‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 197 sur 312 · L. A. S. à un de ses collègues, 1/2 p. in · texte numérisé non relu

L. A. S. à un de ses collègues, 1/2 p. in

Belle lettre, dont voici le texte :

« Voicy, Monsieur, sept exemplaires de la relation que vous savez, pour vos églises. En vous les envoyant je vous supplie d'agréer que je me dise votre trèshumble serviteur. «

S. vi

•s- 1246 -* CROUSAZ (Jean-Pierre de), philosophe, ardent réfutateur de Leibniz et de Bayle, n. à Lausanne, i3 avril i663, m. dans la même ville, 22 mars 1748. L. A. S. ; Lausanne, 26 février 1737, 3 p. in-4. *

Très intéressante lettre, adressée à un de ses cousins et toute 'a/c/^*Va- l*"**t i^*- 1**^*^

relative à un jeune comte, son élève, qui vient d'avoir la petite *% aa4 *J '" \* y» —

vérole. Considérations sur l'éducation de ce jeune homme en 11 'p* ^"v"' "

particulier et des enfants en général. — (Crousaz avait publié, ^^^-■^--^V"»/'1'*?-'*^^? en 1722, un Traité de l'éducation des enfants.) ^ f ï^T^*' r

*h 1247-5- CRAMER (Johann-Jakob), théologien protestant et critique, professeur

de langue hébraïque à Zurich, auteur de la Theologia israelis, n. à Ellg, près de

Zurich, 24 janvier 1673, m. à Zurich, 9 février 1702. >-\

L. A. S. à Nicolas Toinard (le célèbre érudit) ;(i6go), 2p. in-4. (Coll. Brunet.) jL-^y, /yyi /}'~^

Belle et intéressante lettre. Il vient de subir une opération et doit aller faire un séjour à Au- [/ fl\//*l-JCf* teuil pour se remettre. Il prie Toinard de lui donner l'indication d'un logement dans cette localité.

*- 1 248 •+ BODMER (Johann-Jakob), poète froid, mais critique enthousiaste, qui joua un rôle considérable dans la littérature allemande, traducteur d'Homère, n. à Greifensee (canton de Zurich), 19 juillet 1698, m. à Zurich, 2 janvier 1783.

L. A. S. à Albrecht von Haller (l'illustre savant), à Berne ; Zurich, i5 novembre i735, 1 p. 1/2 in-4, cachet. - P. Jf rt* (T^^,

Très belle et très intéressante lettre toute relative à différentes publications, à 1/ / u /} ses propres travaux littéraires et à ceux de Haller. Curieux détails à ce sujet. 1/ / \S

* 1249 * ISELIN (Johann-Rudolph), jurisconsulte, historien et professeur éminent, savant éditeur de la Chronique de Tschudi, n. à Bàle, 20 juin 1705, m. 3 mars 1779.

L. A. S., en latin, à Jean Gesner (le célèbre médecin); Bàle, 10 juillet 1701, 1/2 p. in-4.

Belle lettre dans laquelle il mande qu'il a spontanément retiré sa can- . £y

didature à la chaire de jurisprudence de Bàle, car il aime mieux vivre JO fi . IL&k. /^od- v3 C/ÙX^J

à sa guise que d'exercer le professorat.

* 1260 * HALLER (Albrecht von), illustre savant, naturaliste, poète et romancier, auteur d'Elégies et d'un poème sur les Alpes, un des plus grands hommes de la Suisse, n. à Berne, 16 octobre 1708, m. dans la même ville, 12 décembre 1777.

L. A. S., en français, (au comte de Saluées); Berne, 6 décembre 1769, 1 p. 1/2 in-4. (Coll. de la marquise de Barol avec notice autographe de Silvio Pellico.) — P.

Très belle lettre d'envoi d'un de ses mémoires à l'Académie de Turin.

* 125 1 * ROUSSEAU (Jean-Jacques), l'immortel auteur du Contrat social et des Confessions, n. à Genève, 28 juin 1 712, m. à Ermenonville (Oise), 2 juillet 1778.

L. A. S. (à Voltaire); Paris, 3o janvier i75o, 2 p. 1/2 in-4. Légère tache. Superbe pièce. — P.

Précieuse lettre, signée J. J. Rousseau, citoyen de Genève. En voici le texte : « Monsieur, un Rousseau se déclara autrefois votre ennemi de peur de se reconnoitre votre inférieur. Un autre Rousseau, ne pouvant approcher du premier par le génie, veut imiter ses mauvais procédés. Je porte le même nom qu'eux, mais n'ayant ni les talens de l'un, ni la suffisance de l'autre, je suis encore moins capable d'avoir leurs torts envers vous. Je consens bien de vivre inconnu, mais non déshonore, et je croirois l'être si j'avois manqué au respect que vous doivent tous les gens de lettres et qu'ont pour vous tous ceux qui en méritent eux-mêmes. Je ne veux point m'étendre sur ce sujet, ni enfreindre, même avec vous, la loy que je me suis imposée de ne jamais louer personne en face. Mais, monsieur, je prendrai la liberté de vous dire que vous avez mal juBe

d'un homme de bien en le croyant capable de payer d'ingratitude et d'arrogance la bonté et l'honnêteté dont vous avez usé envers moi au sujet des Fêtes de Ramire : je n'ai point oublié la lettre dont vous m'honorâtes dans cette occasion; elle a achevé de me convaincre que, malgré de vaines calomnies, vous êtes véritablement le protecteur des talens naissans qui en ont besoin. C'est en faveur de ceux dont je faisois l'essai que vous daignâtes me promettre de l'amitié. Leur sort fut malheureux et j'avois dû m'y attendre. Un solitaire qui ne sait point parler, un homme timide, découragé, n'osa se présenter à vous. Quel eût été mon titre? Ce ne fut point le zèle qui me manqua, mais l'orgueil; et n'osant m'offrir à vos yeux, j'attendis du tems quelque occasion favorable pour vous témoigner mon respect et ma reconnoissance. Depuis ce jour j'ai renoncé aux lettres et à la fantaisie d'acquérir de la réputation, et désespérant d'y arriver comme vous à force de génie, j'ai dédaigné de tenter, comme les hommes vulgaires, d'y parvenir à force de manège; mais je ne renoncerai jamais à mon admiration pour vos ouvrages. Vous avez peint l'amitié et touttes les vertus en homme qui les connoît et les aime. J'ai entendu murmurer l'envie; j'ai méprisé ses clameurs et j'ai dit, sans crainte de me tromper: Ces écrits qui m'élèvent l'âme et m'enflamment le courage ne sont point les productions d'un homme indifférent pour la vertu. Vous n'avez pas non plus bien jugé d'un Républicain, puisque j'étois connu de vous pour tel. J'adore la liberté: je déteste également la domination et la servitude, et ne veux en imposer à personne. De tels sentiments sympathisent mal avec l'insolence. Elle est plus propre à des esclaves, ou à des hommes plus vils encore, à de petits auteurs jaloùx des grands. Je vous proteste, monsieur, que non seulement Rousseau de Genève n'a point tenu les discours que vous lui avez attribuez, mais qu'il est incapable d'en tenir de pareils. Je ne me flatte pas de mériter l'honneur d'être connu de vous, mais s: jamais ce bonheur m'arrive ce ne sera, j'espère, que par les endroits dignes de votre estime.

« J'ai l'honneur d'être avec un profond respect, Monsieur,

a Votre très humble et très obéisssant serviteur^. J. Rousseau, Citoyen de Genève. »

± 1252 * VATTEL (Emer de), célèbre publiciste et écrivain, disciple de Leibniz, auteur du traité du Droit des gens et des Questions de droit naturel, n. à Couvet (principauté de Neuchâtel), 25 avril 17 14, m. à Neuchâtel, 28 décembre 1767.

L. A. S. (à un homme d'Etat français); Neuchâtel, 16 juillet iy58, 1 p. in-4.

Belle lettre d'envoi d'un petit ouvrage. « J'ai eu la pensée d'attribuer cet entretien à feu M. le duc de Bourgogne, afin de le rendre plus intéressant et plus capable de faire impression... Je souhaite, monsieur, que vous trouviez dans ce petit ouvrage des preuves de mon amour pour le bien et en particulier de mon zèle pour la France...»

•5- 1253 s- SULZER (Johann-Georg), fécond littérateur et esthéticien remarquable,

n. à Winterthur (canton de Zurich), 5 octobre 1720, m. à Berlin, 27 février 1779.

i° L. A. S. au libraire Reich, à Leipzig; 12 février 1772, 3 p. in-4, cachet. — P. de Bause.

Belle lettre. Il veut bien croire que Wieland n'est pas un épicurien, mais cela ne justifie pas l'abus qu'il fait de ses grands talents en écrivant des poésies légères. La question n'est pas de savoir ce que vaut l'homme, mais ce que valent ses œuvres. Il parle également de Gleim et de ses poésies, de l'acteur Koch, etc. Très intéressants détails littéraires.

2° L. A. S., en français, à une demoiselle (sa fiancée); Berlin, 22 mars 1750, 4 p. pl. in-4. Superbe pièce.

Très belle et très intéressante lettre pleine de détails intimes et où il parle de ses travaux et de la cour de Prusse. Détails curieux pour la biographie de Sulzer.

•s-- 1254-* ZURLAUBEN (le baron de La Tour-Chatillon de), célèbre général au

service de la France, historien et biographe distingué, n. à Zug, 1720, m. 1795. r

L. A. S., en français, à Léonard Meister, à Zurich; Zug, 5 février 1789, 3 p. in-4, cachet. — P.

Intéressante lettre où il raconte une piquante anecdote sur le cardinal de Loménie (premier ministre de Louis XVI). Ce prélat, prétendant que des religieux pouvaient vivre avec dix sous par jour, un religieux demanda que sa Grandeur accordât à lui et à ses confrères par jour, « au moins autant, dit-il, que Messeigneurs vos chevaux. »

S. vi

* 1255 s- ZIMMERMANN (Johann-Georg), médecin et philosophe célèbre, auteur de Y Essai sur la solitude et du Traité de l'expérience, biographe du grand Haller, n. à Brugg (canton d'Argovie), 8 décembre 1728, m. à Hanovre, 7 octobre 1795.

L. A. S., en français, à A. von Haller, à Berne ; Brugg, 3i juillet 1754, 3 p. in-4, cachet. — P.

Très belle et intéressante lettre. « Monsieur et très-cher et très-honoré Patron, j'apprends par M. Roht que vous êtes sur votre départ pour Aigle, sans doute que Leurs Excellences vous auront donné quelque commission qui ne manquera pas de tourner au bien du public. J'ai commencé à écrire l'histoire de votre vie, mais je suis arrêté bien souvent, parce que je n'ai point encore les mémoires de vos voyages et l'exemplaire de votre vie, si vous avez eu le loisir d'y ajouter /ÉSMÎiSMïP^ , s* ./L le nécessaire. » Il parle d'une opinion erronée de Gessner itmËtÊÈÏEmÊÊki. tr~ F~>~--r jr-x-,, j^-z sur le Marc- Antoine de Plutarque, puis demande l'avis de Haller sur des questions de médecine et ajoute : « II faut que je remarque bien en quoi vous avez différé du reste des médecins, on doit aussi s'attendre à des routes nouvelles de la part d'un génie créateur comme le vôtre. »

* 1256 -s- GESSNER (Salomon), célèbre poète, peintre et graveur, auteur de la

in-4,

cachet aux

Mort d'Abel, n. à Zurich, 1 avril 1730, m. dans la même ville, 2 mars

L. A. S. au graveur Mechel, à Bâle ; Zurich, 12 décembre ij/3, 1 p. i/s armes. — P. de Lips d'après Graff .

Très belle lettre relative à ses oeuvres et à des gravures dont il lui annonce l'envoi. Il regrette de n'avoir plus de dessins à lui envoyer, ses portefeuilles ayant été vidés par des amateurs. Il lui retourne le projet de liste de souscription aux oeuvres de Winckelmann.

* 1257 f HALLER (Gottlieb-Emmanuel von), archéologue et excellent bibliographe, auteur du Spécimen Bibliotecœ Helveticœ, fils aîné du grand naturaliste, n. à Berne, 17 octobre 1735, m. dans la même ville, 9 avril 1786. ^

L. A. S., en latin, à son père (Albrecht von Haller, à Berne); K) & f Q*Vtt Ctf2~fctrLO 00 septembre 1769, 1 p. in-4, trace de cachet. sJci/

Très belle lettre où il exprime son chagrin des mauvaises nouvelles de la santé de son père et parle de ses travaux. Intéressants détails.

-: 1258 -f NECKER (Suzanne Curchod), femme du ministre, écrivain de beaucoup de talent, qui tint un des salons les plus recherchés de son temps, mère de madame de Staël, n. à Crassier (pays de Vaud), 173Q, m. près de Lausanne, mai 1794. L. S. à M. Chavet, notaire, à Paris; Versailles, 12 janvier 1789, 1 p. 1/2 in-4. — P.

Elle lui renvoie un mémoire qui doit passer par M. Du Fresne avant d'arriver à M. Necker, qui préfère recevoir toutes les demandes par les d partements auxquels elles appartiennent.

20 L. A. à madame d'Houdetot et à Saint-Lambert; Versailles, 3i juillet (1789), 1 p. in-4.

Pièce historique écrite après le retour triomphal de Necker à Versailles. En voici le texte : « Permettez, mes chers et tendres amis, que je m'adresse à tous les deux à la fois, n'ayant qu'un moment à donner à des sentiments si doux pour mon cœur. Je n'ai point receu vos autres lettres. J'ai erré en fugitive, nous sommes revenus en triomphe. Mais j'étois heureuse en'échappant à tant de traverses, et le bruit qui m'environne ne chasse pas la mort qui semble être au fond de mon cœur. 11 faut un miracle pour rétablir les affaires. Je l'attends de cette providence que vous niés, que j'adore et qui m'a appris à chérir chaque jour davantage des belles âmes comme les vôtres. Mille et mille tendresses. » — (Necker avait été exilé le 11 juillet et il était parti pour Genève; mais après la prise de la Bastille, il fut rappelé et il revint au milieu de l'enthousiasme universel. Il reprit ses fonctions de ministre des finances et les conserva jusqu'au mois de septembre 1790, époque à laquelle il donna sa démission et quitta à jamais la France pour se réfugier en Suisse.)

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