant poète, spirituel auteur dra matique et romancier, auteur de la Belle Saï'nara, du Bonhomme Misère et de /< Dame d'Entremont, n. à Paris, 26 mai 1 83g.
i° L. A. S. à Etienne Carjat (le sympathique directeur du Boulevard); i5 juillet 1862, 1 p. 1/2 in-8. — P.
Jolie lettre humoristique, du tour le plus piquant et qui contient un sonnet dédié à son ami Carjat et ayant pour titre : Les goujons, friture poétique.
2° Aquarelle rehaussée de gouache, signée; 1 883, 1 p. in-4.
Elle représente le pont de pierre du parc de Fleury, construit sous Louis XIII.
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