‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 21 sur 312 · LETTRE DE FRÉDÉRIC II AU CARDINAL DE FLEURY · texte numérisé non relu

LETTRE DE FRÉDÉRIC II AU CARDINAL DE FLEURY

CHEFS DE GOUVERNEMENT

persuade que la maison d'Autriche n'oublira tant qu'elletsubsistera ny la Loraine, ni la Silésie, et que par conséquant nos intérêts seront toujours les mêmes. Vous vérezdeplus, par toutes mes démarches, que jamais je n'enfraindrai rien contre les renonsiations que j'ai fait de mes prétentions sur les duchez de Juillers et Bergues. J'ai trop d'obligations à la France pour la payer d'une si noire ingratitude, et quelque resorts que l'Angletterre face jouer, on ne tirera ni directement, ny indirectement, le moindre secours de moy contre la France. Mon treté de paix sera imprimé. Il n'y a point d'article secret, et par cette publicasion, toute l'Europe sera convaincu que je n'ai youlu autre chose, si non me soustraire au hazards de la guerre, et remetre mes provinses par la paix que le tumulte de la guerre avoit dérangées... » Il n'est pas étonné des discours du public en France. « Des gens qui ne sont pas instruits ne pasent jamais pour jugez. La postérité est la seule qui puisse décider de la réputation des princes; pendant leur vie ils n'ont que des flateurs ou des envieux... » Il proteste, en terminant, de son zèle . pour la gloire de la France et de son estime, pleine d'amitié et d'admiration, pour le vénérable Mentor de la France. — ( Le cardinal de Fleury avait alors quatre-vingt-neuf ans; il mourut le 29 janvier suivant.)

4- io3 •* FRÉDÉRIC GUILLAUME II, n. 25 septembre 1744, roi de Prusse (17 août 1786), neveu et successeur du précédent, le boutefeu de la coalition de l'Europe contre la France républicaine en 1792, m. 16 novembre 1797.

L. S., en français, avec la souscription autographe, au duc de Brunswick-Lunebourg; Potsdam, 4 janvier 1781, 1/2 p. in-4. — P.

Remercîments de ses souhaits de bonne année.— (Charles- Guillaume, duc de Brunswick, n. 1735, avait succédé à son père l'année précédente. Il devint feld-maréchal et se rendit fameux, en 1793, par son manifeste contre la France. Il fut mortellement blessé à la bataille d'Auerstaedt, en 1806.)

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4 104 * FREDERIC GUILLAUME III, n. 3 août 1770, roi de Prusse ( vembre 1797), adversaire malheureux de Napoléon I, m. 7 juin 1840.

L. A. S., en français, au roi Louis-Philippe; Berlin, 9 septembre i83o, 2 p. in-4, enveloppe et cachet. — P.

Lettre des plus curieuses où il le remercie de la notification qu'il lui a faite par le comte de Lobau (depuis maréchal de France) de son avènement au trône et de la lettre particulière qu'il lui a adressée à cette occasion. « Je n'ai jamais douté que dans la conjoncture grave et douloureuse qui a décidé de l'avenir de la France, elle (Votre Majesté) n'ait éprouvé un combat intérieur des plus pénibles et n'ait sacrifié plus d'un sentiment aux résolutions que sa conviction lui a signalées dans ces momens de crise. Votre Majesté voudra être persuadée que je prendrai constamment le même intérêt à sa personne, que je mettrai toujours le plus grand prix à sa confiance et qu'elle ne comptera jamais en vain sur moi lorsqu'elle voudra unir ses efforts aux miens pour conserver à l'Europe les bienfaits de la paix. Je dois à la franchise avec laquelle Votre Majesté s'est ouverte à moi de lui faire part, en toute confiance, des inquiétudes que me donne la contagion des mouvemens qui de la France ont pénétré dans les provinces voisines. Votre Majesté connaît trop bien les véritables intérêts de son pays pour ne pas partager mes alarmes à cet égard et elle a trop bien pris à tache de calmer en France toute espèce d'agitation pour ne pas vouloir concourir à la prévenir ailleurs. J'ose donc espérer qu'en énonçant, en toute occasion, hautement ses vues de paix et d'ordre public, elle saura enlever aux esprits turbulens de tous les pays les coupables espérances qu'ils tourneraient vers la France, et qui, pour être fausses, n'en seraient pas moins dangereuses... »

+ io5 * LOUISE DE MECKLEMBOURG STRELITZ, n. à Hanovre, 10 mars 1776, femme du précédent (24 décembre 1793), célèbre par sa beauté et par son esprit, m. au château de Hohenzieritz, 19 juillet 18 10. Elle fut l'âme de la guerre contre Napoléon en 1806.

L. A. S., en français, à son Altesse sérénissime ; Berlin, 4 janvier 1802, 1 p. in-8, papier à entourages gaufrés et bordé d'un blet rouge. Rare. — P.

Charmante épître où elle le remercie de ses souhaits de bonne année et l'assure des vœux qu'elle fait pour son bonheur.

CHEFS DE GOUVERNEMENT

4-106 * FRÉDÉRIC GUILLAUME IV, n. i5 octobre 1795, roi de Prusse (7 juin 1840), m. à Potsdam, 2 janvier 186 1. Il avait fait les campagnes de 1 8 1 3 à 181 5 contre la France et était beau-frère de l'empereur de Russie Nicolas I.

i° L. S., comme prince royal, à Madame Cécilie von Gibsone ; Berlin , 19 novembre 1 8 1 g, 1/4 de p. in-4. (Coll. Dubrunfaut.) — P.

Il lui annonce avec plaisir que le ministre von Altenstein a fait le nécessaire pour ce qui concerne la galerie de tableaux laissée par le père de Madame von Gibsone.

2° L. S., comme prince royal, au docteur Bolzenthal; Berlin, 22 avril 1840, 1/2 p. in-4. (Coll. Dubrunfaut.)

Il a reçu le mémoire qu'il lui a envoyé. Il l'a lu avec intérêt et le remercie de lui avoir communiqué un travail si remarquable.

4- 107 {■ GUILLAUME I, n. 22 mars 1797, roi de Prusse (2 janvier 1861), frère et successeur du précédent, empereur d'Allemagne (18 janvier 187 1).

L. S., en français, à Madame Élisa de Bellaud, à Genève; Ems, i5 juillet 1868, 1/2 p. in-4, enveloppe et cachet. — P.

Belle lettre de remercîments. « Madame, l'album que vous avez eu l'attention de me faire parvenir, contenant des compositions de Heurs de Palestine, qui représentent des animaux, m'a inspiré un vif intérêt, et c'est par conséquent avec satisfaction que j'ai reçu cet ouvrage, dans lequel vous avez su, d'une manière si ingénieuse, allier l'art à la nature...» — (Cette signature de l'empereur Guillaume mérite l'atten tion des graphologues. Il y a dans ce paraphe, qui entoure toute la signature et se relève comme la pointe d'un casque, un véritable signe d'ambition et de domination.)

f io8i AUGUSTA DE SAXE WEIMAR, n. 3o septembre 18 11, fille du duc Charles- Frédéric, femme du précédent ( 1 1 juin 1829).

L. S., en français, à M. d'Otto (conseiller d'État, à Weimar) ; Berlin , 2 1 mai 1842, 3 p. in-8.

Toute relative au choix de deux ameublements complets qu'elle a commandés d'après les dessins convenus.

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