LETTRE DE JACQUES LOUIS DAVID
FRAGMENT
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Curieux document, dont voici le commencement: « Jacques-Louis David, né à Paris le 3o août 1748, premier peintre de sa Majestél'Empereuret Roi, membre de l'Institut et de la légion d'honneur, demeurant à Paris, rue de Seine, n. 10, supplie votre Altesse sérénissime de vouloir bien, en exécution des articles 11 et 12 du statut impérial du 1 mars i8o3, dont l'un porte que les membres de la légion d'honneur porteront le titre de chevalier, lui faire expédier des lettres patentes. » Il joint à sa demande des pièces prouvant qu'il a un revenu fixe et net de plus de trois mille francs, et qu'il a acquis de M. et de madame Dehérain la ferme de Marcoussis dans l'arrondissement de Melun, laquelle est louée six mille francs.
2° P. A. S.; Paris, 25 octobre 1808, 1/2 p. iri-4.
Pièce par laquelle il déclare avoir reçu de M. Armet, avocat au Conseil d'Etat, les lettres patentes du titre de chevalier, plus son acte de naissance et son brevet de membre de la Légion d'honneur qui avaient été fournis à l'archi-chancelier.
3° L. A. S. de la femme de David (Marguerite-Charlotte Pécoul, qu'il avait épousée le 16 mai 1782 et qui était sœur d'un architecte, compagnon de David à Rome) à l'avocat Armet ; 2 5 août 1808, 1 p. in-8.
Elle lui envoie soixante francs pour les peines qu'il a prises d'obtenir les lettres patentes de chevalier demandées par David.
i5o5 -s- DROLLING (Martin), peintre d'intérieur, dont les tableaux rappellent la manière de l'école hollandaise, n. à Oberhergheim, près de Colmar (Alsace), 1750, m. à Paris, 181 7.
L. A. S. (au comte de Blacas, ministre de la maison du Roi) ; Paris, 3o août 18 14, 3/4 de p. in-4. Jolie pièce. (Coll. Boilly.)
Belle lettre dans laquelle Drolling sollicite quelques minutes d'audience.
4- i5o6 * DE BUCOURT (Philibert-Louis), peintre de genre et graveur, dont les jolies estampes en couleur sont très recherchées, n. à Paris, 1 3 février 1755, m. dans la même ville, 22 septembre i832. ^7
P. A. S.; Paris, 29 avril 1817, 1/2 p. e^fe^^^^ ^'7 in-4. Très rare. (Coll. B. Fillon.) — P. ^*^\ \^XJ,/-/$^/P~zt
Quittance de cent vingt-cinq francs pour le prix de cinq épreuves de sa gravure représentant l'arrivée de la duchesse de Berri à Fontainebleau, qu'il a fournies au duc d'Angouléme.
4- 1507-* LE BRUN (Élisabeth-Louise Vigée, dame), célèbre peintre de portraits, dont le Louvre et le musée de Versailles possèdent des chefs-d'œuvre, auteur d'intéressants Souvenirs, n. à Paris, 16 avril 1755, m. dans la même ville, 3o mars 1842.
L. A. S. à Joséphine Duchesnois (la célèbre tragédienne, née en 1777, morte en i835); Labrie, ce dimanche (28 juillet 1828), 2 p. in-8. Jolie pièce. — P.
Belle lettre dans laquelle madame Le Brun exprime ses regrets d'être obligée de renoncer à faire jouer une comédie de salon, vu le manque d'acteurs pour remplir deux des rôles. — (Cette lettre est écrite sur papier vert; on sait que madame Le Brun affectionnait les papiers de couleur.)
* i5o8 * CARTEL LIER (Pierre), habile sculpteur, auquel on doit le bas-relief de
la capitulation d'Ulm de l'arc de triomphe du Carrousel, membre de l'Institut
(18 10), n. à Paris, 12 décembre 1757, m. dans la même ville, 12 juin 1 83 1 .
L. A. S. au comte de Chabrol, préfet de la Seine ; (Paris), 17 novembre 1825, 1 p. in-4. — P-
Belle lettre dans laquelle il lui mande qu'il est occupé à terminer le modèle d'une statue représentant la Force et deux bas-reliefs en marbre pour le monument qui doit être élevé à la mémoire du duc de Berri. Il sollicite un acompte de quinze mille francs sur ces travaux. Il termine par des condoléances sur la mort d'un artiste (probablement son confrère le sculpteur Charles Dupaty, mort le 12 novembre 1 825).
S. vin
GRAVEURS ET ARCHITECTES
* 1509 •+ PRUD'HON (Pierre-Paul), un de nos plus grands peintres, membre de l'Institut (i 8 1 6), n. à Cluny (Saône-et-Loire),4 avril 1758, m. à Paris, 16 février 1823.
P. A. S.; (Paris, 1816), 3/4 de p. in-4. Belle pièce. — P. de Prud'hon gravé par J. Boilly.
Curieux document ainsi conçu: u P. -P. Prud'hon, chevalier de Légion d'honneur et membre de l'Institut, a fait, pour le gouvernement et à titre de prix d'encouragement, le tableau placé en plafond au palais de Saint-Cloud, représentant la Sagesse et la Vérité descendant sur la terre pour dissiper les ténèbres de l'erreur et en chasser le crime. A fait également pour la salle des séances de la cour criminelle le sujet de la Justice et de la Vengeance divines poursuivant le crime, tableau qui lui a valu la décoration et le titre de la légion d'honneur. Chargé dans ce moment-ci par le ministre de la maison du Roi du maître autel de la chapelle des Tuileries devant représenter une Assomption. Chargé de plus par le ministre de l'Intérieur d'un des grands tableaux qui doivent décorer l'église de la Madeleine et qui doit être placé au-dessus du monument de la reine Marie-Antoinette. » — (Le Louvre possède deux de ces compositions de Prud'hon, la Justice poursuivant le crime et l'Assomption de la Vierge. Il possède aussi le Christ sur la croix et deux portraits.)
+■ i5io'4 PRUD'HON (Pierre-Paul).
L. A. S. (au comte de Forbin, directeur ge'néral des musées); Paris, 12 septembre 1822, 1 p. 1/4 in-4.
Superbe lettre où il demande la permission pour le graveur Girard de faire copier deux tableaux de mademoiselle Mayer qui sont dans la galerie de Saint-Cloud et que celui-ci a l'intention de graver. — (Il s'agit probablement des deux charmants tableaux de Constance Mayer, la Mère heureuse et la Mère abandonnée, qui sont conservés au musée du Louvre.)
i5ii * VERNET (Antoine-Charles-Horace, dit Carie), célèbre peintre de genre et de chevaux, fils de Joseph et père d'Horace, élève de Bernard Lépicié, membre de l'Institut (i8i5), n. à Bordeaux (Gironde), 14 août 1758, m. à Paris, 27 novembre i836.
L. A. S. (au maréchal Berthier); (Paris), i5 mars (1806), 1 p. in-fol. (Coll. B. Fillon.) — P.
Très belle lettre, où il signe comme peintre du dépôt de la guerre. Il man son tableau de la bataille de Marengo pour le Salon prochain. « Je me suis conformé, poulies dispositions de la bataille, aux nouveaux plants qui m'ont été donnés au dépôt de la guerre, mais pour les devants il seroit nécessaire que votre Excellence voulût bien faire mettre à ma disposition pour quelques jours seulement le tableau du même sujet qu'elle a de moi. Je prends la liberté de prier son Excellence d'ordonner que ce tableau me soit prêté. J'en aurai le plus grand soin. » — En marge se trouve une note autographe de Berthier ainsi conçue : « Accordé. M. Denniée fera porter le tableau sans le cadre. Ce tableau est à moi et non au gouvernement. Le cadre seul a été payé par le département de la guerre. Recommander à M. Vernet de ne pas garder longtems ce tableau. »
de que, sur l'ordre de l'Empereur, il termine
t~ 1 5 1 2 LE THIÈRE (Guillaume Guillon, dit), peintre d'histoire, élève de Doyen, auteur de Brutus condamnant ses fils à mort, membre de l'Institut (18 18), n. à Quartier-Sainte-Anne (Guadeloupe), 10 janvier 1760, m. à Paris, 21 avril i832.
L. A. S. à MM. Auguste et Bullok; (Rome, vers 181 6), 2 p. in-4. Très belle lettre. — P. de Boilly.
Intéressant document par lequel il les charge de diverses commissions. « M. Auguste défandra mes intérêts avec M. Bullok pour la vante de mon tableau de Brutus. Ce tableau m'a été commandé par Lucien Bonaparte. Il devoit me le payer cinquante mille francs. Si M. Bullok veut m'en donner mille guinées, en me réservant le drois de le faire dessiner et d'en publier la gravure, ce sera une afaire fait. J'accorderai des facilités pour le payement. » — (Ce tableau de Brutus est actuellement au Louvre, où il est entré par voie d'achat en 1819. Il fut payé quinze mille francs.)