LETTRE DE EDWARD BULWER LYTTON — FRAGMENT
S. vi
* 1 1 8 1 <- MI LL (John-Stuart), célèbre économiste et philosophe, auteur des Principles ofpolitical Economy, n. à Londres, 20 mai 1806, m. à Avignon, 9 mai 1873.
L. A. S. à Aristide Guilbert (littérateur, n. 1804, m. 1 863), à Paris; (Londres), 3i marsi835,3 p. in-8.
Très remarquable épitre, dont voici la traduction : « Je vous enverrai les feuilles aussitôt que possible. Je vous écris maintenant pour vous dire que le ministère sera certainement battu sur la question de l'Église d'Irlande et que tout le monde pense qu'il donnera sa démission. L'opposition a refusé d'essayer sa force comme parti, mais elle a fait une guerre de détail si harassante que les ministres en sont fatigués et sont bien aises, dit-on, de se retirer avec l'excuse décente d'une question de principe. On s'attend qu'un ministère purement Whig sous la présidence de lordGrey, mais sans lord Brougham, arrivera au pouvoir.
Il faut dissoudre le Parlement, mais on ne peut le faire avant la fin de la session, parce qu'il faut d'abord voter le budget et la loi de sédition.
Ils auront donc une session très difficile.
La question est de savoir s'ils s'entendront avec le Roi pour faire des pairs? J'en doute fort... » Il termine en disant qu'il écrira immédiatement à Carrel (le célèbre publiciste).
* 1 182 -s- TENNYSON (Alfred), célèbre poète élégiaque et auteur dramatique, le plus classique des romantiques anglais, qui succéda à Wordsworth comme poète lauréat, n. à Somersby (comté de Lincoln), 1809.
L. A. S. à M. de Goey, à Londres; Haslemera, 6 août 1877, 3/4 de p. in-8, enveloppe. (Coll. B. Fillon.) — P.
Jolie lettre où il annonce qu'il l'a recommandé à quelques amis, mais il craint de ne pouvoir lui être utile parce qu'il vit loin du monde et qu'il a très peu de relations dans la haute société. — (Tennyson excelle dans la peinture des sentiments tendres et délicats. Sa sensibilité se traduit en beaux vers élégiaques, pleins, harmonieux; le caractère religieux et moral de sa poésie a beaucoup contribué à sa popularité.)
* 1 1 83 * THACKERAY (William-Makepeace), célèbre romancier, sagace et spirituel observateur de la nature humaine, illustrateur de ses œuvres, auteur de la Foire aux vanités, n. à Calcutta, 12 août 181 1, m. à Londres, 24 décembre 1 863.
L. A. S. à Philarète Chasles (le célèbre écrivain et publiciste parisien), 2 p. in-8. — P.
Piquante lettre écrite de Paris et ornée d'un dessin à la plume, représentant Thackeray à cheval qui tend un paquet au libraire Bossange. Il s'excuse de ce que le paquet qu'il a envoyé à Ph. Chasles (et qui contenait son roman de Pendennis avec d'autres papiers) lui soit arrivé ouvert. 11 l'avait bien mis sous bande et porté lui-même à cheval à M. Bossange, « mais en le sortant de ma poche, dit-il, pour le remettre à la personne venue à ma rencontre (car je ne pouvais, il va sans dire, entrer à cheval dans le magasin), ô malchance! la bande était partie et j'en fus réduit à remettre à M. Bossange (que je représente dans mon dessin beaucoup plus grand qu'il n'est en réalité) les papiers vierges de toute enveloppe. » Il dit plus loin : (i J'ai été à l'Institut hier à deux heures, espérant vous y rencontrer à votre cours, mais le concierge n'a pu me dire où vous étiez, et un étudiant qui passait avec ses livres et sa barbe se mit à rire lorsque je lui adressai la même question, ce qui me rendit si honteux que je me précipitai vers le pont des Arts et me réfugiai au Louvre, où je me mis sous la protection de ma déesse la Vénus de Milo. J'espère vous visiter samedi et avoir le plaisir de faire la connaissance de madame Chasles... Je n'ai pas rencontré une seule personne de connaissance au bal du Préfet, et les femmes étaient si mal attifées que je me suis cru en Angleterre. — I did not know one single soul in the Préfets bail, and the women were so badly dressed that I thougt I was in England. »